Énergie nucléaire

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la physique de l'énergie nucléaire. Pour la production d'électricité d'origine nucléaire, voir Centrale nucléaire. Pour les applications militaires du nucléaire, voir Arme nucléaire.

Selon le contexte d'usage, le terme d’énergie nucléaire recouvre deux sens différents :

Centrale nucléaire : les réacteurs nucléaires se situent dans les quatre bâtiments cylindriques au centre de l’image. Les quatre tours de refroidissement évacuent de la vapeur d’eau non radioactive, produite pour maintenir la source froide de la machine thermique produisant l'électricité (Centrale du Bugey).
Champignon produit par le bombardement atomique sur Hiroshima, le 6 août 1945

Radioactivité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Physique de la radioactivité.

La radioactivité est un phénomène physique naturel au cours duquel des noyaux atomiques instables se transforment spontanément (« désintégration ») en des noyaux atomiques plus stables convertissant une partie de leur masse en énergie, selon la célèbre formule E=mc2 d'après Albert Einstein.

Un corps radioactif dégage naturellement cette énergie produisant un flux décroissant de chaleur. Cette chaleur est particulièrement intense pour le combustible nucléaire irradié en sortie de réacteur. C’est la raison pour laquelle le combustible irradié est entreposé dans une piscine de désactivation près du réacteur. C'est le même phénomène qui est à l'origine du volcanisme terrestre, le très faible niveau de radioactivité naturelle étant compensée par l'immensité de la sphère terrestre[3], [4].

Réaction nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réaction nucléaire.

L’énergie nucléaire est produite par les noyaux des atomes qui subissent des transformations, ce sont les réactions nucléaires. Ces réarrangements nucléaires conduisent à des configurations plus stables, le différentiel d’énergie (correspondant au différentiel de masse) constitue alors l’énergie libérée par la réaction. La transformation de la masse en énergie selon la célèbre formule E=mc2 est utilisée dans les réactions de fission et fusion nucléaire.

Fission[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fission nucléaire.

Lorsqu’un neutron percute le noyau de certains isotopes lourds, il existe une probabilité que le noyau percuté se scinde en deux noyaux plus légers. Cette réaction, qui porte le nom de fission nucléaire, se traduit par un dégagement d’énergie très important (de l’ordre de 200 MeV par événement, à comparer aux énergies des réactions chimiques, de l’ordre de l’eV).

Cette fission s’accompagne de l’émission de plusieurs neutrons qui, dans certaines conditions, percutent d’autres noyaux et provoquent ainsi une réaction en chaîne. Dans un réacteur nucléaire, cette réaction en chaîne se déroule à vitesse lente et contrôlée. Dans une bombe, elle se propage si rapidement qu’elle conduit à une réaction explosive.

L’importance de l’énergie émise lors de la fission provient du fait que l’énergie de liaison par nucléon du noyau initial est plus faible que celle des noyaux produits (environ 7,7 MeV par nucléon pour les éléments lourds, contre 8,8 pour le fer). La plus grande partie de l’énergie se retrouve sous forme d’énergie cinétique des neutrons et des noyaux fils, énergie récupérée sous forme de chaleur dans les réacteurs.

Fusion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fusion nucléaire.

La fusion nucléaire est une réaction où deux noyaux atomiques s’assemblent pour former un noyau plus lourd (par exemple un noyau de deutérium et un noyau de tritium s’unissent pour former un noyau d’hélium plus un neutron). La fusion des noyaux légers dégage une énorme quantité d’énergie provenant de l’interaction forte, bien plus importante que la répulsion électrostatique entre les constituants des noyaux légers. Ceci se traduit par un défaut de masse (cf. énergie de liaison ; E=mc²) ; le noyau résultant ayant une masse moins élevée que la somme des masses des noyaux d’origine.

Cette réaction n’est cependant possible qu’à des températures très élevées (plusieurs dizaines de millions de degrés) où la matière est à l’état de plasma. Ces conditions sont réunies au sein des étoiles ou lors de l’explosion d’une bombe à fission nucléaire, qui amorce ainsi l’explosion thermonucléaire (bombe H).

