Guerre du Viêt Nam

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Guerre du Viêt Nam
VietnamMural.jpg
Informations générales
Date 1er novembre 1955 - 30 avril 1975
Lieu Viêt Nam
Casus belli Partition du Viêt Nam après les accords de Genève
Incidents du golfe du Tonkin en 1964.
Issue Victoire du Nord-Viêt Nam
Changements territoriaux Réunification du Viêt Nam sous l'égide des communistes
Belligérants
Forces anti-communistes

Flag of South Vietnam.svg Sud-Viêt Nam
Drapeau des États-Unis États-Unis
Avec le soutien de :
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau des Philippines Philippines
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Flag of the Khmer Republic.svg République khmère
Drapeau de Thaïlande Thaïlande
Flag of Laos (1952-1975).svg Royaume du Laos
Drapeau de la République de Chine Taïwan
Flag of Spain (1945 - 1977).svg Espagne

Forces communistes

Flag of Vietnam.svg Nord-Viêt Nam
FNL Flag.svg Front national de libération du Sud Viêt Nam
Avec le soutien de :
Flag of Democratic Kampuchea.svg Khmers rouges
Flag of Laos.svg Pathet Lao
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Flag of the Soviet Union (1955-1980).svg Union soviétique
Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord

Commandants
Flag of South Vietnam.svg Nguyễn Văn Thiệu
Flag of South Vietnam.svg Lam Quang Thi (en)
Flag of South Vietnam.svg Nguyen Cao Ky (en)
Flag of South Vietnam.svg Ngô Đình Diệm
Flag of South Vietnam.svg Ngo Quang Truong (en)
Flag of South Vietnam.svg Nguyễn Văn Toàn
Flag of the United States.svg Dwight David Eisenhower
Flag of the United States.svg John Fitzgerald Kennedy
Flag of the United States.svg Lyndon B. Johnson
Flag of the United States.svg Robert McNamara
Flag of the United States.svg William Westmoreland
Flag of the United States.svg Richard Nixon
Flag of the United States.svg Gerald Ford
Flag of the United States.svg Creighton Abrams
Flag of the United States.svg Frederick Weyand (en)
Flag of the United States.svg Elmo Zumwalt
Flag of the United States.svg Robin Olds
Flag of South Korea.svg Park Chung-hee
Flag of Thailand.svg Thanom Kittikachorn
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Harold Holt
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Keith Holyoake
Flag of the Philippines.svg Ferdinand Marcos
Flag of Vietnam.svg Hô Chi Minh
Flag of Vietnam.svg Lê Duẩn
Flag of Vietnam.svg Trường Chinh
Flag of Vietnam.svg Nguyễn Chí Thanh (en)
Flag of Vietnam.svg Võ Nguyên Giáp
Flag of Vietnam.svg Phạm Hùng (en)
Flag of Vietnam.svg Văn Tiến Dũng
FNL Flag.svg Flag of Vietnam.svg Trần Văn Trà
Flag of Vietnam.svg Lê Đức Thọ
Flag of Vietnam.svg Đồng Sỹ Nguyên
Flag of Vietnam.svg Lê Đức Anh
FNL Flag.svgFlag of Vietnam.svg Tran Do
Flag of Vietnam.svg Le Trong Tan (en)
Flag of Vietnam.svg Hoàng Minh Thảo
Flag of Vietnam.svg Nguyễn Minh Châu
Flag of Vietnam.svg Tran The Mon
FNL Flag.svg Vo Minh Triet
Drapeau de la République populaire de Chine Zhou Enlai
Drapeau : URSS Léonid Brejnev
Drapeau : URSS Nikita Khrouchtchev
Forces en présence
Flag of South Vietnam.svg Sud-Viêt Nam + 1 000 000
Drapeau des États-Unis États-Unis 543 482, effectif maximum le 30 avril 1969
Flag of Vietnam.svg Nord-Viêt Nam 650 000 en 1975[1]
FNL Flag.svg Front national de libération du Sud Viêt Nam
+ 300 000, effectif maximum en 1968[2]
Pertes
Flag of South Vietnam.svg 223 748 militaires et 420 000 civils morts
Drapeau des États-Unis 58 209 morts dont 47 378 au combat[3],[4]
Drapeau de la Corée du Sud 4 407 morts
Drapeau de l'Australie 469 morts
Drapeau de Thaïlande 351 morts
Drapeau de la Nouvelle-Zélande 55 morts
Flag of Vietnam.svg/FNL Flag.svg 1 100 000 militaires et guérilleros morts, 65 000 civils morts[5]
Guerre froide
Batailles
Opération Ranch HandOpération Sunrise

Bataille d'Ap BacIncidents du golfe du TonkinGuerre civile laotienneBataille de Binh GiaOpération Rolling ThunderBataille de Đồng XoàiBataille de Ia DrangOpération Cedar FallsOpération Junction CityBataille de Đắk TôOffensive du TếtBataille de Lang VeiBataille de Khe SanhBataille de HuếBataille de SaïgonGuerre civile cambodgienneOpération Igloo WhiteBataille d'Hamburger HillBataille de Prey VengRaid de Son TayOpération Lam Son 719Offensive de PâquesBataille de Quảng TrịBataille d'An LộcOpération LinebackerOpération Linebacker IIAccords de paix de ParisBataille des îles ParacelsCampagne Hô-Chi-MinhBataille de Buôn Ma ThuộtBataille de Xuân LộcBataille de Truong SaBombardement de Tân Sơn NhấtChute de SaïgonIncident du Mayagüez

La guerre du Viêt Nam (également appelée deuxième guerre d'Indochine) est une guerre qui a opposé de 1955 à 1975, d'une part la République démocratique du Viêt Nam (ou Nord-Viêt Nam) avec son armée populaire vietnamienne — soutenue matériellement par le bloc de l'Est et la Chine — et le Front national de libération du Sud Viêt Nam (également connu sous le nom péjoratif Viet Cong popularisé par ses adversaires), et d'autre part, la République du Viêt Nam (ou Sud-Viêt Nam), militairement soutenue par l'armée des États-Unis appuyée par plusieurs alliés (Australie, Corée du Sud, Thaïlande, Philippines). La guerre civile laotienne et la guerre civile cambodgienne sont des conflits annexes qui se sont déroulés en parallèle, et sur lesquels la guerre du Viêt Nam a eu un impact décisif.

C'est en août 1964 que la résolution du golfe du Tonkin a ouvert la voie à un engagement militaire massif des États-Unis. Néanmoins, le Sud Viêt Nam connaissait une situation insurrectionnelle depuis plusieurs années. En 1998, le gouvernement des États-Unis a déterminé que les militaires américains tombés après le 1er novembre 1955 - date de la création du premier groupe de conseillers militaires américains au Sud Viêt Nam - pouvaient être considérés comme morts durant la guerre du Viêt Nam[6].

Le conflit étant dans l'impasse, et de plus en plus impopulaire dans l'opinion publique américaine, les accords de paix de Paris décident en 1973 du retrait militaire américain. En 1975, le Nord Viêt Nam réalise une offensive contre le Sud Viêt Nam et remporte la victoire : le pays, officiellement réunifié l'année suivante, devient la République socialiste du Viêt Nam. En même temps que le Viêt Nam, le Cambodge et le Laos deviennent eux aussi des pays communistes.

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire du Viêt Nam.

Après la guerre d'Indochine et l'échec de la France pour reconquérir l'Indochine à la suite de la victoire du Việt Minh à la bataille de Diên Biên Phu le 7 mai 1954, les accords de Genève divisèrent le pays en deux par une zone démilitarisée au niveau du 17e parallèle. Les deux parties du Viêt Nam connurent alors la mise en place de gouvernements idéologiquement opposés :

Au nord, la République démocratique du Viêt Nam (RDVN), régime communiste fondé par Hô Chi Minh en septembre 1945.

Au sud, la République du Viêt Nam (RVN), régime nationaliste soutenu par les Américains et proclamé par Ngô Dinh Diêm en août 1955, à la suite d'un coup d’État contre Bao Daï déguisé en référendum.

Ngô Dinh Diêm et son gouvernement refusèrent de tenir le référendum prévu au plus tard à l'été 1956 par les accords de Genève de 1954 ; de son côté, la République démocratique du Viêt Nam reprit de son côté les manœuvres contre le régime sud-vietnamien, en annonçant son souhait de réunifier tout le pays sous son régime ; leur stratégie consista à s'appuyer sur le Front national de libération du Sud Viêt Nam (FNL, également appelé « Viêt-Cong », abréviation péjorative de « communistes vietnamiens »), en réactivant la guérilla au Sud par des ex-éléments du Viêt-Minh dès 1957 ; puis, à effectuer des infiltrations de cadres communistes et de matériels dès 1958 grâce à la réutilisation de la Piste Hô Chi Minh.

Dès le début du conflit, la RDVN fut soutenue par des aides logistiques sino-soviétiques alors que de son côté, la RVN fut progressivement « coadministrée » par un interventionnisme américain croissant au fil des années. Les États-Unis inscrivirent ce conflit dans une logique de guerre froide en s'appuyant sur une stratégie anti-communiste. L’expansion du communisme devait être stoppée conformément à la doctrine américaine de l’endiguement, afin d'empêcher un « effet domino » en Asie du Sud-Est. L'autoritarisme croissant de Diêm, et la répression de l'ensemble des opposants, s'avérèrent cependant inefficaces pour contenir l'insurrection, et ne firent au contraire que l'entretenir. En 1963, le président sud-vietnamien est renversé et tué au cours d'un coup d'État militaire approuvé par les Américains. Mais le nouveau régime, dénué de stabilité politique comme de réel soutien populaire, s'avère tout aussi inefficace que Diêm face aux insurgés, ce qui décide les États-Unis, jusqu'ici présents par le biais de conseillers militaires, à renforcer leur engagement. En 1964, les incidents du golfe du Tonkin, dont l'importance est délibérément gonflée par le gouvernement américain, permet au président Lyndon Johnson de faire adopter une résolution du Congrès qui lui laisse les mains libres pour intervenir au Viêt Nam. À partir de 1965, des troupes américaines sont massivement déployées au sol.

