Dynastie Han

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34° 09′ 21″ N 108° 56′ 47″ E / 34.15583, 108.94639 ()

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Dynastie Han
漢朝 zh

206 av. J.-C.9 ap. J.-C.
23220

Description de cette image, également commentée ci-après

Territoires de la dynastie Han en l'an 2 (en brun), avec les garnisons militaires (points jaunes), les États dépendants (points verts), et les États vassaux tributaires (points orange) jusqu'au bassin du Tarim à l'Ouest en Asie centrale

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Chang'an
(206 av. J.-C.–9, 190–195)

Luoyang
(25–190, 196)

Xuchang
(196–220)
Langue Chinois archaïque
Religion Taoïsme, confucianisme, religion traditionnelle chinoise
Monnaie Wuzhu (五銖)
Démographie
Population 59 594 978 hab. (2 apr. J.-C.)
Superficie
Superficie 6 000 000 km² (50 av. J.-C.)
Histoire et événements
206 av. J.-C. Prise de Xianyang par Liu Bang
202 av. J.-C. Proclamation de la dynastie
202 av. J.-C. Bataille de Gaixia : début de la domination Han sur la Chine
923 Interruption de pouvoir Han par la dynastie Xin
220 Déposition de Han Xiandi par Cao Pi
Empereur
(1er) 206 - 195 av. J.-C. Han Gaozu
(Der) 189 - 220 Han Xiandi

Entités précédentes :

Entités suivantes :

  • Dynastie Xin (9)
  • Wei (220)
  • Wu (220)
  • Shu (220)

La dynastie Han (chinois simplifié : 汉朝 ; chinois traditionnel : 漢朝 ; pinyin : hàncháo ; chinois archaïque : ŋ̥ānh ḍhaw [N 1]) régna sur la Chine de 206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C. Deuxième des dynasties impériales, elle succéda à la dynastie Qin (221 - 206 av. J.-C.) et fut suivie de la période des Trois Royaumes (220 - 265). Fondée par Liu Bang, chef de guerre d'origine paysanne révolté contre la dynastie Qin, elle compta vingt-huit empereurs. Première dynastie impériale par sa durée, elle se divise en Han occidentaux (西漢) ou Han antérieurs (前漢) (206 av. J.-C. - 9), capitale Chang'an, et Han orientaux (東漢) ou Han postérieurs (後漢), (25 - 220), capitale Luoyang, séparés par la courte dynastie Xin fondée par Wang Mang. Les plus de quatre siècles de domination de la dynastie Han sont généralement considérés comme un des âges d'or de l'histoire de la Chine. Jusqu'à aujourd'hui, le groupe ethnique majoritaire du pays se désigne lui-même comme étant le « peuple Han ».

Vue générale de la période[modifier | modifier le code]

Bien que 202 av. J.-C. soit l’année de sa proclamation officielle par Han Gaozu, les historiens la font généralement débuter en 206 av. J.-C., lorsque celui-ci entre à Xianyang, ancienne capitale des Qin. Le nom Han est à l’origine celui du fief donné à Liu Bang par Xiang Yu après la chute des Qin, englobant les actuels territoires du Sichuan, de Chongqing et le Sud du Shaanxi, dont la capitale était près de l’actuelle Hanzhong (漢中) au Shaanxi, dans la vallée de la Han, affluent du Chang Jiang.

L'Empire Han était divisé entre les commanderies, territoires sous administration directe du pouvoir central, et un certain nombre de royaumes semi-indépendants, mais qui furent dépouillés progressivement de leur autonomie, notamment après la Rébellion des sept États. Les Xiongnu, une confédération de tribus nomades d'Asie centrale qui dominaient l'Est de la grande steppe eurasienne, vainquirent à plusieurs reprises les Han aux alentours de l'an 200 av. J.-C., ce qui entraîna la négociation d'une alliance scellée par des mariages politiques, dans laquelle les Han étaient de facto considérés comme partenaires inférieurs. Les Xiongnu poursuivirent leurs raids sur la frontière des Han malgré les traités, ce qui déclencha les campagnes de l'empereur Wudi, à l'issue desquelles les Xiongnu furent contraints d'accepter le statut de vassaux et de tributaires de l'empire Han. Les Xiongnu se divisèrent bientôt en deux royaumes ennemis, au nord et au sud, les Xiongnu septentrionaux hostiles aux Han se voyant forcés de se replier au-delà de l'Ili, mais les territoires au nord du domaine des Han furent bientôt conquis par une autre confédération nomade, les Xianbei.

Ces campagnes virent l'expansion des Han vers le bassin du Tarim en Asie centrale, et les missions d'exploration de Zhang Qian permirent la mise en place du vaste réseau de routes commerciales qui sera connu comme la Route de la soie, reliant la Chine au monde Méditerranéen. Affirmant son autorité, ne serait-ce que pour une courte période, sur l’Annam, l’île de Hainan, la Mongolie, le sud de la Mandchourie et la Corée, Han Wudi définit à peu de choses près l’étendue des prétentions territoriales des futurs gouvernements chinois.

Sous Han Mingdi et Han Zhangdi, le général Ban Chao étend l’influence chinoise dans le bassin du Tarim et poursuit l’ouverture de l’extrémité orientale de la route de la soie entamée par Zhang Qian. Mais à partir de la fin du Ier siècle, les eunuques du palais s'impliquent de plus en plus dans la politique de la cour, se mêlant aux violentes luttes de pouvoir entre les divers clans liés aux impératrices et aux impératrices douairières, menant à la ruine de la dynastie. L'autorité impériale est aussi remise en cause par des sociétés religieuses taoïstes qui sont à l'origine de la rébellion des Turbans jaunes et du soulèvement de l'École des cinq boisseaux de riz. À la mort de l'empereur Ling en 189, les eunuques du palais sont tous massacrés par des officiers militaires, ouvrant la voie au partage de l'empire par des seigneurs de guerre. Lorsque Cao Pi, roi de Wei, usurpe le trône de l'empereur Xian, la dynastie Han prend officiellement fin.

Pendant les périodes de paix intérieure, au début des Han occidentaux et des Han orientaux, le pays prospère ; la population de l’empire est estimée à 50 millions d’habitants à son maximum. On assiste également au développement de l'économie monétaire, apparue lors de la Dynastie Zhou (1050-256 AV. J.-C.). La monnaie frappée par l'autorité impériale à partir de 119 av. J.-C. restera en usage en Chine jusqu'à la Dynastie Tang (618-907). Pour financer ses campagnes militaires et la colonisation des territoires conquis au frontières, le gouvernement nationalise la production de sel et de fer en 117 AV. J.-C. Les Han orientaux révoquent plus tard ces monopoles d'État, compensant les revenus ainsi perdus par une taxation plus élevée des entrepreneurs privés.

L’empereur Wudi donne la primauté au confucianisme comme système politique, instaurant une longue tradition reprise par la majorité des dynasties chinoises, et impose des épreuves d’accès à la fonction publique préfigurant les examens impériaux qui, mélangés aux idées cosmologiques de lettrés postérieurs tel Dong Zhongshu, auront cours du VIe siècle jusqu’en 1905. Dans ce système, l'empereur est à la tête de la société. Il préside les ministres, mais partage le pouvoir avec une classe de noblesse.

Cette longue dynastie fut féconde pour le développement de la pensée, de la littérature, des arts et des techniques, avec en particulier l’invention du papier par Cai Lun, du gouvernail, le début de l'utilisation des nombres négatifs en mathématiques, la sphère armillaire utilisée pour l'astronomie ou encore le premier sismographe de Zhang Heng, basé sur le principe du pendule inversé. C’est sous les Han orientaux que le bouddhisme pénétra en Chine.

Les empereurs et leur État[modifier | modifier le code]

Han occidentaux[modifier | modifier le code]

Carte de l'empire des Han antérieurs vers 87 av. J.-C., avec les protectorats extérieurs et les principaux axes de communication.

Durant les trois ans suivant la mort de Qin Shihuang à Shaqiu, de nombreuses révoltes naquirent, aussi bien populaires que venant des descendants de l’aristocratie des Royaumes combattants supplantée par les Qin. La première importante fut celle de deux officiers mécontents, Chen Sheng et Wu Guang. Parmi les chefs de la rébellion devenue générale, finirent par émerger deux figures principales : l’aristocrate Xiang Yu, général de Chu, et son subordonné et rival Liu Bang[N 2]. Lors de la guerre entre Chu et Han qui éclata entre ces deux prétendants au titre d'hegemon, Liu Bang émergea en vainqueur après sa victoire décisive à la bataille de Gaixia en 202 av. J.-C.. Poussé par ses courtisans, il prit le titre d'empereur (皇帝, huangdi) et sera désigné après sa mort comme Han Gaozu (202–195 av. J.-C.).

Gaozu conserva la structure centralisée de l’empire Qin, divisé en commanderies (ou districts) jun et comtés xian dépendant directement du pouvoir central, mais aussi les dix-neuf principautés (ou royaumes) créés par Xiang Yu. Une partie des titres princiers fut distribuée à des compagnons d’armes, qui furent progressivement remplacés, pour cause de rébellion, réelle ou supposée, par des membres du clan Liu. Cette mesure de consolidation du pouvoir ne porta pas ses fruits longtemps. Gaozu mort, les princes du sang manifestèrent peu de considération pour l’empereur qu’ils leur jugeaient redevable. Dès l'époque de Wendi, troisième empereur, il y eut plusieurs manifestations d’indépendance de grands féodaux, particulièrement en 177 av. J.-C.. Jingdi dut affronter en 154 av. J.-C. la révolte des sept princes (Wu, Chu, Zhao, et quatre principautés du Shandong) dont l’instigateur était prince de Wu, Liu Pi (劉濞). Elle fut réduite au bout de trois mois. Les principautés revinrent ainsi progressivement sous contrôle impérial.

Wudi, successeur de Jingdi, fut par sa longévité et son tempérament autoritaire - voire légèrement paranoïaque sur la fin de ses jours - l’empereur le plus puissant de la dynastie. Pour tenter de consolider les finances lourdement grevées par ses guerres extérieures, il réinstaura le monopole d’État sur le sel et le fer. Il restructura l’administration, délaissant le Huanglao de ses trois prédécesseurs et donnant la primauté absolue au confucianisme. Il dut néanmoins encore mater la révolte de ses oncles Liu An, prince de Huainan, et Liu Ci (劉賜), prince de Hengshan.

Après Wudi, les princes ne constitueront plus une menace importante pour le pouvoir impérial. Néanmoins, les besoins financiers nés des nombreuses expéditions militaires et de l’inadéquation du système fiscal conduiront à la vente de terres d’État, et donc à la formation d’une aristocratie terrienne échappant aisément à l’impôt. Elle saura, tout comme les eunuques et les familles des impératrices et concubines, défendre ses intérêts en freinant les tentatives de réforme.

Dynastie Xin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dynastie Xin.

L’une de ces tentatives eut lieu sous le gouvernement de Wang Mang, issu lui-même d’une puissante famille de courtisans. Il s’empara du pouvoir en 9 et fonda la dynastie Xin (renouveau), avec l’ambition de mettre en pratique un régime réellement confucéen tel qu’il est décrit sur les classiques d’avant l’empire, en particulier le Zhou li. Il tenta ainsi d’imposer un système où l’État, propriétaire de toute la terre, la distribuerait aux familles de paysans payant l’impôt, la superficie attribuée étant calculée selon le nombre et le sexe des membres de la famille. La majorité des activités professionnelles et le prix des denrées essentielles devaient être aussi placés sous contrôle de l’État. Cependant, sans aucune connaissance pratique ni du terrain ni des réalités économiques, impuissant à forcer effectivement les grands propriétaires à restituer leurs terres et libérer leurs serfs, il n’engendra que mécontentement et fut tué en 22 dans une révolte d’origine populaire constituée de deux armées, les « Sourcils rouges » (chìméi 赤眉) et les « Forêts vertes » (lùlín 绿林).

