Balance commerciale

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Les dix premières économies pour le commerce international

La balance commerciale est la différence, en termes de valeur monétaire, entre les exportations et les importations de biens ou de biens et services (dépend du pays) dans une économie sur une période donnée. On parle aussi de solde commercial.

Définition comptable[modifier | modifier le code]

La balance commerciale d’un État est l’élément de comptabilité nationale qui répertorie et résume ses exportations et importations de biens, et de services marchands (on parle de la balance des biens et services). Toutefois, dans certaines nomenclatures, dont la comptabilité nationale française[1], le terme de balance commerciale est limité aux échanges de biens, hors services.

Les biens et services marchands peuvent comprendre : biens manufacturés, matières premières, produits agricoles (tous inclus dans la balance commerciale), voyages et transport, tourisme, prestations de sociétés de service et de conseil (parfois exclus), etc.

Le solde de la balance commerciale est la différence entre les valeurs des exportations et des importations de biens et de services. Une balance commerciale positive signifie que le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en importe : on parle alors d’« excédent commercial » ou de « balance excédentaire ». Quand elle est négative, on parle de « déficit commercial ».

La mesure de la balance commerciale peut être problématique, cela est dû à la difficulté de l’enregistrement de l’ensemble des données commerciales. Une illustration de ce problème est la suivante : quand l’ensemble des déficits et excédents commerciaux sont additionnés, il apparaît que le monde enregistre un excédent commercial avec lui-même, de quelques points. Cela ne peut être le cas, car l’ensemble des transactions correspondent soit à un crédit soit à un débit dans le compte de chaque pays et doivent de ce fait s'équilibrer. Une explication à ce phénomène peut résider dans les transactions pour laver l’argent sale, ou d’autres problèmes encore.

Analyse économique[modifier | modifier le code]

Causes et facteurs[modifier | modifier le code]

Les facteurs qui peuvent influencer la balance commerciale sont les suivants :

Point de vue du libre-échange[modifier | modifier le code]

Article détaillé : libre-échange.

Un échange commercial est mutuellement profitable aux partenaires, et implique un enrichissement pour les deux ; les mots « excédent » et « déficit » sont donc inappropriés dans la mesure où ils sous-entendent respectivement un enrichissement et un appauvrissement. Ils sont apparus dans le cadre du mercantilisme, doctrine selon laquelle il est préférable d'exporter des biens (acquisition de monnaie contre des biens) plutôt que d'en importer[2]. Ils ont subsisté par tradition et par persistance de la doctrine mercantiliste (notamment via le keynésianisme).

Si ni l'excédent ni le déficit commercial ne sont dangereux pour une économie nationale, ils peuvent cependant être le signe et la cause d’autres problèmes économiques (en cas de déficit : faiblesse de l'industrie, sur-évaluation de la monnaie favorisant les biens importés par rapport à la production indigène ; ou, inversement en cas d'excédent, sous-consommation ou sous-évaluation de la monnaie permettant aux étrangers d'acheter à bas prix l'outil industriel du pays).

Pour évaluer la situation d’un pays par rapport au reste du monde (évolution de l'épargne et de l'endettement, part de capital détenue par l'étranger ou au contraire à l'étranger…), la balance commerciale ne suffit pas : elle est une composante de la balance courante, elle-même partie de la balance des paiements. Ainsi par exemple un pays très touristique peut avoir une balance commerciale déficitaire et une balance courante positive (si les dépenses des touristes payent plus que l'excès d'importations sur les exportations).

À noter que, pour Frédéric Bastiat, le déficit diminue en période de récession et augmente en période d'expansion.

Point de vue protectionniste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protectionnisme.

Le déficit de la balance commerciale est un problème pour l'économie de l'État, il crée du chômage. Il faut y remédier en menant une politique publique de protectionnisme.

Données[modifier | modifier le code]

Balance commerciale de l'Allemagne[modifier | modifier le code]

L'Allemagne enregistre depuis le début des années 2000 un excédent commercial très important : il était de 162 milliards d'euros sur douze mois entre décembre 2005 et novembre 2006[3].

Balance commerciale des États-Unis[modifier | modifier le code]

Balance commerciale des États-Unis 1960-2010
Balance commerciale des États-Unis (1980–2010), les nombres négatifs signifient un déficit commercial.