La stratégie américaine, qui influe également sur les situations au Laos et au Cambodge, s'avère cependant incapable de réduire l'insurrection du FNL : les trois pays de l'ex-Indochine française sont massivement bombardés, mais les frappes américaines - notamment l'opération Rolling Thunder qui vise directement le territoire du Nord Viêt Nam - échouent à interrompre la piste Hô Chi Minh par le biais de laquelle le Nord Viêt Nam ravitaille les combattants communistes du Sud.

Après huit ans de combats intensifs et un lourd bilan humain et matériel, l’intervention directe et massive des États-Unis prit fin avec la signature des accords de paix de Paris en 1973. Les combats entre forces vietnamiennes s'achevèrent avec la chute de Saïgon, capitale de la RVN, le 30 avril 1975. Après la victoire de la RDVN, les deux Viêt Nam furent réunifiés pour former l'actuelle République socialiste du Viêt Nam, et basé à Hanoï, jusqu'alors capitale de la RDVN ; le Parti communiste vietnamien devint parti unique.

Côté américain, cette guerre marqua toute une génération et dégrada considérablement l'image du pays. Considérée comme la première défaite militaire de l'histoire des États-Unis, cette guerre impliqua plus de 3,5 millions de jeunes américains envoyés au front entre 1965 et 1972. Parmi les cinéastes influençant cette image figurent entre autres Stanley Kubrick, Michael Cimino, Francis Ford Coppola et Oliver Stone, vétéran du Viêt Nam au sein de la 25e division d'infanterie qui réalisera une trilogie sur ce conflit avec les films Platoon, Né un 4 juillet et Entre Ciel et Terre.

Origine du conflit : l’après-guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Guerre d'Indochine et Accords de Genève.

La guerre du Viêt Nam trouve son origine dans la guerre d'Indochine (1946-1954), conflit qui opposa la France à la Ligue pour l'indépendance du Viêt Nam, fondée et dirigée par le leader révolutionnaire Hô Chi Minh.

Dès 1948, le Département d'État américain commença à déplorer son « incapacité à offrir la moindre solution praticable au problème de l'Indochine », étant donné « le fait désagréable que le communiste Ho Chi Minh est le personnage le plus fort et peut être le plus compétent qui soit en Indochine et que toute solution proposée dont il serait exclu ne serait qu'un expédient à l'issue incertaine »[7].

Après l'occupation par les troupes japonaises durant la Seconde Guerre mondiale jusqu'en août 1945, les guérilleros du Viêt Minh, profitant du vide créé par la reddition du Japon, s'emparèrent de la capitale Hanoï. L'empereur Bao Dai, replacé sur le trône par les Japonais, abdiqua pour devenir conseiller suprême du premier gouvernement de la nouvelle République démocratique du Viêt Nam (RDVN), dont l'indépendance fut déclarée à Hanoï le 2 septembre 1945. En 1945, la reconquête de l'Indochine par la France puis l'échec des gouvernements vietnamien et français à s'accorder sur un modus vivendi conduisirent en décembre 1946 à la première guerre d'Indochine. Le conflit décisif eut lieu au printemps 1954 avec la bataille de Diên Biên Phu. Après un siège de 55 jours, les Français capitulèrent le 7 mai 1954.

Entretemps, lors d'une réunion des quatre « Grands » à Berlin en février 1954, il avait été décidé d'organiser une conférence à Genève à partir du 26 avril, où l'on traiterait de la Corée et de l'Indochine.

Les délégués de la RDVN et de l'État du Viêt Nam y rencontrèrent les délégations de la France, du Royaume-Uni, de l'Union soviétique, des États-Unis, de la République populaire de Chine et des deux États voisins, le Royaume du Laos et le Royaume du Cambodge, afin de discuter du futur de toutes les anciennes possessions françaises en Indochine. La Conférence de Genève prit fin le 21 juillet 1954, par un accord signé entre Pierre Mendès France et Pham Van Dong, respectivement au nom de la France et du Viêt Nam. À cet accord était également signée une déclaration commune par les neuf participants, sauf par les États-Unis et par l'État du Viêt Nam.

L'indépendance du Laos, du Cambodge et du Viêt Nam était reconnue. Ce dernier étant partagé en deux zones de regroupement militaire des forces armées françaises et vietnamiennes de part et d'autre du 17e parallèle. La réunification du pays pourrait intervenir après des élections générales qui devaient être organisées dans un délai de deux ans (1956), et la constitution d'un gouvernement.

Dès 1955, un nouveau mouvement se développait : le Front national de libération du Sud Viêt Nam, comptant un certain nombre d'anciens cadres Việt Minh. Celui-ci s'opposera au régime de la République du Viêt Nam et affrontera les États-Unis lors de l'intervention américaine.

L'escalade[modifier | modifier le code]

1955 : intervention des États-Unis dans le conflit vietnamien au Sud[modifier | modifier le code]

Le secrétaire à la Défense Robert McNamara et le général Westmoreland s'entretiennent en août 1965 du déroulement des opérations avec un officier de terrain, le général Tee responsable de la province de Đà Nẵng.

Au Sud (l'État du Viêt Nam), sous la pression américaine, la France nommait Ngô Đình Diệm comme chef de gouvernement en juillet 1954 (sous la présidence de l'empereur Bao Dai). Avec le soutien du président américain Eisenhower, son gouvernement refusait les élections générales initialement prévues. De fait, dès août 1955, Ngô Đình Diệm déclarait que son pays ne se considérait lié en aucune façon par les Accords de Genève dont il n'avait pas été signataire. Les États-Unis ajoutaient ne pas reconnaître la RDVN, déclarant également ne pas avoir été signataire des accords. Entre temps, devenu chef d'État après le référendum truqué contre Bao Dai, Ngô Đình Diệm proclamait la naissance de la République du Viêt Nam (RVN) le 24 octobre 1955 et instaurait un régime nationaliste et anticommuniste.

Durant cette même année, les États-Unis mettaient en place à Saigon une mission militaire chargée d'assumer complètement l'organisation et l'entraînement de l'armée de la RVN.

Face à un pouvoir de plus en plus despotique, d'anciens éléments du Viet Minh reprenaient le maquis dans le sud dès la fin de 1955 et des troubles armés étaient déclenchés au centre Viêt Nam dans la province de Quang Ngai en 1957. En effet, d'après John Paul Vann, administrateur de la pacification américaine et spécialiste reconnu du Viêt Nam, « il n'existe à l'heure actuelle aucune base politique populaire pour le gouvernement du Sud-Vietnam. [...] Le gouvernement actuel est exclusivement orienté vers l'exploitation du monde rural et des classes les plus basse des populations urbaines. Il s'agit en fait d'une continuation du système français de gouvernement colonial avec une bourgeoisie vietnamienne en lieu et place des Français. [...] Le mécontentement des populations rurales [...] s'exprime largement dans le ralliement au FNL [Front national de libération du Sud Viêt Nam] »[8]

Début 1958, des formations de maquisards s'emparaient d'un millier d'armes dans la région de Tay Ninh, ce qui permettait d'équiper les premières unités. Ces actions étaient appuyées par la RDVN qui infiltrait au Sud des cadres communistes et livrait du matériel par la piste Hô-Chi-Minh.

En 1959, 15 nouvelles missions militaires étaient mises en place et dans le même temps, on construisait 46 bases aériennes et 11 bases navales. Alors que l'opposition au régime grandissait, une première tentative de coup d'État menée par l'armée échouait en décembre 1959. David Otham, correspondant au Viêt Nam pour le London Times et The Economist, écrivait en 1959 que le régime de Diệm, imposé par les États-Unis, « a écrasé toute forme d'opposition, fût-elle anticommuniste. S'il a été capable de le faire, c'est simplement et uniquement à cause de l'aide massive en dollars qu'il recevait d'outre-Pacifique, ce qui a maintenu au pouvoir un homme qui, en vertu de toutes les lois qui régissent les affaires humaines et politiques, serait tombé depuis très longtemps. Les principaux supporteurs de Diệm se trouvent en Amérique du nord, non au Vietnam libre »[9]. Pour le général américain Maxwell Davenport Taylor, il était en effet nécessaire « d'établir un gouvernement donnant raisonnablement satisfaction », quitte à la remplacer par une « dictature militaire »[10].

En 1960, le nombre des bases américaines s'élevait à 57 et plus de 2 000 opérations de « ratissage » étaient effectuées par les troupes de Diệm conduites par des officiers américains.

Le 20 décembre 1960, était créé au Sud, le Front national de libération du Sud Viêt Nam (FNL).

Le 20 janvier 1961, le président Kennedy débutait son mandat et confirmait l'interventionnisme américain en portant à 15 000 hommes l'effectif des conseillers militaires. Il s'agissait d'un terme diplomatique pour désigner des soldats qui encadraient l'armée de Diệm. Cette armée passait dans le même temps de 170 000 à 270 000 hommes. Deux escadrilles de B-26 et deux compagnies d'hélicoptères étaient envoyées au Sud.

Le 4 janvier 1962 étaient signés entre les États-Unis et le gouvernement de Ngô Đình Diệm, des accords dont les principaux points portaient sur la pacification, la démocratisation et la libéralisation.

En février, un accord était conclu entre la RDVN et le Pathet Lao au Laos pour maintenir la piste Hô-Chi-Minh ouverte. Toujours en février, était créé un commandement militaire américain à Saigon : le Military Assistance Command, Vietnam (MACV) sous les ordres du général Paul Harkins. Malgré cette escalade militaire et son intensité opérationnelle (27 000 ratissages et 60 000 sorties aériennes) en 1962, l'activité du FNL ne faiblit pas.