Han orientaux[modifier | modifier le code]

Les révoltés étaient encouragés par le fait qu’ils avaient avec eux un descendant de Jingdi, Liu Yan (劉縯), désireux de reprendre le trône comme le promettaient les écrits prophétiques chenwei (讖緯) en cours à l’époque. Néanmoins, les rebelles préférèrent finalement soutenir Liu Xuan (劉玄), cousin de Liu Yan considéré comme aisément manipulable. Ce fut lui qui tua Wang Mang et se proclama empereur Genshi. Son incapacité poussa toutefois rapidement les Sourcils rouges à s’en débarrasser. Il est renversé puis tué. Liu Xiu (劉秀), frère de Liu Yan mort entre-temps, le remplace et se proclame empereur Guangwu, premier des Han orientaux ; il transfère la capitale à Luoyang.

Costume funéraire de jade des Han orientaux, aux pièces fixées par des fils d'argent (Henan).

Après une dizaine d’années de luttes, Guangwu réussit à imposer son pouvoir contre les grands féodaux et d’autres descendants réels ou prétendus d’empereurs des Han Occidentaux. Il mit en place des réformes destinées à corriger les vices qui avaient causé la perte de ses prédécesseurs, sans toutefois réussir à éliminer le plus grave d’entre eux, le système fiscal faisant reposer l’essentiel du poids de l’impôt sur les paysans libres. Aucun de ses successeurs ne put réellement empêcher les grands propriétaires et les courtisans d’étendre leur pouvoir au détriment du bon fonctionnement de l’État.

Malgré un certain optimisme pendant le règne des trois premiers empereurs, la situation des finances continua de se détériorer, d’autant que les luttes aux frontières ne cessèrent jamais. Le système des examens, des promotions et démissions de la fonction publique fut corrompu par le népotisme, donnant naissance à un conflit exacerbé entre les eunuques et les fonctionnaires confucéens, ainsi qu’au qingyi (清議), débat philosophique sur les qualités requises d’un bon ministre et d’un sage gouvernant.

Comme la courte dynastie Xin, les Han Orientaux disparurent dans un climat de révolte. En 184, sous l’empereur Lingdi, la secte taoïste Taiping (太平) fondée par Zhang Jiao, proclamant la fin proche de la dynastie qui devait laisser place au règne de la Grande paix (taiping), donna naissance à un soulèvement organisé, celui des Turbans Jaunes. Leurs attaques militaires, débutées en 185, devinrent une menace très sérieuse entre 189 et 192, qui ne fut éradiquée qu’en 205, laissant les généraux qui l’avaient combattue encore plus conscients de leur puissance. Les principautés périphériques avaient de fait repris leur indépendance. Cao Pi, fils de Cao Cao, ancien secrétaire impérial et prince de Wei, força Xiandi à abdiquer en 220, mettant officiellement fin à la dynastie.

Il se proclama empereur cette même année, mais ses prétentions furent immédiatement contestées par Liu Bei, membre éloigné de la famille impériale et roi de Shu, qui se déclara successeur de Xiandi. Sun Quan, roi de Wu, les imita en 222. S'ouvrait alors la période des Trois royaumes, inaugurant plusieurs siècles de division de la Chine (220-581) durant lesquels l'héritage unitaire des Han resta prégnant dans la pensée politique chinoise, étant concrétisé par la dynastie Sui qui réunifia la Chine en 581.

Administration et régime politique[modifier | modifier le code]

L'empereur et l'administration centrale[modifier | modifier le code]

Dong Zhongshu, théoricien confucéen de Han Wudi

L'image idéale de l'empereur (huangdi) chinois telle qu'elle s'est dessinée sous les Han antérieurs est bien éloignée des figures autoritairs comme Qin Shihuang ou martiales comme Gaozu et Wudi. L'empereur chinois ne fonde pas son autorité sur la victoire militaire, et l'émergence de brillants généraux ne le menace pas vraiment. Le principe dynastique suffit à lui garantir l'essentiel de sa légitimité. L'idéal de « Mandat céleste », issu de la théorie politique de la dynastie Zhou, est repris par les Han, notamment suite aux réflexions de Dong Zhongshu et Ban Biao : la dynastie règne parce que ses souverains ont été choisis par le Ciel en raison de leur vertu (de)[1]. L'empereur est érigé en figure idéale, garante de la permanence et de la stabilité de l'empire, qu'il assure pour ainsi dire par sa seule présence. Il est le pivot de l'ordre cosmologique, faisant le lien entre le monde des humains et celui des esprits, en premier lieu le Ciel auquel il est le seul à pouvoir offrir des sacrifices. Sa vertu en fait un exemple et un garant de la bonne morale. Suivant le précepte du « non-agir », il est généralement considéré qu'il ne doit pas diriger en personne, mais déléguer à ses subordonnés ; l'autorité doit absolument découler de lui, ainsi que les décrets et lois, mais elle est concrètement exercés par d'autres. Il est ainsi remarquable que les historiens des Han n'ont que peu évoqué les actes de gouvernement des empereurs, se focalisant surtout sur leurs ministres. Mais les dignitaires pouvaient aussi faire des remontrances au souverain, qui n'était pas toujours exempt de critiques[2].

Concrètement, le pouvoir impérial se transmet de père en fils. L'empereur désigne un héritier, en principe le fils de son épouse principale. Si l'empereur mourait sans avoir désigné de successeur, la désignation de l'héritier était faite par l'impératrice douairière, mais dans les temps troublés de la fin de la dynastie des eunuques, ministres ou généraux ont pu exercer ce droit, notamment s'ils avaient obtenu le titre de régent. Le nouvel empereur était intronisé en grande pompe, au moment des cérémonies funéraires de son prédécesseur qu'il dirigeait personnellement, devant tous les principaux dignitaires de la cour. Ceux-ci lui formulaient la requête de prendre le pouvoir, puis il pouvait monter sur le trône au cours d'une dernière cérémonie durant laquelle il recevait le sceau impérial symbolisant sa possibilité d'exercer pleinement sa charge de chef de l'empire. Une fois par mois, l'empereur tenait audience à la cour, organisant un banquet au cours duquel les dignitaires pouvaient s'adresser à lui. Les autres occasions de ses apparitions publiques étaient les fêtes et rituels religieux liés à sa fonction qu'il devait accomplir. En dehors de cela, il passait sa vie dans la « cour intérieure », ses appartements du palais impérial, ou bien dans une de ses résidences secondaires de la capitale et de ses alentours (notamment son « Palais d'été » et ses vastes jardins)[3].

Les plus proches conseillers de l'empereur étaient les Trois Ducs (sangong) et les Neuf Ministres (jiuqing). Les premiers étaient en théorie les plus proches de l'empereur, supervisant la direction des affaires de l'empire. Les titres ont évolué suivant la période, et n'étaient pas systématiquement attribués à une personne. Le plus important était celui portant le titre de Chancellier (changxiang) sous les Han antérieurs et de Grand connétable (taiwei) sous les Han postérieurs. Les Neuf Ministres avaient chacun un domaine de compétence défini : certains étaient liés au milieu de la cour, à savoir les chargés de l'administration du palais (guanglu xun), du clan impérial et de son domaine (zongzheng), des finances de l'empereur (le « Petit Trésorier », shaofu), de la réception des ambassades et hôtes (da honglu), de la garde impériale (weiwei) et des déplacements de la cour (taipu) ; d'autres avaient des compétences s'étendant sur l'empire, comme les ministres des rites (taichang), de la justice (tingwei) et de l'agriculture (da sinong, qui gérait la majorité des impôts). Ces bureaux avaient une myriade de services sous leur contrôle, qui ont beaucoup évolué au fil du temps ; le ministre des rites dirigeait ainsi des services chargés de l'astronomie/astrologie, des danses, des tombes impériales, ou encore des écoles officielles. La période Han vit l'affirmation progressive d'un bureau placé à l'origine sous le contrôle du Petit Trésorier, le Secrétariat impérial (shangshu), chargé de rédiger et publier les ordres et la correspondance de l'empereur, qui devint finalement un véritable cabinet impérial, tirant une grande puissance de la proximité du monarque. Son directeur (shangshu ling) devint de fait un des personnages principaux de la cour, supplantant avec le temps le Chancellier, et ce service contrôla à son tour plusieurs bureaux (fixés au nombre de six sous les Han orientaux), tout en servant à plusieurs reprises l'ascension du groupe des eunuques. Mais la structure de l'administration traditionnelle fut préservée, même si beaucoup de titres avaient perdu une partie de leur substance et de leur importance. De la même manière, la proximité de l'empereur servit l'affirmation des eunuques, qui disposaient en principe de charges et bureaux liés à la maison impériale (intendance du palais, du harem, des jardins, garde des portes, etc.) et devinrent une force politique majeure sous les Han postérieurs. Les impératrices (y compris douairières) et les princes (en particulier l'héritier désigné) disposaient également de leur propre cour avec ses bureaux[4].

La répartition du pouvoir au sein de l'administration centrale visait ainsi à assurer son partage entre plusieurs personnages et bureaux recevant une délégation d'une part de l'autorité impériale[5]. Dans les faits, le souverain ne choisissait pas tous ses subordonnés de façon arbitraire ou suivant des critères moraux. Il était soumis à diverses pressions émanant des cliques luttant pour avoir son oreille, regroupant des princes, ministres, des généraux qui avaient le privilège prisé de pouvoir de franchir les « portes jaunes » menant aux appartements impériaux. Les épouses, concubines et eunuques qui y résidaient à ses côtés prenaient largement part à ses intrigues. Les derniers monarques de la dynastie ne furent plus que des marionnettes aux mains de ceux qui parviennent à prendre l'ascendant sur eux. Mais leur puissance symbolique resta telle qu'il faut plus de quarante ans avant qu'on ne se décide à destituer le dernier représentant de la dynastie, une fois que la perte de la vertu dynastique est devenue incontestable.

L'administration de l'empire[modifier | modifier le code]

Royaumes et commanderies des Han occidentaux d'après le recensement de l’an 2. La plus forte concentration de commanderies dans la plaine Centrale reflète la plus grande densité de peuplement dans cette partie de la Chine.

L'empire des Han était vaste d'environ 7 millions de kilomètres carrés et peuplé d'environ 59 millions de personnes d'après les données du recensement de 2 ap. J.-C. Cette taille impliquait une grande variété de types de territoires. La majeure partie de la population était répartie dans les régions agricoles riches du Nord, autour de deux sous ensembles séparés par les passes de la boucle du fleuve Jaune : la région de la rivière Wei et de Chang'an (le Guanzhong, l'« Intérieur des Passes ») et la plaine Centrale, irriguée par le cours moyen du fleuve Jaune, autour de Luoyang (le Guandong, l'« Est des Passes »). Les régions méridionales autour du Yangzi et encore plus au Sud, ainsi que les régions au Nord-Est et au Nord-Ouest étaient moins densément peuplées, et les communications y étaient peu aisées en dépit des efforts de construction des routes mis en place dès les Qin[6].

