Shōjo

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Shōjo est un mot japonais signifiant jeune fille ou petite fille. En Occident, le mot est fréquemment utilisé pour désigner les shōjo manga, un type de manga possédant ses propres caractéristiques et canons. Le shōjo manga (少女漫画?, parfois écrit shoujo manga ou syoujo manga en wāpuro rōmaji) est une bande dessinée (manga) dont la cible éditoriale est avant tout constituée de jeunes adolescentes. Le genre est à opposer au shōnen manga (少年漫画?, manga pour jeune garçon).

Son équivalent coréen est le sunjeong manhwa.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien que le manga existe depuis bien plus longtemps, les premiers magazines shōjo sont apparus en 1903 avec la création de Shōjo kai (少女界?), puis Shōjo Sekai (少女世界?) en 1906 et Shōjo no tomo (少女の友?) en 1908[1],[2]. Avant cette époque, il n'y avait pas de distinction selon les cible éditoriales (sexe et tranche d'âge). Les premiers mangas publiés dans ces magazines sont très simples et font généralement une seule page. Dans les années 1930, le style a évolué et les mangas humoristiques deviennent alors essentiels dans les magazines. Le plus célèbre de l'époque, Kurukuru Kurumi-chan (くるくるクルミちゃん?) de Katsuji Matsumoto, a débuté en 1938 dans le magazine Shōjo no tomo. Cependant, comme la Seconde Guerre mondiale progressait, le manga a commencé à disparaître[3].

Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle constitution est instaurée, avec une égalité des droits et le droit de vote aux femmes. Durant cette période, Machiko Hasegawa est la première femme mangaka d'importance à avoir créé une bande dessinée, domaine généralement réservé aux hommes. Son manga, Sazae-san, écrit sous forme de yonkoma et publié dans le magazine Asahi Shinbun entre 1949 et 1974, connait un grand succès. Pendant 45 tomes, il raconte la vie quotidienne d'une famille japonaise classique de façon humoristique. Les grand succès de l'époque sont écrits par des mangaka masculin, souvent auteur de shōnen : Tetsuya Chiba, auteur de Ashita no Joe, publie notamment Yuki no taiyō, Yuka o yobu Umi ; Leiji Matsumoto, auteur d'Albator, écrit Kuroi hanabira, S no Taiyo, … Mais c'est Osamu Tezuka qui a instauré les principales caractéristique du shōjo telles qu'elles le sont aujourd'hui. Son premier manga shōjo, Princesse Saphir, écrit en 1953[3], se déroule dans un monde féerique et instaure le premier travesti ou transsexuel de l'histoire, avec son personnage doté de deux cœurs. Cette œuvre, ayant connu un très grand succès, est inspirée des Silly Symphonies de Walt Disney Pictures ainsi que le théâtre Takarazuka. À la fin des années 1950, quelques femmes deviennent mangaka comme Hideko Mizuno, Miyako Maki ou encore Masako Watanabe, mais les thèmes abordés dans le shōjo restent très clichés, comme des récits d'apprentissage de la vie et une histoire avec des fleurs. Une des premières innovations du genre revient à Shōtarō Ishinomori, qui a conçu les bases du manga magical girl (mahō manga) en 1964 avec Sarutobi Ecchan, genre qui sera par la suite approfondie par Mitsuteru Yokoyama et son manga Sally la petite sorcière publié en 1966.

Dans les années 1960, le demande des principaux éditeurs s'accroît, et pousse le genre à une publication hebdomadaire plutôt que mensuelle. De plus en plus de femmes deviennent alors mangaka dans la fin de cette décennie, et notamment le groupe de l'an 24 (花の24年組, hana no nijū yon nen gumi?), toutes nés en 1949 : Riyoko Ikeda écrit La Rose de Versailles (aussi connu sous le nom Lady Oscar), en se basant sur le genre du roman historique, alors que Moto Hagio et Keiko Takemiya vont, quant à elles, créer un nouveau genre particulier, le shōnen-ai ou yaoi, relatant des histoires entre jeunes adolescents masculines homosexuels se déroulant généralement dans un contexte exotique. Les thèmes abordés s'étendent alors durant, avec des récits d'amour osés pour l'époque entre un homme noir et des femmes blanches, des récits musicaux abordant la drogue et le sexe avec des personnages principaux masculins, de la science-fiction, du sport ou encore de l'horreur. Ainsi, entre les années 1970 et 2000, les auteurs essaient de briser les clichés autour du shōjo et tentent de réduire la barrière avec le shōnen, avec des éléments de narration plus matures. Comme le public lisant du shōjo a grandi, certains auteurs se sont mis a écrire des histoires pour ce public, donnant alors naissance au genre josei.