En janvier 1963, la bataille d'Ap Bac, engagement militaire relativement mineur entre le FNL et l'Armée de la RVN (ARVN), voyait les premières pertes américaines parmi les conseillers qui encadraient l'ARVN. En mai 1963 un moine bouddhiste s'immola par le feu sur la place de Saïgon, d'autres moines suivirent son exemple pour faire connaître leur opposition au régime de Diem. La répression de la police se solda par trente moines blessés, l'arrestation de mille quatre cents personnes, des pagodes et des temples détruits, la police tira sur la foule alors que dix mille personnes manifestaient à Hué contre le régime de Diem[11]. En novembre, on comptait 16 000 conseillers militaires. Le 1er novembre, Ngô Đình Diệm, dictateur impopulaire, subissait un coup d'État militaire autorisé par les Américains. Il était tué le 2 novembre avec son frère Ngô Đình Nhu et une junte militaire fut mise en place, avec à sa tête le général Duong Van Minh.

Attentat du FNL à Saigon en 1965

Le président Kennedy, désirant inaugurer la détente avec Moscou, ordonnait le retrait de 1 000 conseillers américains avant Noël 1963, mais il n'y eut jamais de volonté de retirer tous les soldats américains du Viêt Nam. L'historien John Prados souligne que Kennedy avait affirmé, dans deux émissions télévisées de septembre 1963, une sur CBS, l'autre sur NBC, que ce serait une erreur de partir du Viêt Nam[12]. De même c'est bien sous la présidence de Kennedy que les forces américaines au sud Viêt Nam sont passées de 1200 soldats, début 1962 à 15400, au milieu de l'année 1963[13]. Tous les plans de retrait des troupes du sud Viêt Nam sous-tendaient la fin de la guérilla menée par le Front national de libération du Sud Viêt Nam.

1964 : Les États-Unis s'engagent dans la guerre au Nord[modifier | modifier le code]

Le nouveau président américain, Lyndon B. Johnson, annula le retrait partiel des troupes, augmenta le contingent et demanda l'aide de plusieurs alliés des États-Unis, notamment la Corée du Sud et l'Australie. Cette implication croissante était motivée par la peur des menaces de l’élargissement du communisme.

Le 30 janvier 1964, un nouveau coup d'État eut lieu au sud. Minh restait le chef officiel, mais le pouvoir réel passa aux mains du général Nguyên Khanh. Durant le reste de l'année 1964, cinq autres coups d'État, ou tentatives, se déroulèrent au Sud, et sept gouvernements s'y succédèrent.

En mai commencèrent les raids américains sur le Laos pour tenter de couper la piste Hô-Chi-Minh. À la suite des incidents du golfe du Tonkin, les 2 et 3 août, le Congrès des États-Unis approuva la résolution du golfe du Tonkin le 7 août 1964, qui offrait au président Lyndon B. Johnson la possibilité de « prendre toutes mesures nécessaires pour faire échec au communisme ».

En représailles, le président Johnson fit bombarder les installations côtières du Nord. Le 31 octobre, au moment où les Américains se rendaient aux urnes pour l'élection présidentielle, quatre Américains furent tués à Biên Hòa, près de Saigon. Le 24 décembre, une bombe explosa à l'hôtel Brink de Saigon, où étaient hébergés des officiers américains célibataires. Deux personnes furent tuées et plus d'une centaine blessées.

En parallèle, les États-Unis interviennent dans la guerre civile laotienne.

Article détaillé : Guerre civile laotienne.

1965 : les États-Unis s'engagent dans la guerre terrestre au Sud[modifier | modifier le code]

Militaires nord-vietnamiens en 1967.
Bombardement aérien par un avion sud-vietnamien en 1967.

Le 7 février 1965, 300 insurgés du Front national de libération du Sud Viêt Nam attaquèrent le Camp Holloway, à Pleiku, tuant huit Américains.

Le 10 février, le FNL attaqua Quy Nhơn et provoqua la mort de 21 Américains. Deux bataillons de missiles sol-air Hawk furent installés sur la base de Đà Nẵng très proche de la frontière de la RDVN.

Lyndon B. Johnson franchit une nouvelle étape le 13 du même mois en ordonnant des raids aériens plus étendus sur le Nord (Opération Rolling Thunder). En raison de mauvaises conditions météorologiques, les raids aériens ne commencèrent que le 2 mars. Cette opération dura 38 mois et déversa un demi-million de tonnes de bombes.

Le 7 mars, Johnson ordonna le déploiement terrestre d'une brigade de 3 500 Marines en vue de protéger la base de Đà Nẵng ; celle-ci débarqua le lendemain. Le 9 mars, Johnson autorisa l'usage du napalm.

En avril 1965, la RDVN décréta la mobilisation générale et décida de faire intervenir des unités régulières de l'armée populaire vietnamienne au Sud.

Simultanément, le Pentagone et le président Johnson prirent la décision d'engager les États-Unis dans la bataille terrestre au Sud avec pour ordre une mission offensive de « recherche et destruction » (search and destroy) afin d'écraser la rébellion. De vastes régions du Sud-Viêt Nam furent déclarées Free fire zone c'est-à-dire que tous ceux qui y demeuraient étaient considérés comme des ennemis. Les bombardements étaient permanents. Les villages soupçonné d'accueillir des insurgés du FNL étaient la cible de l'opération trouve et détruis. tout homme en âge de porter une arme était exécuté[14].

En juin, le général Nguyễn Văn Thiệu fut nommé chef de l'État par un comité militaire avec le général Nguyễn Cao Kỳ (en) comme Premier ministre.

En juillet, le président Johnson annonça que les forces américaines seraient portées à 125 000 hommes.

En octobre se déroula le premier combat terrestre entre Américains et soldats réguliers du Nord à Pleime sur les plateaux du Centre-Annam, culminant au cours de la bataille de la vallée de Ia Drang.

En décembre 1965, les effectifs américains étaient de 185 000 hommes.

Bombardement au napalm sur le territoire de la RDVN en 1965. Selon Noam Chomsky, leur intensification évoque une politique de la terre brûlée.

En mai 1966, une rébellion militaire pro-bouddhiste éclata à Đà Nẵng. En décembre, les effectifs américains s'élevaient à 390 000 hommes. S'y ajoutaient 8 000 Sud-Coréens et 4 000 Australiens.

Pendant toute l'année 1966, les bombardements se poursuivirent sur le Viêt Nam du Nord.

En janvier 1967, eurent lieu les premiers engagements américains dans le « Triangle de Fer », au nord-ouest de Saigon, où étaient infiltrés de nombreux éléments du FNL, dans les tunnels de Củ Chi notamment.

Article détaillé : Tunnels de Củ Chi.

Pendant toute l'année 1967, les bombardements se poursuivirent sur le Viêt Nam du Nord.

Les effectifs américains stationnés au Sud atteignirent 510 000 hommes, auxquels s'ajoutaient 40 000 hommes de l'USAF basés en Thaïlande et 30 000 autres aux formations de la 7e Flotte américaine.

L'Armée de la République du Viêt Nam (ARVN) était composée de 700 000 hommes.

Enfin, s'ajoutaient 48 000 Sud-Coréens, 10 000 Thaïlandais et 4 000 Australiens payés sur le budget américain.

Si un grand contingent américain est déployé dans ce pays, seul 10 à 25 % des troupes engagées ont réellement combattu. Au plus fort de la guerre, début 1968, 40 000 des 525 000 soldats présents au Sud-Viêt Nam sont des fantassins, soit 7,6 %. En 1972, la proportion tombe à 2 400 combattants réels sur 49 000 (4,8 %)[15].

En janvier 1968, commença l'offensive du Tết.

Article détaillé : Offensive du Tết.

Cette année-là, les pertes des soldats américains, telles que rapportées chaque jeudi aux informations du soir, étaient supérieures à 100 par semaine.

Le 7 juillet, les forces américaines évacuèrent la base de Khe Sanh, après l'avoir pourtant renforcée et défendue bec et ongles de janvier à avril contre un véritable siège par trois divisions de l'armée nord-vietnamienne. Ce siège se révéla par la suite une manœuvre de diversion des Nord-Vietnamiens destinée à attirer le plus de forces américaines possible dans cette région montagneuse éloignée des centres de population côtiers, avant de déclencher l'offensive du Têt sur les principaux centres urbains du Sud-Viêt Nam.

L’offensive du Tết (nouvel an asiatique) de 1968 et la désillusion de la population américaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : offensive du Tết.
L'offensive du Tết met fin aux illusions de la sanctuarisation du territoire en RVN

La foi du public américain en la « lumière au bout du tunnel » fut balayée en 30 janvier 1968 quand l'ennemi, supposé être sur le point de s'effondrer, lança l'offensive du Tết. Võ Nguyên Giáp, conduisant les opérations, mobilisa la quasi-totalité de ses effectifs dans la bataille[16]. Du point de vue militaire, cette offensive, la première guerre ouverte à grande échelle des communistes, fut un échec. Face à la puissance de feu américaine, ils furent massacrés, et il leur fallut deux ans pour reconstituer leurs forces[16]. Les effectifs du FNL ne retrouvèrent leur niveau d'avant l'offensive que dans le courant de l'année 1970 grâce au renfort d'unités régulières du Nord et il ne joua plus de rôle déterminant dans le conflit.

Du point de vue politique, ce fut une victoire : les faubourgs de Saïgon et la Citadelle de Hué furent occupés pendant plus d'un mois [17] À Hué, le FNL massacra environ 3 000 intellectuels, commerçants et personnes liées au régime sud-vietnamien[réf. nécessaire]. Si, au Viêt Nam, le soulèvement populaire fut en deçà des effets escomptés, le résultat psychologique fut rude pour l'administration de la RVN et le prestige américain. Aux États-Unis, on prit soudain conscience de la force des communistes du Sud. Une grande majorité d'américain eut le sentiment d'avoir été trompée et la victoire semblait désormais impossible[16].