Gaozu avait repris des Qin la division du territoire en districts (jun) dont les gouverneurs étaient désignés par le pouvoir impérial et devaient lui rendre des rapports réguliers sur leurs situation, mais avait jugé bon pour s’attacher les fidélités de distribuer des fiefs (guo, « pays » ou « royaumes ») à des princes (wang, terme désignant les rois dans l'Antiquité) anciens alliés ou membres du clan Liu, qui pouvaient transmettre cette fonction à leur successeur suivant un principe dynastique. Ces princes prirent vite des libertés vis-à-vis du pouvoir central, allant jusqu’à promulguer leurs propres lois, faisant planer le spectre d'un retour des autonomies régionales susceptibles de mettre en péril l'unité de l'empire. Sans supprimer les royaumes, récompense utile, les empereurs Wendi, Jing di et Wudi les ramenèrent dans le giron de l’empire : leurs détenteurs furent obligés à venir à la capitale chaque année pour rendre compte de la situation de leur apanage et rendre hommage à l'empereur, perdirent le contrôle de la désignation des principaux fonctionnaires chargés de ces circonscriptions, et leur taille fut réduite[7]. La situation de ces pays était donc réalignée sur celle des provinces. En 106 av. J.-C., une nouvelle étape dans le contrôle des provinces était franchie avec la division de l’ensemble du territoire en treize (portées à quatorze peu après) préfectures (zhou), zones d’activités des ceshi, sortes de missi dominici accomplissant des tournées d'inspection dans les provinces. Celles-ci avaient des tailles très variées. Les royaumes furent supprimés par les Han postérieurs. Les provinces étaient en général plus réduites dans la plaine Centrale, qui était donc densément administrée, et plus vastes sur les marges de l'empire, souvent peu peuplées et mal contrôlées par leur administration. Elles avaient parfois un statut spécial de marche (dao). Dans certaines de ces régions, les Han s'étaient du reste contentés de placer sous leur autorité des royaumes autochtones. Les provinces étaient subdivisées en comtés (xian), ou en marquisats (hou) attribués à des membres de lignages secondaires de la famille impériale, reprenant à une échelle locale les principes des royaumes, leurs détenteurs ne disposant pas d'un véritable contrôle sur leur administration. Le dernier échelon administratif était celui du village ou des quartiers urbains (li) dirigés par des notables locaux[8].

Le contrôle des provinces est avant tout essentiel pour les finances de l'empire. Les fonctionnaires provinciaux devaient tenir des registres de recensement de la population et des domaines agricoles de leurs circonscriptions, qui ont permis à deux reprises (en 2 et 140 de notre ère) de procéder à une évaluation de la population de tout l'empire, dont les chiffres sont cependant sans doute incertains, dépendant de l'honnêteté des recenseurs et de leur capacité à identifier toute la population, surtout dans les zones vastes et peu peuplées[9]. Les taxes principales étaient de deux types : la première était un impôt foncier en nature prélevé sur les produits des exploitations agricoles ; la seconde était une capitation acquittée en monnaie, pesant sur les personnes[10]. D'autres taxes étaient prélevées sur les échanges commerciaux[11]. Les hommes adultes devaient également des journées de corvées à l’État, en particulier pour l'entretien ou la construction d'aménagements hydrauliques ou de routes, ainsi que le service militaire[12].

La politique économique des Han reposait, comme celle de leurs prédécesseurs Qin, sur la promotion de l'agriculture, vue comme la principale si ce n'est l'unique source d'enrichissement de la société. Les politiques agricoles firent donc l'objet de nombreux débats. On réclama souvent une politique de limitation de la taille des grands domaines agricoles pour éviter l'augmentation des disparités sociales. D'autres voyaient en revanche dans l'augmentation de la taille des domaines privés un moyen d'enrichissement de l’État, car cela augmentait la production et par suite la population, ses deux principales mannes. On débattait également sur la nécessité de contrôler les échanges commerciaux et les prix, souvent selon un parti-prix anti-mercantiliste, ce qui justifia la surveillance accrue des marchés. Les controverses furent également aigües sur la nécessité de monopoles sur l'extraction et la production de fer et de sel, qui fut instaurées en 119 av. J.-C. et persistèrent jusqu'à la fin de la dynastie[13].

Les souverains fondateurs de la dynastie Han avaient conservé les principes légistes guidant la législation de leurs prédécesseurs Qin, suivant lesquels la loi devait servir à discipliner le peuple, prévoyant des récompenses pour les plus méritants (titres honorifiques, terres, argent) et des châtiments pour ceux qui commettaient des délits. Aucun texte législatif de cette période n'a été conservé en totalité, mais grâce aux textes historiques on en connait des extraits ainsi que des débats précédent des décisions juridiques.Le droit était de nature pénale, prévoyant des peines graduées selon la gravité du crime commis. Gaozu passe pour avoir allégé la dureté des peines de l'époque Qin, mais cela n'est pas établi avec certitude. La sévérité était notamment exigé contre les meurtres, les vols, le rejet de l'autorité de l'empereur, de l’État ou des parents, mais aussi des crimes religieux (magie noire, non-respect des lieux sacrés). Dans la droite ligne des Qin, les règlements des Han insistaient également sur la probité des fonctionnaires, qui étaient châtiés en cas de détournement de fonds publics, de corruption, de réalisation de faux documents officiels, etc. Pour renforcer l'exemplarité de la peine capitale, les exécutions avaient lieu sur les places des marchés et les corps étaient ensuite exposés. Dans les faits, les membres des familles éminentes étaient moins passibles d'être punis durement, notamment parce qu'ils pouvaient éviter les châtiments corporels en payant des amendes ou en rendant des titres honorifiques dont ils disposaient, ce qui était impossible pour le commun des sujets de l'empereur. L'exercice de la justice était entre les mains des détenteurs de l'autorité administrative (gouverneurs de provinces et de comtés) et plus largement toute personne disposant d'une autorité hiérarchique sur une autre (un général envers ses soldats par exemple), ainsi que le chef de famille à l'intérieur de celle-ci (hors cas passibles de châtiments corporels ou condamnations à mort). L'empereur était évidemment l'autorité juridique suprême, édictant les lois et rendant parfois des jugements de première importance (cas de trahison)[14].

Au final, il apparaît que les Han ont su mettre en place une administration efficace, et les plus belles années des Han antérieurs et même les débuts des Han postérieurs ont pu être vues comme un âge d'or. Cependant, le renforcement des grands propriétaires ruraux entraîna à partir du Ier siècle av. J.-C. un phénomène progressif d'affaiblissement du contrôle du centre sur les provinces, où les grands lignages disposaient des fonctions politiques et d'importantes richesses servant de base à leur pouvoir. Les difficultés financières et la perte d'autorité de la cour, manifeste dès les débuts des Han postérieurs, s'accentua durant le IIe siècle, au point de devenir irréversible. Les ordres impériaux étaient de moins en moins suivis en province, où les gouverneurs avaient une plus grande latitude dans leurs actions. Le désordre qui s'installa à partir des années 170-180 provoqua la fragmentation de l'empire, qui fut dépecé par les chefs de guerre[15].

Fonction publique[modifier | modifier le code]

La période de la dynastie Han voit le triomphe d'une organisation administrative reposant sur des fonctionnaires-lettrés caractéristiques de la civilisation chinoise, ceux que les Européens modernes qualifièrent par la suite de « mandarins ». C'était un système très hiérarchisé, organisé en plusieurs grades offrant des avantages financiers évidents. Partageant une culture et une idéologie globalement homogène, marquée par les études confucéennes encadrées par l’État, ces lettrés-fonctionnaires travaillaient des les bureaux de la capitale et également aux fonctions les plus importantes de l'administration des provinces (les postes subalternes étant occupés par des personnes plutôt formées sur le tas). Ces fonctions octroyant du pouvoir sur l'administration de l'empire et de ses ressources humaines et économiques, elles furent investies par les élites.

Dans l'optique d'une bonne administration de l'empire, ses fondateurs voulurent trouver des hommes suffisamment méritants et bien formés pour permettre le fonctionnement de ce système, tout en empêchant une trop grande concentration du pouvoir entre certaines mains. Le gouvernement central avait fait le choix de s'appuyer sur un système de recommandation émanant de fonctionnaires en place dans les provinces et dans l'administration centrale, chargés de débusquer et promouvoir les plus méritants. Ceux qui étaient envoyés à la capitale pouvaient être soumis à des examens servant à valider leurs compétences. À l'époque de Wudi, le système se précisa. Chaque chef de district devait présenter un quota de candidats aptes au services sous peine de sanctions. Déterminés dans une optique confucéenne, les critères de sélection étaient moraux et vagues : avant tout « piété filiale et incorruptibilité » (xiaolian). On recommandait ainsi entre 250 et 300 personnes chaque année. À des intervalles irréguliers les empereurs demandaient des recrutements exceptionnels (mais plus limités en nombre) de personnes au « talent florissant », expression qui fut remplacée aux débuts des Han postérieurs par celle de « talent abondant », qui devaient être présentés annuellement. Ils devaient en principe âgés de plus de 40 ans. Une Académie impériale fut créée sous le règne de Wudi pour parfaire l'instruction de ceux qui devaient servir aux fonctions les plus importantes. Les Han postérieurs approfondirent ce système, donnant plus de poids à l’examen qu’à la recommandation : en 132 il fut décrété que tous les candidats allant à la capitale devaient passer un examen ; en 178 une nouvelle école pour lettrés-fonctionnaires fut créée à Luoyang. Cette éducation était très marquée par le poids de la tradition confucéenne, mettant l'accent sur la maîtrise de l'écriture et des « classiques »[16].

Les personnes formées ainsi pouvaient servir dans l'administration centrale ou aux postes les plus importants de l'administration provinciale. De fait, le principe du choix des talents par des fonctionnaires déjà établis ne permit pas vraiment l'instauration d'un système méritocratique, puisque le choix pouvait être guidé par des principes familiaux (les fils de hauts dignitaires avaient un droit héréditaire à intégrer l'administration), clientélistes ou même financiers (vente de charges). Il y avait du reste toujours la possibilité de recommander des « talents » de façon informelle. La promotion ou la rétrogradation des fonctionnaires pouvait être faite aussi bien par le mérite que par les réseaux qu'ils étaient en mesure de se bâtir. Ils étaient tenus de rendre des rapports réguliers de leurs activités et étaient soumis à une réglementation tatillonne. Mais pour pouvoir connaître un avancement il valait mieux avoir des appuis hauts-placés, les rapports des supérieurs hiérarchiques étant très importants dans l'évolution de la carrière[16].

Guerres frontalières et relations extérieures[modifier | modifier le code]

Relations extérieures avec l’empire Han en l’an 2

La dynastie Han fut une période d’expansion territoriale et d’explorations, surtout sous Wudi, des Han occidentaux avec les expéditions de Zhang Qian qui ouvrirent la route de la soie, la conquête du royaume de Choson en Corée, et la soumission des royaumes de Dian, Nanyue et Minyue dans le Sud, ainsi que sous Mingdi et Zhangdi des Han orientaux, période d’activité du général Ban Chao en Asie centrale.

Les conflits armés les plus fréquents eurent lieu avec les Xiongnu qui depuis longtemps disputaient aux Chinois les territoires du Nord et du Nord-Ouest. Incapables de les réduire par la seule force militaire, les empereurs Han développent à leur égard une politique d’intermariages et d’alliance, qui fut également appliquée à d’autres peuples frontaliers. Ceux-ci, soumis théoriquement après une victoire militaire Han concrétisée par l’établissement d’une ou plusieurs commanderies, gardaient souvent leur indépendance de fait contre la remise d’un tribut et l’envoi d’ambassades reconnaissant la suprématie de l’empire. Ces relations étaient consolidées par des alliances matrimoniales et l’attribution de sceaux de délégation du pouvoir impérial confirmant l'autorité locale de leurs souverains. L'un de ces sceaux a été découvert en 1983 dans la tombe du roi de Nanyue.

Durant la dynastie Han, des ambassades furent échangées avec des régions aussi éloignés que la Perse, le pays des Parthes ou l’Empire romain. Ces expéditions militaires ou pacifiques enrichirent la culture chinoise. Le bouddhisme pénétra en Chine pour la première fois au Ier siècle sous le règne de Mingdi. Furent introduits sous les Han les légendaires chevaux « à la sueur de sang » du Ferghana, le raisin, les grenades, les noix, la luzerne et le sésame noir.