Actuellement, aucun appareillage ne permet de produire de l’énergie en contrôlant les réactions de fusion nucléaire. Des recherches sont en cours afin d’obtenir un plasma sur une durée suffisante, afin que l’énergie de fusion produite soit supérieure à celle investie dans le chauffage des particules. Des recherches sont actuellement menées dans un cadre international afin de développer l’usage civil de l’énergie de fusion nucléaire pour la production électrique.

Comparaison des énergies nucléaire et chimique[modifier | modifier le code]

L'énergie nucléaire est d'environ 1 % de l'énergie de masse donnée par la formule d'Einstein de l'énergie de masse (ici celle d'un proton) :

E_M=m_pc^2= 938 MeV .

C'est l'énergie nécessaire pour séparer un neutron d'un proton[5]. C'est aussi l'énergie de liaison du noyau de l'atome d'hydrogène.

Elle est de l'ordre de un million de fois de celle de l'énergie chimique qui est moins connue et donnée par la constante de Rydberg issue de la théorie de Bohr de l'atome d'hydrogène :

E_C=R_y=\frac{1}{2}\alpha^2 m_ec^2 = 13,6 eV.

L'énergie nucléaire est généralement attribuée à une interaction hypothétique, la force forte. Une théorie développée sur la force de cohésion des noyaux des isotopes de l'hydrogène indique [6] qu'elle peut s'exprimer par une formule analogue aux précédentes et de valeur intermédiaire:

E_N=\frac{1}{2}\alpha m_pc^2 =3,5 MeV

L'ordre de grandeur de cette énergie de séparation neutron-proton, est proche de l'énergie de liaison du deutérium ^2H, 2,2 MeV soit 1,1 MeV par nucléon. Elle est la moitié de celle de la particule \alpha qui est aussi l'hélium 4, ^4He. Les noyaux du fer Fe et du nickel Ni sont les éléments chimiques qui ont la plus grande énergie de liaison nucléaire, légèrement inférieure à 9\ MeV.

Connaissant les formules des énergies nucléaire et chimique, on en déduit l'ordre de grandeur de leur rapport:

\frac{E_N}{E_C}= \frac{m_p}{\alpha m_e} = 137 \times 1836 = 250.000
  • Ce résultat peut être obtenu de façon simple. En effet le rayon de Bohr caractérisant l'énergie chimique, celle de l'atome d'hydrogène, est
a_0 = \frac{\epsilon_0h^2}{\pi m_ee^2} =53\ pm.
Le rayon d'un nucléon n'est pas une constante universelle mais le rayon de Compton du proton,
R_P = \frac{\hbar}{m_pc}=0,21\ fm
est assez voisin du rayon du proton, 1 fm, en est une. Le rapport du rayon de Bohr à celui du proton est alors de l'ordre de 50 000.
Selon la loi de Coulomb, l'énergie électrostatique est en raison inverse du rayon. Faisons le rapport
\frac{a_0}{R_P} = \frac{\frac{\epsilon_0h^2}{\pi m_ee^2} }{\frac{h}{2\pi m_pc}}= \frac{\epsilon_0hm_pc}{m_ee^2}=\frac{m_p}{2m_e\alpha}
On obtient la formule donnée plus haut, divisée par 2.
En fait ce calcul ne donne que l'ordre de grandeur du rapport des énergies nucléaire et chimique, ce qui est déjà bien puisque personne n'a rien trouvé d'équivalent jusqu'à présent, d'autant que l'énergie de liaison par nucléon varie de 1 MeV pour l'hydrogène lourd à près de 10 MeV pour le fer.
Les symboles utilisés sont :
Énergie de masse E_M
Énergie nucléaire E_N
Énergie chimique E_C
Masse du proton: m_p= 938 MeV
Masse de l'électron :  m_e = 0,5 MeV
Constante de structure fine : \alpha=\frac{e^2}{2\epsilon_0hc}= \frac{1}{137}
L'énergie nucléaire est une fraction évaluée habituellement à 1 % de l'énergie de masse d'Einstein, ce qu'on retrouve avec un coefficient de 1/137 obtenu par un calcul basé sur la loi de Coulomb où le potentiel est en 1/r.