En Amérique du Nord, le faible mouvement d'opposition à la guerre qui avait commencé dans certaines parties des États-Unis, s'intensifia dès 1964, spécialement sur quelques campus universitaires où se développa l'activisme des étudiants de gauche. La Seconde Guerre mondiale s'était terminée en 1945, et la guerre de Corée en 1953. Ainsi la plupart des baby boomers, sinon tous, n’avaient jamais été exposés à la guerre. De plus, la guerre du Viêt Nam reçut une couverture médiatique d'une intensité sans précédent — elle fut appelée la première guerre télévisée — ainsi qu'une opposition aussi bruyante de la part de la Nouvelle gauche (Voir aussi Nguyễn Ngọc Loan).

Certains Américains s’opposèrent à la guerre sur des bases morales, la voyant comme une guerre destructrice attentant à l'indépendance du Viêt Nam, ou comme une intervention dans une guerre civile étrangère ; d'autres s'y opposèrent en raison de l'absence d'objectifs clairs, et parce qu'elle apparaissait alors comme vouée à l'échec. Certains activistes étaient eux-mêmes des vétérans du Viêt Nam, comme en témoigne l'Organisation des vétérans du Viêt Nam contre la guerre.

L'offensive du Tết releva de la guerre psychologique. Son but n’était pas seulement la conquête territoriale, mais l'amplification de l’opposition à la guerre aux États-Unis-mêmes.

Interventions chinoise et soviétique[modifier | modifier le code]

Le porte-parole du ministère de la république populaire de Chine des Affaires étrangères confirma en 1996 que, sur demande du gouvernement nord-vietnamien, la Chine avait envoyé entre août 1965 et août 1973 environ 320 000 soldats de l'Armée populaire de libération pour aider la RDVN dans les tâches de défense aérienne, de génie militaire et de logistique. Il confirma également que plus de 1 400 soldats chinois avaient été tués et 4 200 grièvement blessés.

Les premières unités chinoises présentes sur le sol vietnamien étaient composées de deux divisions d’artillerie anti-aérienne et d'un régiment indépendant, les rotations des troupes s'ensuivirent et elles étaient assignées à la défense des secteurs stratégiques. La marine chinoise était également présente : les dragueurs de mines nettoyèrent une surface de 201 km².

En outre, la Chine fournit 20 milliards USD d'aide militaire et financière au gouvernement de la RDVN.

Le 25 novembre 1965, un traité secret sino-cambodgien fut signé : la Chine populaire faisait transiter par le Cambodge les armes pour le FNL.

Selon des dossiers partiellement déclassifiés, 6 359 officiers de l'Armée soviétique, envoyés comme conseillers militaires, prirent part aux opérations de combats, principalement dans la défense anti-aérienne.

Enlisement[modifier | modifier le code]

La guerre au centre des élections américaines[modifier | modifier le code]

Nguyễn Văn Thiệu, président de la République du Viêt Nam ; photo prise en 1968 lors d'une réunion avec le président américain Lyndon B. Johnson à Hawaï.

En 1968, le président Johnson débuta sa campagne de réélection. Un membre de son propre parti, Eugene McCarthy, se présenta contre lui pour l'investiture sur une plate-forme antiguerre. McCarthy perdit les premières élections primaires dans le New Hampshire, mais il provoqua la surprise en réalisant un score élevé contre le sortant. Le coup porté à la campagne de Johnson, combiné à d'autres facteurs, le menèrent à annoncer le retrait de sa candidature, lors d'un discours télévisé surprise le 31 mars. Il y annonça conjointement le démarrage des pourparlers à Paris[18].

Se saisissant de l'opportunité causée par l'abandon de Johnson, Robert Kennedy brigua alors l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. Le vice-président de Johnson, Hubert Humphrey, se porta également candidat, promettant de continuer d'aider le gouvernement du Viêt Nam du Sud.

Robert Kennedy fut assassiné durant l'été et McCarthy se montra incapable de contrer le soutien dont Humphrey jouissait dans l'élite du parti. Humphrey remporta l'investiture de son parti et se présenta contre Richard Nixon dans les élections générales. Pendant sa campagne, Nixon assura avoir un plan secret pour terminer la guerre.

Nixon et son plan de désengagement progressif[modifier | modifier le code]

Le président Johnson en entretien le 27 mars 1968 avec les chefs d'état-major Earle Wheeler et Creighton Abrams ; l'année suivante a lieu un changement d'interlocuteur à la Maison Blanche.

Richard Nixon fut élu président et démarra son mandat en janvier 1969, lançant sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but était d'aider le RVN à mettre progressivement en place sa propre armée afin qu'elle puisse se défendre de ses propres moyens. Cette politique devint la clé de voûte de la « doctrine Nixon ».

Appliquée au Viêt Nam, la doctrine devint la « vietnamisation » déjà effectuée par les Français — qui l'appelaient « le jaunissement de la guerre » — dès 1949 avec la création d'un État vietnamien de Saïgon et son « armée nationale ». Le but de la vietnamisation était de permettre à l'armée de la RVN de tenir de mieux en mieux contre le FNL et l'armée de la RDVN, et surtout de ne plus faire subir autant de pertes à l'armée américaine. Cela devait aussi donner, selon le mot de Henry Kissinger, « l'intervalle nécessaire » au désengagement des troupes américaines. Les soldats de la RVN continuèrent à être formés par les Américains.

Il faut signaler que 200 000 membres du FNL et soldats de la RDVN, avaient fait défection entre 1968 et 1975. En 1968, l'armée de la RVN comptait 900 000 hommes.

Le Cambodge dans la guerre[modifier | modifier le code]

Le président américain Nixon explique lors d'une conférence de presse le 30 avril 1970 l'extension du conflit au Cambodge.
Article détaillé : Royaume du Cambodge (1953-1970).

Le FNL utilisait le territoire cambodgien comme base de repli ou bien pour acheminer du matériel — par la Piste Hô Chi Minh, le port de Kompong Som. Le Prince Sihanouk laissait faire. En mars 1970, Sihanouk fut renversé par un coup de force du prince Sisowath Sirik Matak, vice-premier ministre et du maréchal Lon Nol, Premier ministre.

Nixon ordonna, le 29 avril 1970, une incursion militaire du Cambodge par des troupes américaines et sud-vietnamiennes, afin de détruire les refuges du FNL bordant le Viêt Nam du Sud. Le 30 avril, il s'adressa aux Américains pour justifier l'initiative, destinée essentiellement à protéger le processus de désengagement. Le nouveau gouvernement cambodgien, présidé par le général Lon Nol, savait très peu de choses de cette intervention surprise, décidée par la Maison Blanche en avril 1970[19]. Celle-ci provoqua d'importantes manifestations à Washington et à l'université d'État de Kent, qui accrurent l'opposition de l'opinion publique américaine à la guerre[19]. La déclassification de certains documents, en 2009, montra toutefois que Nixon avait mis au courant John C. Stennis (en), sénateur démocrate qui était secrétaire du Comité des forces armées du Sénat, de la préparation de l'intervention surprise[19].

En octobre 1970, la monarchie cambodgienne fut officiellement abolie et remplacée par le régime pro-américain de la République khmère. Entre 1965 et 1973, les B-52 américains larguèrent 2 756 941 tonnes de bombes, avec une intensification dans les six derniers mois. Le Cambodge est le pays le plus bombardé de l'histoire selon l'historien Ben Kiernan[20]. Les bombardements restèrent pourtant secrets. Lorsque le Congrès des États-Unis prit connaissance des destructions causées, il vota l'arrêt total des raids.

L'incident du Mayagüez de 1975 au Cambodge est considéré comme la dernière bataille de la guerre du Viêt Nam et opposa des combattants américains et Khmers rouges.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le 18 mars 1970, Lon Nol, alors premier ministre, obtint le soutien forcé[21] du parlement pour destituer le prince Norodom Sihanouk, accusé de ne pas lutter contre le FNL vietnamien qui utilisait l'est du Cambodge comme un sanctuaire militaire.

Limitée dans le temps et l'espace — 30 km au-delà de la frontière khméro-vietnamienne —, l'invasion du 30 juin 1970 déstabilisa complètement la situation militaire au Cambodge. Averties, les forces communistes s'enfoncèrent plus profondément dans le territoire cambodgien, au-delà des limites des 30 km, pour éviter le plus gros de la frappe. Elles attendirent ensuite le 30 juin pour se redéployer, submergeant mécaniquement les forces de la République khmère, peu équipées, peu entraînées, mal gérées et mal organisées.

Les intenses bombardements américains sur le Cambodge contribuèrent au recrutement des combattants Khmers rouges parmi les paysans victimes de ces raids. Les Khmers rouges prirent la capitale du Cambodge le 17 avril 1975 et instaurèrent le régime du Kampuchéa démocratique.

Le retrait américain[modifier | modifier le code]

Ces manifestants à Wichita dans le Kansas en 1969 fustigent l'impérialisme américain et son influence sur le gouvernement fantoche de Saïgon représenté par une poupée manipulée.

Médiatisation du conflit[modifier | modifier le code]

Les effets de la médiatisation de la guerre du Viêt Nam jouent énormément alors qu'affluent au pays des photos d'envoyés spéciaux que l'administration ne sait comment contrer. L'opinion publique américaine commence à douter majoritairement des options liées à un tel niveau d'engagement, alors que le parti de la génération de la « prise de conscience » (consciousness generation) maintient l'activisme par des sit-ins en faveur du règlement du conflit et du désengagement dans les allées publiques de Washington : la pression est telle que le pouvoir politique doit répondre instamment à la situation d'enlisement.

