Histoire de la Palestine

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L'histoire de la Palestine est la présentation des évènements dans la région de Palestine au cours de l'Histoire.

Lac de Tibériade

Sommaire

La préhistoire[modifier | modifier le code]

  • Des fouilles au sud du lac de Tibériade et dans d'autres parties de la vallée du Jourdain ont permis de mettre au jour des traces d'hominidés remontant au paléolithique inférieur, soit datant de plus d'un million d'années. D'autres fossiles découverts ont un âge estimé à environ 300 000 ans. La fréquentation des grottes par l'homme semble commencer à l'acheuléen supérieur. Le fossile de L'homme de Galilée date d'environ 140 000 ans.
  • Entre le XIe millénaire av. J.‑C. et le IXe millénaire av. J.‑C. se développe, en Judée et Samarie, la civilisation natoufienne, sans doute nomade, dont on retrouve les vestiges[1]. Cette civilisation aurait été composée de deux groupes de populations légèrement différents, d'une part des ancêtres de peuples du type eurafricain (Palestine, Irak, Iran et Anatolie des temps historiques) et l'ancêtre des proto-méditerranéens également nombreux en Palestine.

Néolithique (-8300 à -4800)[modifier | modifier le code]

  • Dès le IXe millénaire av. J.‑C., des peuplades néolithiques ont domestiqué des plantes et des animaux, se sont sédentarisées et pratiquent l’agriculture et l’élevage. Vers 10 000 à 8 000 avant l'ère commune, l'outillage en os paraît prendre une réelle importance et le mobilier en pierre un essor caractéristique. À cette période, les conditions climatiques sont favorables (plus de précipitations et températures moins élevées).
  • Dès le VIIIe millénaire av. J.‑C., la ville de Jéricho (Er Riha), constitue une des plus anciennes cités du monde. On estime que cette époque coïncide avec les premières cités constituées.
  • Au cours du dernier quart du VIIe millénaire av. J.‑C., la céramique fait son apparition, ainsi que d'autres formes d’artisanat.
  • La Palestine du VIe et de la première moitié du Ve millénaire av. J.-C. est mal connue. On suppose des déplacements de populations qui peuvent être dus à des variations climatiques. Les reliefs et la région côtière sont occupés par une civilisation à caractère forestier comme en témoigne la prédominance des instruments destinés au travail du bois.

Chalcolithique (-4300 à -3300)[modifier | modifier le code]

Cette période est marquée par la culture Ghassulienne, nommée d'après Teleilat Ghassul (~4 500 - 3 300). La nécropole d'Adeimeh, à 2 km de Teleilat Ghassul, montre plusieurs formes de tombes, dont des dolmens et des cairn circulaires. Dans la plaine cotière (à Azor) on a découvert des ossuaires et des poteries ayant souvent la forme d'habitations. Cette culture pourrait être indigène, mais montre des similitudes avec celles de Byblos et Ras Shamra, ainsi qu'avec l'Égypte du IVe millénaire av. J.‑C..

Cette période est marquée par l'utilisation importante du cuivre, comme le démontre la découverte de nombreux objets à Nahal Mishmar. Des habits trouvés dans la grotte démontrent une réelle compétence technologique dans la confection de vêtements en lin.

Près de Beer-Sheva, de nombreuses statuettes d'ivoire fabriquées localement présentent quelques similitudes avec celles des cultures Badarian et Amratian en Égypte.

On voit alors apparaître des structures techno-économiques adaptées aux régions sèches : y vivent de petites collectivités vivant de la culture de céréales et de l'élevage du gros et du petit bétail.

Les échanges qui débutent entre la Palestine et l'Égypte, à travers le désert du Sinaï, vers la fin du IVe millénaire av. J.‑C. prennent de l'ampleur grâce à l'utilisation des bovidés comme animaux de bât, capables de franchir les quelque 200 kilomètres de quasi-désert séparant le sud palestinien du delta égyptien. Dès lors, la Palestine joue le rôle de zone de passage où se croisent les influences, et souvent les armes, des grands empires d'Égypte et du Proche-Orient asiatique.

Vers la fin du IVe millénaire av. J.‑C. la civilisation des agriculteurs-éleveurs disparaît sans raison apparente. Les sites de cette époque sont abandonnés. Il est difficile d'établir des liens avec la formation de la civilisation cananéenne du IIIe millénaire av. J.‑C..

Haute Antiquité[modifier | modifier le code]

Le IIIe millénaire av. J.‑C. est celui de la civilisation cananéenne qui s'étend au-delà de la fin de la préhistoire. Bien que l'écriture n'apparaisse pas en Palestine avant la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C., compte tenu de l'état de surproduction, de centralisation et de redistribution des surplus alimentaires, il est généralement considéré par les historiens que ce nouvel ordre économique, social et politique marque l'entrée de la Palestine dans l'histoire, soit dans le courant du IIIe millénaire av. J.‑C.. Par les échanges avec l’Égypte, la région se développe et s’enrichit, se spécialise dans le commerce de la céramique et de nombreuses constructions voient le jour. La civilisation cananéenne est organisée sur un système de cités-États, fruits d'une osmose entre agriculteurs sédentaires et pasteurs semi-nomades. De nombreuses villes cananéennes se développent et se fortifient.

Les historiens considèrent généralement que la période cananéenne s'étale du début du IIIe millénaire av. J.‑C. à la fin du XXIIIe siècle av. J.-C..

Âge du bronze ancien (-3300 à -2200)[modifier | modifier le code]

Le Bronze ancien se décompose généralement en quatre périodes :

  • Bronze ancien I (-3300 à -2900)
  • Bronze ancien II (-2900 à -2600)
  • Bronze ancien III (-2600 à -2350)
  • Bronze ancien IV (-2350 à -2200)

Ce sous-découpage est essentiellement basé sur la chronologie égyptienne, les artéfacts archéologiques permettant de lier les deux régions. Des variations d'un siècle selon les sources ne constituent pas des écarts significatifs. Le Bronze ancien I correspond à la Ire dynastie égyptienne, le Bronze ancien II à la IIe dynastie, le Bronze ancien III à la IVe et Ve dynastie, et le Bronze ancien IV à la VIe dynastie.

Malgré le nom d'âge du bronze, le cuivre reste en usage dans la région. Kathleen Kenyon a proposé d'appeler cette période période urbaine car la fondation de villes constitue une innovation en Canaan, mis à part Jéricho qui existait déjà au néolithique précéramique. Le Bronze ancien est aussi appelé période cananéenne du nom de ses habitants.

Au début du Bronze ancien, de nouvelles populations arrivent par vague successives depuis le nord, semble-t-il. La culture de ces nouveaux arrivants, qu'on qualifie de cananéens, est différente de celle des habitants du chalcolithique. Ils s'installent principalement dans les vallées et les hautes terres à proximité de sources. L'économie de ces populations est basée sur l'agriculture, contrairement aux populations semi-nomades du chalcolithique. Peu de sites sont occupés dans les régions semi-arides, à l'exception d'Arad.

Le Bronze ancien est caractérisé par l'apparition de cités cananéennes puissamment fortifiées, sans qu'on connaisse la cause de telles fortifications. Les principaux sites de cette période sont Bet Yerah (au sud du lac de Tibériade), Megiddo (dans la vallée de Jezreel), Gezer, Tel Erani, Yarmout, Afek dans la Shéphélah et Arad dans le Néguev oriental. Ces centres urbains fortifiés gèrent un petit district agricole vivant de la culture des céréales, des arbres fruitiers et des légumes. Des objets importés d'Égypte indiquent des liens commerciaux.

À partir du Bronze ancien II, on ne trouve plus de poteries égyptiennes dans les sites cananéens, même si les relations avec l'Égypte sont encore attestées comme en témoignent les campagnes militaires égyptiennes en Canaan. On dispose par exemple de la description d'une campagne contre une ville cananéenne dans une tombe de la Ve dynastie égyptienne. Les campagnes de Pépi Ier contre les « habitants des sables », dirigées par son vizir Ouni, témoignent de l'intérêt de l'Égypte pour la région. Ces campagnes militaires signent d'ailleurs la chute finale des villes cananéennes du Bronze Ancien. Elles n'en sont pas nécessairement la cause, mais elles ont pu être motivées par l'affaiblissement général des cités qui les rendaient plus vulnérables. La fin du Bronze ancien se traduit par une destruction générale des cités cananéennes et par un retour au semi-nomadisme des populations à partir de -2200. Cette chute se déroule dans un contexte général de bouleversements sociaux au Proche-Orient, qui s'exprime en Égypte par une période d'éclatement du pouvoir central connu sous le nom de première période intermédiaire. Notons cependant que certaines villes, telle qu'Arad étaient déjà abandonnée depuis la fin du Bronze ancien II.

Bronze ancien I (-3300 à -3050)[modifier | modifier le code]

Les régions densément peuplées du Chalcolithique sont abandonnées. Seuls 30 % des sites du Bronze ancien sont bâtis sur des sites occupés à l'ère précédente. Les régions habitées sont maintenant les plaines du nord, les plaines côtières, les collines centrales, la vallée du Jourdain et la Shephelah.

L'économie devient principalement agricole, avec l'introduction de la culture du raisin et des figues. Par ailleurs, des cimetières indiquent que des populations nomades pastorales vivent dans les régions plus arides et dans le Sinaï.

La culture, en partie indigène, est aussi influencée par la culture mésopotamienne. Il ne semble pas y avoir eu d'importantes migrations à la fin du Chalcolithique.

Des poteries retrouvées dans les sites du Negev ainsi qu'à Tel Erani (probablement la ville la plus importante de la période) montrent que l'Égypte était présente dans le sud du pays depuis la fin de la période pré-dynastique jusqu'à la première dynastie. Dans l'est du delta du Nil, on retrouve également quelques poteries palestiniennes. De nombreux sceaux du pharaon Narmer sont retrouvés en Palestine[réf. nécessaire] et celui-ci est peint dans son pays combattant des Asiatiques et capturant une cité fortifiée. L'ensemble dépeint un fort intérêt, et peut-être une occupation militaire, de l'Égypte pour le sud du pays.

Bronze ancien II (-3050 à -2700)[modifier | modifier le code]

Les principaux sites du BA I deviennent des centres urbains (Megiddo, Beth Shean, Tell el-Far'ah, Arad, Bab edh-Dhra'). D'autres seront abandonnés.

Bronze ancien III (-2700 à -2350)[modifier | modifier le code]

Bronze ancien IV (-2350 à -2200)[modifier | modifier le code]

C'est à cette période qu'Ouni, vizir égyptien de Pépi Ier, mène une expédition en Palestine.

Âge du bronze intermédiaire (-2200 à -2000)[modifier | modifier le code]

Cette période est marquée par une crise de l'habit et un recul de l'Égypte au Levant. Au sortir du IIIe millénaire av. J.‑C., des populations semi-nomades franchissent le Jourdain et pénètrent en Palestine, provoquant l'effondrement des structures socio-économiques qui y prévalaient : les agglomérations sont détruites et abandonnées et l'économie palestinienne se convertit à l'élevage.