Xiongnu[modifier | modifier le code]

Le début de la dynastie est le moment où apparait chez les Xiongnu une personnalité importante, Modu (冒頓), qui sut les unir. Ils constituent une menace importante pour Gaozu, qui pourtant les harrasse sans relâche. En -201, le prince de Han dut capituler devant eux. Gaozu lui-même se retrouva en -200 encerclé à Baideng (白登) au Shanxi. C’est alors que le stratège Shenping (陳平) lui suggéra la politique d’alliance matrimoniale qui sera poursuivie pendant le reste de la dynastie : les chanyu, épousant des princesses chinoises, devinrent "gendres impériaux". Un traité d’alliance, renouvelé neuf fois jusqu’en -135, fut ainsi établi entre les deux peuples, comprenant unions matrimoniales heqin (和親) et échanges de cadeaux, les Chinois offrant alcool, soie et riz contre, entre autres, des chevaux. Les deux souverains étaient réputés égaux, et les premiers tronçons de ce qui sera la Grande Muraille servaient de frontière. Conscient de son importance, Modu n'hésita pas à demander, sans succès, la main de l’impératrice douairière Lü à la mort de Gaozu.

Les fiancées chinoises étaient le plus souvent des filles de nobles ou même parfois des roturières promues princesses, dont l’histoire inspirera la littérature et le théâtre. La plus connue est Wang Zhaojun (王昭君), héroïne en particulier d’une pièce de Ma Zhiyuan qui deviendra un classique de l’Opéra de Pékin. Entrée comme concubine dans le gynécée de Yuandi, elle fut choisie par le chanyu Hu Hanxie parmi cinq femmes sélectionnées sur portrait par l’empereur lui-même, qui ne s’était pas encore donné la peine de les rencontrer. Yuandi n’avait probablement pas grande considération pour les Xiongnu et avait dû choisir des beautés médiocres. Lorsqu’il la vit en chair et en os le jour de son départ officiel, il eut le coup de foudre, mais il était trop tard.

Malgré les traités, les héritiers de Modu continuèrent à intervalles irréguliers leurs attaques contre les Han. Leur menace ne disparaîtra jamais mais se fera moins grande après Wudi. Sous son règne, les généraux Wei Qing (衛青) (?~-106) et Huo Qubing (霍去病) (-140~-117) les chassèrent du Gansu où furent transplantés des Chinois, occupant définitivement la région et séparant les Xiongnu des Qiang avec qui ils auraient pu s’allier. Après le règne de Wudi, la division des Xiongnu en ensembles rivaux devient de plus en plus évidente. Les empereurs joueront par la suite de ces conflits, soutenant certains chanyus au détriment des autres. Une offensive contre les Xiongnu du Nord aura lieu sous les Han orientaux, menée par Ban Chao.

Zhang Qian[modifier | modifier le code]

Expédition de Zhang Qian en Asie Centrale dépeinte sur une fresque de Dunhuang, grottes de Mogao, 618-712

Dans le cadre de sa lutte contre les Xiongnu, Han Wudi envoya en -139 Zhang Qian (張騫)(-195~-114), accompagné d’une centaine de volontaires, à destination de l’actuel Tadjikistan où s’étaient réfugiés les Yuezhi, chassés jadis par les Xiongnu du Gansu, pour requérir leur alliance. Tout d’abord retenu prisonnier pendant dix ans par les Xiongnu chez qui il prit femme, il réussit néanmoins à parvenir jusqu’à son but après être passé au Ferghana, en Transoxiane, en Bactriane et en Sogdiane. Il reviendra à Chang’an en -126 avec sa femme et un seul de ses compagnons. Les Yuezhi, satisfaits de leur nouveau territoire, n'étaient nullement désireux d’établir une alliance avec les Han, mais le récit de Zhang Qian inspira au moins cinq ambassades vers l’Ouest, chacune d’entre elles comprenant d’une à plusieurs centaines de personnes, selon Sima Qian. Ces voyages ouvrirent l’extrémité orientale de la route de la soie qui s’étendra de Chang'an à la Méditerranée. Zhang Qian repartira en -119 pour une seconde mission, cette fois couronnée de succès, auprès des Wusun (烏孫), autres rivaux des Xiongnu, qui fut également à l’origine d’échanges commerciaux avec la Perse.

Ban Chao[modifier | modifier le code]

À partir de 73, Mingdi envoya le général Ban Chao (班超), frère de l’historien Ban Gu, en direction des territoires du Turkestan dominés par les Xiongnu du Nord. Ban Chao se rendit chez différents peuples qui avaient du temps des Han occidentaux requis l’alliance des Chinois et les convainquit de la supériorité Han par des démonstrations de force telles que l’assassinat des ambassadeurs Xiongnu. Il convainquit ainsi les rois de Shanshan (est du Taklamakan) et du Khotan, ainsi que les Cheshi du Xinjiang à se rallier aux Chinois, et établit le contrôle Han sur l'ensemble du bassin du Tarim. Bien que Zhangdi, successeur de Mingdi, ait songé en 76 à abandonner les efforts en direction de l’Ouest, Ban Chao tint bon. Il alla jusqu’à la Caspienne et l’Ukraine et entra en contact avec les Parthes à qui une ambassade avait déjà été envoyée du temps de Wudi. Il expédia un envoyé, Gan Ying (甘英), à Rome en 97, mais certains historiens pensent que celui-ci s'arrêta aux rives de la mer Noire et que sa description de Rome provient d'informations de seconde main. Après le retour de Ban Chao à Luoyang à l'âge de 70 ans, personne ne se montra capable de prendre efficacement sa succession et ses efforts furent perdus.

Sud[modifier | modifier le code]

La dynastie des Yue du Sud (Nanyue), fondée par le général chinois Zhao Tuo (趙佗) de l’époque Qin, émergea simultanément à celle des Han occidentaux en 203 av. J.-C. La considérant comme une menace, Wudi chercha à s'allier d'autres peuples du Sud et envoya Tang Meng (唐蒙) en ambassade auprès des Yelang du Guizhou. L’alliance obtenue par des cadeaux ne tint pas longtemps devant les attaques répétées des tribus locales, et la commanderie de Jianwei (犍為) au Sichuan fut vite abandonnée. En -122, convaincu par le témoignage de Zhan Qian de l’intérêt de s’assurer une voie vers le Sud en direction de l’Inde, l’empereur ordonna une nouvelle tentative d'affaiblissement des Nanyue par la soumission des Yelang et du royaume de Dian (滇) au Yunnan. Elle fut acquise en -109, mais leurs souverains restèrent en place, recevant délégation du pouvoir impérial. C’est une crise politique interne au royaume de Nanyue qui donna aux Chinois l’occasion de l’annexer en -111. Il disparut ainsi formellement, laissant les marques d'une culture spécifique. Neuf commanderies furent établies sur le territoire conquis.

Le royaume de Minyue (閩越) au Fujian fut lui aussi soumis sous Wudi. Il ne fut pas occupé, mais une partie de sa population fut transplantée dans l’ancien territoire du prince rebelle Liu An, entre la Huai et le Chang Jiang.

En 40 sous le règne de Guangwudi, deux sœurs annamites, Trưng Trắc et Trưng Nhị, prirent la tête d’une révolte qui chassa les Han et établirent une dynastie dont la capitale se trouvait à Mê Linh, actuelle province de Phú Thọ. Le général Ma Yuan fut envoyé l’année suivante pour la détruire et en vint à bout après deux ans.

Corée[modifier | modifier le code]

Après une première tentative d’implantation peu fructueuse au début de son règne (commanderie de Canghai (倉海) abandonnée en -126), Wudi obtint une seconde occasion d'attaquer le royaume de Choson (chaoxian 朝鮮/조선), fondé un siècle plus tôt par le général chinois Wei Man (衛滿), lorsqu'il refusa de laisser passer des ambassadeurs en direction de l'empire Han. Choson fut soumis après une campagne en -108~-107.

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bouddhisme en Chine.
Le temple du Cheval blanc à Luoyang, premier temple bouddhiste en Chine

C’est au Ier siècle que le bouddhisme pénétra en Chine par l’intermédiaire de l’Empire kouchan. La légende rapporte que l’empereur Mingdi rêva d’un homme qui semblait fait d’or. Selon l’interprétation de son ministre Zhong Hu, il s’agissait du Bouddha. L’empereur aurait alors envoyé dix-huit personnes menées par Cai Yin, Qin Jing et Wang Zun à la recherche d’effigies et de textes. Ils seraient revenus de l’actuel Afghanistan accompagnés de deux moines, rapportant une image du Bouddha et 42 textes constituant le Sūtra en quarante-deux sections

Le seul fait certain est que Mingdi ordonna la construction à l’ouest de Luoyang du Temple du Cheval blanc, premier temple bouddhiste sur le sol chinois. La tradition prétend que le cheval qui portait les sutras s’arrêta à six lis de la capitale et refusa d'aller plus avant, indiquant l’emplacement du futur temple. Selon le Hou Han Shu, Liu Ying (劉英), prince de Chu et frère de l'empereur, fut le premier bouddhiste chinois connu.

Ultérieurement, la légende prétendra que Wudi des Han occidentaux rendait déjà hommage à des statues dorées du Bouddha rapportées par ses ambassadeurs, mais les documents historiques le concernant ne confirment pas cette version.

Rome[modifier | modifier le code]

En 2 av. J.-C., l’historien romain Florus décrit une visite à l’empereur Auguste de nombreux ambassadeurs orientaux parmi lesquels se trouvent des Seres, terme qui pourrait désigner des Chinois, mais qui se réfère plus certainement aux Cera[réf. souhaitée], peuple du Sud de l'Inde. Si l’on identifie le Grand Qin (Da Qin 大秦) des sources chinoises à Rome, plusieurs ambassades romaines en Chine sont rapportées dans le Livre des Han postérieurs à partir de 166 sous le règne de Huandi, où des envoyés d’Antonin le Pieux parviennent à Luoyang. Ils apportaient principalement de l’ivoire et de l’encens et repartirent avec de la soie.

Aspects sociaux et économiques[modifier | modifier le code]

Famille et genre[modifier | modifier le code]

Statuettes en terre cuite de femmes : une servante et une danseuse.

La famille type de la période Han était patrilinéaire, nucléaire, avec quatre-cinq membres vivant dans la même maisonnée. Les différentes générations de la famille élargie n'occupaient par la même habitation, à la différence des périodes postérieures[17]. Suivant les normes confucéennes, les différents membres de la famille devaient se traiter suivant différents degrés de respect et d'intimité. Par exemple, il y avait des délais différents à respecter pour le deuil des membres de la famille, celui des fils après le décès de leur père étant le plus long.

Pour la formation des familles, les mariages arrangés étaient la norme, avec l'avis du père qui primait sur celui de la mère. La grande majorité des unions étaient monogames, mais les plus riches avaient l'habitude de prendre des concubines[18]. Sous certaines conditions dictées par la coutume et non la loi, les hommes comme les femmes pouvaient divorcer et se remarier[19].

On attendait des femmes qu'elles obéisse à leur père, puis, une fois mariées, à leur mari, et si elles survivaient à ce dernier à leur fils aîné. Le principe de patrilinéarité voulait qu'elles quittent leur famille à leur mariage : filles, on attendait à ce qu'elles quittent un jour leur famille ; femmes, on n'oubliait pas forcément leur origine extérieure[20]. Néanmoins, il apparaît dans les sources de l'époque qu'il y avait beaucoup d'infidélités à ces principes, surtout en ce qui concerne les relations entre les mères et leurs fils. Dans la famille impériale il était courant que les femmes exercent une grande autorité et ne respectent pas forcément celle de l'empereur[21]. Les femmes étaient exemptées des corvées, et exerçaient la plupart de leur travail dans le cadre familial, suivant l'activité de leur époux. Mais elles pouvaient également exercer des activités lucratives à côté de leurs obligations domestiques. L'activité textile était la tâche féminine par excellence, accomplie surtout pour les besoins familiaux mais aussi pour vendre sur le marché, ou même dans des grands ateliers textiles employant des centaines de femmes. Certaines femmes constituaient même des collectifs de tisserandes, joignant les ressources de plusieurs familles. Les plus autonomes étaient celles exerçant les activités de chant, de danse, de médecin et chamanes[22].