Jusqu'ici l'opinion avait été affectée par les images de housses mortuaires contenant les corps des jeunes soldats ramenés au pays ; mais des images quotidiennes à la télévision montrant le conflit prouvaient l'enlisement, et des photos choquèrent plus encore ce public malmené sur la longueur.

La photo de la jeune Phan Thị Kim Phúc, neuf ans, prise sur la route de Trang Bang en 1972, alors que l'enfant fuyait nue une zone bombardée au napalm, rapporta à Nick Ut, de Associated Press, le prix Pulitzer.

Pour Noam Chomsky et Edward Herman, auteurs de La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, le traitement médiatique du conflit était biaisé, dans la mesure où le débat ne remettait jamais en cause le bien-fondé d'une intervention militaire à l'étranger, mais se contentait au mieux d'en dénoncer le coût financier et humain.

1972 est de plus une année terrible pour l'exécutif américain, avec le scandale du Watergate et la publication des Pentagon Papers qui éclaboussent la classe politique.

En 2008, dans une émission diffusée sur Arte et intitulée Viêt Nam la trahison des médias, le réalisateur de l’émission Patrick Barberis analyse les mécanismes qui « ont amené les journalistes américains à devenir un des axes de manipulation majeur de la stratégie du Nord Viêt Nam contre les États-Unis d’Amérique » selon Christian Harbulot, pour qui ces mêmes journalistes « n’ont pas su traiter et évaluer l’importance des crimes de guerre commis par le Front national de libération du Sud Viêt Nam à l’encontre de la population civile vietnamienne »[22].

Contestations aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le 15 avril 1967, de 100 000 à 200 000 personnes défilent à New York contre la guerre[23]. À Central Park, plusieurs centaines de jeunes détruisent leurs papiers militaires[23]. D'autres fuient au Canada pour échapper à la guerre. Le 21 octobre 1967, une marche sur le Pentagone réunit plus de 100 000 personnes. En avril 1968, des étudiants occupent le campus de l'université Columbia ; ils sont évacués par la police le 30, ce qui entraîne une grève de protestation jusqu'à l'été 1968[23]. Le 22-30 août 1968, des affrontements à Chicago opposent des étudiants à la police lors de la Convention du Parti démocrate. Les étudiants américains s’insurgent contre la guerre du Viêt Nam. D'autres universités prennent position contre la guerre, comme celle de Berkeley en Californie.

Plusieurs personnalités américaines s'engagent contre la guerre du Viêt Nam :

  • En 1966, le boxeur Mohamed Ali refuse de servir dans l'armée américaine et devient objecteur de conscience. Le 28 avril 1967, il refuse symboliquement l'incorporation dans un centre de recrutement. En mai-juin, il est condamné à une amende de 10 000 dollars et à 5 ans d'emprisonnement, il perd sa licence de boxe et son titre. Ali fait appel, il n'ira finalement pas en prison.
  • Norman Morrison (1933-1965), Alice Herz (en) (1883-1965), Florence Beaumont (es) et George Winne Jr. (en) (1947-1970) se sont immolés pour protester contre la guerre du Viêt Nam.
  • Daniel Berrigan et Philip Berrigan, activistes contre la guerre du Viêt Nam, furent recherchés par le FBI pour avoir volé et détruit des registres de mobilisation du bureau de recrutement de Catonsvolle (Maryland).
  • Les activistes :en:Katherine Ann Power| et Susan Edith Saxe (en) ont fait un braquage pour avoir de l'argent pour leur mouvement, et ont tué un policier de Boston, l'officier Walter A. Schroeder. Le Weather Underground organisa plusieurs attentats, à partir de 1970, contre des installations militaires aux États-Unis, lançant le slogan Bring the War Home!. Soutenant par ailleurs les Black Panthers, ils avertissaient toutefois l'imminence des explosions afin d'éviter toute victime humaine.

Des intellectuels, des artistes et des musiciens américains prennent position contre l'engagement de leur pays au Viêt Nam : Ayn Rand, Jerry Rubin, Phil Ochs, Jane Fonda, Joan Baez, Norma Becker (en), Maggie Kuhn (en), Norman Mailer, Paul Goodman, Will D. Campbell (en), Martin Luther King, Tom Paxton, Black Panther Party, Howard Zinn, Noam Chomsky, Bob Dylan, Daniel Ellsberg, John Lennon.

Première tentative : l’offensive Eastertide (mars - octobre 1972)[modifier | modifier le code]

Connaissant :

  • la médiocrité des troupes de l'armée de la RVN lors de l'opération Lam Son 719 en 1971,
  • le retrait progressif des troupes américaines,
  • la puissance du mouvement pacifiste aux États-Unis qui interdit tout retour de ses troupes,

la RDVN planifie une offensive générale contre la RVN en mars 1972. Ce sera la première tentative d'invasion d'importance depuis la bataille de Dai Do en mai 1968.

Alors que les dernières unités combattantes américaines quittent le Viêt Nam le 23 août 1972, cette première offensive durera de mars à octobre 1972.

Soutenus par d'intenses barrages d'artillerie et de nombreux chars d'assaut, 200 000 soldats de la RDVN traversent la zone démilitarisée le 30 mars 1972 et balaient les unités de la RVN. Après la panique initiale, les unités de l'armée de la RVN se ressaisissent, se regroupent et contre-attaquent. Elles ralentissent puis arrêtent l'offensive nordiste. Aidées d'un important appui aérien américain, elles repousseront ensuite les nordistes entre juin et octobre.

D’avril à octobre, l'US Air Force est autorisée à bombarder[27] la RDVN afin de la forcer à négocier.

Rompues le 4 mai à la suite de l'attaque de la RVN, les négociations reprennent le 13 juillet à Paris entre Henry Kissinger et Lê Đức Thọ. Elles visent à permettre aux Américains de sortir d'une guerre impopulaire tout en maintenant un équilibre acceptable entre la RDVN et la RVN. Le 8 octobre, les deux parties s’accordent sur d'importantes concessions mutuelles.

Cependant, bien qu'il soit conscient que la RVN dépendait de l'appui aérien américain et que le retrait de ces derniers l'affaiblissait considérablement, le président Thiệu se montrera peu enthousiaste à accepter un cessez-le-feu.

De son côté, la RDVN n'était pas intéressée par un accord de paix à long terme : son objectif restant toujours d'envahir la RVN afin d'unifier tout le Viêt Nam.

Afin de lever l'obstacle de la RVN, Nixon promit à Thiệu un soutien inconditionnel et des représailles massives si la RDVN violait les termes du traité de paix. Dans le même temps, Nixon ordonnera un arrêt des bombardements le 22 octobre bien que les troupes de la RDVN occupaient toujours le territoire de la RVN.

Du fait d'un double mauvais calcul, la RDVN subira une défaite cuisante avec la perte de 100 000 hommes contre 40 000 pour l'ARVN et abandonnera un important matériel (la moitié de sa puissance de feu). L'échec de l'offensive Eastertide (en) coûtera son poste au général Giáp qui laissera la place à Văn Tiến Dũng.

Signature des accords de paix de Paris le 27 janvier 1973 : confirmation du désengagement américain.

Après une ultime campagne de bombardement stratégique nommée l'opération Linebacker II en décembre 1972 menée pour inciter le Nord-Viêt Nam à mener à terme les négociations en cours, les accords de paix de Paris seront finalement signés en janvier 1973 et reconnaissent la présence de troupes nordistes au Sud.

Deuxième tentative (décembre 1974 - février 1975)[modifier | modifier le code]

Cependant, la paix n'est toujours pas garantie et le nouveau général nordiste prépare l'offensive finale qui vaincra la RVN. Ainsi, malgré le traité de paix, les attentats et les embuscades continuent.

Bien que Richard Nixon ait promis à la RVN qu'il lui apporterait un soutien dans l'éventualité d'un effondrement de la situation militaire, le Congrès des États-Unis vote contre tout appui financier à des actions militaires dans cette région. Nixon se bat alors aussi pour sa propre carrière politique empêtrée dans le scandale du Watergate. Ainsi, aucun des soutiens militaires promis pour la défense du gouvernement de la RVN n'est envoyé, bien que l'aide économique continue. Elle est cependant presque totalement aspirée par la corruption du gouvernement de la RVN et seule une petite partie alimentera effectivement l'effort de guerre. Le 94e Congrès des États-Unis vote pour que toute aide soit supprimée pour le début de l'année fiscale 1975-76 (1er juillet 1975).

De plus, les États-Unis retirent unilatéralement leurs dernières forces du Viêt Nam en 1973. Ce repli s'achèvera le 29 mars et l'armée du RVN ne dispose plus de l'appui aérien américain.

Enfin, début 1975, les réserves de munitions, minées par l'inflation et la disparition de l'aide américaine, atteignent un niveau dramatiquement bas.

De son côté, la RDVN savait que Nixon, empêtré dans ses difficultés, ne bougerait pas, tandis que l'appui soviétique et chinois augmentait en conséquence, le risque de confrontation directe entre Grands ayant disparu. Les pertes de la défaite de 1972 étaient ainsi comblées.

Après la signature des accords de paix de Paris, entre 10 et 12 divisions de la RDVN stationneront en RVN ainsi qu'environ 300 000 combattants du Front national de libération du Sud Viêt Nam. À la fin de 1974, en violation des accords, 100 000 soldats supplémentaires s'infiltreront au Laos et au Cambodge dans des camps frontaliers puis dans les zones « libérées » au sud.

En décembre 1974, les troupes de la RDVN font une nouvelle tentative en envahissant la province de Phuoc Long (en) depuis le Cambodge. Le 17 janvier 1975, elles occupent la capitale régionale de Phuoc Binh (en), à 160 km de Saïgon. L'ARVN perd 3 000 soldats. Seules quelques protestations diplomatiques répondront à cette violation du traité de paix.