  • À partir du XIXe siècle av. J.-C., il est supposé une augmentation du nombre des installations permanentes, et une diminution de celui des tribus ; mais il semble que l'on reste encore très proche de l'organisation tribale.

Cette période durant laquelle les déplacements entre l'Asie, depuis la Mésopotamie, et l'Égypte sont intenses correspond à un moment d'agitation interne qui sert de prélude à l'invasion hyksôs (« Princes des pays étrangers ») de l'Égypte. Durant cette même période, les agglomérations palestiniennes commencent à s'entourer de remparts.

Âge du bronze moyen : La civilisation cananéenne (-2000 à -1550)[modifier | modifier le code]

Voir l'article Pays de Canaan.

Bronze moyen IIA (environ -2000 à -1800)[modifier | modifier le code]

La culture palestinienne du bronze moyen marque une nette différence avec celle du Bronze Intermédiaire. Elle est fortement influencée par la culture des côtes libanaises (Byblos, ville dont la culture est la plus proche de la Palestine du BMII) et syriennes, voir par celles de la vallée de l'Oronte au nord de la Syrie (Ebla, Hama). Cette époque marque une réurbanisation progressive, de laquelle résulte l'établissement de la culture cananéenne. Le Bronze moyen IIA est une période de transition entre le semi-nomadisme du Bronze moyen I et le renforcement des cités cananéennes au Bronze moyen IIB. De nombreux échanges ont lieu entre l'Égypte et Canaan. Canaan est mentionnée dans les textes d'exécration ainsi que dans le Conte de Sinouhé. Ces textes décrivent une population tribale et pastorale, peut-être semi-nomade. Ce n'est que vers 1800 qu'apparaissent les grande cités-états canaanéennes.

L'influence de l'Égypte en Canaan est importante, même si la région ne lui est pas subordonnée. Il ne semble pas y avoir de présence massive des Égyptiens mais des expéditions ont régulièrement lieu afin de stabiliser ce qui constitue une des frontières orientales de l'Égypte. Des contingents d'« Asiatiques » participent aux expéditions minières égyptiennes dans le Sinaï. Leur présence est en effet attestée sous la XIIe dynastie. Une stèle de Sérabit el-Khadim, qui liste les membres d'une équipe égyptienne envoyée dans le Sinaï pour exploiter le cuivre et la turquoise, mentionne la participation à l'expédition du « frère du prince de Retenou, Khebded » et de dix de ses hommes. Sur d'autres inscriptions, ce personnage est représenté chevauchant un âne et accompagné d'une petite escorte. Khebded et ses hommes viennent d'un région appelée Hami, qui est identifiée à la ville de Horma, dans le nord du Néguev[2]. Son équipe d'une dizaine d'hommes reste modeste lorsqu'on la compare aux centaines d'égyptiens engagés dans les expéditions du Sinaï. Malgré son statut princier, il n'occupe qu'une position subalterne dans les textes. La main-d'œuvre qu'il apporte doit constituer une sorte de tribut, les rois de la région étant dans une relation de vassalité vis-à-vis de l'Égypte. La présence de ces hommes est régulièrement attestée sous Amenemhat III et Amenemhat IV. Ils sont peut-être à l'origine de l'alphabet proto-sinaïtique.

Les figurines d'exécrations égyptiennes donnent à la fois des noms de ville et des princes de la région. Sont citées les ports de la côte Ashkelon (Isqaï), Akko (Âky) et Tyr (Djouaoui), ainsi que la ville de Hazor (Hedjour). Une invasion de Retenou par l'Égypte est mentionnée à l'époque du pharaon Sésostris III. La stèle de Khousobek constitue la seule source sur cette campagne. Cette stèle a été découverte à Abydos en 1901 et elle relate les faits d'armes d'un militaire égyptien nommé Khousobek. Les motifs de l'opération militaire et son déroulement ne sont pas connus. La stèle relate un combat dans la région de Sekemem où s'illustre Khousobek. Cette région est probablement à identifier avec la ville de Sichem en Samarie[2].

De nombreux objets égyptiens sont retrouvés en Palestine, la plus grande collection est retrouvée sur le port de Byblos, depuis lequel le bois du Liban était exporté vers l'Égypte. Des céréales, du bétail, du vin et de l'huile d'olive sont également exportés. Les fouilles à Tell el-Dab'a, l'ancienne Avaris, montrent la présence importante d'armes et de poteries (notamment des jarres utilisées pour le commerce des marchandises) originaires du sud de la Palestine pendant la douzième et treizième dynastie. Manfred Bietak en conclu l'importance du commerce et de l'émigration vers l'Égypte dès cette époque. Des statuettes représentants des hauts fonctionnaires égyptiens ont été retrouvées à Megiddo, Gezer et Ein Hashofet sans qu'on puisse dater avec certitude l'époque à laquelle ils ont été amenés dans la région. À Gezer, on a aussi retrouvé une statuette d'une reine appelée Néférousobek. Des scarabées datant du début de la XIIe dynastie (Sésostris Ier, Amenemhat II et Sésostris II) ont été retrouvés à Megiddo, Lakish, Gezer, Beth Shéan, Jéricho, Akko, Sichem et Tell el Ajjul. Pour la fin de la XIIe dynastie, on a seulement retrouvé un scarabée de Sésostris III à Gezer et un autre d'Amenemhat III à Tel Gamma.

Bronze moyen IIB (environ -1800 à -1550)[modifier | modifier le code]

Les cités états[modifier | modifier le code]

Cette période marque l'apogée de la civilisation cananéenne, avec de grandes villes fortifiées d'un glacis de terre et de grandes portes. Les temples de l'époque présentent une grande similarité, on les retrouve notamment à Hazor, Megiddo et Sichem. Ces temples sont similaires à ceux des régions alentour, on retrouve les mêmes structures à Ebla, Alalakh, Ras Shamra et également à Avaris.

Hazor est la plus grande ville de Canaan à l'époque. Après l'extension de la ville basse vers 1800, la ville occupe une surface de avec entre et habitants.

Vers 1850 av. J.-C., la cité état d’Ascalon (Ashquelon) est un port très actif sur la mer Méditerranée qui exporte les produits de l’arrière-pays. Elle est ceinte d’un mur de 2 km de circonférence, haut de 25 mètres, et la cité devait compter près de 15 000 habitants.[réf. nécessaire]

La fin du Bronze moyen en Palestine est marquée par la destruction de plusieurs cités états et la nomadification d'une partie de la population.

Les Hyksos[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Hyksos.

Les attaques et infiltrations répétées ouvrent aux Hyksôs (dirigeants étrangers) la voie vers la partie orientale du delta du Nil où ils font d'Avaris leur capitale.

Les Hyksôs étaient probablement des princes cananéens et amorrites venus de Palestine. Selon Dominique Valbelle des données récentes[Quoi ?] montrent que leur langue n'appartenait pas à la famille des langues sémitiques[3].

Des tablettes égyptiennes les mentionnent comme des groupes d'éleveurs nomades et de marchands pratiquant le pillage. À cette époque, la Palestine, centre d'un empire placé sous l'autorité de la capitale hyksôs d'Avaris, atteint un niveau de civilisation remarquable[4]. De puissantes fortifications entourent les résidences des roitelets palestiniens sans cesse en guerre les uns contre les autres et recourant à des chars de guerre tirés par des chevaux. De spacieuses demeures, comprenant cour intérieure et étages, ont été dégagées. Elles contrastent avec les masures qui leur sont contemporaines occupées par la masse de la population. Les tombeaux, creusés dans le roc, sont le plus souvent des sépultures familiales ; armes et bijoux de bonne qualité accompagnent les restes des défunts fortunés. Dans le domaine de la céramique, les formes imitent celles de vases de métal. On voit se répandre en Palestine une poterie dite "hyksôs", noire, lustrée et incrustée de pâte de calcaire blanche, ainsi que des travaux sur ivoire de grande qualité, ou encore la réputation acquise par les Cananéens dans la teinture en pourpre.

Vers le milieu du XVIe siècle av. J.-C., le pharaon Ahmosis, s'empara d'Avaris, chasse les Hyksos d'Égypte et les pourchasse dans le sud du pays. Il ne semble pas que la poursuite ait dépassé Sharouhen.

Âge du bronze récent (-1550 à -1200)[modifier | modifier le code]

Localisation des principales cités du Levant de l'époque des archives d'Amarna

L'âge d'or canaanéen a pris fin et cette période voit le déclin progressif de sa civilisation. L'emprise égyptienne est faible au début de cette période et se traduit par quelques excursions égyptiennes sporadiques jusqu'à l'expédition de Thoutmosis III qui rétablit l'emprise sur le pays. Des monuments égyptiens parlent des Shasous, des populations pastorales nomades ou semi-nomades qu'ils rencontrent en Palestine.

Sous Akhénaton, les Lettres d'Amarna décrivent Canaan vers -1350 : le bas pays est contrôlé par des cités-États dans lesquelles se trouvent des garnisons égyptiennes. Les hautes terres sont partagées en territoires peu peuplés. Les dirigeants cananéens se plaignent des méfaits sur leurs territoires des Shasous (pasteurs nomades) et des Apirous (terme socio-économique employé pour qualifier les populations vivant en dehors ou à la marge des villes). Ils réclament de l’aide à l’Égypte. À ce moment, la présence égyptienne se fait peu sentir, au désespoir des dirigeants qui appellent à l'aide.

Les raids des Apirous et les conflits entre cités provoquent alors le déclin progressif de la civilisation cananéenne. Au cours du XIIIe siècle, de nombreuses villes sont détruites, ainsi Hazor décline progressivement jusqu'à la destruction de la dernière strate cananéenne.

Séti Ier rétablit un pouvoir fort en Égypte, et sera plus présent en Palestine. Il réprime une rébellion cananéenne dirigée par les villes de Hanath et Pella. Il se bat ensuite en Syrie et contre le royaume d'Amourou. Son successeur Ramsès II mène également des campagnes en Palestine.

Environ 40 ans avant la fin du Bronze récent, la stèle de Mérenptah (-1207) atteste de l'existence d'Israël comme un peuple distinct en Canaan. Le fait que la mention d'Israël soit marquée d'un hiéroglyphe caractérisant un peuple et non un lieu-ville montre que les égyptiens percevaient ce peuple comme un groupe nomade ou semi-nomade à l'époque.

Âge du fer : Les premiers états ethniques[modifier | modifier le code]

Âge du fer I (-1200 à -980)[modifier | modifier le code]

Les Philistins[modifier | modifier le code]

C’est lors de cet effondrement que se produit l'invasion, à grande échelle, de ce que l'on appelle "les Peuples de la mer". Les Philistins sont les plus connus parmi ces peuples. Ce sont les plaines côtières qui sont touchées les premières, et aussi le plus sévèrement.