La primogéniture ne valait que pour la transmission des titres et des rangs des élites sociales. Les pratiques successorales étaient égalitaires, chaque fils recevant une part égale de la propriété familiale. Étant donné que les fils s'installaient généralement en dehors de leur famille après leur mariage avec leur part du patrimoine familial, ils ne recevaient pas systématiquement une part après le décès de leur père. Les filles recevaient leur part de l'héritage familial par le biais de leur dot. La littérature de la période Han est la première à s'intéresser à l'enfance et à l'éducation, dans l'étude de la formation personnelles des gens et également dans la mesure où elle peut révéler leur caractère et leurs accomplissements futurs[23]. La piété filiale (xiao) était une valeur cardinale de la morale confucéenne : il fallait que les enfants respectent leurs parents et leur obéissent de leur vivant, puis rende un culte à leurs esprits après leur trépas. Elle fut d'autant plus promue par les autorités, en particulier via le Classique de la piété filiale, qu'elle était vue comme participant de la même logique qu'il voulait que les sujets obéissent à l'empereur[24].

Structures agraires et société rurale[modifier | modifier le code]

Grenier agricole en céramique de la période des Han postérieurs.

L'empire Qin et à sa suite les Han antérieurs avaient fait de la paysannerie le socle sur lequel reposait leur richesse, par le biais d'un système de taxation ponctionnant avant tout les revenus agricoles, et leur puissance militaire, en la mobilisant massivement dans son armée. Les gouvernants Qin avaient appuyé la constitution d'un groupe de paysans, souvent des individus venant d'horizons et donc de lignages différents et installés sur des terres à mettre en valeur dans le cadre de petites propriétés. La plupart vivent dans des villages ou hameaux (li), regroupant les habitations de quelques dizaines de familles constituées elles-mêmes d'environ 4 à 6 individus et dirigées par un chef de famille. Ces communautés disposent d'une relative autonomie, étant administrées par l’État à l'échelle supérieure, celle du comté (xian) ou du district (xiang). Elles sont soudées par leurs activités agricoles, la mobilisation militaire et également les cultes locaux. Les grands domaines aux mains d'aristocrates sont loin d'avoir été éliminés, et sont très présents au début des Han. Ils furent les grands gagnants des évolutions des structures agraires durant les siècles suivant[25].

Modèle en céramique d'une rizière avec des fermiers, époque des Han orientaux, musée de la ville de Guangzhou.

L'agriculture de la Chine antique peut en gros être divisée en deux domaines géographiques. Au Nord, dans le bassin drainé par le fleuve Jaune et ses affluents, les cultures principales sont le blé, l'orge et le millet. En raison de l'incertitude pesant sur le niveau des précipitations dans cette région, soumise régulièrement à des années de sécheresse mettant en danger les récoltes, le développement de l'irrigation y a été précoce pour assurer la mise en eau des champs les mauvaises années, au prix d'un très dur labeur (construction et entretien de canaux, de digues, de bassins, etc.). Les régions méridionales autour du Yangzi connaissent quant à elles un climat plus humide, et le problème y est plutôt la trop grande abondance d'eau (encore plus quand survient une inondation dévastatrice). Le riz est la plante la plus cultivée dans ces contrées, mais les techniques culturales sont encore peu élaborées et ne permettent pas d'atteindre des rendements élevés, même si la production augmente en raison de l'extension constante de la surface en culture du Sud, surtout les rizières. De ce fait, les régions du Nord disposent de l'agriculture la plus productive à l'époque des Han, et concentrent la grande majorité des agriculteurs[26].

Soc en fer de la dynastie Han.

Le gros du travail était accompli par la main de l'homme (semailles, irrigation, récolte, battage), seul le labour faisant appel à la force de bœufs pour tracter l'araire. Durant les premiers siècles de l'époque impériale divers progrès techniques permettent une augmentation des rendements, qui est certes inégalement répartie, profitant en premier lieu aux plus riches propriétaires. Depuis la période des Zhou de l'Est le métal avait fait son apparition dans la confection de l'outillage agricole : les socs des araires et les lames des instruments à main (houe, bêche, etc.) étaient de plus en fer. Le règne de Wudi voit également la réalisation de grands travaux hydrauliques pour l'irrigation, notamment l'extension du système de canaux érigé sous les Qin dans la vallée de la rivière Wei. Les techniques culturales connaissent un progrès grâce à l'essor des réflexions agronomiques : au début du Ier siècle av. J.-C., Zhao Guo initie un système de rotation des cultures, d'amélioration de l'outillage agricole et d'utilisation accrue d'animaux de labour pour accroître la productivité. Quelques décennies plus tard, Fan Shengzhi rédige un manuel de techniques agricoles expliquant les meilleures méthodes connues pour cultiver de nombreuses plantes. Sous les Han postérieurs de nouvelles méthodes d'attelage se diffusent progressivement, ainsi que l'araire à semoir, permettant un travail du champ plus rapide au moment des semailles[27].

Ces progrès agricoles sont inégalement répartis : ils se diffusent surtout sur les grands domaines impériaux ou aristocratiques, et ne concernent pas vraiment les franges plus modestes de la population agricole, qui disposent d'un outillage souvent rudimentaire et n'ont que rarement des animaux de labour. Cela a eu des conséquences sociales importantes à partir du Ier siècle av. J.-C. : incapables d'améliorer leur sort alors que les grands domaines connaissaient une croissance de plus en plus insolente, les paysans pauvres connaissaient des difficultés financières, devant s'endetter pour obtenir du matériel agricole ou simplement joindre les deux bouts les mauvaises années. Les grands propriétaires terriens récupéraient finalement les terres des paysans incapables de liquider leurs dettes, sans avoir forcément besoin de les employer sur leur domaine, certes en extension mais disposant de moyens humains et matériels souvent suffisants pour supporter la mise en valeur de nouvelles terres. Cela augmenta le nombre de paysans déracinés, qui cherchent parfois à améliorer leur sort par l'émigration, depuis les terres pleines du Nord vers celles moins occupées du Sud. Le gouvernement tenta bien de limiter l'appauvrissement de la paysannerie. Le système de partage égalitaire promu sans succès par Wang Mang visait à lutter contre les inégalités de plus en plus criantes dans la répartition des terres. Les Han postérieurs cherchèrent à alléger le fardeau fiscal pesant sur les paysans (remises de taxes et annulation de dettes en période de crise), tentèrent d'installer des déracinés sur des terres inoccupées, ou aidèrent directement les personnes les plus démunies, notamment en leur ouvrant le contenu des greniers publics en période de disette. Cette situation était cependant précaire, et si elle était encore tenable à la fin du Ier siècle, différents malheurs affectant les campagnes au milieu du IIe siècle (inondations et invasions de criquets dans le Nord) firent que l'action du gouvernement ne fut plus suffisante. Cela incita les communautés paysannes déstructurées à se tourner vers de nouveaux moyens de protection, notamment quand la situation politique devint plus tendue durant la seconde moitié du IIe siècle : repli sur soi avec notamment la constitution de sortes de milices locales, intégration à des mouvements religieux rebelles (Turbans jaunes, Maîtres célestes), et de plus en plus la mise en tutelle par le lignage aristocratique local le plus puissant ou des seigneurs de guerre[28].

Grands ateliers, entrepreneurs et monopoles d’État[modifier | modifier le code]

Moule datant de la dynastie Han servant pour la fabrication de roues d'engrenages en bronze.

Les derniers siècles de l'époque pré-impériale avaient vu le développement des activités artisanales et commerciales, faisant l'enrichissement de nombreux hommes d'affaires et aboutissant à la constitution de grands ateliers employant plusieurs centaines voire des milliers d'ouvriers aux conditions de travail souvent éprouvantes, d'autant plus qu'il s'agit souvent de condamnés ou de personnes de condition servile. L'activité traditionnellement la plus porteuse est la métallurgie, surtout celle du cuivre servant pour la frappe de monnaie, et le fer qui profite de progrès techniques durant cette période, avec la mise au point de hauts fourneaux permettant une fonte rapide du minerai de fer. La diffusion de plus en plus d'objets en fer dans la société a de nombreuses répercussions aussi bien dans l'agriculture que l'artisanat et l'art militaire. L'extraction et la transformation du sel (marin ou minier) est un autre secteur majeur employant de nombreux ouvriers et nécessitant de forts investissements. Le travail des étoffes, en premier lieu la soie, aboutit également à la constitution de grands ateliers, ainsi que d'autres activités de production d'objets de luxe, comme ceux en laque. Les profits générés pouvaient être consacrés à d'autres investissements, notamment dans l'agriculture ou le prêt[29].

Sous le règne de Wudi, l'enrichissement de ces entrepreneurs suscita un grand émoi à la cour, notamment parce que dans la pensée des élites du temps cela se faisait au détriment de la paysannerie, qui était vue comme la base de la richesse de l’État, tandis qu'on ne percevait pas comment les activités marchandes pouvaient entraîner des dépenses utiles pour la société. En ces temps de grandes expéditions militaires, il fallait préserver en priorité les sources de richesse de l’État. Il fut alors décidé en 117 av. J.-C. une réforme de la taxation et surtout l'instauration d'un monopole d’État sur les deux activités artisanales majeures, le sel et le fer, de façon à ce que l’État soit le seul bénéficiaire de ces activités lucratives et stratégiques, et qu'elles ne profitent pas à des entrepreneurs susceptibles de l'appauvrir. En 98 av. J.-C. un monopole sur l'alcool est également instauré. Différents ateliers dirigés par l’État, employant aussi bien des esclaves que des corvéables, des condamnés ou bien des artisans salariés, fonctionnaient dans la capitale ou dans les provinces pour assurer ce monopole mais également d'autres productions stratégique (cuivre servant pour la monnaie, or, laque, soiries). Ces mesures suscitèrent différents débats à la cour impériale, notamment ceux rapportés par le texte des Discours sur le sel et le fer qui auraient eu lieu en 81 av. J.-C., sans que le système ne soit aboli[30]. Les coûts générés par l'entretien des dizaines de milliers de travailleurs des ateliers impériaux étaient notamment au centre des critiques[31].

Échanges et consommation[modifier | modifier le code]

Pièce de monnaie de type banliang émise durant le règne de Wendi (179-157 av. J.-C.).
Pièce de monnaie de type wushu émise durant le règne de Wudi (141-87 av. J.-C.).

Autre aspect du développement économique de la période, l'expansion du commerce concerne aussi bien les échanges intérieurs aux provinces que les échanges à longue distance, entre régions et vers les pays étrangers. Elle bénéficie de la diversification et l'accroissement des productions agricoles et artisanales chinoises. Elle profite en premier lieu à une catégorie de marchands qui s'enrichit de plus en plus, mais aussi à la frange aisée de la population dont le niveau de vie s'améliore grâce à l'accès à plus de productions.

Les Han ont hérité du système monétaire unifié mis en place par les Qin, reposant sur les pièces en cuivre percées en leur centre appelées banliang et pesant 7,5 grammes. Des mesures de privatisation de l'émission de monnaie furent prises durant les premiers temps de la dynastie aboutirent à la frappe d'une grande quantité de pièces, favorisant le développement de pièces moins lourdes destinées à des échanges plus courants et peu à peu un phénomène de dépréciation de la monnaie issu notamment du rognage des bords des pièces pour économiser du métal. Le gouvernement décida à plusieurs reprises d'instaurer de nouveaux types de pièces, jusqu'en 120-119 av. J.-C. quand fut promulguée la suppression définitive des banliang et la mise au point des wushu de 3,25 grammes, qui devint la monnaie la plus répandue en Chine jusqu'aux Tang, en dépit des tentatives de Wang Mang d'émettre divers types de monnaie reposant approximativement sur des modèles antiques. Cela s'accompagna d'une nationalisation totale de l'émission de monnaie, prise en charge par des ateliers de frappe étatiques, et d'un accroissement considérable de la masse monétaire en circulation durant les siècles suivants. Les prélèvements fiscaux et échanges sous les Han furent de plus en plus monétisés, ce qui reflète la place croissante de la monnaie dans l'économie chinoise à cette période[32].

