Noboru Takeshita

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Noboru Takeshita
竹下 登
Noboru Takeshita lors du sommet du G7 en 1988 à Toronto.
Noboru Takeshita lors du sommet du G7 en 1988 à Toronto.
Fonctions
46e Premier ministre du Japon
6 novembre 19873 juin 1989
(1 an, 6 mois et 28 jours)
Monarque Hirohito
Akihito
Gouvernement 74e Cabinet
Législature 38e Chambre des Représentants
Prédécesseur Yasuhiro Nakasone
Successeur Sōsuke Uno
Biographie
Nom de naissance 竹下 登 (Takeshita Noboru)
Date de naissance 26 février 1924
Lieu de naissance Unnan, préfecture de Shimane (Japon)
Date de décès 19 juin 2000
Lieu de décès Minato-ku, Tokyo (Japon)
Nationalité Japonaise
Parti politique Parti libéral-démocrate
Fratrie Wataru Takeshita
Enfant(s) Daigo Naitō, Eiko Naitō (petits-enfants)
Diplômé de Université Waseda
Religion Jōdo shinshū

Signature

Noboru Takeshita
Premiers ministres du Japon

Noboru Takeshita (竹下 登, Takeshita Noboru?), né le 26 février 1924 à Kakeya, dans la préfecture de Shimane et mort le 19 juin 2000 à Minato-ku, Tokyo est un homme politique japonais. Il fut le 46e premier ministre du Japon entre le 6 novembre 1987 et le 3 juin 1989.

Biographie[modifier | modifier le code]

Noboru Takeshita est né le 26 février 1924 à Kakeya, un village faisant désormais partie de la ville d'Unnan, dans la préfecture de Shimane. Son père, Yuzo Takeshita, est un brasseur de saké mais également un puissant homme politique local[1]. Sa mère était quant à elle influencée par l'idéologie marxiste et ira jusqu'à renommer la marque principale de la brasserie familiale en 大衆 (Taishū?), ce qui signifie « Les Masses » en lieu et place de 日の出 (Hinode?), « L'aurore »[2]. Il est le frère aîné de Wataru Takeshita, qui sera également membre de la Chambre des représentants[3].

Alors qu'il était étudiant à l'université Waseda, sa scolarité fut interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Il est alors envoyé dans le service aérien de l'Armée impériale japonaise en 1944 pour devenir un kamikaze[4]. Alors qu'il était à la guerre, sa femme, avec qui il s'était marié un an auparavant, se suicide[5]. Après la guerre, il reprend ses études de commerce et est diplômé en 1947. Il revient ensuite dans sa ville natale pour y enseigner l'anglais durant quatre ans[1], bien que le discours qu'il avait tenu aux États-Unis le 14 janvier 1988 montre qu'il n'avait qu'une faible maîtrise de la langue[4].

Takeshita se marie avec Naoko Endo en 1946, alors qu'il était encore à l'université. Elle lui donnera trois filles dont l'aînée sera ensuite mariée au fils de Shin Kanemaru[6], un homme influant au sein du PLD[1].

Il meurt le 19 juin 2000 d'une insuffisance respiratoire au Kisato Institute Hospital de Tokyo[7].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Noboru Takeshita a débuté sa carrière politique en 1951 en obtenant un siège à l'assemblée préfectorale de Shimane. Sept ans plus tard, il devient membre de la Chambre des représentants pour le compte du Parti libéral-démocrate[8].

La montée en puissance[modifier | modifier le code]

En février 1985, Takeshita fonde au sein la faction de Kakuei Tanaka son propre groupe de réflexion, Sōseikai (創政会, Sōseikai?)[9]. Bien qu'il avait trahi Eisaku Satō de la même manière en 1970[10], Tanaka fut grandement affecté par cette création[9]. L'incertitude sur l'état de santé de Tanaka, victime d'une attaque le même mois, fit rapidement grandir le groupe de Takeshita. Fort de 43 membres à sa création, il en comptait déjà six de plus en mai 1985[11]. Au début du mois de juillet 1987 et afin de se préparer aux élections d'octobre qui désigneront un successeur à Yasuhiro Nakasone à la présidence du PLD, il fonde sa propre faction. Sur les 143 membres de la faction de Tanaka, 113 rejoignent Takeshita, 13 son adversaire Susumu Nikaido tandis que ceux restant demeurent indépendants[12].

En tant que Premier Ministre[modifier | modifier le code]

Après avoir reçu 299 des 498 votes de la Chambre du représentants[13], Takeshita est élu Premier Ministre du Japon le 6 septembre 1987.