Le président de la RVN, Nguyễn Văn Thiệu, décidera de répartir ses forces armées afin de couvrir tout le territoire, qui, contrairement à la RDVN, s'étale tout en longueur. Son but était de prévenir les incursions des unités de la RDVN qui s'infiltraient au sud via la route Hô-Chi-Minh-Ville au Cambodge. Ce faisant, en dispersant ses forces, il commet une erreur stratégique tandis que la RDVN se préparait à frapper en force à l'endroit de son choix.

Troisième tentative : la prise des plateaux du centre (Tay Nguyen) - mars 1975[modifier | modifier le code]

En mars 1975, le général nord-vietnamien Văn Tiến Dũng lance une offensive planifiée par ses soins. Le nord lance de multiples petites attaques de diversion sur les provinces du centre afin de dérouter l'état-major sudiste et le forcer à laisser ses troupes dispersées. Mais le gros de ses forces est engagé afin d'envahir la province du Đắk Lắk au centre, se plaçant ainsi en position de couper la RVN en deux.

Au total, ce furent 17 divisions d’infanterie de l'Armée populaire vietnamienne organisées en 4 corps d’armée conventionnels appuyés par 700 blindés, des milliers de pièces d’artillerie et des centaines de batteries de missiles sol-air qui furent engagées, alors que l'Armée de la RVN n'avait plus le soutien logistique des États-Unis.

Croyant à une simple opération de diversion, les sudistes n'enverront aucun renfort pour stopper l'attaque sur Buôn Ma Thuột, tandis que les accrochages au centre provoquent le blocage des routes par les réfugiés.

Rapidement, l'offensive sur les plateaux du centre tourne à la catastrophe pour les troupes sudistes qui sont submergées par le nombre.

Paniqué, Thiệu ordonne la retraite sur Đà Nẵng à la 1re division d'infanterie (sa meilleure unité), alors stationnée autour d'Hué. Puis un contre-ordre lui ordonne de revenir sur ses positions mais il est déjà trop tard. Dispersées sur les routes, gênées par le flot de réfugiés, les meilleures troupes sudistes se font annihiler en rase campagne.

Thiệu ordonne ensuite un retrait général de la cité de Pleiku qui commande les plateaux centraux et qui était le siège de l'état-major du général Pham Van Phu. Celui-ci, un homme réaliste de la situation organise la retraite : il évacue sa famille et ses principaux officiers sur Nha Trang puis Saigon. Il fait partie aussi des quelques généraux qui se sont donnés la mort à leur poste de commandement, à la chute de Saigon. La politique ne l'intéressait guère, il était un stratège militaire.

Hué (l'ancienne cité impériale) tombe le 25 mars, puis Đà Nẵng (la seconde cité du Việt Nam) le 2 avril.

Article détaillé : Bataille de Xuân Lộc.

Après avoir pris les plateaux centraux et coupé les forces sudistes en deux, puis écrasé la partie nord du Viêt Nam du Sud, les troupes de l'Armée populaire vietnamienne se tournèrent ensuite vers le sud, tandis que de nouvelles troupes franchissaient la frontière depuis la RDVN.

La route de Saigon était alors ouverte et rien n'arrêtera plus les troupes de l'Armée populaire vietnamienne.

La chute de Saigon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chute de Saïgon.
Réfugiés vietnamiens

Début avril, la région de Saïgon est encerclée. Après une quinzaine de jours de combat acharné, le président Thiệu démissionne le 21 avril et est remplacé par le vice-président Trần Văn Hương (en), lui-même remplacé par Dương Văn Minh le 28 avril, surnommé « Le Président de 3 jours ». Après que les communistes ont refusé toutes négociations, Dương Văn Minh ordonne la reddition des troupes de l'ARVN le 30 avril, qui est acceptée par la RDVN, tandis que des hélicoptères américains surchargés évacuent la ville et que les premiers boat-people font leur apparition.

À h 53, le 30 avril, lorsque le dernier hélicoptère décolle du toit de l'ambassade des États-Unis à Saïgon, des milliers de candidats à l'exil se pressent encore dans les jardins. Plus de 305 000 réfugiés finiront néanmoins par se retrouver à bord des navires américains qui croisent au large.

Cette scène de panique à Saïgon, le 30 avril 1975, sur le toit de l'ambassade des États-Unis à Saïgon est bien connue[28]. Le Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Viêt Nam, gouvernement du FNL, s'installe à Saïgon.

L'incident du Mayagüez au mois de mai 1975 au Cambodge est considéré comme la dernière bataille de la guerre du Viêt Nam et a opposé des combattants Américains et Khmers rouges.

Bilan[modifier | modifier le code]

Marine américain à Đà Nẵng le 3 août 1965, lors de la Guerre du Viêt Nam.

Bombardements[modifier | modifier le code]

Au total, les États-Unis ont largué 7,08 millions de tonnes de bombes durant ce conflit[29] (par comparaison, 3,4 millions de tonnes ont été larguées par l'ensemble des alliés sur tous les fronts de la Seconde Guerre mondiale[30]).

Pertes humaines[modifier | modifier le code]

Des millions de Vietnamiens sont morts des conséquences de la guerre. Les registres officiels sont difficilement consultables, quand ils existent, et nombreux parmi les tués furent littéralement déchiquetés par les bombardements. Il est ainsi très difficile de s'accorder exactement sur ce qui doit compter comme « victime de guerre du Viêt Nam » ; des gens sont encore aujourd'hui tués par des sous-munitions non explosées et des mines, particulièrement les bombes à sous-munitions. Les effets sur l'environnement des agents chimiques, tels que l'agent orange, un défoliant très utilisé par les Américains, ainsi que les problèmes sociaux colossaux causés par la dévastation du pays après tant de morts ont certainement réduit la durée de vie de beaucoup de survivants. Par ailleurs, la contamination d'une partie de sols entraine aujourd'hui encore de graves problèmes de santé (malformations à la naissance, hypertrophie, rachitisme, cancer des poumons et de la prostate, maladies de la peau, du cerveau et des systèmes nerveux, respiratoire et circulatoire, cécité, diverses anomalies à la naissance) surtout dans les campagnes[réf. nécessaire].

Les estimations de pertes les plus basses, basées sur les déclarations (à présent reprises) du Nord Viêt Nam étaient autour de 1,5 million de Vietnamiens tués. Le Viêt Nam a annoncé le 3 avril 1995 qu'un total d'un million de combattants et deux millions de civils (y compris le Sud) avaient été tués durant la guerre. Les estimations pour les décès seulement dans la gamme de 50.000 à 65.000.

Les pertes du Sud Viêt Nam sont estimées à 255 000 militaires et 430 000 civils tués, dont 80 000 en 1974, soit plus que toute autre année de guerre, alors que les forces américaines avaient été évacuées.

Le bilan pour les forces armées américaines est estimé à 58 177 soldats tués et 153 303 blessés pour un total de 8 744 000 militaires ayant participé à un moment ou à un autre à ce conflit[31].

Sur les 46 852 soldats australiens qui ont participé à la guerre du Viêt Nam, 492 ont été tués et 2 398 ont été blessés[réf. souhaitée].

Officiellement, 16 militaires soviétiques sont morts durant ce conflit au Viêt Nam et 5 au Laos[32].

Le nombre de morts de 1965 à la fin du conflit se situerait au-dessus de trois millions[33]. Dans les années 1980, des estimations américaines situent le nombres de victimes causées par la répression et à l'exode après 1975 au-dessus du demi-million, dont 65 000 à 100 000 exécutions par le régime communiste, 150 000 à 175 000 prisonniers disparus, le reste étant des boat-people[34].

Exemples d'exactions communistes[modifier | modifier le code]

Photo du massacre de Dak Son
  • Le Massacre des habitants de Dak Son
Article détaillé : Massacre de Dak Son.

Le 5 décembre 1967, deux bataillons du Front national de libération du Sud Viêt Nam massacrent méthodiquement 252 civils au cours d'une expédition punitive contre le hameau de Đắk Sơn.

  • Le massacre des habitants de Huế
Article détaillé : Bataille de Huế.

Dans un chapitre du Livre noir du communisme, intitulé « Impasse d'un communisme de guerre », Jean-Louis Margolin estime que l'un des plus grands massacres commis par les communistes pendant la guerre a été celui dont s'est rendu coupable le Front national de libération du Sud Viêt Nam, en février 1968, pendant la Bataille de Huế[35] : au moins trois mille personnes civiles exterminées, dont certaines enterrées vivantes, soit « bien plus que lors des pires exactions de l'armée américaine » précise-t-il.

Exemple d'exaction américaine : le massacre des habitants de Mỹ Lai[modifier | modifier le code]

Photo du massacre de Mỹ Lai
Article détaillé : Massacre de Mỹ Lai.

En 1969, il apparaît que le lieutenant William Calley, chef de section au Viêt Nam, a conduit un massacre de civils vietnamiens (y compris de jeunes enfants) à Mỹ Lai un an auparavant. Ce crime de guerre fut stoppé lorsque Hugh C. Thompson, Jr., chef d'équipe d'un hélicoptère d'observation remarque le carnage et intervient avec ses coéquipiers pour arrêter le massacre. Bien qu'il soit incarcéré, Calley ne reçoit qu'une sentence légère à son procès en cour martiale en 1970 et est ensuite gracié par le président Richard Nixon.

Pertes aériennes durant la guerre au Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Lâché de bombes sur le Nord-Viêt Nam par des F-105 Thunderchief le 14 juin 1966, dans le cadre de l'opération Rolling Thunder.

Concernant les pertes aériennes nord vietnamienne, 202 MiG furent abattus en combats aériens par 174 avions américains entre avril 1965 et janvier 1973[36].

Voici les pertes des aéronefs des forces armées des États-Unis. Ces chiffres impressionnants sont à relativiser par rapport au nombre de sorties, correspondant à un taux de pertes de 0,1 %.

