Park Chung-hee

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Dans ce nom coréen, le nom de famille, Park, précède le nom personnel.
Park Chung-hee
Image illustrative de l'article Park Chung-hee
Fonctions
3e président de la République de Corée
(Corée du Sud)
24 mars 196226 octobre 1979
Prédécesseur Yun Po-sun
Successeur Choi Kyu-ha
Biographie
Date de naissance 30 septembre 1917
Lieu de naissance Drapeau : Japon Empire du Japon, Corée, Gumi,
Date de décès 26 octobre 1979 (à 62 ans)
Lieu de décès Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud, Séoul
Nationalité sud-coréenne
Parti politique Parti démocratique républicain
Conjoint Yuk Young-soo
Enfant(s) Park Geun-hye
Religion Bouddhisme

Signature

Park Chung-hee
Présidents de la République de Corée

Park Chung-hee (박정희, 朴正熙, né le 30 septembre 1917 et mort le 26 octobre 1979), est un militaire et homme d'État sud-coréen. Il fut président de la Corée du Sud de 1962 à 1979 ; sous son régime autoritaire, qui dura plus de 15 ans, la Corée du Sud prit son essor économique pour se hisser parmi les vingt pays les plus riches de la planète.

Park Chung-hee a porté deux autres noms sous l’occupation japonaise : Takaki Masao et Okamoto Minoru.

Biographie[modifier | modifier le code]

Park Chung-hee est né à Gumi (구미), une petite ville dans le Gyeongsang du Nord, près de Daegu, le 30 septembre 1917. Park fut diplômé de l'académie militaire japonaise de Mandchourie en 1944. Ayant formé une cellule communiste au sein de l'armée sud-coréenne, il tenta de soulever un groupe de jeunes officiers et fut condamné à mort, puis gracié, en 1948[1]. Il a ensuite trahi ses collègues communistes dans l'armée[2].

Le 16 mai 1961, Park prit la tête d'un coup d'État militaire qui renversa le gouvernement civil du Premier ministre Chang Myon tout en maintenant en fonction le président Yun Po-sun. Dirigeant politique de fait du pays, Park devint président du Conseil suprême pour la Reconstruction nationale en juillet 1961 puis, après la démission du président Yun en mars 1962, il succéda à ce dernier comme président intérimaire. Mais face aux pressions de l'administration Kennedy, un gouvernement civil fut rétabli. Une nouvelle constitution fut adoptée puis des élections générales furent organisée en octobre 1963. Park remporta la présidentielle le 15 octobre 1963 et fut investi président de la République le 17 décembre suivant. Il devait par la suite être réélu à quatre reprises en 1967, 1971, 1972 et 1978.

Bien que l'on considère généralement que Park ait joué un rôle-clé dans le développement économique de la Corée du Sud, en privilégiant les exportations, ce qui favorisa l'industrialisation du pays, ses tendances autoritaires étaient impopulaires. Sous son gouvernement, on vit le développement des chaebol (jaebeol), sociétés familiales dont le système est similaire à celui des zaibatsu japonais. On compte, entre autres, parmi ces sociétés, Hyundai, LG et Samsung.

Il normalisa les relations avec le Japon en 1965 avec le traité nippo-sud-coréen du 22 juin 1965. Ce traité fut très mal accueilli et causa une agitation généralisée car les méfaits japonais de la Seconde Guerre mondiale étaient encore trop présents dans les esprits des deux Corées. Néanmoins, en renonçant aux réparations de guerre et aux excuses en échange d'investissements, Park permit l'arrivée de capitaux japonais dans le pays.

Malgré le régime dictatorial et l'inflation importante pendant qu'il était au pouvoir, Park n'encourt pas les accusations de corruption des militaires qui lui ont succédé. En effet, il considérait qu'il était important qu'il ait un style de vie austère s’il voulait demander aux citoyens et citoyennes des sacrifices pour la prospérité future. Il s'habillait simplement et mélangeait son riz avec de l'orge pour l'économiser.

Le 21 janvier 1968, des agents de la Corée du Nord attaquent le palais présidentiel à Séoul. Lors des combats, 28 Nord-coréens, 68 Sud-coréens et 3 Américains meurent.

Après presque dix ans au pouvoir, dans un régime électoral qui vit Park remporter de justesse une élection présidentielle très serrée contre Kim Dae-Jung en 1971, Park instaura l'état d'urgence et adopta la constitution yusin en 1972, ce qui transforma effectivement la présidence en régime dictatorial légal : il devient alors président à vie. De nombreuses franges de la population sud-coréenne se détournèrent de lui suite à cette action.

À partir de 1973, il lança un programme de conversion forcée des prisonniers politiques, auquel des détenus communistes comme Ri In-mo refusèrent de se soumettre. Il donne son accord au moins tacite à la tentative d'assassinat contre Kim Dae-jung, enlevé en août 1973 à Tokyo et libéré in extremis grâce à la pression de l'ambassadeur Philip Habib, qui agit de sa propre initiative, malgré le soutien de l'administration Nixon à son régime.

Le 15 août 1974, une tentative d'assassinat par Moon Se-gwang (문세광) (un agent nord-coréen selon Séoul) échoua, mais causa la mort de son épouse Yuk Yeong-su. Park fut lui-même assassiné le 26 octobre 1979 par Kim Jae-kyu (김재규), son ami de longue date, alors à la tête de la KCIA (Korean Central Intelligence Agency), la police secrète sud-coréenne.

Park Chung-hee est le père de Park Geun-hye, élue présidente de la République de Corée[3],[4] le 19 décembre 2012. Elle s'est timidement excusée pour les dégâts causés par son père sous son régime.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Bidet, Corée du Sud. Économie sociale et société civile, l'Harmattan/Innoval, 2003, p. 77, se référant à M. Breen, The Koreans, Orion Business Books, London, 1998
  2. « Quelle appréciation sur l’époque de Park Chung Hee et le développement coréen », sur Korea is one!).
  3. « La Corée du Sud choisit Park Geun-hye comme Président », Aujourd'hui la Corée,‎ 17 décembre 2012 (consulté le 17 décembre 2012)
  4. Reuters, « Corée du Sud : la candidate conservatrice donnée gagnante de la présidentielle », Le Monde,‎ 17 décembre 2012 (consulté le 17 décembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]