Gyrovague

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Le gyrovague (du latin ancien gyrus, « cercle », et vagus, « vagabond ») était un moine vivant seul, dans l’errance et passant de monastère en monastère, sans être membre d’aucun. Le concile de Chalcédoine (451) interdit ce genre de vie monastique[1]. Il n’existe plus aujourd'hui ni dans l'Église catholique, ni dans les Églises orthodoxes.

Origine[modifier | modifier le code]

Dans le christianisme des premiers siècles ceux qui fuyaient le monde à la recherche de Dieu, se mettaient à l'écoute d’un maître spirituel, généralement un ermite retiré dans le désert[réf. nécessaire] (Antoine le Grand et les Pères du désert). Ils restaient libres, et passaient d’un maître à l’autre au fur et à mesure de leur progrès spirituel. Ce type de vie ascétique était assez commun dans l'ancienne Syrie, la Mésopotamie et l'Égypte. Lorsque les premières communautés monastiques furent créées (avec Pacôme le Grand, au milieu du IVe siècle), cette même pratique continua : certains moines, appelés les gyrovagues, passaient d’un monastère à l’autre. Rien ne les en empêchait. Certains ne restaient que quelques jours en chaque monastère avant de reprendre leur errance.

Monachisme occidental[modifier | modifier le code]

Avant saint Benoît[modifier | modifier le code]

Dès avant saint Benoît, Jean Cassien, dans ses Institutions cénobitiques de 420 était déjà fort critique de ce type de monachisme. Le concile de Chalcédoine (451) imposa l’obligation de la stabilité monastique (stabilité de lieu) qui fut plus tard confirmée par le deuxième concile de Nicée[2](787).

Règle de saint Benoît[modifier | modifier le code]

  • Le premier chapitre de la règle de saint Benoît, où l’auteur décrit les quatre genres de moines, est extrêmement négatif. Saint Benoît écrit : « le quatrième genre de moine est celui dit des gyrovagues. Ceux-là passent leur vie à circuler de province en province, se faisant héberger trois ou quatre jours dans les cellules des uns et des autres, toujours errants et jamais stables, asservis à leur propres volontés et aux plaisirs de la bouche (…). La conduite de ceux-là est des plus misérables et il vaut mieux se taire que d’en parler »[3].
  • Suite à quoi saint Benoît introduisit dans sa règle la promesse de stabilité : « Celui qui doit être reçu fera devant nous une promesse concernant sa stabilité [de communauté], sa pratique de la vie monastique et l’obéissance » (Ch. 58:17 et 60:9)

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Le gyrovaguisme a complètement disparu dans l'Église catholique romaine. Le droit canon ne reconnaît plus ce genre de vie monastique qui n’est cependant pas à confondre avec l’érémitisme (ou anachorétisme) qui lui, bien que rare, est une forme reconnue de vie consacrée (cf Vatican II, décret Perfectae Caritatis, no 1).

Monachisme oriental[modifier | modifier le code]

Le gyrovaguisme semble avoir survécu beaucoup plus longtemps dans la tradition monastique des églises orientales. Jusqu’à récemment les moines pèlerins (les stranniks) furent tolérés en Bulgarie et Russie et le statut de fol-en-Christ reconnu pour certains d'entre eux. Ils n’avaient cependant pas bonne réputation. Les statuts du Mont Athos prévoient qu’ils puissent être expulsés : par la force de l’ordre public, si besoin en est.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Canons du 4e concile de Chalcédoine, article 4
  2. Canons du deuxième concile œcuménique de Nicée, article 21
  3. Règle de saint Benoît, Solesmes, 1988, p. 14