Esclavage au Japon

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Pendant la majeure partie de l'histoire du pays, la pratique de l'esclavage au Japon a seulement concerné les autochtones japonais, étant donné que l'exportation et l'importation des esclaves était limité par l'isolement de l'archipel des autres régions de l'Asie. Cependant, avec l'expansion de l'Empire du Japon dans la première moitié de l'ère Shōwa, des millions de personnes de la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale ont été enlevés et utilisés pour améliorer la production industrielle et l'effort de guerre.

Esclavage autochtone[modifier | modifier le code]

L'exportation d'un esclave du Japon est enregistrée dans un document historique chinois du IIIe siècle, mais on ignore dans quel contexte, et si c'était une pratique courante à l'époque. Ces esclaves étaient appelés seikō (生口?, littéralement « bouche vivante »). L'exportation des esclaves du Japon a cessé, en partie parce qu'ils étaient plus chers que ceux transportés par voie terrestre vers la Chine.

Au VIIIe siècle, les esclaves étaient appelés nuhi (奴婢?) et des lois sur l'esclavage furent publiées. Ces esclaves travaillaient dans les fermes et les maisons. Le nombre d'esclave est imprécis. Dans une région de la préfecture d'Ibaraki actuelle, environ 2 000 individus, sur une population de 190 000, étaient des esclaves, mais cela semble avoir été une proportion assez faible. On pense que les nombres étaient plus importants dans l'ouest du Japon.

L'esclavage a persisté pendant la période Sengoku (1467-1615) même si l'idée que l'esclavage était dépassé semble s'être répandue parmi les élites[1]. En 1590, l'esclavage fut officiellement interdit sous Hideyoshi Toyotomi ; mais les formes de contrat et de travail ont persisté tout au long de la période avec les travaux forcés. Légèrement plus tard, les lois pénales de la période Edo ont prescrit du « travail non-libre » pour la famille immédiate des criminels exécutés en l'article 17 du Gotōke reijō (lois du shogunat Tokugawa), mais la pratique ne s'est jamais généralisée. Le Gotōke reijō de 1711 a été compilé à partir de plus de 600 lois promulguées entre 1597 et 1696[2].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crimes de guerre du Japon Shōwa.

Pendant la première moitié de l'ère Shōwa, comme l'Empire du Japon avait annexé des pays asiatiques, à partir de la fin du XIXe siècle, des réglements archaïques comprenant l'esclavage ont été supprimés dans ces pays. Cependant, pendant la deuxième guerre sino-japonaise et la Guerre du Pacifique, les militaires japonais ont utilisé des millions de civils et des prisonniers de guerre en travaux forcés, sur des projets comme le chemin de fer de Birmanie ("Voie ferrée de la mort").

Selon une étude commune d'historiens comprenant Zhifen Ju, Mitsuyoshi Himeta, Toru Kubo et Mark Peattie, plus de 10 millions de civils chinois ont été mobilisés par le conseil de développement de l'Asie orientale en travaux forcés[3]. D'après les propres registres militaires japonais, presque 25 % des 140 000 prisonniers de guerre Alliés sont morts pendant leur internement dans les camps de prisonniers japonais où ils ont été forcés de travailler (37 % des prisonniers de guerre américains sont morts)[4],[5]. Plus de 100 000 civils et prisonniers de guerre sont morts dans la construction du chemin de fer entre la Birmanie et le Siam[6]. La Bibliothèque du Congrès des États-Unis estime qu'à Java, qu'entre 4 et 10 millions de romusha (« travailleur manuel » en japonais), ont été forcés de travailler par les militaires japonais[7]. Environ 270 000 de ces travailleurs javanais ont été envoyés des d'autres secteurs tenus par les Japonais en Asie du Sud-Est. Seuls 5 200 ont été rapatriés à Java, signifiant qu'il y avait un taux de mortalité de 80 %. (Pour d'autres détails, voir les Crimes de guerre du Japon Shōwa)[8].

Environ 5 400 000 Coréens ont été enrôlés dans le travail de 1939 à 1945. Environ 670 000 d'entre eux ont été emmené au Japon, où environ 60 000 sont morts entre 1939 et 1945, la plupart du temps d'épuisement ou des mauvaises conditions de travail. Beaucoup de ceux emmenés à la préfecture de Karafuto (actuelle Sakhaline) y ont été emprisonné à la fin de la guerre, déchu de leur nationalité et le Japon a refusé de les rapatrier ; ils sont appelés les Coréens de Sakhaline[9]. Le nombre total de travailleurs coréens en Corée et en Mandchourie pendant ces années est estimé entre 270 000 et 810 000[10].

200 000 « femmes de réconfort »[11], la plupart du temps venant de Corée ou de Chine, et de quelques autres pays comme les Philippines, Taïwan, la Birmanie, les Indes néerlandaises, les Pays-Bas[12] , et de l'Australie[13] subirent l'esclavage sexuel pendant la Deuxième Guerre mondiale pour satisfaire les membres de l'Armée et de la Marine impériale japonaise.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Nelson, "Slavery in Medieval Japan," Monumenta Nipponica 2004 59(4): 463-492
  2. Lewis, James Bryant. (2003). Frontier Contact Between Choson Korea and Tokugawa Japan, p. 31-32.
  3. Zhifen Ju, "Japan's Atrocities of Conscripting and Abusing North China Draftees after the Outbreak of the Pacific War", Joint study of the Sino-Japanese war, 2002, http://www.fas.harvard.edu/~asiactr/sino-japanese/minutes_2002.htm
  4. How Japanese companies built fortunes on American POWs
  5. Japanese Atrocities in the Philippines
  6. links for research, Allied POWs under the Japanese
  7. Library of Congress, 1992, "Indonesia: World War II and the Struggle For Independence, 1942-50; The Japanese Occupation, 1942-45" Access date: February 9, 2007.
  8. Christopher Reed: Japan's Dirty Secret, One Million Korean Slaves
  9. (en) Andrei Lankov, « Stateless in Sakhalin », The Korea Times,‎ 5 janv. 2006 (lire en ligne)
  10. (de) R. J. Rummel, Statistics of Democide: Genocide and Mass Murder Since 1990, Münster, Lit Verlag,‎ 1999 (ISBN 978-3-8258-4010-5, lien LCCN?) Available online: (en) « Statistics of Democide: Chapter 3 - Statistics Of Japanese Democide Estimates, Calculations, And Sources », Freedom, Democracy, Peace; Power, Democide, and War (consulté le 2006-03-01)
  11. Congress backs off of wartime Japan rebuke
  12. Comfort Women Were 'Raped': U.S. Ambassador to Japan
  13. Abe ignores evidence, say Australia's 'comfort women'

Notes[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Slavery in Japan » (voir la liste des auteurs)
  • Nelson, Thomas. "Slavery in Medieval Japan," Monumenta Nipponica 2004 59(4): 463-492
  • Yoshiaki, Yoshimi. Comfort Women: Sexual Slavery in the Japanese Military during World War II (Columbia U. Press, 2001) 240p

Lien externe[modifier | modifier le code]