Applications[modifier | modifier le code]

Réactions nucléaires modérées[modifier | modifier le code]

Cœur de réacteur nucléaire (EPFL)

Les applications de l’énergie nucléaire concernent, pour l’essentiel, deux domaines :

Une autre application est la production d’isotopes radioactifs utilisés dans l’industrie (radiographie de soudure par exemple) et en médecine (médecine nucléaire et radiothérapie)

D’autres utilisations ont été imaginées, voire expérimentées, comme la production de chaleur pour alimenter un réseau de chauffage, le dessalement de l’eau de mer ou la production d’hydrogène.

Ces applications utilisent des réacteurs nucléaires (appelés aussi piles atomiques, lorsqu’il s’agit de faible puissance, d’usage expérimental et de production de radioisotopes).

Les réactions de fission nucléaires y sont amorcées, modérées et contrôlées dans le cœur : assemblage de combustible et de barres de contrôle traversés par un fluide caloporteur qui en extrait la chaleur. Cette chaleur est ensuite convertie en énergie électrique (ou en énergie motrice en propulsion navale) par l’intermédiaire de turbines (vapo-alternateurs).

Centrales nucléaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des réacteurs nucléaires.

La production d'électricité d'origine nucléaire était de 2 518 TWh en 2011 , ce qui représentait 13,5 % de la production mondiale d'électricité. En 2013 elle en représente 11 %[7].

La France est le pays dont la part d'électricité d'origine nucléaire est la plus élevée (74,8 % en 2012), suivie par la Belgique et la Slovaquie avec plus de la moitié de leur électricité produite à partir du nucléaire. La production d’électricité d'origine nucléaire en Chine est en progression rapide depuis le milieu des années 2000, elle était de 92,7 TWh en 2012[8].

Au 1er janvier 2013, le premier parc national de centrales nucléaires est celui des États-Unis (104 réacteurs nucléaires pour une puissance de 102 GW), vient ensuite la France (58 réacteurs nucléaires pour une puissance de 63 GW). La Chine qui dispose de 16 réacteurs en service totalisant une puissance installée de 12,9 GW, a lancé la construction de 29 nouveaux réacteurs soit 30 GW et envisage un parc total de 216 réacteurs (soit 225 GW) pour fin 2030[9].

Production d'électricité d'origine nucléaire par pays
Pourcentages de production d'électricité d'origine nucléaire par pays

Propulsion navale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Propulsion maritime.

Les bâtiments à propulsion nucléaire utilisent un ou plusieurs réacteurs nucléaires. La chaleur produite est transmise à un fluide caloporteur utilisé pour générer de la vapeur d’eau actionnant :

  • des turbines couplées aux hélices de propulsion (propulsion à vapeur) ;
  • des turbines couplées à des alternateurs alimentant en énergie électrique tout le bâtiment, et éventuellement des moteurs électriques de propulsion (propulsion électrique).

Environ 400 navires à propulsion nucléaire existent dans le monde, très majoritairement militaires, surtout des sous-marins, mais aussi des porte-avions et des croiseurs, et quelques navires civils (des brise-glaces). Des cargos nucléaires ont également été expérimentés dans les années 1960 et 1970 (l’Américain NS Savannah, l’Allemand Otto Hahn et le Japonais Mutsu), mais leur exploitation ne s’est pas avérée rentable et ces expériences ont été abandonnées.