Les États-Unis ont commencé à avoir un déficit commercial en 1971[4]. Pour les biens seuls, le premier déficit remonte à 1972 et le dernier excédent à 1975[5].

Le déficit a notablement augmenté à partir de 1998. Durant les années 2000, il passe de 3 à 6 % du PIB[6].

Balance commerciale de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

La compilation des données des balances commerciales des différents États membres ou de la Zone euro ou de l'Union européenne incombe aujourd'hui à l'organisme européen Eurostat.

Dans ce cadre, ne sont considérées que les valeurs des exportations et des importations de biens et de services échangés entre les pays membres de la Zone Euro ou de l'Union européenne d'une part, et l'ensemble des autres pays du monde d'autre part. Ne sont pas comptabilisés les mouvements ou intra-Zone Euro ou intra-zone communautaire.

À titre d'exemple, la balance commerciale de la Zone Euro était à l'équilibre en mai 2011, alors que celui de l'Union européenne des 27 pays membres était en déficit de 13,2 milliards d'euros.

Balance commerciale de la France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Échanges extérieurs de la France.
Exportations, importations et solde des échanges extérieurs, en % du PIB, données trimestrielles, entre 1975 et 2011.

Le déficit commercial de la France a atteint un record historique de 39,171 milliards d'euros en 2007, soit près de 11 milliards d'euros de plus que les 28,238 milliards d'euros enregistrés en 2006, déjà sans précédent[7].

2009 est la sixième année consécutive de déficit des échanges commerciaux français. Le dernier excédent remonte à 2003 (+ 1,143 milliard d'euros).

La crise amorcée en fin d'année 2007 a entraîné une légère réduction du déficit commercial, ce qui n'a pas empêché de voir le commerce extérieur dépasser désormais pour 2008 les 57 milliards d'euros (57,482 milliards précisément) et 43,03 milliards d'euros en 2009[8].

En 2010, le déficit commercial de la France s'est élevé à 51,1 milliards d'euros.

En 2011 le déficit commercial de la France atteint 69,59 milliards d'euros, dont la facture énergétique en représente 86 %[9] (environ 60 milliards d'euros). Hors énergie, la balance commerciale de la France est donc quasiment à l'équilibre.

Balance commerciale de la Suisse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Commerce extérieurs de la Suisse.
Commerce extérieur des marchandises suisses (valeur nominal) en milliards de francs entre 1992 et 2009.

En 2013, la Suisse enregistre un excédent commercial de 24 milliards de francs suisse, ce qui représente 46'561 francs par habitant[10].

Les exportations se sont élevées à 201 milliards de francs avec pour principaux clients, l'Allemagne (38 milliards de francs, 18,7 % du total), les États-Unis (23 milliards de francs, 11,6 %) et l'Italie (15 milliards de francs, 7,2 %)[10]. Les exportations représente 33,4 % du PIB du pays. La Suisse a importer pour un total de 178 en milliards de francs suisse, principalement d'Allemagne (52 milliards de francs, 29,2 %), d'Italie (18 milliards de francs, 10,3 %) et de France (15 milliards de francs, 8,3 %)[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. site de l'Insee
  2. les premiers mercantilistes mesuraient la richesse d'un pays à la quantité d'or (ou plus généralement de monnaie) qu'il détenait ; leurs successeurs, bien que reconnaissant que les denrées et autres biens avaient autant de valeur que la monnaie, donnaient cependant la préférence à l'industrie nationale, donc continuaient à préférer l'exportation de biens transformés (de plus grande valeur que les matières premières)
  3. Calcul effectué à partir des données mensuelles fournies par l'Insee.
  4. http://www.census.gov/foreign-trade/statistics/historical/gands.txt
  5. http://usinfo.org/enus/economy/trade/docs/06s1288.xls
  6. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeTheme=7&codeStat=NE.RSB.GNFS.ZS
  7. France : déficit commercial record de 39,17 milliards d'euros en 2007, Le Monde, 8 février 2008 (selon les Douanes)
  8. France : La crise entraîne une légère réduction du déficit commercial, Les Échos, 9 janvier 2009 (Selon les Douanes)
  9. http://www.ufe-electricite.fr/Une-necessaire-mise-en-perspective
  10. a, b et c Le commerce extérieur suisse en bref, site de l'Administration fédérale des douanes (AFD), consulté le 30 mai 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]