Tōkai (Ibaraki)

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Tōkai (東海村, Tōkai-mura?) est une ville de la préfecture d'Ibaraki au Japon, situé sur la côte Pacifique, à 123 km au nord de Tokyo, 18 km au nord de Mito, et à 80 km au sud de Iwaki.

Au 1er janvier 2005, la population de la commune était estimée à 35 467 habitants. Sa surface étant de 37,5 km2, la densité atteint 946 personnes par km².

Berceau de l'énergie nucléaire au Japon[modifier | modifier le code]

Tōkai est connue comme le berceau de l'énergie nucléaire au Japon. la première centrale nucléaire y a été installée le 26 octobre 1963. De nombreuses installations nucléaires sont installées à Tōkai :

  • la centrale nucléaire de Tōkai, comprenant deux réacteurs, dont un arrêté définitivement en 1998 ;
  • un centre de recherche en énergie nucléaire ;
  • plusieurs usines de fabrication de combustible, appartenant à des sociétés privées. Parmi elles, l'usine de la compagnie JCO. Elle permet de traiter d'uranium pour obtenir l'uranium enrichi des centrales nucléaires japonaises.

L'accident nucléaire en 1999[modifier | modifier le code]

Article détaillé : accident nucléaire de Tōkai.

Le 30 septembre 1999, un grave accident de criticité a eu lieu dans l'usine de Tōkai de la JCO[1]. Il s'est produit dans une cuve de décantation à la suite d'une manipulation d'une quantité d'uranium (environ 16 kg), dépassant très largement la valeur de sûreté (égale à 2,3 kg). Cette erreur humaine est à l'origine de l'amorce d'une réaction en chaîne. Cet accident a tué deux ouvriers et nécessité l'hospitalisation d'un troisième. 119 personnes ont été exposées à des doses de plus de 1 mSv mais seules les doses subies par les trois ouvriers excédaient les normes autorisées.

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'accident est survenu à la suite des opérations suivantes :

  • Le 29 septembre 1999, sous la conduite de trois opérateurs :
    • quatre dissolutions de rebuts dans un seau de dix litres par charge de 2,4 kg d’U ;
    • transfert de chaque lot de solution de nitrate d’uranyle dans le précipitateur via un flacon de cinq litres ;
    • 9,6 kg d’uranium sont présents dans le précipitateur.
  • Le 30 septembre 1999 :
    • deux dissolutions supplémentaires sont réalisées, la cuve contient alors 14,4 kg d’uranium ;
    • à 10 h 35, transfert de la 7e charge dissoute dans le précipitateur ;
    • presque à la fin du transfert (183 g d’U ont été retrouvés à l’extérieur de la cuve), déclenchement des sondes gamma dans le bâtiment ainsi que dans deux bâtiments voisins.

Une zone interdite de 200 m a été mise en place, ainsi que l'évacuation des habitants dans un périmètre de 350 m, et le confinement des habitants au-delà de 350 m. Les enfants ont été confinés dans les écoles. Le confinement a aussi été imposé dans la ville de Naka proche de Tōkai. La gravité de cet accident nucléaire est de magnitude 4 selon l'échelle INES.

On reproche à la compagnie JCO (filiale de Sumitomo), ayant depuis changé de nom et de direction :

  • l'accident trouve son origine dans la violation des règles les plus élémentaires de sûreté (non-respect des procédures approuvées) ;
  • contraintes d’exploitation pour avoir des procédés plus efficaces ;
  • manque de formation en criticité des opérateurs ;
  • manque de culture de sûreté du personnel de JCO ;
  • accoutumance au non-accident : le risque de criticité était considéré par les exploitants et les autorités de sûreté comme improbable d’où l’absence d’experts et de contrôles.

Grand séisme de 2011[modifier | modifier le code]

Article détaillé : centrale nucléaire de Tōkai.

Le 11 mars 2011, Tōkai a été touché par le grand séisme du Tōhoku. Contrairement à Ōkuma (siège de centrale nucléaire de Fukushima Daiichi), Tōkai a échappé de justesse à l'effondrement nucléaire. En effet, le tsunami qui a atteint Tōkai était d’une hauteur de 5,4 mètres, inférieur en cela, de 0,3 mètre à la hauteur de la digue de protection de la centrale nucléaire de Tōkai.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Trois travailleurs ont été blessés dont deux sont morts (syndrome d'irradiation aiguë) Le Monde, 6 octobre 1999

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]