Les coûts d’investissement et d’exploitation de la propulsion nucléaire sont importants, ce qui ne la rend pas intéressante pour une utilisation civile. Elle n'est véritablement intéressante que pour un usage militaire, et particulièrement pour les sous-marins. Cette énergie apporte :

  • une très grande autonomie permettant d’éviter en opérations la contrainte du ravitaillement en combustible (retour à un port ou ravitaillement à la mer). Sur les porte-avions, l’espace libéré par l’absence de soute à combustible, permet de consacrer plus de volume au stockage des munitions ou des aéronefs par exemple ;
  • une propulsion totalement indépendante de l’atmosphère ;
    • alors que les sous-marins classiques sont contraints de remonter en surface (ou à l’immersion périscopique en utilisant un schnorchel) pour alimenter les moteurs Diesel en air (oxygène) et ainsi recharger leurs batteries électriques, après quelques dizaines d’heures de plongée aux moteurs électriques (quelques jours pour ceux dotés de propulsion AIP), les rendant ainsi détectables et vulnérables, les sous-marins à propulsion nucléaire peuvent rester plusieurs mois en plongée, préservant ainsi leur discrétion,
    • ils peuvent également soutenir dans la durée des vitesses importantes en plongée qu’un sous-marin classique ne pourrait maintenir plus de quelques dizaines de minutes sans entièrement décharger ses batteries.

La propulsion nucléaire apporte donc aux sous-marins un avantage déterminant, au point que l’on peut, en comparaison, qualifier les sous-marins classiques de simples submersibles.

Propulsion spatiale[modifier | modifier le code]

Les sondes Voyager I et II ont déjà emporté des générateurs nucléaires pour alimenter leur système électronique. En revanche, la propulsion nucléaire, au cas où elle serait possible, n’est encore qu’envisagée. Elle aurait l’avantage de produire une poussée, certes faible, mais constante pendant tout le trajet, alors que les engins spatiaux actuels - sauf ceux utilisant l’énergie solaire et les moteurs ioniques - ne peuvent produire qu’une seule poussée initiale, ou quelques ajustements de trajectoire, à cause de la faible contenance de leurs réservoirs. C’est pourquoi on les nomme balistiques, et c’est aussi pour cela qu’il leur faut atteindre la vitesse de libération dès le départ. Sur de longs trajets, interplanétaires par exemple, cette accélération continue pourrait être globalement plus efficace que l’accélération initiale utilisée actuellement.

Réactions nucléaires explosives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arme nucléaire.
Essai nucléaire anglais du 11 octobre 1956

La puissance de l'énergie nucléaire est dans ce cas utilisée comme explosif. Les puissances des bombes nucléaires vont de la kilotonne à la mégatonne d’équivalent TNT. L’énergie d’une explosion nucléaire est répartie essentiellement dans l’effet de souffle (onde de choc), l’effet thermique, l’effet d’impulsion électromagnétique et les radiations.

Types d’armes[modifier | modifier le code]

Les armes nucléaires sont de deux types :

  • les armes à fission ou « bombes A » : elles utilisent de l’uranium enrichi ou du plutonium, mis en condition critique par implosion sous l'effet d’un explosif classique ;
  • les armes à fusion ou bombes thermonucléaires ou « bombes H ». Les conditions de température et de pression nécessaires à la réaction de fusion d’isotopes d’hydrogène (deutérium et tritium) est obtenue par l’explosion d’une « amorce » constituée par une bombe à fission au plutonium.

La bombe à neutrons est une variante de bombe thermonucléaire conçue pour maximiser la part de l’énergie émise sous forme de neutrons ; elle est supposée détruire les plus grandes formes de vie dans le voisinage de la cible, tout en provoquant un minimum de dégâts matériels.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première utilisation militaire d’une arme nucléaire (« bombe A ») a été en 1945, le largage de deux bombes sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki par l’armée américaine, afin de mettre un terme à la Seconde Guerre mondiale. Depuis, ce type d’armement n’a fait l’objet que d’essais nucléaires expérimentaux (atmosphériques puis souterrains) puis de modélisations informatiques. La bombe atomique a été à l’origine de la doctrine de dissuasion ou équilibre de la terreur qui a été développée durant la Guerre froide.