  • Ramsès III (-1182, -1151) s’affronte durement avec les Peleset, un des peuples de la mer, et fait graver sur son temple une scène de bataille d’un réalisme dramatique.
Israël[modifier | modifier le code]

Les zones montagneuses sont, pour une raison géographique évidente, moins exposées aux Peuples de la mer. C'est dans ces régions montagneuses, vers -1200, que se sédentarisent les premiers Israélites, issus des populations semi-nomades du Bronze Récent. On observe ensuite une croissance régulière de cette population, qui se poursuit. Pour Pierre de Miroschedji, la culture israélite a émergé dans les collines du centre du pays, en continuité avec la culture cananéenne de l'époque précédente[5].

Âge du fer II (-980 à -700)[modifier | modifier le code]

Localisation des principaux sites du Levant de la première moitié du Ier millénaire avant J.-C.
Article détaillé : Israël antique.
  • Vers -1000, on estime la population à 40 000 habitants répartis sur 230 sites dans la moitié nord, mieux arrosée et proche des grandes voies de communication, pour 5 000 habitants répartis sur 20 sites dans la moitié sud (plus sèche et plus isolée).
  • Le Xe siècle est celui des rois David et Salomon, l'ampleur de leur royaume est actuellement débattue par les archéologues. LaStèle de Tel Dan, postérieure à -900 (non datée exactement), vante les exploits de l’araméen Hazaël, roi de Damas : « J’ai tué [Jo]ram fils d’[Achab] roi d’Israël, et [j’ai] tué [Ahas]yahu fils de [Joram ro]i de la maison de David. Et j’ai réduit [leur ville en ruine et changé] leur terre en [désolation]. » La controverse sur l'existence de ces rois est ainsi conclue. L’archéologie a ainsi la preuve qu’il y a bien eu un roi David, et deux royaumes en Israël, la “maison de David” (la dynastie) étant différente de la "maison d'Omri" (désignation de la dynastie d'Israël dans les archives assyriennes).
  • Sheshonq Ier attaque les principales cités du nord ainsi que la partie montagneuse d’Israël située juste au nord de Jérusalem. Il est traditionnellement associé au "Shishak" de la Bible qui mène une campagne en Palestine juste après le règne de Salomon. Plusieurs villes sont alors incendiées et détruites. L’épisode est relaté sur un mur de Karnak. Les inscriptions ne mentionnent pas Jérusalem (c’est un petit village) et ignorent complètement Juda. L’épisode se situe entre -950 et –900 et sa datation repose essentiellement sur les chronologies égyptiennes. Cette imprécision empêche donc d’étalonner le carbone 14 à cette occasion[6].
  • La culture philistine du littoral méridional et la culture cananéenne des vallées du nord se poursuivent jusque vers –900 sans interruption et, dans le royaume des Omrides, une importante population cananéenne coexiste avec la population israélite : on ne peut donc pas définir l'histoire de la Palestine entre –1200 et -900 à partir de la seule culture israélite.
  • Au royaume de Juda, après –900, d’imposantes citadelles sont construites à Lakish et Bet-Shemesh, une forteresse à Arad et une autre à Beer Sheva, signant un essor économique, commercial et administratif au sud de Jérusalem.
  • Selon la stèle de Mesha (–853), « Omri [était] roi d’Israël, et il opprima Moab pendant de nombreux jours… Et son fils lui succéda, et lui aussi il déclara “je vais humilier Moab.” Ainsi a-t-il parlé, sous mon règne… Et Omri prit possession de la terre de Medeba. Et il y habita pendant son règne, et la totalité des règnes de ses fils : pendant quarante ans. » Le royaume d’Israël, sous la dynastie des Omrides (-884, -842), a pour capitale Samarie. On y a dégagé une immense esplanade et un superbe palais de pierre taillée, le plus grand de la région, daté -900[7]. Le royaume, qui comprend toutes les grandes villes du nord, devient un véritable État avec une gestion administrative centralisée, la production à grande échelle de céréales et l’exportation, en grande quantité, d’huile d’olive et de vin, vers l’Assyrie en particulier. Les armées d’Hazaël mettent fin à la domination de ces puissants chefs militaires que sont les Omrides, comme à celle des Philistins (destruction de Gath).
  • L'Assyrie envahit le royaume d’Israël en –720, anéantissant sa puissance économique et politique.

Âge du fer III (-732 à -586)[modifier | modifier le code]

  • Vers -700, Jérusalem, modeste bourgade de 6 hectares, passe à 75 hectares en quelques décennies, et devient une ville impressionnante protégée par une muraille formidable. Sa population passe en peu de temps de 1 000 à 12 000 habitants et la population totale de Juda est alors estimée à 120 000 habitants[8]. Cette croissance spectaculaire s’explique par l’afflux de réfugiés en provenance du royaume d'Israël et par la collaboration commerciale de Juda avec l’Assyrie. Les jarres, de taille standardisée, portent des sceaux officiels, preuve d’un mode de production industriel et de la généralisation de l’écriture.
  • Ézéchias (-715, -687) fait creuser un tunnel pour amener l’eau sous la ville, réalisation qui représente une grande prouesse technique, à laquelle la Bible fait allusion. Une inscription commémorative, en hébreu ancien, a été gravée. Destinée à être lue pour informer (alors que les stèles ont jusqu’ici une fonction magique qui explique le style laudateur à l’excès de leurs textes), elle prouve que Juda est désormais alphabétisé. Le nombre d’ostraca trouvés augmente d’ailleurs considérablement à partir de -800. Dans la Bible, les événements ont à partir de -700, un fondement historique précis, en rapport avec les données archéologiques.
  • En -623, la puissance Assyrienne s’effondre, les Assyriens se retirent de la région du nord. Le règne de Josias – descendant de David – couronné en -639, représente, pendant 30 ans, l’apogée de la monarchie israélite.
  • Vers -600, Juda a 75 000 habitants, dont 15 000 à Jérusalem. Juda rêve d’étendre son influence sur le nord, de réaliser l’unité du peuple d’Israël, mais les visées égyptiennes sont contraires à ce projet[9]. L’Égypte est un bien grand voisin (2 800 000 habitants vers –1250). Cette concurrence constitue, pour la première fois en Juda, une raison réelle d’hostilité vis-à-vis de l’Égypte. Dans la Bible, l’Égypte est tantôt présentée comme un pays amical (Joseph), tantôt comme un pays hostile (Moïse).
  • En -586, Nabuchodonosor (Babylonie, c’est-à-dire Mésopotamie du centre) conquiert le royaume de Juda et Jérusalem, déporte le quart de la population à Babylone et détruit le Temple et la cité systématiquement. Il en résulte une première Diaspora juive. Juda devient Jehoud, la Judée : une certaine vie des Jehoudim (les Juifs) subsiste sur les emplacements actuels de Ramallah et de Bethléem. Les fouilles permettent d’estimer à 30 000 habitants la population de la province de Jehoud qui entoure Jérusalem à cette époque.

Périodes perse, hellénistique et romaine[modifier | modifier le code]

La période perse (-587 à -333)[modifier | modifier le code]

De 587 av. J.-C., la période perse s'étend jusqu'en 333 av. J.-C..

  • D'autres peuples commencent à cette période à s'installer alors en Samarie, parmi lesquels les Edomites, les Ammonites et les Moabites[réf. nécessaire].
  • En 539 av. J.-C., Cyrus le Grand, roi de Perse, fait la conquête de Babylone et de ses provinces. Il autorise la même année par un édit les Israélites à retourner en Judée, mais la situation économique n'y est pas très favorable et beaucoup restent dans l’empire perse, aidant parfois financièrement ceux qui choisissent de revenir en Judée. Ces derniers, au nombre de 4 000 environ d'après les archéologues[10] (soit seulement 10 % des chiffres avancés par Ezra 2), reconstruisent le Temple de Salomon (selon la Bible, d'abord l'autel des sacrifices dès 538 av. J.-C. puis le temple lui-même entre 520 et 515 av. J.-C.). D'autres parties de la ville détruite, dans laquelle certains Israélites étaient déjà retournés clandestinement, sont rebâties.
  • Cette épreuve pour la communauté judéenne en exil, soldée par un renouveau religieux en Palestine, permet l'émergence véritable du judaïsme.
  • Une importante communauté juive se développe à Éléphantine en Égypte. Elle nous est connue en détail par une riche collection de papyri écrits en araméen.
  • Jusqu'au IVe siècle av. J.-C., grâce aux libertés qui règnent dans l’empire perse achéménide, la Judée et la Samarie deviennent plus florissantes. Le grand prêtre de Jérusalem est nommé administrateur de la province perse de Judée, ce qui fait d’elle une théocratie. Toute trace de la monarchie davidique a disparu. L'araméen ayant été adopté par les souverains achéménides sous l'administration babylonienne, cette langue se propage en Palestine et, en Judée, elle prend une importance de plus en plus grande au détriment de l'hébreu. C'est alors que se généralise le terme « Judéens » pour désigner les enfants d'Israël et qui donnera juifs en français.

La période hellénistique (-333 à -134)[modifier | modifier le code]

En 333 av. J.-C. : Alexandre le Grand de Macédoine, vainc les Perses, s'ouvrant ainsi la voie vers la Syrie. Après Tyr et Gaza en 332 av. J.-C., il pénètre en Égypte où il fonde Alexandrie en 331 av. J.-C., puis entame la conquête de la Judée et des terres entre l'Égypte et l'Inde, obligeant les peuples à lui faire acte d'allégeance.

La Palestine semble alors connaître un temps de paix et la Judée s'hellénise partiellement, de nombreux Grecs s'y installent et leur culture influence profondément les domaines sociaux, philosophiques mais également religieux. La communauté juive devient minoritaire d'autant plus que de nombreux juifs partent par milliers s'installer dans les nombreuses cités de l'empire, depuis la mer Noire jusqu'à la mer Égée, mais surtout dans la nouvelle capitale d'Alexandrie (voir : Juifs de l'Égypte hellénistique et romaine). Ces migrations prennent une telle importance qu'on les désigne sous le nom collectif de diaspora (en grec, « dispersion »). À cette période, la Bible commence à être traduite en grec, traductions qui formeront la Septante. Des synagogues sont édifiées dans les grandes villes.

Après la mort d'Alexandre, en 323 av. J.-C., Ptolémée Ier s’empare de la Judée par une série de campagnes (320, 312, 302 et 301 av. J.-C.). Selon Agatharchidès il prend Jérusalem au cours d’une de ces campagnes. Selon Appien, il déporte en Égypte de nombreux prisonniers judéens et samaritains, accompagnés d’exilés volontaires comme Ézéchias (grand-prêtre ou gouverneur des monnaies). Les Juifs passent sous la domination des lagides[11].

Jérusalem reste sous l’autorité des grands-prêtres de la famille des Oniades : Onias Ier, après la mort d’Alexandre, Simon Ier, son fils, sous Ptolémée Ier, Manassé, oncle d’Eléazar, Onias II, fils de Simon Ier sous Ptolémée IV et V, Simon II, son fils vers 224 av. J.-C. et Onias III sous Séleucos IV. Le grand-prêtre verse un tribut aux Lagides.

