Onsen

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Chinoikejigoku à Beppu.
Onsen à Nachikatsuura.
Dessin de bains de 1811 à Hakone.

Un onsen (温泉?, litt. « source chaude ») est un bain thermal japonais. Il s'agit de bains chauds, généralement communs, intérieurs ou extérieurs, dont l'eau est issue de sources volcaniques parfois réputées pour leurs propriétés thérapeutiques. La nudité y est de rigueur. Le terme désigne à la fois la source, les bains mais aussi la station thermale construite autour des bains.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

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Traditionnellement, les onsen sont des bains à l'extérieur (露天風呂/野天風呂, rotenburo/notenburo?), même si de nos jours la plupart d'entre eux possèdent également des bassins intérieurs. Par définition, un onsen utilise de l'eau de source chaude géothermique, et se différencie en cela des sentō où l'eau utilisée est de l'eau du robinet. Les onsen sont des lieux de détente et de relaxation qui proposent souvent, en plus du bain, des possibilités d'hébergement et de restauration. Le terme onsen tend d'ailleurs à désigner les installations entourant la source chaude elle-même.

L'eau des onsen est réputée avoir des vertus thérapeutiques grâce aux minéraux qu'elle contient. Certains onsen possèdent plusieurs bassins, chacun contenant de l'eau ayant une composition minérale différente. Les bassins extérieurs, les plus appréciés, sont généralement en bois de cyprès, en marbre ou en granit, tandis que les bassins intérieurs peuvent être en carrelage, plexiglas ou acier inoxydable.

La plupart des clients des onsen ne viennent se baigner que pour une heure, le temps de se plonger dans l'eau minérale. La nourriture servie joue également un rôle important dans la réputation d'une auberge à onsen. Certaines offrent des services complémentaires, comme des massages, mais la principale raison de venir dans un onsen reste le bain.

La gestion des onsen peut être publique (souvent dépendant de la municipalité) ou privée (内湯, uchiyu?), dans le cadre d'un hôtel, d'un ryokan (旅館?, auberge traditionnelle) ou d'un minshuku (民宿?, chambre d'hôtes). Le prix d'entrée pour les bains seulement varie entre l'entrée gratuite et plus de 1 000 yens, prix qui varie selon les services offerts par l'établissement. Certains onsen nécessitent de passer la nuit pour avoir accès au bains, le prix peut alors varier entre 15 000 et 30 000 yens[1]. Les grands hôtels d'onsen possèdent plusieurs bains de spa et des cascades artificielles près des bains appelées (打たせ湯, utaseyu?).

Autrefois, hommes et femmes se baignaient ensemble dans les onsen, ainsi que dans les sentō, mais la séparation des sexes dans les bains a été décrétée lors de l'ouverture du Japon à l'occident pendant l'ère Meiji. Il existe encore quelques onsen mixtes dans les zones rurales du Japon, mais certains offrent des bains réservés aux femmes ou ouvrent à des heures différentes pour chaque sexe. De jeunes enfants des deux sexes peuvent être admis dans l'un ou l'autre des bains.

Les entreprises organisent souvent des sorties aux onsen entre collègues, l'atmosphère détendue permettant de se libérer un peu de la pression hiérarchique inhérente aux entreprises japonaises. Cependant, la plupart des visiteurs des onsen sont des amis ou des familles plutôt que des collègues de travail.

La présence d'un onsen est souvent indiquée par le pictogramme suivant ♨ ou le kanji yu (?, « eau chaude »). Quelquefois, le caractère hiragana yu (?) est utilisé pour être déchiffrable par les jeunes Japonais.

Étiquette[modifier | modifier le code]

Propreté[modifier | modifier le code]

Dans un onsen comme dans un sentō, tous les baigneurs doivent se laver et se rincer avant d'entrer dans les bassins. Tous les onsen sont équipés de cabines contenant des robinets, des seaux, des tabourets et des produits de toilette (savon et shampooing). Beaucoup d'entre eux fournissent des pommes de douche pour faciliter le lavage. Entrer dans un onsen en étant sale ou avec des traces de savon sur le corps est considéré comme inacceptable. Dans quelques onsen ruraux (comme à Nozawa Onsen), il peut ne pas être possible de se savonner avant d'entrer dans les bains ; les baigneurs doivent alors au moins se rincer.

Maillots de bain[modifier | modifier le code]

À l'intérieur du onsen, comme dans les sentō, la nudité est de rigueur. Il n'est normalement pas permis de porter le maillot de bain dans un onsen. Cependant, certains d'entre eux, qui s'apparentent plus à des parcs aquatiques, demandent aux baigneurs de porter un maillot.

Les onsen sont considérés par certains Japonais comme permettant la « communion de la nudité » (裸の付き合い, hadaka no tsukiai?) où la nudité collective permet de mieux se connaître en profitant également de l'atmosphère détendue des onsen.