Doctrine d’emploi[modifier | modifier le code]

Dans la doctrine d’emploi de la plupart des puissances nucléaires, on distingue :

  • l’arme nucléaire stratégique, instrument de la doctrine de dissuasion nucléaire ou de « non-emploi », destinée à prévenir un conflit ;
  • de l’arme nucléaire tactique, ou de bataille, susceptible d’être employée sur des objectifs militaires au cours d’un conflit. La précision des vecteurs aidant, ce type d’arme a conduit à la miniaturisation et aux faibles puissances (mini-nuke dans le jargon journalistique américain).

La doctrine française n’a jamais considéré l’emploi d’armes nucléaires à des fins tactiques. Des armes de relative faible puissance (missiles Pluton puis Hadès, aujourd’hui retirés, missiles de croisière ASMP) sont définies comme pré-stratégiques ; dans cette conception, ces armes ne servent qu’accessoirement à un but militaire sur le terrain, leur principal effet étant celui d’un « ultime avertissement », de nature politique, pour prévenir les dirigeants ennemis que les intérêts vitaux de la France sont désormais en jeu, et que le prochain échelon des représailles sera thermo-nucléaire.

Industrie du nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Industrie nucléaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la production d'armes atomiques était la principale raison d'être de l'industrie nucléaire.
Depuis les années 1970, cette industrie travaille aussi pour la production d'énergie[10].

La production d'énergie nucléaire est une activité de haute technologie, et qui demande un contrôle rigoureux et permanent[11].
Ce contrôle est aussi bien le fait des autorités de sûreté nationales (Autorité de sûreté nucléaire pour la France) qu'internationales (comme l'AIEA, ou Euratom en Europe).

Recherche dans le domaine de l’énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

  • Les États-Unis, l’Union européenne, la Russie, le Japon, la Chine et la Corée du Sud se sont réunis autour du projet ITER, programme d’étude à long terme de la fusion nucléaire contrôlée. C’est un projet de recherche qui a pour objectif la construction et l’exploitation expérimentale d’un tokamak de grandes dimensions. Le réacteur sera construit à Cadarache en France. Ce projet explore une des branches de la fusion, la Fusion par confinement magnétique.
  • Dans le cadre du Forum international génération IV, des études sont menées sur le développement de nouvelles filières de réacteurs nucléaires à fission. Le planning de ce programme international prévoit la mise en service industriel de ces réacteurs à l’horizon 2030-2040.
  • L’étude du cycle du thorium est actuellement en cours et le thorium pourrait supplanter l’uranium actuellement utilisé, car les réserves en thorium sont plus importantes que celles d’uranium. Toutefois, le thorium naturel est composé à 100 % de l’isotope 232 qui n’est pas fissile mais fertile (comme l’uranium 238). Son utilisation est donc assujettie au développement des réacteurs surgénérateurs et des procédés chimiques de retraitement afférents.
  • Il existe également des recherches sur la fusion par confinement inertiel, aux États-Unis qui expérimentent la méthode Z-pinch; ou en France qu'explorera le laser Mégajoule en construction près de Bordeaux[12].
  • Depuis mars 1996, au Japon, un programme de recherche international doté d'un centre d'études des matériaux a pour objectif d'inventer les matériaux qui pourront résister à la fusion thermonucléaire, baptisé IFMIF[13].

Coût de l'énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

En comparaison à d'autres sources d'énergie, l'énergie nucléaire civile nécessite des investissements initiaux très importants, mais bénéficie d'un coût d'exploitation plus faible par kilowatt heure produit[14], conduisant à un faible taux de rentabilité interne : l'investissement dans le nucléaire ne se conçoit que dans le cadre d'une politique à très long terme[15]. Cette exploitation se poursuit sur des durées qui se chiffrent en dizaines d'années. Le coût de l'énergie nucléaire dépend fortement de la durée sur laquelle l'investissement initial est amorti, et la prolongation éventuelle de leur exploitation constitue un enjeu économique très important[16],[17].