Pertes américaines
Cause des pertes avions hélicoptères
Combat aérien 79 2
Missile sol-air 197 7
Artillerie antiaérienne 2 140 2 375
Détruits au sol 145 205
Accident et autres 1 158 2 282
Sous-totaux 3 719 4 871
TOTAL 8 590

Concernant les hélicoptères, utilisés pour la première fois à très grande échelle dans un conflit, un total de 11 894 engins américains ont été engagés durant cette guerre, avec un maximum instantané de 2 850 en 1968. Le nombre de pilotes d'hélicoptères tués ou disparus s'élève à 2 181 dont 1 905 pour l'US Army. Si l'on ramène les hélicoptères abattus par l'action ennemie au nombre de sorties, on obtient un ratio de 1 pour 18 000[37].

Pertes financières[modifier | modifier le code]

Les opérations entre 1965 et 1975 ont coûté aux États-Unis 111 milliards dollars américains en dollars courant (686 milliards de $ valeur 2008 soit 716 milliards de $ valeur 2011), soit un maximum 2,3 % de leur produit intérieur brut. Le budget de la Défense de ce pays a atteint un maximum de 9,5 % de leur PIB durant cette période[38].

Critiques et analyse[modifier | modifier le code]

Manifestation contre la guerre du Viêt Nam, Washington DC, octobre 1967

La guerre du Viêt Nam est très critiquée par les opinions publiques mondiales et domestique, la nouvelle gauche et certains vétérans anti-guerre américains considérant cette guerre comme « impérialiste ». À cause de cette guerre, beaucoup d'idées socialistes et révolutionnaires sont reprises par les partis politiques classiques à un niveau jamais vu depuis les années 1930[39]. La guerre génére le plus fort mouvement anti-guerre de l'histoire des États-Unis, mettant fin à la conscription. Beaucoup de jeunes américains qui rejetaient « l'hypocrisie d'une démocratie » dont étaient exclus selon eux les afro-américain et les populations non blanches du tiers monde, deviennent « anti-impérialistes »[40].

Le premier ministre Ngô Đình Diệm et ses alliés américains ignorent les accords de Genève de 1954 qui après la guerre française en Indochine imposent pour juillet 1956 des élections libres dans l'ensemble de la péninsule vietnamienne qui ne devait être que temporairement divisée en deux, car ils craignent une victoire des communistes, le nord étant plus peuplé et ne garantissant pas selon eux des élections justes[41]. Après des élections largement truquées, selon Edward Miller, Ngô Đình Diệm devient président du Sud Viêt Nam[42], et est salué par le gouvernement américain comme un nouveau héros du monde libre[43]. Sa victoire est vécue comme une défaite par l'ancien pouvoir colonial français qui considère cette élection comme non démocratique et dans laquellee ils voient un complot des États-Unis pour rendre impossible la réunification du Viêt Nam, ce qui n'empêche pas la France de reconnaître le régime sud vietnamien peu après[44].

Raymond Aron explique qu'à la différence des Français en Indochine, de 1946 à 1954, les américains ne défendent pas un empire mais un régime anticommuniste, dans le cadre de la guerre froide au Sud Viêt Nam, dans une stratégie de containment et conformément à la théorie des dominos. Et il précise qu'il n'y a pas non plus pour les Américains d'enjeu économique, de défense d'entreprises privées, nationalisées par l'ennemi[45].

Noam Chomsky dénonce la collusion entre le capitalisme et l'impérialisme via le complexe militaro-industriel qui est selon lui le seul à tirer profit de la guerre, comme évoqué par Lénine dès 1916, précise-t-il. Pour lui, la guerre du Viêt Nam est un échec politique car le conflit devient un symbole pour les pays en voie de développement de la résistance à la politique des États-Unis et créé une opposition politique intérieure très forte; et l'échec est aussi économique, la guerre ne créant aucun gain et accentuant le déclin économique. James Petras et Robert Rhodes ou John Pilger, autres auteurs « anti-impérialistes », considèrent cependant qu'au long terme la victoire vietnamienne a été une victoire à la Pyrrhus, le coût humain de la guerre étant exorbitant pour le Viêt Nam et les États-Unis reprenant selon eux leur contrôle « impérialiste » sur tous les pays même les plus nationalistes, après la chute du communisme, et « recolonisant » le Viêt Nam[46].

Conséquences de la guerre[modifier | modifier le code]

Divisé depuis 1954 le Viêt Nam est réunifié, de la frontière de Chine à la pointe de « Camau » le 2 juillet 1976 pour créer la « République socialiste du Viêt Nam ». Saïgon est renommée Hô-Chi-Minh-Ville en l'honneur du précédent président de la RDVN.

En plus du problème prioritaire et urgent du ravitaillement résolu par Mme Nguyen Thi Binh, signataire des accords de paix de Paris au nom du Front national de libération du Sud Viêt Nam, il y eut le problème d’une « catastrophe sociologique » sans précédent pour une population rurale agglutinée dans des villes de garnison, depuis 1946, vivant d’une « économie des poubelles », des déchets des armées et des fournitures militaires dont le « marché aux voleurs » était célèbre, avec les drogues et la prostitution tout autour.

De 1975 à 1982, 65 000 personnes sont exécutées au Viêt Nam et plus d'un million sont envoyées en « camps de rééducation » ou dans les « nouvelles zones économiques ». Leurs biens personnels (habitations, commerces, entreprises, terres) sont confisqués pour une période plus ou moins longue.

Au total, trois millions de personnes quittent l'Indochine entre 1975 et 1997, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Plus d'un million de Sud-Vietnamiens fuient le pays à bord d'embarcations de fortune[47],[48]. Le nombre de Boat-people n'ayant pas survécu est estimé par le Haut Commissariat à entre 200 000 et 250 000[49].

Article détaillé : Boat-people.

Une partie des réfugiés de 1975 était l’élite du régime de Saïgon partie en avion dans les bagages des derniers personnels américains[50]. Les réfugiés de 1980 étaient de petites gens fuyant la troisième guerre d’Indochine et les difficultés économiques d’un pays dévasté par des guerres depuis 1946.

La plus grande conséquence sur le développement sud-est-asiatique est le fait que les plus grands « cerveaux » du Viêt Nam (le Viêt Nam était très développé avant la guerre) ont, soit fui aux États-Unis avec les Américains, soit été décimés/envoyés dans des camps de rééducation par les communistes. Du peu d'intellectuels qui ont survécu à la catastrophe, très peu ont pu trouver un travail car une bonne partie d'entre eux était contre le gouvernement communiste qui les a par conséquent privés de travail[51].

Les Sud-Vietnamiens qui ont fui leur pays constituent une force économique aux États-Unis et ailleurs. Depuis les années 1990, la diaspora vietnamienne contribue à redynamiser l'économie du pays.

Article détaillé : Little Saigon.

Le génocide cambodgien (1,7 million de victimes, soit 21 % de la population) découle directement de la guerre civile qui fit rage au Cambodge dans les années 1970 et cette dernière est à relier à la Guerre du Viêt Nam[52].

La Chine a profité de l'après-guerre pour s'emparer du territoire longeant la frontière entre la Chine et le nord du Viêt Nam, ainsi qu'une partie des îles dont le sous-sol regorge de pétrole (Voir Conflit territorial en mer de Chine méridionale).

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 11 décembre 1961 : Première intervention américaine au Viêt Nam. Un porte-avions américain transportant deux escadrilles d'hélicoptères fait escale à Saïgon. Pour la première fois, l'armée américaine aide directement les sud-vietnamiens dans leur combat contre la guérilla communiste.
  • 11 juin 1963 : Pour protester contre le régime autoritaire pro-américain du président vietnamien Ngô Dinh Diêm, un bonze bouddhiste se suicide par le feu à Saïgon. D'autres immolations publiques suivront et les mouvements d'opposition seront sévèrement réprimés par le pouvoir. En novembre, un coup d'État renversera le gouvernement de Ngô Dinh Diêm qui sera fusillé. En 1964, les États-Unis décideront d'envoyer des troupes au Viêt Nam afin de s'opposer à l'avancée communiste.
  • 7 février 1965 : Après avoir fait évacuer les dernières familles américaines, l'US Air Force lance sa première offensive aérienne directe sur le Nord-Viêt Nam. Le but des États-Unis et du gouvernement sud-vietnamien est de mettre à mal les réseaux de ravitaillement en armes et en carburant des communistes du Nord. Ces bombardements marquent le début de la deuxième guerre d'Indochine. À partir du mois de mars, les marines américains arrivent de plus en plus nombreux au Sud-Viêt Nam.
  • 29 juin 1966 : Premiers raids américains au Viêt Nam. Le président américain Lyndon Baines Johnson déclenche les premiers raids aériens sur le Viêt Nam du Nord. Les dépôts de carburants de Hanoï et de Haïpong sont bombardés.
  • 2 septembre 1969 : Mort de Hồ Chí Minh. En plein conflit avec les États-Unis, le président de la République démocratique du Viêt Nam, artisan de l'indépendance du pays et de l'instauration d'un régime communiste, meurt d'une crise cardiaque à Hanoi à l'âge de 79 ans. Hồ Chí Minh, qui a vécu en France de l'âge de 27 à 34 ans, a créé le parti communiste indochinois en 1930 et proclamé l'indépendance et la fondation de la République démocratique du Viêt Nam en 1945, ouvrant neuf années de conflit avec la France, alors puissance coloniale. Après la défaite française de Dien Bien Phû, et les accords de Genève (1954), il accepte le partage provisoire du Viêt Nam en deux États, le Nord et le Sud. Hồ Chí Minh entame pourtant l'invasion du sud en se heurtant cette fois aux États-Unis qui soutiennent le régime de Saïgon. Le 2 juillet 1976, le nom de Hô-Chi-Minh-Ville est donné à l'ex-capitale du sud.
  • 30 avril 1975 : Chute de Saïgon