Photographie des sept chefs d'État présent au sommet du G7 de 1988.
Takeshita rencontre les chefs d'États occidentaux au sommet du G7 de 1988.

Noboru Takeshita se place comme le représentant des pays de la région Asie-Pacifique[14]. Ainsi, en décembre 1987, il se rend au 3e sommet de l'ASEAN qui se tient à Manille, aux Philippines. En février 1988, il rencontre le président nouvellement élu de la Corée du Sud, Roh Tae-woo et en juillet 1988, il visite l'Australie. Au cours du sommet du G7 qui prend place à Toronto en 1988, Takeshita met en avant la situation de la péninsule coréenne, le conflit cambodgien et l'instabilité politique aux Philippines[15].

Noboru Takeshita et sa femme descendant d'un avion.
Noboru Takeshita et sa femme lors d'une visite aux États-Unis le 2 février 1989.

Le 31 mars 1989, dans le cadre de l'affaire Recruit-Cosmos, il avoue avoir touché en 1987, une somme de 151 millions de yen de la société Recruit-Cosmos[16], pour le compte du parti libéral-démocrate dont il était le secrétaire général.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Clyde Haberman, « Man in the News; A 'Step-by-Step' Leader for Japan: Noboru Takeshita », sur www.nytimes.com,‎ 20 octobre 1987 (consulté le 8 décembre 2014)
  2. (en) Jacob M. Schlesinger, Shadow Shoguns : The Rise and Fall of Japan's Postwar Political Machine, Stanford University Press,‎ 1999, 366 p. (ISBN 0804734577 et 9780804734578), p. 162
  3. (en) Uli Schmetzer, « In Japan, Family Ties Are Often Politicians' Main Selling Point », sur articles.chicagotribune.com,‎ 23 juin 2000 (consulté le 13 décembre 2014)
  4. a et b (en) « Noboru Takeshita », sur www.telegraph.co.jp,‎ 20 juin 2000 (consulté le 8 décembre 2014)
  5. (en) Jacob M. Schlesinger, Shadow Shoguns : The Rise and Fall of Japan's Postwar Political Machine, Stanford University Press,‎ 1999, 366 p. (ISBN 0804734577 et 9780804734578), p. 166
  6. (en) William K. Tabb, The Postwar Japanese System : Cultural Economy and Economic Transformation, Oxford University Press,‎ 1995, 424 p. (ISBN 0195358295 et 9780195358292), p. 202
  7. (en) « Ex-Prime Minister Takeshita, 76, dies », sur www.japantimes.co.jp,‎ 20 juin 2000 (consulté le 8 décembre 2014)
  8. (en) Howard W. French, « Noboru Takeshita, Premier Who Guided Political Power in Japan, Is Dead at 76 », sur www.nytimes.com,‎ 19 juin 2000 (consulté le 15 décembre 2014)
  9. a et b (en) Stephen S. Large, Shōwa Japan : 1973-1989, Taylor & Francis,‎ 1998, 312 p. (ISBN 0415143233 et 9780415143233), p. 59
  10. (en) John Welfield, An Empire in Eclipse : Japan in the Post-war American Alliance System: A Study in the Interraction of Domestic Politics and Foreign Policy, A&C Black, coll. « Bloomsbury Academic Collections »,‎ 2013, 513 p. (ISBN 1780939957 et 9781780939957), p. 282
  11. (en) Sam Jameson, « Ailing, Hurt by Scandal, Japan's Tanaka Faces a New Struggle in Party », sur articles.latimes.com,‎ 18 mai 1985 (consulté le 16 décembre 2014)
  12. (en) Sam Jameson, « Conviction of Former Japanese Leader Tanaka Upheld », sur articles.latimes.com,‎ 29 juillet 1987 (consulté le 16 décembre 2014)
  13. (en) Sam Jameson, « Takeshita Elected Japan's Prime Minister : Picks Cabinet After Vote by Parliament, Vows to Continue Current Policy », sur articles.latimes.com,‎ 7 novembre 1987 (consulté le 15 décembre 2014)
  14. (en) Japan's International Relations : Politics, Economics and Security, Routledge,‎ 2013, 672 p. (ISBN 1134328060 et 9781134328062), p. 413
  15. (en) « Section 3. Japan's Major Diplomatic Activities », sur www.mofa.go.jp (consulté le 17 décembre 2014)
  16. (en) Peter J. Herzog, Japan's Pseudo-Democracy, Routledge,‎ 2013, 240 p. (ISBN 113423998X et 9781134239986), p. 185

Voir aussi[modifier | modifier le code]