Sous la domination lagide, la Palestine connaît une période de prospérité. Chaque province devient une hyparchie (Ammanitis, Samareitis, Galaaditis), divisée en nomes[12]. Le pouvoir est divisé entre le stratégos pour les affaires politiques et militaires, le diokétès pour l’administration royale et les oikonomoi pour les impôts et les intérêts personnels du roi. Ces hommes sont directement contrôlés par le gouvernement d’Alexandrie[13]. Les lagides, comme les Séleucides, fondent ou refondent des villes sur le modèle de la polis grecque : Ptolémaïs (Akko), Scytopolis (Beth-Shéan), Marissa (Marésha), Philadelphie (Rabbat-Ammon).

L’araméen cesse d’être la langue officielle de l’administration au profit du grec pour les relations avec le gouvernement central et de l’hébreu pour l’usage local.

La Judée devient l'enjeu de conflits incessants entre l'Égypte lagide et la Syrie séleucide. En 198 av. J.-C., le roi Antiochos III de Syrie écrase les Égyptiens à la bataille de Panion, et annexe définitivement la Judée à ses territoires, et tente de remplacer le judaïsme par l'hellénisme.

La Palestine sort épuisée des « guerres syriennes ». Antiochos III participe à la reconstruction du pays et se montre plus généreux avec les villes ou pays qui se sont ralliés rapidement. À Jérusalem, il décrète une contribution royale pour la reconstruction du temple. Selon l'historien Flavius Josèphe, Antiochos III accorde aux Juifs une charte définissant le statut théocratique de la nation juive. Il confirme la validité de la Loi pour les Juifs, exempte le Sénat (gérousia), les prêtres et le personnel du temple de la capitation, de l’impôt coronaire et de l’impôt sur le sel. Pour faciliter le repeuplement de la ville, il exempte ou allège les impôts des habitants et fait libérer ceux qui ont été réduits en esclavage avec restitution de leurs biens[14].

Cependant, les tensions avec les Romains se multiplient et le successeur d'Antiochus III ne renouvelle pas cette charte. En 167 av. J.-C., le roi Antiochos IV de Syrie interdit la religion juive et consacre l'autel du Temple de Jérusalem à Zeus.

Selon les livres des Macchabées, repris par Flavius Josèphe, le soulèvement juif contre l'hellénisme s'organise sous la direction du prêtre Mattathias et de ses fils, fondateurs de la dynastie hasmonéenne. Au terme d'un rude conflit militaire, les hasmonéens, qui ont fait appel aux Romains en 164 av. J.-C. et qui profitent de l'affaiblissement du pouvoir séleucide, sont victorieux, obtiennent l'abrogation des mesures qui ont provoqué le soulèvement. Judas Maccabée conduit alors des expéditions punitives envers les non-Juifs et les Juifs hellénisés. Les grands prêtres désignés sont favorables à la culture hellénique, ce qui génère des conflits avec les adversaires des Grecs qui finissent par céder. Ces derniers nomment en 152 av. J.-C. Jonathan grand-prêtre.

Article détaillé : Révolte des Maccabées.

La période hasmonéenne (-134 à -63)[modifier | modifier le code]

C'est avec le petit-fils de Jonathan, Jean Hyrcan Ier(134-104), que les Juifs connaissent une période d'indépendance sous la forme de la dynastie monarchique et sacerdotale hasmonéenne. Le nouveau royaume annexe la Samarie et l'Idumée et leurs habitants adoptent le judaïsme, contraints en partie. Au Ier siècle av. J.-C., le trône de Judée est l'enjeu d'un grave conflit entre les deux princes hasmonéens Hyrcan II et Aristobule II. Le gouverneur Antipater s'allie avec les Romains qui étaient restés depuis un siècle dans la région, et en 63 av. J.-C., le général romain Pompée entre à Jérusalem.

Les manuscrits dits de la mer Morte datent de cette période. Ils ont été déposés dans des grottes à proximité de Jéricho, au cours de la première révolte juive contre les Romains (vers 70 ap. J.-C.). Par ailleurs, le grec est devenu la langue internationale au Proche-Orient comme dans l'ensemble du monde "civilisé".

La période romaine (-63 à 324)[modifier | modifier le code]

Elle s'étend de 63 av. J.-C. à 324 ap. J.-C. et se prolonge, sans solution de continuité, dans la brillante période byzantine.

Les historiens distinguent usuellement deux périodes, la première concernant les deux derniers siècles de la Jérusalem juive, jusqu'à la fin de la guerre d'Hadrien 135 ap. J.-C., puis l'époque de la païenne Ælia Capitolina, se clôturant sur la victoire de Constantin, en 324 ap. J.-C..

  • En 63 av. J.-C., Pompée prend Jérusalem. Hyrcan II reste grand prêtre, Antipater, son ministre gouverne la Judée.
  • À partir de 47 av. J.-C., le royaume de Judée est directement soumis à l'Empire romain. Le gouverneur Antipater prend le titre de procurateur. La loi romaine s'étend sur la Judée.
  • En 37 av. J.-C., Hérode le Grand, le fils d'Antipater devient roi de Judée. Dans un premier temps, aucun juif n'avait pu prétendre à la royauté, le plus haut grade leur étant accordé étant celui de grand prêtre ou d'ethnarque. Mais Hérode s'impose parmi ceux à même de défendre les intérêts romains en Palestine, devenant roi allié à l'empire. À la fin de son règne, son royaume s'étend sur la Palestine jusqu'à la mer Morte, entre Massada et Sodome, et des parties de la Transjordanie. En administrateur et helléniste passionné, il fait construire gymnases, théâtres, piscines et autres lieux de rassemblements, ainsi que des temples en l'honneur de l'empereur romain. Il aménage également Massada et la colline de l'Hérodion (proche de Bethléem) pour en faire des forteresses, celles-ci accueillent alors les plus anciennes synagogues connues, celle de l'Hérodium qui est datée de la Première révolte juive, et celle de Massada du début du règne d'Hérode
  • En 20 av. J.-C., Hérode s'attache à bâtir à la place du modeste temple que les Juifs ont érigé à leur retour d'exil, un nouveau temple, dit Temple d'Hérode. Le culte s'y établit dès l'an 18 av. J.-C., mais l'aboutissement de la réalisation ne se fera qu'en 64 ap. J.-C., quelques années avant la Première révolte juive, qui verra la destruction de ce monument. Hérode tarde cependant à se faire reconnaître des Juifs, qui lui reprochent ses origines étrangères et son alliance avec Rome qu'il applique dans un despotisme souvent brutal.
  • Avec la déposition d'Hérode Archélaos, la Judée devient une province romaine. Le régime procuratorien dure 60 ans jusqu'à la Première révolte juive - interrompu de 41 à 44, ce qui correspond au règne d'Hérode Agrippa Ier. Toutefois, jusqu'au règne de l'empereur Claude, le titre des gouverneurs de Judée est préfet.
  • Parmi les procurateurs qui se succèdent jusqu'en 41, le commandement de Ponce Pilate (26-36) reste associé dans les textes religieux des Évangiles à la mort de Jésus-Christ. Son règne se termine peu après le massacre de Samaritains qu'il ordonne. Nous savons aujourd'hui que Ponce-Pilate était préfet et non procurateur. L'erreur s'est probablement diffusée dans les différents textes, au fil des recopies effectuées dans les monastères, à partir de l'évangile attribué à Luc considéré comme le texte de référence.
  • Considéré au départ comme une secte juive, le christianisme s'étend rapidement parmi les juifs hellénisés, qui considèrent Jésus-Christ comme le Sauveur (en hébreu Yeshua), le Messie attendu et annoncé par les Prophètes. Cependant cette nouvelle religion se propage avec beaucoup plus de force et de foi vers Rome et l'Europe qu'en Judée même, ou le judaïsme, fondement et source du monothéisme, est largement suivi par la population. Les religieux réagissent fortement en refusant tout laxisme dans l'observance des formes de la religion traditionnelle.
  • Au début de l'ère chrétienne, la population de Judée est composée en majorité d'habitants d'origine grecque, en partie judaïsés, d'un tiers de juifs autochtones, et de quelques groupes de Nabatéens.
  • De 41 à 44 ap. J.-C., Hérode Agrippa Ier règne sur les terres du royaume d'Hérode, légèrement modifiées. À sa mort, l'empereur Claude fait du royaume du défunt une province administrée par un procurateur romain. La situation devient tendue entre Romains et Juifs qui les accusent de despotisme et des incidents éclatent.
  • En 66 ap. J.-C., lors du prélèvement effectué sur le trésor du Temple, des émeutes éclatent, qu'attisent les Zélotes. Elles constituent la Première révolte juive, de 66 à 70. Proclamé empereur en 70, le général Vespasien, envoyé par l'empereur Néron, confie à Titus son fils, la mission de terminer les opérations engagées contre les Juifs. Les bastions juifs tombent les uns après les autres, le Temple de Jérusalem, après plusieurs mois de siège en 70, est incendié, la forteresse de Massada est vaincue en 73. De nombreux juifs sont vendus comme esclaves.
  • En 72 ap. J.-C., est fondée Flavia Neapolis, l'actuelle ville de Naplouse. La province est devenue indépendante de celle de Syrie et est régie par un légat.
  • Vers la fin du Ier siècle, le canon hébraïque de la Bible est fixé à Yavné, après la destruction du Temple. Pour les versions grecques, voir Traductions de la Bible.
  • En 135, les troupes romaines écrasent dans le sang une révolte menée par Shimon bar Kokhba. Le royaume de Judée est définitivement aboli et intégré dans une nouvelle province romaine nommée Syrie Palestine. Ce sont les Romains qui ont créé le nom « Palestine », un mot de la même racine que Philistin.
  • Jérusalem est rasée. L’empereur Hadrien ordonne de la rebâtir sous le nom d'Ælia Capitolina en l'honneur de Jupiter. Elle est déclarée cité romaine et interdite aux Juifs sous peine de mort.
  • Les Juifs de Palestine se regroupent en Galilée et autour du lac de Tibériade où s'établit le Sanhédrin

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La période byzantine (324 à 638)[modifier | modifier le code]

Découpage administratif de l'empire byzantin, suivant les limites des diocèses de Palaestina Prima et Palaestina Secunda, vers la fin du IVe siècle
  • À partir du IIIe siècle, sous l’influence des chrétiens qui sont devenus de plus en plus puissants, surtout après l'adoption du christianisme par l’empereur Constantin Ier au IVe siècle, la Palestine prend un statut moral particulier en étant considérée comme Terre sainte.
  • La Palestine byzantine connaît, comme le reste de la partie orientale de l'Empire, une floraison culturelle et économique alors même que l'Empire d'occident disparaît.
  • Les empereurs byzantins de Constantinople s'y intéressent de très près. Au VIe siècle, les chrétiens sont majoritaires en Palestine, aux côtés desquels on trouve une forte minorité juive, des Arabes païens et une petite communauté samaritaine.