Le coût du combustible nucléaire est principalement dû à l'enrichissement de l'uranium et à la fabrication des éléments combustibles, qui nécessitent une technologie relativement complexe[14]. La part du minerai d'uranium dans le coût de l'énergie est faible comparée à celles des énergies fossiles : l'énergie nucléaire est par elle-même la source d'une activité industrielle spécialisée.

On notera cependant qu’en France le coût du nucléaire, fixé par le gouvernement (loi NOME), est largement sous-évalué. De 42 euros le mégawattheure (prix actuel cf Arenh au 1er janvier 2012), on monte à 54,2 euros en incluant les travaux de sécurisation post-Fukushima selon des rapports du Sénat[18] et de la Cour des comptes[19]. Il pourrait même, selon certains sénateurs, monter à 75 euros le mégawattheure en rajoutant des coûts de démantèlement et les coûts des assurances couvrant les cas de catastrophe[20], [21].

Débat sur l’énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Les risques et les coûts ne sont pas évalués de la même façon par les pro-nucléaires et les anti-nucléaires, qui se divisent aussi au sujet de l’utilité des applications nucléaires civiles et militaires, en particulier de la production d’électricité nucléaire et de l’opportunité d’une sortie du nucléaire civil.

Article détaillé : Débat sur l'énergie nucléaire.

Les applications civiles de l’énergie nucléaire sont controversées en raison  :

Cependant, les partisans des applications civiles de l'énergie nucléaire avancent d'autres arguments :

