Histoire des Maldives

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Les Maldives

Cet article présente les faits saillants de l’histoire des Maldives, un pays d'Asie du Sud-Ouest constitué de 1 199 îles, dont 202 habitées, situées à environ 451 kilomètres au sud de l'Inde.

Formation[modifier | modifier le code]

L'extraordinaire disposition des îles et leur nombre véritablement impressionnant sont directement liés à l'origine même de l'archipel, dans une grande mesure due à l'action des polypes corallifères. Il s'agit en effet de véritables bancs et récifs de corail, qui pour la plupart se sont développés selon la caractéristique structure en atoll. Ce terme, qui désigne une typique disposition en anneau de la ligne côtière, dérive d'un mot d'origine maldivienne (atholhu).

Pré colonisation[modifier | modifier le code]

Les premiers témoignages d'habitats remontent aux IVe et Ve siècles av. J.-C. mais différentes légendes et théories scientifiques, en partie appuyées par des vestiges archéologiques, avancent l'hypothèse que les îles pourraient avoir été habitées un millénaire plus tôt. L'on trouve des témoignages écrits dignes de foi ayant trait à ces îles, laissés au IVe siècle après J.-C., par Pappus d'Alexandrie et Scholastique de Thèbes, et au VIe siècle après J.-C. par un autre Alexandrin, Cosme Indicopleuste.

L'histoire des îles Maldives (Divehi Rajje) remonte à plus de 2000 ans, avec une longue période bouddhiste[1]. Le pays compte plus de mille îles et atolls de corail distribués comme un collier de perles au milieu de l'Océan Indien, au sud-ouest du Sri Lanka. Malé, l'île du roi, étant une escale pratique, elle est très tôt connue des marchands arabes et selon les sources, le voyageur marocain Abu Barakaat Yusuf al-Barbari ou Sheikh Yusuf Shamsuddin, un érudit de Tabriz, sont crédités pour la conversion de l'archipel. Des liens culturels et commerciaux de plus en plus étroits avec le monde arabe ont comme conséquence l'établissement d'un sultanat le 7 juillet 1153. Cependant, il faudra encore plusieurs siècles avant que l'islam devienne prépondérant sur les nombreuses îles et dans toute la société maldivienne[2].

Colonisation[modifier | modifier le code]

Des mesures vigoureuses sont alors prises par les sultans afin de supprimer les croyances et les pratiques non musulmanes, mesures qui vont jusqu'à la réécriture de l'Histoire et le désaveu de l'héritage pré-islamique des îles. Néanmoins, les sultans continuent à employer des titres antiques en sanskrit jusqu'au milieu du XXe siècle. Le sultanat est attaqué par les Portugais en 1558 qui y bâtissent un comptoir à Malé. L'occupation portugaise, particulièrement dure et violente, provoqua plusieurs tentatives de rébellion qui réussirent enfin grâce aux héroïques hauts-faits des trois frères Thakurufaan; tandis que l'ainé fut capturé et mis à mort, les deux autres mirent en œuvre une sorte de guérilla qui contraignit les envahisseurs à se rendre, et Mohammed Thakurufaan fut couronné sultan. Le sultanat regagne son indépendance en 1573. Bien que des relations commerciales étroites aient été établies avec les Hollandais après qu'ils ont mis la main sur Ceylan, les Maldives restent hors de l'influence des puissances occidentales pendant encore deux siècles, jusqu'à ce que les Britanniques se mettent à craindre que les îles ne tombent sous l'influence d'une autre puissance étrangère comme les Allemands et les Italiens qui développent leurs intérêts sur le littoral oriental de l'Afrique ou les Français sur les îles au large de la côte du sud-est.

En 1887, les îles deviennent un protectorat britannique et dépendent directement de la colonie de Sri Lanka.