La période musulmane (638 à 1096)[modifier | modifier le code]

  • 638 : Le Calife Omar (634-644), annexe les territoires de Syrie et la Judée. Jérusalem tombe après deux ans de siège. La cité de Jérusalem est un lieu sacré de l’islam, car selon les musulmans, Mahomet aurait été transporté, lors d’une nuit miraculeuse, de La Mecque à « la plus éloignée des mosquées ». Dans ce lieu — d'après la tradition musulmane — il a fait son ascension au paradis : c’est l’épisode du isra' (voyage nocturne) et du Mi’radj (ascension). Les Arabes autorisaient les Juifs et les Chrétiens à rester dans Jérusalem.
  • En 691, La «Coupole du Rocher», l'un des plus beaux monuments de l’architecture islamique, est construite à Jérusalem, sur l'emplacement de l'ancien temple juif détruit par les romains.
  • En 702 est construite la mosquée Al-Aqsa, près du nouveau Dôme du Rocher.
  • Salih ibn Ali, le Wali d’Égypte est nommé gouverneur de la Palestine, il sera confirmé par le nouveau Calife en 755.
  • 792-793 : Guerre civile entre tribus bédouines Mudhar et Yamani.
  • Au Xe siècle, la dynastie régnante des Fatimides s’oppose aux attaques turques, bédouines et byzantines.
  • Le géographe arabe al-Muqaddasi, né à Jérusalem en 942, définit la Palestine comme le territoire s’étendant de la plaine côtière à la steppe, à travers la montagne, puis la dépression du Jourdain.
  • En 972, le calife Fatimides al-Mu'izz, (953-975), étendit son empire sur l’Égypte, la Palestine et une partie de la Syrie.
  • De 1090 à 1272, les haschischins, secte politico-religieuse dissidente du courant ismaélien, font régner la terreur dans les États du Proche et du Moyen-Orient. Ils prônaient l’élimination physique des ennemis de la Vérité, et tuèrent de nombreux dignitaires Turcs seldjoukides, Abbassides, Sunnites, Fatimides et croisés chrétiens.

Le temps des croisades (1096 à 1244)[modifier | modifier le code]

La conquête ottomane (1244 jusqu'au XVIIIe)[modifier | modifier le code]

  • Après Saladin, aux XIIIe siècle et XVIe siècle, les Mamelouks égyptiens, créés en 1230, prennent en 1250 le pouvoir en Égypte et contrôlent la Palestine.
    • Durant cette période, la Palestine, accueille des réfugiés arabes chassés par l’avancée des Mongols sur l’Irak et la Syrie, et vers la fin du XVe siècle, elle accueille les réfugiés juifs chassés d’Espagne. Beaucoup d’entre eux s’installent en Galilée, et vont être à l’origine du rayonnement intellectuel et religieux de la ville de Safed.
  • En 1516, le sultan turc Selim Ier de Constantinople conquiert la Palestine qui va devenir durant 4 siècles, jusqu'en 1917, une des provinces arabes de l’Empire ottoman, un an avant l'Égypte, mais il laisse aux milices mamelouks le pouvoir au niveau local, avec le titre de Bey.
  • Intégrée dans l’empire Ottoman, la Palestine connaît au XVIe siècle un bon développement économique, au contraire de l’Égypte. Les cités et lieux de cultes sont rénovés, toutes les communautés voient leurs populations croître. Les Ottomans autorisent les juifs à se réinstaller en Palestine, fuyant les persécutions (notamment d'Espagne).

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Bonaparte y passe, suivi d’une courte présence égyptienne. La région subit une forte dépression économique, mais, à la fin du XIXe siècle, la Palestine redevient l’objet des convoitises, notamment européennes, et sa population voit l’arrivée massive d’Arabes de Transjordanie, tandis que les minorités chrétiennes et juives s’étendent également.

  • Le général Napoléon Bonaparte mène campagne en Palestine et assiège Saint-Jean-d'Acre.
    • 20 avril 1799, Jérusalem : Proclamation à la nation Juive, discours de Napoléon Bonaparte, durant sa campagne d'Égypte, reconnaissant la propriété de la terre sainte (Palestine) au peuple juif[15]. L'authenticité de cette proclamation est contestée par certains historiens[16], pourtant annoncée dans le Moniteur universel[17].
Article détaillé : Napoléon et les Juifs.

Les juifs, ashkénases d'origine européenne et sépharades d'origine d'Espagne, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, sont de condition modeste et se concentrent dans des quartiers à Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade. Ils ne représentent au total qu'une minorité (hormis dans ces villes). La population arabe vit à 70 % dans des petits villages dans les collines, à proximité des sources et des puits, où, métayers, ils vivent d'une agriculture primitive. Les grands propriétaires terriens vivent dans les villes et, pour certains, à Beyrouth, Damas et Paris. C'est à eux, principalement, que les terres seront achetées, privant ainsi les métayers de leur outil de travail.

Dans les milieux ouvriers juifs socialistes européens, des quêtes sont organisées pour l'achat de terres en Palestine, des gravures d'époque présentent ces quêtes populaires. Le sionisme moderne est né dans les milieux juifs ouvriers qui influenceront directement le style de vie des nouveaux arrivant : une société proche des idéologies socialistes et des méthodes collectivistes soviétiques, en créant des collectivités semblables aux kolkhozes russes (coopératives agricoles de production qui avait la jouissance de la terre qu'elle occupait et la propriété collective des moyens de production), ou tout est mis en commun au service de la communauté. Dans les campagnes, ces collectivités appelées kvoutza, modernisées ensuite par le kibboutz et le mochav, coexistants avec un secteur privé.

Article détaillé : Histoire du sionisme.
  • 1883 : le baron Edmond de Rothschild en Palestine favorise l'implantation de colonies juives
    • Les idées de Theodor Herzl se concrétisent. Bien qu'en public il prétende que l'arrivée des Juifs n'apporterait que des bienfaits matériels, il est conscient du problème que pose la présence de la population Arabe en Palestine, mais il se garde d'en parler[20].
  • 1890 : Début de la deuxième vague d’immigration juive en provenance de Russie.

Le XXe siècle jusqu'à la Déclaration Balfour (1903 - 1920)[modifier | modifier le code]

  • 1903 : Le 6e Congrès sioniste, adopte le principe d’une installation en Palestine.
  • 1908 : Ouverture près de Jaffa du Bureau palestinien destiné à organiser l’achat de terres par le Dr Arthur Ruppin (1876-1943), ainsi que du Palestine Land Development Company (PDLC).
    • En mars, incidents à Jaffa entre Juifs et Arabes.
  • 1909 : Fondation d’un petit bourg juif à proximité de Jaffa qui deviendra la ville nouvelle de Tel Aviv.
    • Création du premier kibboutz.
    • La notion de travail juif, au cœur de la philosophie socialiste, conduit à l'exclusion des Arabes de l'économie juive. Cette politique exacerbe l'hostilité des Arabes envers le sionisme. Paradoxalement plus ouverts, les riches propriétaires terriens utilisent la main d'œuvre arabe, moins chère et plus expérimentée[21].
  • 1910 : À Jerusalem sur une population totale de 73 700 personnes, 47 400 sont juifs, 9 800 musulmans, 16 500 chrétiens. (En 1860, sur 18 000 personnes on comptait 8 000 juifs, 6 000 musulmans et 4 000 chrétiens)
  • 1915 : En pleine guerre, le Royaume-Uni, la France et la Russie planifient dans le plus grand secret le partage du Proche-Orient et définissent les contours de leurs zones d’influence. Ils pensent que la Palestine est un cas particulier, du fait de l’enjeu symbolique que constituent les lieux saints, et doit bénéficier d’un statut international.
  • 1916 : L’accord Sykes-Picot redéfinit la nouvelle carte géo-politique du Moyen-Orient. La Palestine est définie comme zone internationale, comprenant Saint-Jean-d’Acre, Haïffa et Jérusalem.
Article détaillé : Déclaration Balfour de 1917.
  • 1919 : Rencontre entre l'Emir Fayçal et Haïm Weizmann le 3 janvier; la possibilité d'une coopération judéo-arabe apparaît. L'Emir Fayçal envisage favorablement la venue des Juifs en Palestine et la fondation d’un Foyer National Juif.