Les gouvernants des Han divisaient les marchands qu'ils contrôlaient entre ceux qui vendaient des produits sur les marchés urbains et ceux dont l'activité avait un aspect itinérant, voyageant dans les provinces, entre celles-ci et parfois même vers les contrées étrangères. Le commerce local et régional consistait essentiellement en l'échange de productions locales, surtout agricoles : céréales, bétail, fruits, légumes, condiments, épices ; mais aussi des métaux bruts, des objets en métal manufacturés, notamment des outils courants utilisés en particulier dans l'agriculture, du bois, du bambou, des tissus, objets en laque, etc. Les produits importés depuis l'étranger étaient généralement plus luxueux : chevaux, vins, épices, étoffes en laine d'Asie Centrale, perles, ivoire, jade, lapis-lazuli et verre d'Asie du Sud-Est et de l'Océan indien. De leur côté, les marchands chinois exportent surtout de la soie et de l'or, dont la commercialisation était contrôlée par l’État et qui servaient d'unités de compte pour les transactions les plus importantes[33].

Bas-relief sur brique représentant une scène de marché, période des Han postérieurs, Guanghan (Sichuan), musée national de Chine.

Les villes de l'époque Han disposaient de marchés, généralement de forme carrée et quadrillés par des allées rectilignes le long desquelles s'agençaient les échoppes. L'administration contrôlait chacun de ces lieux d'échanges, par le biais d'un superviseur disposant d'un bâtiment en forme de tour en son centre, qui assurait la sécurité des lieux, prélevait les taxes et encadrait le prix des denrées[34].

Les marchands étaient également contrôlés par le gouvernement, en raison de l'enrichissement insolent de certains d'entre eux qui focalisait les critiques des moralistes de la cour, guère bien disposés envers cette catégorie de personne ayant le goût du gain et du luxe. Des mesures antimercantilistes furent prises dès les débuts de la dynastie, obligeant les marchands à réduire leur train de vie ; sous Wudi il leur fut interdit d'acquérir des terres et ils subirent une taxation plus lourde. Ces mesures ne connurent pas vraiment de réussite, puisque les succès de certains marchands suscitèrent à nouveau l'opprobre des moralistes par la suite. Ils étaient notamment accusés de profiter de l'appauvrissement des paysans endettés et pressurés par l'augmentation de la taxation, dont ils acquéraient les productions à vil prix pour faire des profits ou auxquels ils prêtaient de l'argent à des taux usuriers le permettant finalement de mettre la main sur leurs possessions[35]. Les monopoles étatiques sur le fer, le sel, l'alcool ainsi que le contrôle des prix de certaines denrées essentielles, en premier lieu les céréales, ont sans doute limité les possibilités d'enrichissement des marchands. Wang Mang tenta avec plus de rigueur de mettre fin aux activités des usuriers et spéculateurs, mais sans succès[36].

Le contrôle de l’État sur les échanges et les monopoles se relâcha sous les Han postérieurs, période marquée par un regain de l'enrichissement des marchands et hommes d'affaires. Il est alors courant de trouver dans les textes de l'époque des descriptions du luxe dans lequel vivent ces personnages au train de vie somptueux. Les critiques du confucianiste Wang Fu se cristallisent contre la domination des activités commerciales et usuraires à Luoyang la capitale, et les extravagances vestimentaires et alimentaires de ses habitants aisés. Il est donc manifeste que les produits de consommation luxueux et semi-luxueux comme les objets en bronze, laque, les soieries et d'autres bijoux et ornements précieux sont de plus en plus accessibles à la population urbaine suite aux progrès de l'artisanat et du commerce. Les tombes des élites de cette période confirment cette impression puisque leur contenu est plus riche et diversifié que celui des sépultures des Han antérieurs. Les moralistes de l'époque déplorent également l'inégale distribution des biens entre les différentes couches de la population ; si celle-ci est indéniable, il semble pourtant bien que le développement du commerce touche une grande partie de la population, ce que montre également la monétisation croissante des échanges, même si les plus pauvres en profitent moins que les autres[37].

Les villes[modifier | modifier le code]

Depuis l'époque des Royaumes combattants, les villes chinoises avaient connu une grande croissance, en particulier les capitales des différents royaumes (Xianyang à Qin, Linzi à Qi, Handan à Zhao, Chengdu dans le Sichuan, etc.). Leur surface s'était considérablement étendue, des murailles longues et puissantes les ceignaient, et elles étaient marquées par une séparation entre les quartiers résidentiels et commerciaux et l'espace destiné au pouvoir politique, protégé par des murailles intérieures. On y avait érigé des bâtiments de plus en plus imposants, en cherchant notamment la verticalité : hautes plate-formes supportant des pavillons à plusieurs étages, portes et tours élevées. Les informations sur les espaces résidentiels, artisanaux et commerciaux sont limitées ; les espaces publics les mieux connus sont les marchés, lieux où se déroulent les échanges sous la surveillance tatillonne d'agents du gouvernement, mais aussi là où étaient proclamés divers messages officiels et où se déroulaient les exécutions publiques, car c'était là que l’État pouvait espérer que son action soit la plus vue. Ces espaces attiraient également un population pratiquant des activités interlopes : des brigands et des trafiquants, des prostituées ainsi que des troupes théâtrales ou des praticiens de techniques occultes (devins, chamanes)[38]. Les vastes ateliers urbains publics ou privés étaient également des centres d'activité importants dans les villes.

La ville la mieux connue de l'époque des Han est la capitale des Han antérieurs, Chang'an, érigée sous le règne de Gaozu dans le voisinage de Xianyang, la capitale déchue et dévastée des Qin. Son fils et successeur Hui chercha à remodeler Chang'an pour en faire une sorte de capitale idéale, reflétant les ambitions universelles de sa dynastie : il érigea une vaste enceinte d'environ 25 kilomètres de long percée de douze portes, construisit un temple destiné au culte ancestral de son père, un nouveau marché. Wudi finalisa cette œuvre en érigeant de nouveaux palais dans les espaces laissés inoccupés et un vaste parc hors des murs. L'espace de Chang'an était alors occupé par plusieurs vastes palais, un arsenal et deux grands marchés. Les espaces résidentiels concernaient surtout des villes-satellites se trouvant à proximité, notamment celles destinées à l'origine à la construction et l'entretien du culte des sépultures impériales. Administrativement, Chang'an était divisée en 160 quartiers (li) ayant chacun leur propre administrateur[39]. Au début des Han postérieurs, une nouvelle capitale fut construite à Luoyang. Plus petite et austère que Chang'an bien que s'étendant sur plus de 10 km² et comprenant approximativement 500 000 habitants, de forme grossièrement rectangulaire, parcourue par des avenues rectilignes disposées régulièrement, elle était dominée par deux vastes palais bâtis sur un axe nord-sud entourés d'un arsenal, d'entrepôts, d'un jardin impérial et de marchés ainsi que divers édifices importants situés hors des murs, puisque les quartiers de la ville étaient répartis sur un espace de sans doute plus de 25 km²[40].

Les élites sociales[modifier | modifier le code]

Modèle d'architecture reflétant le mode de vie des élites : manoir de type siheyuan[N 3]. Céramique funéraire. Terre cuite. Henan Provincial Museum, Zhengzhou.

Le groupe des élites sociales est le grand bénéficiaire de l'évolution économique et sociale de la période des Han, alors que les lignages aristocratiques n'avaient pas forcément connu un destin favorable durant les derniers siècles de l'époque pré-impériale. Ce groupe aux contours mal définis était aussi bien constitué de hauts fonctionnaires de l’État, de propriétaires terriens implantés de longue date, d'entrepreneurs et de marchands qui ont investi leur richesse dans une propriété rurale, qui durant les derniers temps des Han étaient devenu un groupe relativement homogène. Ils s'identifiaient par leur appartenance à un lignage auquel un personne était rattachée par son ascendance masculine. La division des domaines entre héritiers masculins étant la norme, les lignages et leurs propriétés connaissaient une fragmentation et une dispersion rapides, ce qui n'eut pas vraiment pour effet de les affaiblir. Au contraire, leurs membres s'appuyaient sur les liens lignagers qui restaient forts, même après plusieurs générations. Ils les consolidaient en étendant leurs réseaux par des alliances matrimoniales, des présents généreux et des services envers d'autres clans et lignages, constituant ainsi un réseau complexe d'alliés, patrons et clients, fonctionnant souvent sur une base locale, d'autant plus que les membres du lignage détiennent souvent des fonctions dans l'administration locale. Cette évolution aboutit sous les Han antérieurs à la constitution de lignages ayant un ancrage provincial très fort et une autorité locale avec laquelle le pouvoir central est obligé de composer. Ils surent ensuite profiter de l'éclatement de l'empire, au cours duquel la solidité de leur assise locale leur permit de devenir une force politique et sociale encore plus importante durant la période de division, jusqu'aux Tang[41].

Les peintures et modèles contenus dans les tombes aristocratiques fournissent diverses informations sur le mode de vie et l'idéal des élites de cette époque. Ils mettent notamment l'emphase sur leurs domaines ruraux, bases de leur richesse. Il ne s'agit pas de latifundia équivalentes à celles de l'Empire romain contemporain, largement plus vastes en raison de pratiques successorales moins partageuses. Les résidences qui occupent leur centre sont entourées par une enceinte, et comprennent plusieurs cours intérieures entourées de galeries couvertes, dont les murs devaient être couverts de peintures. Des pavillons sont érigés au centre des cours principales, les plus vastes comprenant plusieurs étages, jusqu'à former de véritables tours. Des jardins d'agrément complétaient l'ensemble chez les plus nantis. Les différentes installations agricoles (puits, greniers, etc.), le matériel, les hommes travaillant l'exploitation sont également mis en scène. Elles rappellent que les propriétaires terriens ont bâti leur richesse en accumulant des terres souvent acquises auprès de paysans endettés, et en concédant celles-ci à des tenanciers chargés de leur reverser une part de la production[42]. Un propriétaire terrien idéal se doit d'être loyal, de respecter la piété filiale, de faire montre de générosité envers ses proches et ses dépendants, de permettre par ses talents l'enrichissement de son domaine et des villages qu'il fait vivre[43]. Le goût des études classiques est également une caractéristique forte de ce groupe des élites. Cela était d'autant plus affirmé que l'exercice d'une charge publique civile importante, donc très marquée par l'éducation lettrée, était le meilleur moyen d'obtention et de consolidation d'une position sociale élevée. Cela était forgé par une éducation commune et la lecture d'ouvrages à finalité politique et morale, notamment ceux vantant le modèle de personnages exemplaires du passé[44]. Les élites s’accommodaient un peu moins bien avec la morale confucéenne quand il s'agit de se divertir : banquets opulents et gaspilleurs accompagnés de danses et de musique, chasse, tir-à-l'arc, jeux à cheval, vaisselle luxueuse, etc.[45]

Pensée et lettres[modifier | modifier le code]

Les courants de pensée[modifier | modifier le code]

On assiste au développement des concepts nés avant l’empire pour expliquer le fonctionnement du monde comme un ensemble intégré dont toutes les parties sont en corrélation, englobant l’être humain : théorie des cinq éléments, du Yin-Yang, du qi.

Leur influence s’exerce sur l’ensemble de la pensée et tous les systèmes de philosophie politique, les principaux étant le huanglao (essentiellement légiste et taoïste) et le confucianisme.

Les penseurs de ce dernier courant, opposés au non-agir (wuwei 無為) comme attitude du bon gouvernant, développent la notion du Ciel comme volonté suprême que le souverain doit observer et qui réagit à sa vertu ou à ses manquements par des bénédictions ou des calamités. Le confucianisme des Han est donc quelque peu différent de celui du temps de Confucius.