Serviettes[modifier | modifier le code]

Les baigneurs des onsen apportent généralement une petite serviette pour se laver. Celle-ci peut également servir de cache-sexe quand ils sortent du bassin. Certains onsen permettent de garder sa serviette dans les bassins, d'autres ont des pancartes l'interdisant explicitement. La raison invoquée est souvent que cette pratique rend le nettoyage des bassins plus difficile. Les baigneurs laissent alors leurs serviettes à côté du bassin ou les mettent sur leur tête.

Bruit[modifier | modifier le code]

Les onsen sont considérés comme des lieux où on peut se détendre et s'écarter de l'agitation de la vie quotidienne. Ils sont donc souvent silencieux. Les baigneurs peuvent néanmoins tenir des conversations à volume modéré. Les règlements des onsen prohibent généralement le bruit dans les bains mais une certaine tolérance existe à l'égard des enfants.

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Vertus thérapeutiques[modifier | modifier le code]

La nature volcanique du sol japonais fournit plusieurs variétés de sources chaudes minérales. Lorsque l'eau d'un onsen contient une bonne quantité de certains minéraux ou autres composants, l'onsen affiche de quel type il est. L'eau peut contenir :

  • du soufre (硫黄泉, iō-sen?),
  • du chlorure de sodium (ナトリウム泉, natoriumu-sen?),
  • du carbonate d'hydrogène (炭酸泉, tansan-sen?),
  • du fer (鉄泉, tetsu-sen?).

L'eau des onsen est réputée avoir divers effets thérapeutiques[2]. Les Japonais pensent que cette eau calme les douleurs, guérit les maladies de peau, le diabète, la constipation, les troubles du cycle menstruel etc[2]...

Ces effets thérapeutiques donnent lieu à une balnéothérapie nommée « onsen-thérapie » (温泉療法, onsen-ryōhō?). Il s'agit d'un traitement complet à base de bains d'onsen, destiné à réparer les dysfonctionnements du corps et prévenir des maladies[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Japon, les bains sont considérés depuis les temps anciens comme un moyen de purifier le corps et l’esprit. Cette pratique a pour origine la religion shintō et le misogi, une ablution rituelle dans les eaux glacées d’une rivière, d’une cascade ou de la mer. Lors de célébrations importantes à la cour impériale, les nobles se levaient tôt le matin afin de prendre un bain, et dans le reste de la population, cet usage a pris la forme de gyōzui (行水?), c’est-à-dire de se laver avec de l’eau contenue dans un baquet. Vers le milieu du VIIIe siècle, l'Unjitsugyō (温室経?), un sutra sur les mérites de la toilette et des bains chauds pour les moines, est apporté au Japon depuis la Chine, en même temps qu’un grand nombre d’autres textes sacrés bouddhiques, mettant en avant que « les bains chauds ont quantité de mérites, notamment celui d’éviter les sept types de maladies et de procurer les sept formes de bonheur »[3].

La première description d'une source thermale apparaît dans le Rapport sur la province d’Izumo (出雲国風土記, Izumo no kuni fudoki?), compilé en 713 et présenté à la cour en 733, sur la source de Tamatsukuri, dans l'actuelle préfecture de Shimane, à laquelle sont déjà attribuées des vertus curatives. A partir du XVIe siècle se développent les séjours d’une semaine en station thermale, et en 1604, juste après avoir fondé le shogunat d'Edo, Tokugawa Ieyasu en personne se rend aux sources chaudes d’Atami pour une semaine de soins. Les médecins japonais commencent à utiliser les bains dans les onsen en tant que thérapie à partir de l’époque d'Edo, le premier à le faire étant Gotō Konzan (後藤 艮山?, 1659-1733)[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Kinosaki source chaude préfecture de Hyōgo, vers 1910
Tsuru-no-yu, Nyūtō Onsen area, préfecture d'Akita
Bains d'hiver à Tsuru-no-yu roten-buro, Nyūtō, préfecture d'Akita
Kurokawa Onsen roten-buro, Kyushu
Macaques japonais en roten-buro au parc aux singes de Jigokudani
source d'eau chaude de Yumura-onsen et forêt à Shin'onsen, préfecture de Hyōgo
Dōgo Onsen, Matsuyama, préfecture d'Ehime

Le Japon étant un pays volcanique, les sources chaudes ne manquent pas : on compte plus de 27 000 sources thermales en 2015, sachant que 47 % de l’eau qui en sort a une température supérieure à 42 degrés, pour 3 085 stations thermales à proximité des sources chaudes[3]. On peut trouver des onsen un peu partout dans le pays, parfois concentrés dans des villes thermales (Gero, Beppu par exemple). On trouve toujours un onsen suffisamment proche de la ville pour y passer un week-end ou de courtes vacances, et faire ainsi une pause reposante entre deux semaines de travail.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) OnsenJapan.net
  2. a, b et c (en) Getting into hot water for health, The Japan Times, .
  3. a, b et c Tadanori Matsuda, « Onsen : les bienfaits séculaires des sources thermales japonaises », Nippon.com, le 14 avril 2015

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anne Hotta et Yoko Ishiguro, A Guide to Japanese Hot Springs, 1986