Le Mandat britannique (1921-1947)[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Palestine mandataire
Passeport britannique de la Palestine mandataire
Monnaie de 1927
Billet de banque de 1929
Timbre poste de 1928
Articles détaillés : Palestine mandataire et Histoire du sionisme.
  • En 1921 :
    • De passage à Jérusalem, le jeune secrétaire d’État britannique aux Colonies, Winston Churchill, reçoit une délégation islamo-chrétienne qui lui déclare : « Si les sionistes n’étaient venus en Palestine que comme des hôtes, ou si les choses en étaient restées à ce qu’elles étaient avant la guerre, il n’y aurait pas de problème Juifs et de non-Juifs. Mais c’est l’idée d’une Palestine transformée en un Foyer national juif que les Arabes rejettent et combattent ».
    • Les mouvements palestiniens refusant de cautionner la construction d’un « Foyer national juif », ils rejettent toute participation aux institutions politiques du mandat britannique, à l’exception de la gestion des affaires religieuses.
  • 1922 : La Transjordanie (partie orientale du territoire mandataire britannique) devient un émirat autonome. Elle est soustraite à l’immigration juive.
  • 1928 : la Palestine vivait jusqu’en 1926 dans un calme relatif, mais la communauté juive -le yichouv - traverse depuis une crise profonde. Le tarissement de l’immigration juive permet même à certains de parler de « banqueroute du projet sioniste ». Cette année-là, la commémoration par les juifs sionistes de la destruction du Temple par les Romains se radicalise et est ressentie comme une provocation par la communauté musulmane. De nombreux incidents ont lieu près du mur des Lamentations. Des rumeurs commencent à circuler, au sujet d’un complot juif, dont le but de s’emparer de l'Esplanade des mosquées.
  • 1929 : La rumeur aboutit à des émeutes qui prennent des allures de pogrom anti-juif; massacres à Hébron puis à Safed : 113 juifs tués et 339 autres blessés. Pourtant, l'émigration reprend, et de nombreux juifs d’Europe centrale continuent d’arriver en Palestine, apportant des capitaux et achetant de plus en plus de terres arabes.
  • 1930 : Publication du second Livre Blanc britannique, prévoyant de limiter pour la première fois l’immigration des Juifs en Palestine.
  • 1931 : Deuxième recensement britannique. La Palestine compte 175 000 Juifs et 880 000 Arabes (pour 84 000 Juifs et 760 000 Arabes lors du premier recensement en 1922)[23]. En 1939, la Palestine comptera 1 070 000 Arabes et 460 000 Juifs[24].
  • En 1933 :
    • Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne. C’est le début de la 5e aliyah, principalement en provenance d’Allemagne et des territoires contrôlés par les Allemands.
    • en octobre, à Haïfa, des émeutiers arabes s’en prennent aux autorités britanniques qu’ils considèrent comme responsables des progrès du sionisme.
  • 1934 : Début de la Hapa'alah, entreprise d’immigration illégale de réfugiés juifs alors que leur nombre dépasse les quotas imposés par les Britanniques.
  • Automne 1935 : une révolte populaire arabe éclate, avec une nette coloration d’islam populiste et de guerre sainte, menée par le cheikh Izz al-Din al-Qassam. Après sa mort, en novembre, une grève générale est lancée pour obtenir l’arrêt de l’immigration juive et la vente des terres aux juifs. Elle se prolongera jusqu’en octobre 1936.
  • En 1936 : Début de l’opération Homa Oumigdal (murailles et tour), qui est une entreprise d’implantations aboutissant, de 1936 à 1939, à 51 nouvelles localités créées chacune en une seule nuit.
  • Avril 1936 : La révolte arabe, soutenue par le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al Husseini, se généralise après la grève générale. Les britanniques et les Juifs sont visés par de nombreux attentats.
  • 1937 :
    • La commission britannique Peel, propose un projet de partition de la Palestine entre Juifs et Arabes (15 % du territoire à l'État juif). Le gouvernement britannique finit par accepter le principe de cette recommandation. Il s’agit là du premier texte suggérant le partage du pays entre Juifs et Arabes. Malgré le soutien de Ben Gourion, l'Agence juive rejette le plan, tous comme les dirigeants palestiniens.
    • Des groupes armés arabes s’en prennent aux Britanniques, aux Juifs et aux « traîtres arabes ». Les Britanniques mènent une dure répression, et en deux années réussissent à vaincre et à décapiter ce mouvement national palestinien.
    • L'Irgoun commet, en 1937 et 1938, une série d'attentats à la bombe contre les foules et les bus arabes en représailles contre les attentats arabes. ces actions font environ 250 victimes civiles arabes[25].
    • Ben Gourion se rallie à la thèse, largement débattue, du « transfert » : « Le transfert obligatoire [nous] apporterait une immense région [pour la colonisation].[...] Je suis en faveur d'un transfert obligatoire et je n'y vois rien d'immoral. »[26].
  • 3 mai 1939 : Publication du 3e Livre Blanc (de MacDonald) :
    • Celui-ci prévoit que « au terme de la période de cinq ans, aucune immigration juive ne sera plus autorisée, à moins que les Arabes de Palestine ne soient disposés à y consentir »[27].
    • Par ailleurs, « le gouvernement de Sa Majesté déclare aujourd’hui sans équivoque qu’il n’est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif. [il a le] désir [...] de voir s’établir finalement un État de Palestine indépendant[27] ».
    • Ce projet officiel semble entrainer la fin des espoirs sionistes, et entraine une nette dégradation des relations entre l'Agence juive (l'exécutif sioniste en Palestine), et le gouvernement britannique.
  • 1941 : « Le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, rencontra plusieurs dirigeants nazis dont Adolf Hitler et Heinrich Himmler, espérant les amener à adopter la cause arabe et même à étendre leurs mesures anti-juives aux Juifs de Palestine. Lors de sa réunion avec Hitler, en novembre 1941, al-Husseini obtint d'Hitler la promesse que "l'objectif allemand serait (...) la destruction des éléments juifs résidant dans la sphère arabe"[28] ». Le Mufti soutiendra les forces de l'Axe jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La majorité des palestiniens et des arabes ne suivront pas le Mufti[29],[30].
  • 6 mars 1942 : A la conférence de Biltmore, qui réunit l'Agence Juive et les délégués sioniste américain, David ben Gourion annonce que l'objectif officiel du sionisme est la création d'un « commonwealth juif », une « patrie des Juifs[31] ». C'est la première revendication d'un état indépendant, l'Agence juive s'étant jusqu'alors gardée d'affronter la puissance mandataire sur ce point, en restant à la revendication plus consensuelle et plus floue d'un « foyer national juif » autonome.
  • Février 1944 : l'Irgoun, organisation armée sioniste issue de la droite sioniste, rompt le cessez-le-feu qu'elle respectait depuis 1940 du fait de la guerre, et lance une campagne d'attentats contre les britanniques, qui durera jusqu'en 1948. Le Lehi, une dissidence de l'Irgoun, reprend aussi ses opérations anti-britanniques. Les attaques, en combattant les deux points les plus rejetés du livre blanc de 1939 visent à permettre une libre émigration juive en Palestine afin de modifier le rapport de force démographique, et à empêcher la création de l'état palestinien unitaire qui était envisagé. Un troisième objectif s'y ajoute progressivement : le départ des britanniques.
  • 8 août 1944, le haut commissaire britannique pour la Palestine (gouverneur), sir Harold Mac Michael, très impopulaire dans le Yichouv[32], échappe à une tentative d'assassinat du Lehi.
  • Juillet 1947 : le bateau Exodus est expulsé des côtes de Palestine vers l’Europe, portant à son bord 4 500 survivants de la Shoah, suscitant un important mouvement de sympathie international.
  • 18 février 1947 : Devant l'augmentation des attentats commis par les organisations armées sionistes (surtout Irgoun et Lehi, et dans une moindre mesure Haganah), les Britanniques annoncent l'abandon de leur mandat sur la Palestine.
  • 28 avril 1947 -13 mai : La SDN ayant attribué ce mandat, c'est à son successeur, l'ONU, qu'il appartient de décider des conséquences de la fin du mandat. Une commission d'enquête est créé l'UNSCOP (United Nations Special Committee on Palestine), composé de représentants de 11 états (Australie, Canada, Guatemala, Inde, Iran, Pays-Bas, Pérou, Suède, Tchécoslovaquie, Uruguay, Yougoslavie). Dans un souci de neutralité, aucune des grandes puissances de l'époque ne fut représentée.
    • L'UNSCOP considère deux options. La première était la création d'États juif et arabe indépendants, avec la ville de Jérusalem placée sous contrôle international. La seconde consistait en la création d'un seul État fédéral, contenant à la fois un État juif et un État arabe.
    • L'agence juive coopère largement avec l'UNSCOP, mais le Haut comité arabe (représentant les palestiniens) refuse, considérant que « les droits naturels des arabes de Palestine sont évidents et ne peuvent continuer à faire l'objet d'enquête[33] », et critiquant l'absence de prise en compte de l'idée d'un état indépendant unitaire. Ce sont les états arabes qui défendent la position palestinienne.
    • Sur le principe, les représentants de la jeune Ligue arabe rejettent toute division de la Palestine mandataire, et réclament une indépendance unitaire[33]. La fin de l'immigration juive est demandée, les Juifs déjà installés et ayant « acquis légalement la nationalité palestinienne [auraient] les mêmes droits [que les] arabes[34] ». Hamid Frangié, un représentant libanais, indique à l'UNSCOP qui demande des précisions sur ce dernier point que « les Juifs entrés illégalement en Palestine ou n'ayant pas demandé la nationalité - au total, d'après lui, 400 000 personnes, soit les deux tiers des immigrants - seraient [...] expulsés[35] ». Pour le Haut comité arabe, « l'affrontement en terre sainte met aux prises, non deux légitimités, mais des autochtones avec des colons étrangers[36] ».
  • Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'ONU vote à la majorité des 2/3 et le soutien des grandes puissances (États-Unis, URSS, France) une résolution sur le partage de la Palestine.
    • Deux états, un juif et un arabe, sont créés. Le territoire israélien proposé couvre 55 % de la Palestine mandataire (voir Carte du plan de partage), qui abriterait une population de 498 000 Juifs sur 650 000 (37 % de la population totale de la Palestine), plus une minorité de 407 000 Arabes sur 1 237 000. À l'époque du vote, 7 % du territoire de la Palestine avait déjà été acquis en propriété foncière par la population juive grâce au financement par des mécènes et aux collectes de fonds.
    • Le territoire des deux états ne comprend pas Jérusalem, où vivent 100 000 Juifs supplémentaires aux côtés de 105 000 Arabes, et dont le statut prévu est celui de zone internationale[37].
    • Les Britanniques se sont abstenus, souhaitant préserver leurs intérêts dans le monde arabe sans s'opposer aux américains.
    • L'Agence juive soutient le plan, lequel est rejeté par la droite nationaliste sioniste : Parti révisionniste, Irgoun et Lehi.
    • Les pays arabes ont voté contre le plan, et quittent la salle du vote après celui-ci[38]. Toutes les organisations politiques palestiniennes s'opposent au plan, à l'exception du parti communiste, qui s'aligne sur Moscou.
    • Bien que la principale objection soit la création d'un état pour des « colons étrangers[36] », la partie arabe critique aussi de façon plus technique le tracé de la frontière. Celui-ci a en effet été dessiné de façon à englober le maximum de villages juifs à l'intérieur de l'État juif, la réciproque n'étant pas respectée. La frontière englobe enfin 55 % du territoire palestinien, les Juifs ne représentant à l'époque que 37 % de la population.

Du vote des Nations Unies aux Armistices (1947-1949)[modifier | modifier le code]