Même s’ils sont voués à disparaître ou à se fondre dans le taoïsme ou le confucianisme, beaucoup de courants des Royaumes combattants subsistent. On en a un aperçu dans le Huainan Zi des Han occidentaux.

On continue à éditer, commenter et interpréter les textes anciens, en particulier le Dao De Jing, le Yi Jing, les Annales des Printemps et des Automnes. On découvre en -102 des textes confucéens rescapés de l’autodafé des Qin, donnant naissance à une querelle d’authenticité. La tradition des weishu (維書), commentaires exposant le sens caché des classiques, est très répandue chez les confucéens Han, dont Dong Zhongshu qui serait à l’origine du choix du confucianisme comme philosophie politique exclusive (en théorie). Ces commentaires seront unis aux prophéties (chenyu 讖語) des mages pour donner les chenwei (讖維), écrits annonçant des changements de pouvoir, dont certains, Wang Mang par exemple, se serviront à leur avantage. Malgré la détermination en -51 du contenu officiel des Cinq classiques, les interprétations ésotériques jouissent d’un statut quasi-officiel. En 79, l’empereur Zhangdi convoque une sorte de concile canonique, l’assemblée de la Salle du tigre blanc, destiné à déterminer l’authenticité des différents textes. Les chenwei et les weishu y sont traités sur le même pied que les autres classiques. C’est seulement au milieu des dynasties du Nord et du Sud qu’ils tomberont complètement en défaveur et seront détruits.

Suivante (shinü yong), terre cuite, époque des Han de l'Ouest, Chine, Musée Cernuschi, Paris.

Sur le plan religieux, apparaissent sous les Han orientaux des sectes importantes, comme les Cinq boisseaux ou la Voie de la grande paix Taiping dao (太平道), constituant un véritable pouvoir parallèle (les Cinq boisseaux au Sichuan) ou une force séditieuse (Turbans Jaunes du mouvement Taiping). Imposant l’étude du Dao De Jing et divinisant Lao Zi (Cinq boisseaux) ou s’appuyant sur le huanglao (Taiping), ce sont les premiers mouvements religieux importants rattachés par les historiens au taoïsme. Démantelées en 215 pour la première et en 205 pour la seconde, ces sectes donneront naissance à d’autres courants, en particulier les Maîtres célestes issus des Cinq boisseaux. Par ailleurs, le recours aux spécialistes fangshi (方士) ou sorciers wushi (巫師), l’alchimie Jindan, la croyance aux immortels sont répandus à tous les niveaux. Les cultes de Huangdi et de la Xiwangmu du mont Kunlun se développent sans être à cette époque toujours liés au taoïsme.

Les écrits philosophiques, souvent composés par des confucéens - ou tout au moins des fonctionnaires - contribueront autant au développement du taoïsme philosophique qu’à celui du confucianisme. Yang Xiong met en avant la notion du grand mystère (taixuan 太玄) qui sera identifié avec le Dao par le courant Xuanxue des Wei, sur lequel le bouddhisme a peut-être aussi exercé une influence à travers sa notion de vide encore mal comprise. Le qingyi (清議), débat sur les qualités requises d’un bon fonctionnaire et d’un bon gouvernant, est à l’origine du qingtan (清談) associé au taoïsme des dynasties du Nord et du Sud.

Wang Chong, (王充) (2797), auteur des Essais critiques (Lun-Heng 論衡), se distingue de l'ensemble par sa position rationaliste et son explication naturaliste et mécaniste du monde.

Commentateurs confucéens : Xun Shuang (荀爽) (Yi Jing), Jia Kui (賈逵), Ma Rong (馬融), Cai Yong (蔡邕), Zheng Xuan (鄭玄) (ensemble des classiques).

Penseurs inspirés par le légisme : Cui Shi (崔寔) et Wang Fu (王符) (Discours d’un reclus (qianfulun 潛夫論))

Taoïsme : on considère que le Lie Zi a en fait été compilé sous les Han.

Littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature chinoise.

L’apparition du papier (réservé à l'administration centrale) sous les Han orientaux entrainera celle de nouveaux styles calligraphiques plus fluides et le développement d'une nouvelle conception de la calligraphie chinoise en tant qu'art.

Le style littéraire le plus caractéristique de la dynastie est le fu[N 4], sorte de long poème déclamé et non chanté, selon la description qu’en fait le chapitre Art et littérature des Annales des Han (漢書 ; 藝文志), ce qui le rapproche de la prose. On voit l’origine de ce style dans les Chants de Chu attribués à Qu Yuan et Song Yu, et le chapitre fu (fupian 賦篇) du Xunzi. Les fus d’avant les Han et du début de la dynastie, appelés saofu (fu lyrique) (騷賦), sont de style plus libre, le poète exprimant ses sentiments à travers des descriptions de la nature ou des discussions politiques. Ils seront remplacés par un type plus structuré, vers encadrés par une introduction et une conclusion sous forme de questions-réponses, considéré ultérieurement comme le modèle du genre, le gufu (fu ancien) (古賦), au contenu plus descriptif. Le type le plus connu est le « grand fu » décrivant avec un vocabulaire riche et abondant la splendeur des lieux et modes de vie de l’aristocratie, parfois sur un mode critique. À partir du milieu de la période des Han occidentaux, apparaissent des fus plus courts au contenu plus intime. Le chapitre Art et littérature des Annales des Han mentionne 106 auteurs et 1318 œuvres, parmi lesquels les quatre grands maîtres : Sima Xiangru, Yang Xiong (揚雄) (Fu de Changyang (長楊賦) dans lequel il critique le luxe de Chengdi), Ban Gu, Zhang Heng ; on peut encore citer le Qifa (七發) de Mei Sheng (枚乘) (?~-140) et les Réponses (答客難) de Dong Fangshuo (東方朔)(-154~-93) dont la forme a inspiré beaucoup d’auteurs ultérieurs.

Le gushi (poème à l'ancienne) (古詩) est, comme le fu, un poème non chanté, en général composé de vers alternativement de 5 et 7 pieds ; il est typique du début de la dynastie. À la même période, un service administratif, le Bureau de la musique yuefu (樂府), est chargé, sous Huidi et Wudi, de préserver les chants populaires, particulièrement ceux des régions de Qin, Zhao et Chu, comme source d’inspiration littéraire. Il laissera son nom aux poèmes mis en musique. On trouve des exemples de ces deux styles dans les anthologies Dix-neuf poèmes à l’ancienne (gushi shijiu shou 古詩十九首) et Recueil de poèmes du bureau de la musique (yuefushi ji 樂府詩集).

Comme on peut le voir avec l’exemple de Ban Gu (historien), Zheng Heng (astronome et mathématicien) ou Yang Xiong (philosophe et linguiste), les hommes de lettres de l’époque Han sont souvent polyvalents. On peut d’ailleurs également compter dans les productions littéraires de l’époque les nombreux écrits philosophiques et les ouvrages historiques (Ban Gu, Sima Qian).

Arts[modifier | modifier le code]

Plat en laque, dynastie Han Occidentaux, Musée du palais (Cité interdite), Beijing
Brûle parfum, Han occidentaux, bronze, or, turquoise et cornaline, Freer and Sackler Galleries, Washington D.C[46].
Tête de cheval, terre cuite. Han Orientaux Ier ‑ IIe siècle ap. n. e., Musée Guimet.
Chine sud-orientale, dynastie Han Orientaux, statuette funéraire d'un cheval, Ier-IIe s.

La plus grande partie des objets d’art de la période de la dynastie Han proviennent du mobilier funéraire. La présence de très nombreux substituts - mingqi[47]- (les deux céramiques ci-contre et serviteurs - h: 80 et 60 cm - [48]) manifeste une transformation importante dans les rites d'inhumation, transformation en cours depuis la fin de la période des Royaumes combattants : les substituts remplacent les personnes ou les objets réels que l'on avait coutume d'enterrer auprès du défunt. Sous les Han, l'importance du sentiment de piété filiale encouragea les nobles et les fonctionnaires à rivaliser entre eux pour ensevelir leurs morts avec raffinement, sauf volonté explicite du défunt[49]. Sont particulièrement remarquables de cette pratique les nombreuses figurines de personnages ou d’animaux, maquettes de bâtiments, fermes, ou moyens de transport, le plus souvent en terre cuite polychrome[50] (comme c'est le cas pour la figurine ci-contre), témoignages précieux sur les habitudes vestimentaires et les modes de vie. On trouve aussi des miroirs, d'autres objets en bronze souvent doré et argenté[51] (suivant la pratique en cours dès l'époque des "Royaumes combattants") des objets laqués et en jade[52]. Des progrès sont faits dans le domaine de la céramique avec la multiplication des pièces vernissées, l’apparition de glaçures gris-vert ou noir, qui annoncent les futurs céladon, et des premières porcelaines. La boîte lian en forme de brûle-parfum[53], du Musée Guimet, offre une représentation de montagnes qui serait l'ancêtre des paysages miniatures apparus sous les Tang et connus en Occident sous leur nom japonais de bonzai[54]. Dans le brûle-parfum Han, en bronze rehaussé d'or et éventuellement de pierres précieuses, la fumée de l'encens évoquait les pics montagneux entre lesquels vaguent et s'enroulent brumes et nuages argentés. Ce sont des lieux mythiques, paradis des Immortels, lesquels étaient représentés dans leur ascension des montagnes, figurines discrètes au milieu des arabesques décoratives du brûle parfum. Cette croyance est l'un des piliers de la culture taoïste qui se développe, précisément, sous les Han. Quant au motif des monts des Immortels (sur les îles mythiques de la Mer de l'Est, dont la plus célèbre est l'ïle Penglai, ou sur les Monts des Immortels de l'Occident), il devint le motif préféré des peintres lettrés au cours des siècles suivants. Le motif des dragons dans les vagues qui se retrouve souvent avec ce type de sujet symbolise ici les eaux mystérieuses qui paraissent infranchissables[55].

Les rares pièces de soie brodées ou peintes qui nous sont parvenues (Mawangdui) offrent un aperçu du raffinement du travail de cette fibre qui était déjà un important produit d’exportation. Parmi des pièces de soie on a en effet trouvé dans la tombe de la marquise de Dai, à Mawangdui, des vêtements, une carte du sud de la Chine et du nord Viêt Nam et surtout une bannière funéraire peinte, pièce tout à fait exceptionnelle par son sujet et l'intensité des couleurs conservées, décrivant le passage de la défunte vers l'au-delà.

Dans le domaine de la sculpture, la tête de cheval - ci-contre - du musée Guimet représente une nouveauté propre aux Han : un animal énergique et fougueux, dépeint avec le naturalisme des Qin mais stylisé. Cependant, loin de figurer un type particulier, il s’agit le plus souvent d’une image composite et idéalisée conservant du cheval chinois les grandes oreilles dressées, le chanfrein concave et les yeux globuleux en grenouille, mais renvoyant aux montures arabes par sa tête haute (citation : Musée Guimet[56]). La cohérence des traits stylistiques Han maintient l'harmonie de l'ensemble dans toutes les représentations de ce type de cheval qu'on connaisse. Mais une étude comparative, même rapide avec les figures de chevaux déposées avec l'armée de terre du premier empereur Qin Shi Huang des Han occidentaux[57],[58], montre que l'on est pas en présence des mêmes races de chevaux. Concernant le cheval doré[N 5] de l'empereur Han Wudi(156 - 87 av n. e.), lequel commandita la recherche de chevaux à son ambassadeur Zhang Qian[59][réf. incomplète] auprès des souverains de Sogdiane, il faut suivre les remarques précises données par les auteurs du catalogue de l'exposition Des chevaux et des hommes de 1996. En effet : "ce bronze est le produit de l'observation attentive d'un animal de race dont on cherche à exprimer la beauté et l'élégance, et non l'usage ou la rapidité"[49].