De la décolonisation à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les révolutions de palais se suivent, les sultans sont renversés plusieurs fois, et une quasi-république est établie en 1953, sans aucune réaction des autorités de protectorat. L'expérience républicaine n'est pas couronnée de succès et en 1954 le sultanat est rétabli.

Le pays connaît une pleine indépendance le 26 juillet 1965 et le sultan est proclamé roi. Les Maldives ont été admises aux Nations unies quelques mois plus tard. Le pays devient une république dès le 11 novembre 1968 suite à un référendum populaire. Le roi meurt six mois plus tard. Cependant, le nouveau régime montre des tendances monarchistes, le nouveau président est d'ailleurs de famille noble et le régime, non seulement continue à respecter le système en place des pairs, mais attribue lui-même des nouveaux pairages.

Par la suite, en revanche, la république devient très anti-monarchiste, à tel point que la recherche historique, qui pourrait établir une légitimité de descendance royale à certains maldiviens, est « fortement découragée ».

Le président Maumoon Abdul Gayoom qui occupe ce poste depuis 1978 a dû faire face à trois tentatives de coups d'État (en 1980, 1983 et 1988), les dernières ayant pour auteurs les séparatistes tamouls du Sri Lanka (l'Inde vint en renfort avec 1 500 soldats).

Aujourd'hui, l'archipel bénéficie d'une certaine stabilité politique fondée sur le tourisme qui est très important mais les Maldives doivent porter un intérêt tout particulier aux problèmes de l'environnement, comme le réchauffement climatique de la planète, qui provoque une élévation inquiétante du niveau des mers, ce qui est alarmant pour cet archipel en raison de la très faible altitude du territoire (quelques mètres).

Tsunami du 26 décembre 2004[modifier | modifier le code]

Lors du séisme du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien, 187 des environ 200 îles habitées des Maldives, comptant au moment du drame 188 450 habitants et environ 17 000 touristes, ont été au moins partiellement envahies par les eaux, dont 29 % sur plus du tiers de leur surface et 35 % dans leur intégralité. Au total, 57 % de la surface habitée du pays ont été plus ou moins submergés. On a compté 82 morts et 22 disparus, 15 % de la population a été affectée par ce désastre. 12 802 personnes ont dû être déplacés. 3 997 des 29 135 bâtiments du pays, soit 14 % du total, ont été affectés par le tsunami dont 1 850 entièrement détruits. Cet État a perdu près de 60 % de son PNB, qui dépend essentiellement de la pêche et du tourisme. Au mois de mars 2005, 17 îles-hôtels étaient fermées, soit 25 % du potentiel d’accueil (17 618 lits avant le tsunami) et fin 2005, plusieurs établissements n'avaient pas rouvert[3].

Instabilité politique[modifier | modifier le code]

Lors de l'élection présidentielle de 2008, Mohamed Nasheed est élu président de la République et Mohammed Waheed Hassan vice-président. Le 7 février 2012, il succède au président Nasheed à la suite d’une mutinerie de l’armée et le 15, nomme Mohammed Waheed Deen au poste de vice-président.

Dirigeants des Maldives[modifier | modifier le code]

Dynastie Hilali[modifier | modifier le code]

