Tendai

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Enryaku-ji monastère situé sur le Mont Hiei: Yokokawa-chudo.

Créée en 805 par le moine Saichô, l'école Tendai est la forme qu'a prise au Japon l'école chinoise Tiantai du bouddhisme mahayanique, fondée par le religieux Zhiyi (538-597) de la dynastie Sui. Elle constitue depuis son apparition une composante importante et influente du bouddhisme japonais.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Japon, l'école eut pour fondateur le moine Saichô (767-822), qui s'était rendu en Chine en 804 pendant une année et en rapporta les doctrines et les pratiques. Le Tendai acquit une pleine indépendance à l'égard des anciennes écoles de Nara avec sa reconnaissance officielle comme centre d'ordination du Grand Véhicule sept jours après la mort de Saichô, en 822. Le centre de l'école, l'Enryaku-ji, fut situé sur le mont Hiei au nord-est de Kyôto.

Saicho avait reçu des initiations de Kukai, autre grand religieux de l'époque Heian fondateur du courant ésotérique Shingon, et souhaitait intégrer dans le Tendaï le mikkyô (密教). Face au refus de ce dernier de lui transmettre certains textes, les relations entre les deux hommes s'interrompirent. Par la suite, Ennin (794-864), disciple de Saichô, et Enchin (814-891), disciple de son successeur Gishin (781-833), se rendirent en Chine à leur tour et développèrent un courant ésotérique propre à Tendai, le Taîmitsu, distinct de l'ésotérisme de Shingon, le Tomitsu. Néanmoins, leurs deux lignées finirent par entrer en conflit, ce qui aboutit à une scission en 993 :

  • Sanmon ou École de la Montagne, courant conservateur, branche d'Ennin qui resta au mont Hiei.
  • Jimon ou École du Temple, plus influencée par le tantrisme, branche d'Enchin basée à l'Onjô-ji au pied du mont Hiei dans la ville d'Otsu et le temple impérial Shogoin de l'école Honzan Shugen-shû à Kyoto.

Les deux lignées accentuèrent leurs traits ésotériques, se consacrant aux liturgies tantriques et aux rituels tout en restant en étroite relation avec l'aristocratie et la cour. Dès la fin de la période de Heian, des religieux issus de cette école, mécontents de ce rapprochement entre l'aristocratie et la religion, se lancèrent dans de nouveaux mouvements religieux qui se développeront pleinement dans le bouddhisme réformé de l'époque de Kamakura : Genshin, Hōnen, Shinran, Eisai, Dôgen, Nichiren sont tous passés par le mont Hiei, L'école Tendai peut donc être considérée comme le berceau du bouddhisme japonais.

Inquiet de la puissance politique et militaire des moines guerriers, le général Oda Nobunaga rase, en 1571, le complexe de temple du mont Hiei, l'Enryakuji. Pourtant, à l'époque d'Edo, les liens du Tendai-shû et du pouvoir s'accrurent encore avec les personnalités comme Tenkaï (1536-1643), patronné par Tokugawa Ieyasu, tandis que les membres de la famille impériale devenaient supérieurs généraux de l'école. Le Tendai existe encore de nos jours et demeure une des plus grandes écoles du bouddhisme japonais.

Spécificités[modifier | modifier le code]

L'école Tendai observe les règles du Grand Véhicule (règles disciplinaires que Saichô qualifie de « parfaites et soudaines ») incompatibles avec celles des écoles de Nara qui adoptent celle du Petit véhicule. La vision du Grand Véhicule (véhicule unique contenu dans le sūtra du Lotus) implique que Bouddha - et, donc, la boddhéïté - se trouve en tout esprit humain et qu'atteindre la révélation est à portée de tous sans exemptions à condition de sublimer les passions et souffrances qui lient les hommes à la terre - et non pas les supprimer comme l'indiquent les règles Hinayana. Ce grand véhicule était également prôné par le Shingon, mais le Tendai se différencie par l'observance du « Sûtra du filet de Brahma » et une discipline ascétique plus rigoureuse (sublimation des passions). En outre, le Tendai impose encore douze années[1], d'études et d'ascèses sur le mont Hiei.

L'école développe aussi la notion d'Ekayana ou véhicule unique, thème développé dans le sutra du lotus, qui incorpore toutes les doctrines et pratiques bouddhistes, voyant les différents enseignements du bouddha comme l'expression de moyens habiles adaptés et ajustés aux capacités de l'auditoire. Une autre notion importante celle des trois vérités, l'unification de la vérité ultime et provisoire dans la voie moyenne. La vérité provisoire est celle que nous expérimentons, les choses existent provisoirement, le siège sur lequel je suis assis, le corps et ses sensations. Dans le même temp tout est vacuité shunyata. Comme le développe la prajna paramita, tous les phénomènes sont vides, sans nature propre, impermanente manifestation d'une imbrication de causes et effets.

Le Grand Véhicule a, pour contenu, les dix fautes graves[2] et les 48 légères[3] contenue dans le « Sûtra du filet de Brahma » - ou Sûtra Bommo.

Saichô interprète ces dix fautes graves comme étant constituées des « trois règles pures » qui sont les défenses négatives, les règles positives du Bien pour soi et les règles positives du Bien pour autrui. De plus, selon l'école de Chigi (son maitre chinois) l'essence de ces règles est la Nature de Bouddha qui réside perpétuellement chez l'homme. Essence pure par nature et source première de tous les êtres. Ces règles valant aussi bien pour les prêtres que pour les laïcs. C'est la une des grandes différences qui existe entre le Tendai et les écoles traditionnelles de Nara les reléguant par un l'altruisme bienfaiteur au rang du Petit Véhicule.

Moines marathoniens[modifier | modifier le code]

Connu sous le nom de Kaihogyo, une ascèse de marche extrêmement éprouvante autour du Mont Hiei est une pratique propre au Tendaï japonais.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. méditation particulière « Shikan »
  2. Meurtre, vol, actes sexuels illicites, mensonge, flatterie ou bavardage irresponsable, calomnie, dissension, avidité, colère, ignorance ou attachement à des croyances erronées.
  3. Préceptes qui concernent des manquements relativement mineurs par rapport aux Dix préceptes majeurs ; par exemple l'interdiction de boire de l'alcool, de manger de la viande ou des aliments au goût prononcé (ail, oignons), refuser de soigner les malades, posséder des instruments pouvant donner la mort, etc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire

  • Groner, Paul. Saicho : The Establishment of the Japanese Tendai School. University of Hawaii Press 2000.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Tendaî Hokkê Ichijô-Ryu France

Tendaî Hokkê Ichijô-Ryu Belgium

tendai buddhism/practices.html Pratiques Tendaï

Tendaï Europe [1]