Les genres abordés[modifier | modifier le code]

Le shōjo romantique[modifier | modifier le code]

Les histoires romantiques est un thème très fréquemment abordées dans le shōjo. Elles se situent généralement dans un cadre scolaire.

Quelques exemples :

Le shōjo magical girl[modifier | modifier le code]

Le thème principal de ce sous‑genre est, aussi bizarre que cela puisse paraître, le passage vers l'âge adulte. En effet, le canevas principal est généralement défini ainsi :

  • La Terre est menacée par les êtres du Mal (des extraterrestres, des monstres, des démons, etc.) qui symbolisent les problèmes ou les soucis auxquels est confronté n'importe quel humain.
  • Une fillette sans grande distinction est exposée à ces soucis (qui sont généralement des soucis d'enfants ou de jeunes adolescentes).
  • Elle se voit confier un sceptre (ou tout autre objet de pouvoir) représentant le cadeau du Seijin shiki.
  • Elle peut dès lors utiliser ses pouvoirs qui nécessitent généralement une transformation en une version adulte et plus féminine d'elle‑même.
  • Ce passage à l'âge adulte nourrit l'illusion des plus jeunes quant à la toute-puissance des adultes pour lutter contre les soucis.

Quelques exemples :

Le shōjo Boy's Love, yaoi ou shōnen-ai[modifier | modifier le code]

Le yaoi (やおい?) est un genre de mangas dans lequel l'intrigue est centrée autour d'une relation homosexuelle entre personnages masculins, et comportant éventuellement des scènes sexuelles. Il s'agit généralement de relations idéalisées avec des personnages masculins.

Le yaoi est à distinguer :

  • du shonen-ai, dans lequel la romance homosexuelle n'atteint pas le stade du sexe. Les relations sont essentiellement platoniques ou au stade du tendre baiser ;
  • du bara, genre homosexuel plus réaliste, qui est dessiné essentiellement par des hommes et à destination d'un public homosexuel masculin ;
  • du shota, où les protagonistes (ou au moins l'un d'entre eux) sont des enfants préadolescents (ces mangas sont moins exportés du fait des problèmes de légalité qu'ils posent dans de nombreux pays).

Le shōjo sportif[modifier | modifier le code]

Avec des joueuses féminines dans des sports comme le tennis dans Jeu, set et match !, le volley-ball dans Jeanne et Serge et Les Attaquantes, ou dans Ginban Kaleidoscope avec le patinage artistique.

Les mélanges[modifier | modifier le code]

Le manga Vision d'Escaflowne a la particularité d'avoir le style shōjo pour ses personnages, mais d'être un shōnen impliquant des mecha. De même, X de Clamp, publié dans un magazine pour filles, est à bien des égards à même de plaire au public masculin de par les combats souvent sanglants qui sont mis en scène.

Mangaka[modifier | modifier le code]

Quelques mangaka publiant des shōjo manga :

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « What are shoujo manga? », sur http://matt-thorn.com/ (consulté le 28 août 2013).
  2. (en) « What Shôjo Manga Are and Are Not », sur http://matt-thorn.com/ (consulté le 28 août 2013).
  3. a et b (en) Frederik L. Schodt, Manga! Manga! The World of Japanese Comics, Kodansha

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article AnimeLand Hors-série #10, Le petit monde de la japanim' vol.2, juillet-août 2006
  • (en) Fusami Ogi, « Bejond Shoujo, Blending Gender », International Journal of Comic Art vol. 3, no 2, automne 2001, p. 151-160.
  • (en) Shamoon, Deborah "Revolutionary Romance: The Rose of Versailles and the Transformation of Shojo Manga" Mechademia Vol. 2, 2007
  • (en) Takahashi Mizuki "Opening the Closed World of Shojo Manga" Japanese Visual Culture Ed. Mark MacWilliams. ME Sharpe, 2008.
  • Manga 10 000 Images no 3 : Le Manga au féminin, Versailles : Éditions H, septembre 2010