  • 1388-1397 : Husain Ier
  • 1397 : Ibrahim Ier
  • 1397-1408 : Husain Ier (restauré)
  • 1408-1410 : Nasr ud-Dîn
  • 1410-1411 : Hassan II
  • 1411 : 'Isa
  • 1411-1419 : Ibrahim Ier (restauré)
  • 1419-1420 : Usman II
  • 1420-1421 : Danna Mohammed
  • 1421-1442 : Yusuf II
  • 1442 : Abu Bakr Ier
  • 1442-1466 : al-Haj Hassan III
  • 1466-1467 : Sayyid Mohammed
  • 1467-1468 : al-Haj Hassan III (restauré)
  • 1468-1479 : al-Haj Mohammed
  • 1479-1480 : Hassan IV
  • 1480-1484 : Omar II
  • 1484-1486 : Hassan V
  • 1486-1489 : Hassan IV (restauré)
  • 1489-1491 : Hassan VI
  • 1491 : Ibrahim II
  • 1491 : Hilali Mohammed
  • 1491-1492 : Yusuf III
  • 1492-1494 : Ali IV
  • 1494-1508 : Hilali Kalu Mohammed
  • 1508-1510 : Hassan VII
  • 1510-1512 : Sayyid Ahmed
  • 1512-1513 : Ali V
  • 1513-1528 : Hilali Kalu Mohammed (restauré)
  • 1528-1548 : Hassan VIII
  • 1548-1550 : Mohammed Ibn Omar
  • 1550-1552 : Hilali Hassan IX (Emmanuel)
  • 1552-1554 : Domination portugaise
  • 1554-1556 : Abu Bakr IV
  • 1556-1558 : Ali VI
  • 1558-1573 : Domination portugaise
  • 1558-1573 : Emmanuel (Hilali Hassan IX) (restauré)

Dynastie Uthimu[modifier | modifier le code]

  • 1573-1584 : Ghazi Mohammed Thakurufa'an Akbar al-'Alam
  • 1584-1607 : Ibrahim III.
  • 1607-1609 : Kuda Kalu Kamanafa'anu (femme)
  • 1609-1620 : Husain II Famuderi
  • 1620-1648 : Shuja'at Mohammed 'Imad ud-Dîn Ier
  • 1658-1798 : Protectorat hollandais
  • 1648-1687 : Ibrahim Iskander Ier
  • 1687-1691 : Mohammed I
  • 1691-1692 : Muhi ud-Dîn

Dynastie Hamawi[modifier | modifier le code]

  • 1692 : al-Hamawi Shams ud-Dîn Mohammed

Dynastie Isidh[modifier | modifier le code]

  • 1692-1700 : Mohammed II
  • 1700-1701 : 'Ali
  • 1701 : Hassan
  • 1701-1705 : Ibrahim Muzhir ud-Dîn

Dynastie Dhiyamigili[modifier | modifier le code]

  • 1705-1721 : Mohammed 'Imad ud-Dîn II.
  • 1721-1749 : Ibrahim Iskander II
  • 1749-1754 : Al-Mukarram Mohammed Imad al-Dîn
  • 1754-1759 : Vacance du pouvoir

Dynastie Hura'age[modifier | modifier le code]

Protectorat britannique de 1887 à 1965

  • 1760-1766 : Al-Ghazi Hassan Izz al-Dîn
  • 1766-1773 : Al-Ghazi Mohammewd Ghiyas al-Dîn
  • 1773-1779 : Mohammed Muiz al-Dîn
  • 1779-1798 : Hassan Nur al-Dîn Ier
  • 1798-1834 : Muin al-Dîn Iskander
  • 1834-1882 : Mohammed Imad al-Dîn IV
  • 1882-1900 : Ibrahim Nur al-Dîn
  • 1900-1904 : Mohammed Imad al-Dîn V
  • 1904-1935 : Mohammed Shams al-Dîn III
  • 1935-1945 : Hassan Nur al-Dîn II
  • 1945-1952 : Abdul Madjid Didi.

Première République[modifier | modifier le code]

  • 1er janvier - 2 septembre 1953 : Mohamed Amin Didi
  • 2 septembre 1953 - 7 mars 1954 : Ibrahim Mohamed Didi, intérim

Dynastie Hura'age (restauration)[modifier | modifier le code]

Indépendance le 26 juillet 1965.

Deuxième République[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Romero-Frias, Xavier, The Maldive Islanders, A Study of the Popular Culture of an Ancient Ocean Kingdom. Barcelona 1999, ISBN 84-7254-801-5.
  2. Maldives-Religious Practices
  3. (fr) L’évacuation des populations aux Maldives après le tsunami du 26 décembre 2004, Alexandre Magnan, Mappemonde N° 84 (4-2006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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