  • Dès le lendemain de l'adoption du plan de partage par l'ONU, les manifestations de joie de la communauté juive sont contrebalancées par les manifestations d'opposition arabe dans tout le pays[39]. En effet, de graves affrontements ont déjà lieu et dans tout le Proche-Orient les extrémistes islamistes s'en prennent aux communautés juives[40].
Rue Ben Yehuda après l'attentat du 22 février 1948
  • Décembre 1947 : un « vent de violence »[42] va rapidement et spontanément s'installer, annonciateur de la « guerre civile[43] ». Dans toutes les zones mixtes où vivent les deux communautés, à Jérusalem et Haïfa en particulier, attaques, représailles et contre-représailles de plus en plus violentes se succèdent. Les tirs isolés évoluent en batailles rangées ; les attaques contre le trafic se transforment en embuscades. Des attentats de plus en plus sanglants se produisent, auxquels répondent à leur tour des émeutes, des représailles et d'autres attentats.
  • 8 janvier 1948 (ou 10 janvier selon Yoav Gelber)[44] : entrée en Palestine de l'Armée de libération arabe de Quawukji, formée de volontaires arabes et palestiniens, à l'époque environ 1 500 hommes[45].
  • Dans la nuit du 20 au 21 janvier, une troupe composée de 700 Syriens, en tenue de combat, bien équipée et disposant de transports mécanisés entre en Palestine « via la TransJordanie[46] ».
  • Le 27 janvier, une « bande de 300 hommes, venant de l'extérieur de la Palestine, s'est établie dans la région de Safed en Galilée et est probablement responsable des attaques intensives au mortier et à l'arme lourde de la semaine contre la colonie de Yechiam[46] ».
  • Janvier 1948 - mars 1948 :
    • les attaques menées par les nationalistes palestiniens et les volontaires arabes se généralisent, sous le nom de « guerre des routes ». Les communications entre implantations juives et avec la Jérusalem juive deviennent difficiles. Les forces Juives sont sur la défensive.
    • En mars, rédaction du plan Daleth par la Haganah, lequel prévoit « destruction de villages [...]. En cas de résistance, les forces armées doivent être détruites et la population expulsée en dehors des frontières de l'État hébreu ». Des historiens comme Ilan Pappé ou Walid Khalidi le considère comme un plan de nettoyage ethnique, alors que Benny Morris ou Yoav Gelber le considère plutôt comme un plan limité à la gestion des affrontements autour des « bases ennemies »[47].
    • Première vague de réfugiés : environ 70 000 palestiniens, essentiellement des membres des couches moyennes et supérieures, qui partent pour l'étranger dans l'attente de la fin des combats.
  • Début avril 1948, la Haganah, principale milice clandestine, dépendant de l'Agence juive (le gouvernement du Yichouv), reçoit sa première grosse livraison d'armes en provenance de Tchécoslovaquie (en quelques mois, sous la direction de Yigael Yadin, elle deviendra une véritable armée professionnelle).
    • Début de la contre-attaque des forces sionistes : décidée par Ben Gourion, l'Opération Nahshon est lancée le 2 avril par la Haganah pour dégager la Jérusalem juive avec laquelle les communications sont devenues très difficiles.
    • 9 avril, l'Irgoun et le Lehi, assistés par la Haganah, prennent le village de Deir Yassin. Après le retrait de la Haganah un massacre est commis contre les civils. Le massacre est condamné par l'Agence juive et les dirigeants de la Haganah[48], mais sans sanctions judiciaires.
    • Courant avril, la Haganah conquiert Tibériade et Haïfa, puis, par l'opération Yiftah sous la direction de Yigal Allon, Safed, pendant que l'Irgoun s'empare de Jaffa.
    • Yigal Allon lance une campagne de guerre psychologique[49].
    • En un mois et demi (avril-mai), les villages arabes tombent les uns après les autres.
    • Seconde vague de l'exode palestinien. D'après un rapport du Shai (service de renseignement militaire de la Haganah) daté du 30 juin 1948[50], 391 000 personnes sont parties depuis décembre 1947, ce qui estime la seconde vague à 320 000 réfugiés. Le rapport indique : « au moins 55 % du total de l’exode ont été causés par nos opérations [de la Haganah] [...], [l’Irgoun et le Lehi] ont directement causé environ 15 % de l’émigration ». Deux pour cent des départs seulement seraient des expulsions directes, chiffre considéré comme sous-estimé par Morris, qui l'évalue plutôt à 10 %.
  • Le 14 mai 1948, Ben Gourion lit la Déclaration d'indépendance qui proclame la création de l'État d'Israël. À ce stade, le gouvernement contrôle la bande côtière Ashkelon-Haïfa, la Jérusalem juive, le vallée de la Jézréel et la haute vallée du Jourdain.
Carte des évolutions territoriales entre 1947 et 1949 : l'État palestinien prévu par le plan de partage de 1947 n'est pas créé. Israël, l'Égypte et la Jordanie se partagent son territoire
  • Dans les jours qui suivent, des armées composées d'environ 1 000 Libanais, 6 000 Syriens, 4 500 Irakiens, 10 000 Égyptiens et entre 6 000 et 9 000 Transjordaniens se joignent aux forces arabes civiles (12 000 hommes) et à l'Armée de Libération (3 800 hommes d'après Gresh et Vidal[45]). Israël se retrouve comme avant avril sur la défensive.
  • 11 juin 1948 - 8 juillet 1948 : première trêve israélo-arabe. Les armes affluent en Israël, en particulier en provenance du bloc de l'est, qui souhaite la défaite des anglais et de leurs alliés arabes. Création et organisation de Tsahal, qui regroupe toutes les milices juives.
  • Juillet - octobre :
    • Israël conquiert la plus grande partie de la Palestine, hors le Neguev et la Cisjordanie.
    • Troisième vague de départ des réfugiés (300 ou 350 000), accompagnés de certains massacres[51]. Selon Morris[52] ou Gelber[53], s'appuyant sur les archives de Tsahal, les expulsions deviennent particulièrement nombreuses.
    • Au total, ce sont à la fin 1948 entre 700 000 et 730 000[54] Palestiniens qui fuiront ou seront chassés de leur terre et leur maison. Cet exode est à la fois intérieur vers la Bande de Gaza et la Cisjordanie et extérieur vers la Syrie, le Liban et la Jordanie. À la fin de la guerre, plus de la moitié des Palestiniens sont des réfugiés : il en reste moins de 150 000 en Israël, 400 000 en Cisjordanie, 60 000 dans la bande de Gaza[55]. À la suite de l'annexion de la Cisjordanie la plus grande partie de ces réfugiés palestiniens passeront sous tutelle jordanienne. Le Liban et la Syrie accueillent chacun à peu près 100 000 réfugiés, l’Irak 5 000 et le restant sera sous administration égyptienne dans la bande de Gaza.
    • La Palestine comptait environ 1 800 000 habitants (musulmans, juifs et chrétiens) dont environ 1 200 000 palestiniens de souche. En quelques mois, elle voit la majeure partie de la population palestinienne de souche fuir ou être chassée des zones sous contrôle israélien. Les réfugiés furent remplacés par les immigrés juifs survivants de la Shoah, ainsi que par les réfugiés juifs chassés ou fuyant à leur tour les pays arabes. Voir notamment à ce sujet Diaspora palestinienne.
  • Décembre 1948 : la loi sur les « propriétés abandonnées » permet la saisie des biens de toute personne « absente ». Elle définit un « Absent » comme une personne qui « pendant la période du 29 novembre 1947 au 1er septembre 1948, se trouvait quelque part ailleurs sur la Terre d’Israël située à l’extérieur du territoire d’Israël » (ce qui signifie la Cisjordanie ou la Bande de Gaza) ou dans d’autres États Arabes. Les anciens villages arabes sont détruits, et leurs terres redistribuées à des communautés agricoles juives, Mochavim ou Kibboutzim, formalisant légalement la volonté d'empêcher tout retour.
  • 24 janvier 1949: annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie, qui devient alors la Jordanie. La Palestine, qui avait obtenu une existence juridique à partir du mandat de la Société des Nations de 1922, cesse toute existence légale, partagée entre Israël (77 %), la Jordanie (20 %), et l'Égypte (2 %). Seule la bande de Gaza n'est pas formellement annexée par l'Égypte, tout en restant cependant administrée par elle en l'attente d'une hypothétique « libération de la Palestine ».
  • Mars 1949 : le désert du Neguev passe sous contrôle israélien (opération Ouvda).

De l'Indépendance d'Israël à la Guerre de Six Jours (1949-1967)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire d'Israël.

Depuis la guerre des Six jours[modifier | modifier le code]