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'armée vietnamienne est-elle fiable ?, Association d’Amitié Franco-Vietnamienne , 23 janvier 2010
  2. Encyclopédie Larousse
  3. Rappel des principaux conflits auxquels ont participé les États-Unis depuis 1945 Article dans le quotidien canadien La Presse le 1er décembre 2009.
  4. (en) Vietnam War Statistics, Mobile Riverine Force Association
  5. (en) Casualties - US vs NVA/VC
  6. NAME OF TECHNICAL SERGEANT RICHARD B. FITZGIBBON TO BE ADDED TO THE VIETNAM VETERANS MEMORIAL, communiqué du Département de la Défense des États-Unis, 6 novembre 1998
  7. Departement of Defense, United-States-Vietnam Relations, 1945-1967, VIII, p. 144-145
  8. Mémorandum inédit sur les inconvénients de la pacification, diffusé au sein des troupes américaines en 1965, et dont une copie fut donnée par Vann à Alex Carey, Université de Nouvelle-Galles du Sud, Australie
  9. R. Lindholm (dir.), Vietnam : The First Five Years, Michigan State UP, 1959, p. 346
  10. Interview parue dans Stern et reprise dans New Advocate, 1-15 avril 1972 ; Maxwell Taylor, Pentagon papers
  11. Howard Zinn 2002, p. 536
  12. John Prados, La guerre du Viêt Nam, Perrin, 2009, page 134.
  13. John Prados, La guerre du Viêt Nam, Perrin, 2009, page 133.
  14. Howard Zinn 2002, p. 540
  15. (en) Meredith H. Lair, Armed With Abundance: Consumerism & Soldiering in the Vietnam War, The University of North Carolina Press,‎ 15 novembre 2011 (ISBN 978-0807834817)
  16. a, b et c Bernard Vincent 1997, p. 279
  17. Cette partie de l'offensive du Tết est le thème principal de la seconde partie du film Full Metal Jacket de Stanley Kubrick.
  18. Philippe Richer, L'Asie du Sud-Est, Imprimerie nationale, 1981, p. 320-321. (ISBN 9782110807588). Ces pourparlers durèrent jusqu'en janvier 1973, aboutissant aux accords de paix de Paris
  19. a, b et c Walter Pincus (en), Democrat Endorsed Cambodia Invasion. Nixon Papers Cite 1970 Conversation, The Washington Post, 24 juin 2009.
  20. http://www.yale.edu/cgp/Walrus_CambodiaBombing_OCT06.pdfBen Kiernan qui compare ce chiffre aux 2 millions de tonnes largués durant toute la seconde guerre mondiale
  21. Les député votèrent sous une menace de mort. Voir le documentaire Les 9 vies de Norodom Sihanouk
  22. « Edito : Les médias et la guerre », infoguerre.fr, 2 octobre 2008.
  23. a, b et c François Weil, Histoire de New York, Paris, Fayard, 2005 (ISBN 2-2136-1856-9), p. 306
  24. Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard,‎ 2006 (ISBN 2-070-77931-9), p. 141
  25. Quand la danse américaine partait en guerre contre les injustices - Rosita Boisseau, Le Monde, 15 février 2008
  26. Françoise Kourilsky, Le Bread and Puppet Theatre, Lausanne, L'Âge d'homme, 1971, p. 83
  27. L'ARVN bombarda au napalm le 8 mai le village de Trảng Bàng qui sera immortalisée par Kim Phúc.
  28. « Image », sur www.arthistoryclub.com (consulté le 27 avril 2010)
  29. (en) Vietnam War Timeline - Landscaper.net
  30. (en) WWII Statistics - World War 2 Battles
  31. Bilan des pertes américaines sur globalsecurity.org
  32. « Implication des troupes russes dans des conflits à l'étranger », sur RIA Novosti,‎ 16 février 2012 (consulté le 17 février 2012)
  33. Paul Quinn-Judge, Far Eastern Economic Review, 11 octobre 1984
  34. Jean et Simone Lacouture, Viêt Nam, voyage à travers une victoire, Paris, Seuil, 1976.
  35. The 1968 "Huế Massacre" by D. Gareth Porter, Indochina Chronicle scans, with illustrations (PDF) « "Huế Massacre" by D. Gareth Porter »
  36. (en) Donald J. McCARTHY, Jr, MiG KILLERS - A Chronology of U.S. Air Victories in Vietnam 1965-1973, North Branch, Speciality Press,‎ 2009 (ISBN 978-1-580-07136-9)
  37. Général Andrè Martini, L'histoire de l'aviation légère de l'armée de terre 1794-2004, Paris, Lavauzelle,‎ 2005, 214, 215 p. (ISBN 978-2-7025-1277-7, LCCN 2005476439)
  38. (en)[PDF]Stephen Daggett, « Costs of Major U.S. Wars », sur Service de recherche du Congrès,‎ 24 juillet 2008 (consulté le 23 janvier 2012)
  39. The Vietnam War in American Memory: Veterans, Memorials, and the Politics of Healing, Patrick Hagopian, Univ of Massachusetts Press, 2009, p. 12 [1]
  40. Imperialism in the 21st Century: War, Neo-liberalism and Globalisation, Doug Lorimer, Resistance Books, 2002, p. 11 [2]
  41. Staging Democracy: South Vietnam's 1955 Referendum to Depose Bao Dai, Jessica Chapman, Diplomatic History, 2006, volume 30, issue 4, September, p. 694
  42. Miller, Edward (2004). Grand Designs, Vision, Power and Nation Building in America's Alliance with Ngo Dinh Diem, 1954–1960. UMI, p. 207
  43. Buttinger, Joseph (1967). Vietnam: A Dragon Embattled. Praeger Publishers, p. 890-892
  44. Chapman p. 699-700
  45. Raymond Aron, Le spectateur engagé, Paris, Julliard, 1980
  46. Imperialism And Postcolonialism, Barbara Bush, Pearson Education, 2006, p. 202 [3]
  47. « Viêt Nam : fuir le communisme », Radio-Canada, 28 avril 1985.
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  49. (en) « Vietnam, post-war Communist regime (1975 et seq.): 365,000 », Secondary Wars and Atrocities of the Twentieth Century,‎ mars 2011 (consulté le 27 mai 2008)
  50. (en) White Christmas - The Fall of Saigon - Dirck Halstead, The Digital Journalist
  51. « Les camps de rééducation », University of California, Berkeley
  52. « Le fait historique : l’escalade de la guerre, le Cambodge pris dans la Guerre du Viêt Nam », Les cahiers du Nem : La guerre du Viêt Nam filmée et vue par les Vietnamiens, 21 septembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Madeleine Riffaud,
    • Dans les maquis viet-cong, Paris, Julliard, 1965 (préface de Philippe Devillers)
    • Au Nord Viêt Nam (écrit sous les bombes), Paris, Julliard, 1967.
  • Gérard Challiand, Paysans du Nord-Viêt Nam et la guerre, Paris, Maspero, 1967 (préface de Philippe Devillers)
  • Henri Meurice, Journal d'Asie : Chine, Inde, Indochine, Japon : 1969-1975, Paris Budapest Torino, l'Harmattan,‎ 2005 (ISBN 2-747-58270-1, Extraits sur Géopolitis lire en ligne)
  • Hannah Arendt, Du mensonge à la violence "Du mensonge en politique : réflexions sur les documents du Pentagone", Calmann-Levy, Paris, 2003
  • Jacques Portes, Les américains et la guerre du Vietnam, Bruxelles, Éditions Complexe,‎ 1993 (ISBN 2-870-27471-8)
  • Jacques Danois, Frères dans la rizière, Paris, Fayard,‎ 1998 (ISBN 2-213-60109-7)
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  • Laurent Cesari, L'Indochine en guerres, 1945-1993, Paris, Belin,‎ 1995 (ISBN 978-2-701-11405-7).
  • Maurice Vaïsse et Christopher E Goscha, La guerre du Vietnam et l'Europe, 1963-1973, Bruxelles, Bruylant,‎ 2003 (ISBN 978-2-802-71788-1 et 978-2-275-02390-8).
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  • Vital Ferry, Les ailes du dragon tome 2 : Aviation civile en Indochine (1955-1975), le trait d'union no 168, 1996.
  • Neil Sheehan, L'Innocence perdue : un Américain au Vietnam, Paris, Seuil,‎ 1990 (ISBN 2-020-12189-1)
  • Stephen King (trad. William Olivier Desmond), Coeurs perdus en atlantide : roman [« Hearts in atlantis »], Paris, Albin Michel,‎ 2001 (ISBN 978-2-226-12209-4, OCLC 47191972), King fait souvent référence à cette guerre dans son livre.
  • Noam Chomsky et Edward S. Herman, La fabrication du consentement : de la propagande médiatique en démocratie, Marseille, Agone, coll. « Contre-feux »,‎ 2008 (ISBN 978-2-748-90072-9, OCLC 470979806), Chomsky y étudie les mécanismes de la propagande en démocratie et consacre une grande partie de ce livre au rôle de la presse pour le cas particulier de la guerre du Viêt Nam.
  • Bernard Vincent (dir.), Histoire es États-Unis, Paris, Flammarion,‎ 1997, 466 p. (ISBN 2-080-81376-5)
  • Howard Zinn , Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours, Marseille, Agone,‎ 2002, 811 p. (ISBN 2-910-84679-2)

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Pierre Boulle, Les oreilles de jungle, Paris, Flammarion, 1972
  • Kent Anderson (trad. Frank Reichert, préf. James Crumley), Sympathy for the devil, Paris, Gallimard,‎ 2013 (ISBN 978-2-070-44790-9) (traduction française)
  • Joe Haldeman, Les deux morts de John Speidel, Paris, Gallimard,‎ 2003 (ISBN 978-2-070-42621-8) (traduction française)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Histoire locale[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]