  • Les filières nucléaires émettent relativement peu de dioxyde de carbone, contrairement aux énergies fossiles qui en produisent énormément. Elles peuvent de ce fait contribuer à la réduction de la production de ce gaz à effet de serre qui a été identifié comme un des vecteurs responsables du réchauffement climatique de la planète.
  • La production nucléaire de l'électricité est liée à moins de décès que toutes les autres manières courantes de produire de l'électricité [22].
Une étude de l'American Chemical Society publiée en mars 2013 estime à "1,84 million, le nombre de vies humaines sauvées par l'énergie nucléaire, et à 64 gigatonnes (Gt), la réduction des rejets en équivalent CO2 (gaz à effet de serre), du seul fait que la pollution associée aux énergies fossiles a été évitée". De plus en se basant sur une projection des conséquences de Fukushima sur l'utilisation de l'énergie nucléaire, la même source indique "qu'au milieu de ce siècle c'est 0,42 à 7,04 millions de vies qui pourraient être sauvées et 80 à 240 Gt de rejets en équivalent CO2 qui pourraient être évités (en fonction de l'énergie de remplacement). En revanche, l'expansion à grande échelle de l'utilisation du gaz naturel n'atténuerait pas le problème du changement climatique et causerait beaucoup plus de décès que l'expansion de l'énergie nucléaire"[23].
  • Les matières fissiles sont très répandues dans le monde, elles n'interviennent que de manière marginale dans le coût de l'énergie produite, et si l'on accepte un coût supérieur de l'énergie, les ressources potentielles (écorce terrestre, eau de mer) sont plus élevées que les ressources existantes pour les combustibles carbonés (charbon, gaz, pétrole).
  • La filière de génération IV permettant la surgénération (surgénérateurs de type Superphénix), ainsi que les filières utilisant le thorium, ou les centrales à fusion, si elles étaient mises au point, pourraient alimenter toute la planète durant plusieurs milliers d'années au rythme de consommation actuelle.
  • Du côté de l'européisme, on estime également que le nucléaire permet de réduire la dépendance européenne au pétrole acheté aux pays du Golfe, et qu'il fait partie des outils permettant de construire une Europe relativement autonome et indépendante.
  • Pour les pays qui maîtrisent l'ensemble du cycle du combustible nucléaire, l'énergie nucléaire permet une indépendance énergétique nationale[14]. Ce qui n'est cependant pas le cas de la France, dans la mesure où elle importe la totalité de son uranium du Niger, du Canada et du Kazakhstan[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans le globe terrestre, la radioactivité de fission est la principale source de chaleur. Connaissance des énergies
  2. L'énergie géothermique, le sang de la terre - Elle est perpétuellement réapprovisionnée par la radioactivité des roches etapenergie.com
  3. Le nuage du volcan Eyjafjöll plus radioactif que Tchernobyl L'Expansion 26/05/2010
  4. Nuage de cendres du volcan Eyjafjöll sur la France : Résultats des analyses de l’IRSN 10/06/2010
  5. CEA |Dossier | L'énergie nucléaire | L'énergie nucléaire : fusion et fission La libération de l'énergie nucléaire (1/3)
  6. J Fusion Energ (2011) 30 :377-381
  7. (en) World Atomic Output Falls by Record in Fukushima’s Aftermath, sur le site businessweek.com du 6 juillet 2012
  8. (en) Nuclear share figures - 2002-2012, World Nuclear Association, mai 2013
  9. (en) World Nuclear Power Reactors & Uranium Requirements, World Nuclear Association,
  10. d'après Word Nuclear Association
  11. Rapport sur le contrôle de la sûreté et de la sécurité des installations nucléaires - deuxième partie : le bilan et les perspectives de la politique de sûreté des installations nucléaires Claude Birraux, Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.
  12. [PDF]Le Laser Mégajoule Publication CNRS "Le Laser Mégajoule et la fusion inertielle"
  13. (en)International Fusion Materials Irradiation Facility Wikipedia anglophone
  14. a, b et c L'économie de l'énergie nucléaire, E. Bertel, G. Naudet, M. Vielle, ISBN 2-86883-691-7, EDP Sciences 2004.
  15. Rapport sur l'aval du cycle nucléaire, Christian Bataille et Robert Galley, Rapport parlementaire
  16. Contrôle no184 : la poursuite d’exploitation des centrales nucléaires. Autorité de Sûreté Nucléaire, 2009.
  17. Rapport sur la durée de vie des centrales nucléaires et les nouveaux types de réacteurs, Christian Bataille et Claude Birraux, Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques
  18. Commission d'enquête sur le coût réel de l'électricité afin d'en déterminer l'imputation aux différents agents économiques conférence de presse du 18 juillet 2012
  19. Les coûts de la filière électronucléaire - Rapport public thématique - Janvier 2012 lien de téléchargement: http://www.ccomptes.r/content/download/1794/17981/version/6/file/Rapport_thematique_filiere_electronucleaire.pdf
  20. Electricité : les incertitudes du sénat pétries d’une certitude
  21. La facture d'électricité des Français augmenterait de 50 % d'ici à 2020, sur le site lemonde.fr du 19 juillet 2012
  22. (en) Comparing deaths/TWh for all energy sources, sur le site nextbigfuture.com du 13 mars 2011
  23. Prevented mortality and greenhouse gas emissions from historical and projected nuclear power, Pushker A. Kharecha, and James E Hansen, Environ. Sci. Technol., 15 mars 2013
  24. Dossier énergie, association France Nature Environnement (FNE)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jaime Semprun, La Nucléarisation du monde, éditions Gérard Lebovici, 1986. (ISBN 2-85184-172-6)
  • Arnaud Michon, Le Sens du vent : Notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelables, éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2010.
  • Thierry Garcin, Le Nucléaire aujourd’hui, Paris : LGDJ, coll. « Axes », 1995.
  • Géopolitique no 52 (numéro spécial), Le nucléaire : un atout maître, hiver 1995-1996.
  • Mary Byrd Davis, La France nucléaire : matière et sites (2002), 340 p., format 21,9×15 cm (Site).
  • Annie Thébaud-Mony, L’Industrie nucléaire : sous-traitance et servitude, éd. EDK et Inserm, 2000. (ISBN 2-85598-782-2)
  • Claude Dubout, Je suis décontamineur dans le nucléaire, éd. Paulo-Ramand, 2009.