  • En 1968, le Fatah, groupe de résistance palestinienne, est la cible d’une attaque majeure de l’armée israélienne sur le village jordanien de Karameh, durant laquelle plus de 150 combattants palestiniens succomberont sous le feu israélien et 29 soldats israéliens seront tués par les forces armées jordaniennes. Malgré sa défaite sur le terrain, la bataille est considérée comme bénéfique par le Fatah, les Israéliens s’étant finalement retirés.
  • En 1970, Yasser Arafat appelle au renversement de la monarchie hachémite, en s’appuyant sur le fait que 75 % des habitants de la Jordanie sont maintenant palestiniens à un degré ou à un autre. Le roi Hussein ne se laisse pas faire et fait massacrer par dizaines de milliers les Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils, obligeant Yasser Arafat à se réfugier au Liban. Cet épisode dramatique est connu sous le terme de Septembre noir.
  • En 1974, le 24 octobre, le roi Hussein renonce à toutes revendications sur la Cisjordanie et les chefs d’États arabes déclarent que l’OLP est le seul représentant légitime de tous les Palestiniens. L’OLP est admise comme membre à part entière de la Ligue arabe en 1976.
  • 1987 : Début à Gaza de la première Intifada, la « guerre des pierres » ou la « révolte des pierres », initiée par la population palestinienne contre l'occupation et les humiliations israéliennes. Elle durera sept années.
  • En 1988, avec l’Intifada, Yasser Arafat reformule sa pensée politique, à travers la « Déclaration d’indépendance de l’État de Palestine », préparée par Jerome Segal, un universitaire juif américain d’extrême-gauche, et prononcée à Alger. Il se fait élire, par le Conseil national palestinien, président de l’État qu’il proclame indépendant en novembre à Alger.
  • Le 30 octobre 1991 a lieu une conférence de paix à Madrid, parrainée par Moscou et Washington.
  • En août 1993, à la suite de négociations secrètes menées à Oslo, un accord de paix est signé à la Maison-Blanche sous l’égide du président Bill Clinton. Le monde entier retient la poignée de main échangée avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et la nouvelle donne géopolitique que constitue le plan d’Oslo.
  • Le 1er juillet 1994: Arafat revient en Palestine après plusieurs années d’exil. Il constitue à Gaza l’Autorité nationale palestinienne et en est élu président en 1996.
  • Le 4 novembre 1995 Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif qui lui reproche la rétrocession des terres juives. Il est remplacé par le travailliste Shimon Peres, qui perdra le pouvoir six mois plus tard au profit du politicien de droite Benyamin Netanyahou.
  • 13 novembre - 21 décembre 1995 : Retrait israélien de plusieurs villes de Cisjordanie.
  • Durant les années 1994 à 2000, selon un rapport du FMI, l’économie palestinienne a augmenté à un rythme de 9,28 % par an, et les investissements de 150 %, ce qui en fait l’un des taux de développement les plus élevés au monde lors de cette période, mais cette croissance ne profite pas au peuple du fait du coût économique et social exorbitant de la lutte contre Israël et de la corruption généralisée des dirigeants palestiniens.
  • 23 octobre 1998 : Netanyahu et Arafat signent à Wye Plantation (États-Unis) un accord sur le retrait israélien de 13 % de la Cisjordanie. Le 14 décembre, les articles de la charte palestinienne appelant à la destruction d’Israël sont supprimés.
  • En 2000, le nouveau premier ministre israélien Ehud Barak propose à Yasser Arafat de reconnaître l’État palestinien. L’État proposé voyait les colonies israéliennes non démantelées, était amputé de près de 10 % des territoires palestiniens occupés avec un contrôle israélien à l’ouest du Jourdain, avec les colonies qui amputent encore de 40 % le contrôle du territoire (du fait des routes de détournements reliant les colonies entre elles) ; l'état proposé n'a pas le contrôle de ses frontières, est démilitarisé, et il était prévu d’y inclure la ville d'Abu Dis à Jérusalem pour la renommer Al Quds (le nom arabe de Jérusalem). La proposition inclut le retour en Israël même de 250 000 descendants des réfugiés de 1948. À la suite de l'échec des négociations ont lieu les accords de Taba, mais Barak n'a pas voulu signer car son mandat arrivait à son terme. De plus il restait encore des contentieux à régler (Jérusalem Est, les colonies à démanteler, une reconnaissance demandée par les Palestiniens de la responsabilité israélienne pour les réfugiés).
  • 30 avril 2003 : Publication de la Feuille de route pour la paix, un plan par étapes rédigé par les États-Unis, la Russie, l’Union européenne et l’Onu et devant conduire à la création d’un État palestinien. Les Palestiniens l’acceptent immédiatement, Israël l’adopte en mai, avec des réserves liées à la sécurité de ses frontières et aux attaques terroristes.
  • 17-18 août 2005 : Retrait et démantèlement des colonies juives de la bande de Gaza, 8000 colons sont évacués en Israël par l'armée israélienne, ce qui provoque une fracture au sein de la population entre les pro-retrait favorables au dialogue avec les Palestiniens et les anti-retrait favorables à la poursuite de la colonisation.
  • 12 septembre 2005 : Après trente-huit ans d’occupation et de colonisation de la bande de Gaza le départ des derniers soldats israéliens marque un tournant dans l'avenir du proche orient. Le retrait de Gaza, le démantèlement de plusieurs colonies en Cisjordanie ainsi que la construction de la barrière de sécurité ("le mur de l'apartheid" du point de vue palestinien) envisage les frontières d'un futur État Palestinien et rassure les Israéliens sur des frontières sûres
  • Décembre 2005 - Janvier 2006 : Le premier Ministre israélien, Ariel Sharon, acteur principal du plan de désengagement israélien de la bande de Gaza subit deux attaques cérébrales successives et plonge dans un coma profond.
  • 25 janvier 2006 : Tenue des élections législatives Palestiniennes. Stupeur et crainte pour l'avenir remplace l'optimisme du récent retrait israélien de Gaza. Malgré les efforts de paix de Mahmoud Abbas (Président de l'Autorité Palestinienne) et malgré le désengagement israélien de Gaza, le peuple Palestinien élit massivement le Hamas (parti islamiste qui ne reconnait pas Israël et appelle à sa destruction). Le Hamas obtient 74 des 132 sièges au parlement palestinien entrainant la démission du 1er Ministre Ahmed Qoreï. Les États-Unis décident de stopper leurs versements financiers au gouvernement Palestinien tant que le Hamas n'aura pas reconnu Israël et qu'il n'aura pas renoncé à son projet de destruction totale de l'État Hébreu.
  • 30 janvier 2006 : Israël, par la voix de son Premier ministre intérimaire, Ehud Olmert, décide de geler les fonds dus à l'Autorité palestinienne, de peur qu'ils ne parviennent à des éléments terroristes.
  • 25 juin 2006 : Un groupe de combattants Palestiniens attaque un poste armé de Tsahal à la frontière sud d'Israël via un tunnel près de Kerem Shalom qui passe au sud de la bande de Gaza. Durant l'attaque, deux soldats israéliens sont tués, trois autres blessés, dont le caporal Guilad Shalit qui est enlevé par les Palestiniens. Mohammed Abdel Al, un porte-parole des Comités de Résistance Populaire, a révélé que l'attaque de ce lieu était planifiée depuis deux mois dans le but de réclamer la libération de prisonniers palestiniens enfermés en Israël.
  • 28 juin 2006 : Israël lance l'opération "pluie d'été" dans le but de récupérer le soldat capturé par le commando palestinien. Plusieurs unités terrestres de Tsahal sont engagées dans les combats ainsi que des hélicoptères et des frappes aériennes de bombardiers F-15 et F-16. Le second objectif de cette offensive est de mettre fin aux tirs incessants de roquettes kassam tirées depuis Gaza sur le sud d'Israël (notamment la ville de Sdérot) et de mettre la pression sur le gouvernement du Hamas qui cautionne ces attaques. C'est la première fois que l'armée israélienne revient sur ce territoire de l'Autorité palestinienne depuis le plan de désengagement unilatéral terminé en septembre 2005. Les premiers jours de l'opération ont été marqués par la destruction de la seule centrale électrique de Gaza, de trois ponts et de l'arrestation de plusieurs parlementaires et ministres affiliés au Hamas.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'humanité, T. 1, De la Préhistoire aux débuts de la civilisation, Éditions UNESCO, 2000, pp. 611-623 et pp. 1029-1035. ISBN 92-3-202810-7.
  2. a et b Pierre Tallet, Sésostris III et la fin de la XIIe dynastie, Pygmalion, coll. Les grands pharaons, 2005.
  3. Voir Dominique Valbelle, Dictionnaire de l’Antiquité, sous la direction Jean Leclant, éditions PUF, 2005, p. 1105.
  4. Claude Vandersleyen, L’Égypte et la vallée du Nil T. 2, “De la fin de l’Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire”, éditions PUF, 1995, pp. 163-206, armement p. 205.
  5. Pierre de Miroschedji, « La Recherche » no 391 du 01-11-2005, p. 32.
  6. Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, “Les rois sacrés de la Bible, Bayard, 2006, p. 74.
  7. Norma Franklin dans le DVD de Thierry Ragobert “La Bible dévoilée”, chap. 8 de l’épisode 3.
  8. Double DVD de Thierry Ragobert “La Bible dévoilée”, sur le travail de Finkelstein et Silberman, Éditions montparnasse, 2006.
  9. idem
  10. (en) Oded Lipschits, Manfred Oeming (dir.) et Bob Becking, Judah and the Judeans in the Persian period, Einsensbrauns,‎ 2006 (ISBN 9781575061047), « "We all return as one" », p. 10
  11. (en) Shimon Applebaum, Jews and Greeks in ancient Cyrene, 367 p. (ISBN 9004059709, lire en ligne), p. 130-138
  12. Félix-Marie Abel, Histoire de la Palestine depuis la conquête d'Alexandre jusqu'à l'invasion arabe : De la conquête d'Alexandre jusqu'à la guerre juive, vol. 1, Librairie Lecoffre,‎ 1952 (résumé)
  13. La peine, De Boeck Supérieur,‎ 1991 (résumé)
  14. Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie : Histoire du Levant antique (IVe siècle av. J.-C. - IIIe siècle ap. J.-C., Fayard,‎ 2001 (ISBN 9782213640693, résumé)
  15. Les juifs de France
  16. Bonaparte et l'emancipation juive
  17. « Proclamation de Bonaparte, Moniteur universel, 1799 », sur France Diplomatie (consulté le 7 décembre 2012)
  18. a et b Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste (titre original Righteous Victims. A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999.), Éditions Complexe (CNRS-IHTP), 2003, ISBN 2-87027-938-8, p. 21.
  19. a et b Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste (titre original Righteous Victims. A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999.), Éditions Complexe (CNRS-IHTP), 2003, ISBN 2-87027-938-8, p. 18.
  20. Benny, Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 35. En 1885, Theodor Herzl écrit ainsi dans son journal : « Nous devons essayer d’attirer la population démunie au-delà des frontières en lui procurant du travail dans les pays de transit et en empêchant qu’elle puisse en trouver chez nous. Le processus d’expropriation et le déplacement des pauvres doivent tous deux être accomplis avec discrétion et circonspection. ».
  21. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 65.
  22. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 125. Admirateur de Mussolini, selon Benny Morris, tout en restant très attaché au libéralisme politique et économique, Jabotinsky ancre le parti révisionniste dans une idéologie de droite à la fois nationaliste et libérale. Son attitude vis-à-vis de Mussolini est quelque peu ambiguë. Il fustige le 2 décembre 1928 « la tendance maladive qui existe dans nos rangs à exagérer l'importance du pouvoir personnel » (Jabotinsky, dans « je crois », un article publié dans Doar Ha'yom le 2 décembre 1928 - cité par Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991, P.97.). Fin 1927, il écrit « la revanche du chef est une idée à la mode que je déteste [...]. Passe encore qu'un personnage comme Mussolini enfourche un tel cheval. Du moins cet homme ne manque ni de grandeur ni de sens pratique, bien que je le supporte aussi peu que les autres » (Lettre à Oscar Grunzberg, 3 octobre 1927 - cité par Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991, P.346.). Le mouvement révisionniste deviendra, après 1948, le parti Herout, qui donnera naissance au Likoud.
  23. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 124.
  24. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 140.
  25. Arie Perliger et Leonard Weinberg, Totalitarian Movements & Political Religions, Vol. 4, No. 3 (2003) 91-118.
  26. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 163.
  27. a et b Extrait du troisième livre blanc sur la Palestine.
  28. Interview accordé par Walter Reich au journaliste Schmuel Rosner, correspondant pour Haaretz aux États-Unis (lien cassé)
  29. Gilbert Achcar, les Arabes et la Shoah, Actes Sud, coll. "Sindbad", Arles 2009
  30. Alain Gresh, De quoi la Palestine est-elle le nom?, Les Liens qui libèrent, Floch, septembre 2010
  31. Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 77.
  32. À son poste, chargé d'appliquer le « livre blanc » de 1939, Sir Mac Michael devait lutter contre l'immigration clandestine juive en Palestine, qui concernait souvent des juifs fuyant l'Europe nazie. C'est sous son mandat que se déroulera la Tragédie du Struma, un cargo chargé de centaines de fuyards, qui sera torpillé après avoir été repoussé en mer, entraînant la mort de 768 personnes. L'émotion fut très vive dans le Yichouv et y ancrera la mauvaise réputation de Sir MacMichael.
  33. a et b Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 21.
  34. Déclaration du représentant libanais, citée par Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 23.
  35. Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 23.
  36. a et b Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 24.
  37. Chiffres donnés par Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 25.
  38. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 206.
  39. Extraits du Time de l'époque
  40. Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 1947, André Versaille éditeur, 2008, p.7.
  41. Yoav Gelber (2006), p.17
  42. L'expression est de Ilan Pappé, La guerre de 1948 en Palestine, La fabrique éditions, 2000, p.111.
  43. Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, 2003, p.65
  44. Yoav Gelber, p.51-56
  45. a et b Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 145.
  46. a et b United Nations Special Commission, First special Report to the Security Council : The Problem of Security in Palestine, 16 avril 1948, § II.7.3, disponible sur le site des Nations-Unies..
  47. Sur la controverse autour du plan Daleth, voir par exemple :
    • la présentation de la controverse dans le chapitre History and invention : was Plan D a blue print for "ethnic cleansing" du livre de Yoav Gelber, pp.302-306.
    • Walid Khalidi, Plan Daleth : Master Plan for the conquest of Palestine, Middle East Forum, novembre 1961, réédité dans le Journal of Palestine Studies, Beyrouth, vol.XVIII, n°69, 1988, pp.4-37.
  48. Idem, p. 230-231. Après avoir violé plusieurs filles arabes, ils massacrent hommes femmes et enfants
  49. Idem, p. 235. (« Si vous ne fuyez pas immédiatement, vous serez tous massacrés, vos filles seront violées... »)
  50. Le rapport s'intitule L’émigration des Arabes de Palestine dans la période 1/12/1947 - 1/6/1948.
  51. Yoav Gelber, P.220-236
  52. Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press.
  53. Yoav Gelber, clairement favorable à la position israélienne, et souvent critique des analyses de Benny Morris, parle ici de nettoyage ethnique. Palestine 1948, Sussex Academic Press.
  54. Les estimations vont de 550 000 à 900 000 mais le chiffre généralement admis aujourd'hui est de 700 000 à 730 000. voir Benny Morris, The birth of the Palestinian Refugee Problem revisited, éditions Cambridge University Press, 2004, (ISBN 9780521009676 et 0521009677)
  55. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste (titre original Righteous Victims. A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999.), Éditions Complexe (CNRS-IHTP), 2003, ISBN 2-87027-938-8, p. 277.

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