C'est surtout ensuite, sous la dynastie des Han orientaux, que l'on s'est préoccupé d'importer massivement – quel qu'en soit le prix - une race plus élancée, les coursiers indispensables pour protéger les frontières du nord - au contact des Xiongnu - et de l'ouest - les « routes de la soie » - contre des populations de cavaliers dont la pression s'est fait de plus en plus pressante avec le temps, et aussi pour relier rapidement le vaste territoire de l'Empire unifié. Pendant quelques décennies les routes de la soie sont ouvertes et avec l'accès aux oasis et le Ferghana, les Han se procurent les célèbres chevaux (« aux sueurs de sang », c'est-à-dire avec une robe tachetée de roux ) nécessaires à la remonte sur de longues distances. Le célèbre cheval volant, dont on voit l'image un peu partout en Chine actuellement[N 5], a été trouvé dans la tombe d'un commandant de la garnison placée au Wuwei, Gansu, précisément sur une route de la soie[60]. Ces chevaux représentés sous forme de mingqi, en terre-cuite ou en bronze, mais non doré, au cours de la dynastie des Han Orientaux sont le plus souvent la tête haute et l'attitude très vivante, nerveuse, les dents bien visibles et dégagées, comme on peut le constater sur ces deux exemples. Ces mingqi accompagnent dans la tombe ces militaires et ces fonctionnaires recrutés sous les Han Occidentaux par les nouveaux concours et envoyés sur les lointaines routes de l'Empire.

Par ailleurs, il faut remarquer à cette période le type de variation qui affecte une image, quel qu'en soit le sujet, homme, cheval ou autre, quand elle quitte le monde de l'art proche de la cour et qu'elle est transférée aux confins de l'empire elle se cristallise sur ce qui lui est essentiel. C'est ce que l'on peut constater avec cette figuration du cheval (Chine sud-orientale), du musée d'art asiatique de Turin, en bronze, où les traits significatifs sont, en quelque sorte, résumés ou géométrisés, comme on parle de céramique grecque antique de style géométrique.

Enfin, de nombreux bas-reliefs funéraires ont été réalisés soit par estampage ou incision sur des briques, soit sur des pierres, comme des linteaux de porte de chambre funéraire qui ont parfois conservé leurs couleurs d'origine[N 6].

Des miroirs à décor de TLV[N 7] ont été trouvés, sur lesquels les spécialistes s'interrogent encore. Ils apparaissent au cours du IIe siècle. Le motif du dragon qui orne le bandeau externe laisse supposer que ces miroirs, placés dans les tombes, sont destinés à assurer l'harmonie entre l'homme et le cosmos. Les miroirs à décor TLV portent souvent des inscriptions (sur le disque central du miroir du musée Labit, ci-dessous) visant à éloigner le malheur et à accorder son possesseur avec les forces de l'univers[N 8].

Galerie d'art sous la dynastie des Han Occidentaux (206 av. J.-C. — 9)[modifier | modifier le code]

Galerie d'art sous la dynastie des Han Orientaux (25–220)[modifier | modifier le code]

Progrès des sciences et des techniques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Technologie sous la dynastie Han.
L’historien Sima Qian
Partie d’un Atlas des comètes sur soie, dynastie Han.
  • Agriculture : sous les Han occidentaux, les socs d’araire en fonte, apparus sous les royaumes combattants, devinrent largement disponibles. La traction animale se développe. Les systèmes d’irrigation sont étendus dès le règne de Gaozu, et le système de rotation des cultures amélioré.
  • La première représentation connue d’un gouvernail est un modèle de bateau découvert dans une tombe chinoise du Ier siècle av. J.-C.
  • Améliorant les techniques élaborées sous les Han occidentaux, Cai Lun détermine en 105 le processus de fabrication d’un papier performant, le premier au monde.
  • Zhang Heng invente le sismographe (132) et l’odomètre et conçoit le premier globe céleste rotatif chinois.
  • En -104, est promulgué le calendrier Taichu (太初), premier véritable calendrier chinois.
  • Progrès médicaux sous les Han orientaux avec Zhang Zhongjing et Hua Tuo, à qui l'on doit entre autres la première anesthésie générale.
  • Encyclopédies : sous les Han occidentaux, le Livre des monts et des mers (shanhǎijing 山海經), débuté à l’époque des Royaumes combattants, est achevé et édité. Rédaction du Huainanzi.
  • Ouvrages historiques : sous les Han occidentaux, rédaction des Mémoires historiques de Sima Qian, chronique détaillée depuis les temps légendaires des empereurs Xia jusqu’au règne de Wudi, contemporain de l’historien. Sous les Han orientaux, Ban Gu rédige l’essentiel des Annales des Han, histoire des Han occidentaux et modèle des annales officielles des dynasties ultérieures. Entamé par son père Ban Biao (班彪), l’ouvrage sera achevé par sa sœur Ban Zhao (班昭). Fan Ye rédigera le Livre des Han postérieurs.
  • À la fin de la période des Han occidentaux, Liu Xiang (劉向) et son fils Liu Xin (劉歆) établissent la bibliographie de la bibliothèque impériale Résumé des six arts (liuyilüe 六藝略).
  • Linguistique : Xu Shen (許慎) compose entre 100 et 121 le Shuowen jiezi (說文解字), premier dictionnaire partiellement étymologique utilisant le système des clés. Un autre dictionnaire, l’Erya (爾雅), deviendra un classique confucéen sous les Song. Yang Xiong rédige le Fangyan (方言) sur les dialectes des Han occidentaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire étymologique sino-tibétain en ligne, reconstruction de la prononciation de l'époque Han http://starling.rinet.ru/cgi-bin/query.cgi?basename=\data\china\bigchina&root=config&morpho=0
  2. qu'il ne put se résoudre à faire assassiner comme prévu lors du « diner [sanglant] de Hongmen » Hongmen Yan (鴻門宴)
  3. Voir Architecture chinoise: Groupe ethnique Han. Chine du nord
  4. 賦, hanfu 漢賦 ou cifu 辭賦
  5. a et b Voir la reproduction dans les liens externes, ci dessous.
  6. La scène de bataille, reproduite dans la Galerie d'art sous la dynastie des Han Orientaux, ci dessus, est étudiée par Danielle Elisseeff dans le Manuel de l'école du Louvre, 2008, p 221.
  7. Le décor est composé de la répétition de formes T, L et V juxtaposées sur on fond de "nuages".
  8. On peut se reporter à l'article de Wikipedia en anglais en:Liubo ainsi qu'au catalogue de la collection du musée Labit : Violette Fris-Larrouy. 1999

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) M. Loewe, « The concept of sovereignty », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 733-737
  2. (en) M. Loewe, « The concept of sovereignty », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 743-746
  3. Maspéro et Balazs 1967, p. 54-57
  4. Maspéro et Balazs 1967, p. 59-65 ; (en) M. Loewe, « The structure and practice of government », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 466-470 ; (en) H. Bielenstein, « The institutions of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 491-504
  5. (en) H. Bielenstein, « The Institutions of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 517-518
  6. Maspéro et Balazs 1967, p. 41-44 ; Lewis 2007, p. 5-11 et 16-17
  7. (en) M. Loewe, « The structure and practice of government », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 471-473 ; Lewis 2007, p. 19-21
  8. Maspéro et Balazs 1967, p. 67-68 ; (en) M. Loewe, « The structure and practice of government », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 471-478 ; (en) H. Bielenstein, « The institutions of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 506-511
  9. (en) M. Loewe, « The structure and practice of government », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 483-484
  10. Maspéro et Balazs 1967, p. 75-76
  11. Maspéro et Balazs 1967, p. 77-78
  12. (en) M. Loewe, « The structure and practice of government », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 487-488 ; Maspéro et Balazs 1967, p. 71-72
  13. (en) M. Loewe, « The structure and practice of government », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 489-490
  14. (en) M. Loewe, « The structure and practice of government », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 484-487 ; (en) A. F. P. Hulsewé, « Ch'in and Han law », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 520-544 ; Lewis 2007, p. 230-236
  15. Lewis 2007, p. 26-28
  16. a et b (en) M. Loewe, « The structure and practice of government », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 463-465 ; (en) H. Bielenstein, « The institutions of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 515-517 ; (en) A. F. P. Hulsewé, « Ch'in and Han law », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 540-541
  17. Hinsch 2011, p. 46-47 ; Lewis 2007, p. 160
  18. Hinsch 2011, p. 36-42
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  20. Lewis 2007, p. 156-157
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  24. Lewis 2007, p. 168-169
  25. (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 551-555 ; Lewis 2007, p. 109-111
  26. (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 559-561 et 568-574 ; Lewis 2007, p. 105-106
  27. Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 65-70 ; (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 561-568 ; (en) P. Ebrey, « The economic and social history of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 616-617 ; Lewis 2007, p. 103-105
  28. Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 138-144 et 149-152 ; (en) P. Ebrey, « The economic and social history of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 617-630
  29. Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 70-74 ; (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 583-585 ; Gernet 2006, p. 182-187
  30. Dispute sur le sel et le fer, Texte présenté, traduit et annoté par Jean Lévi, Paris, 2010
  31. Maspéro et Balazs 1967, p. 48-49 et 76-77 ; (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 581-584 ; Gernet 2006, p. 188-191
  32. (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 585-590
  33. (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 579-5808
  34. (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 576 ; Lewis 2007, p. 81-83
  35. Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 32-33 ; (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 577-578
  36. (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 605-606
  37. (en) P. Ebrey, « The economic and social history of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 609-613
  38. Lewis 2007, p. 75-88
  39. Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 92-97 ; (en) S. Nishijima, « The economic and social history of Former Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 574-576 ; Lewis 2007, p. 91-96
  40. Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 193-194 ; (en) H. Bielenstein, « Wang Mang, the restoration of the Han dynasty, and Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 262-264 ; Lewis 2007, p. 98-99
  41. (en) P. Ebrey, « The economic and social history of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 637-644 ; Lewis 2007, p. 115-127.
  42. Maspéro et Balazs 1967, p. 51-54 ; Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 170-180 ; (en) P. Ebrey, « The economic and social history of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 622-626
  43. (en) P. Ebrey, « The economic and social history of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 632-633
  44. Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 180-183 ; (en) P. Ebrey, « The economic and social history of Later Han », dans Twitchett (dir.) 1986, p. 645-646
  45. Pirazzoli-T'Serstevens 1982, p. 140
  46. Le même objet : vue du musée
  47. Mingqi - Musée Guimet
  48. Fichier:Servante Han Guimet 2910.jpg - Wikipédia
  49. a et b Jean-Paul Desroches, Marie-Catherine Rey 1995, p. 38, note 2
  50. Joueur de cithare qin - Musée Guimet
  51. Vase à  vin hu - Musée Guimet
  52. File:Jade Han Chine Guimet 2910.jpg - Wikimedia Commons
  53. Réunion des musée nationaux
  54. Yolaine Escande 2005, p. 49
  55. Catherine Delacour in : Jean-Paul Desroches, Guilhem André, Han Wei, Danielle Elisseeff, Flora Blanchon, Catherine Delacour 2001, p. 196
  56. Cheval debout mingqi (substitut funéaire) - Musée Guimet
  57. Danielle Elisseeff 2007, p. 215
  58. Emmanuelle Lesbre 2000, p. 23
  59. Pimpaneau 2011
  60. Jean-Paul Desroches, Marie-Catherine Rey 1995, p. 72

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Généralités sur la Chine ancienne et médiévale[modifier | modifier le code]

  • Flora Blanchon et al., Arts et histoire de Chine, vol. 2, Paris, Presses Universitaires de Paris-Sorbonne, coll. « Asie »,‎ 1999 (ISBN 2840501236, OCLC 490634014)
  • Jacques Gernet, Le monde chinois : 1. De l'âge du bronze au Moyen Âge, 2100 av. J.-C.-Xe siècle après J.-C., Paris, Pocket,‎ 2006
  • Denys Lombard, La Chine impériale, Paris, PUF, coll. « Que sais-je? 1244 »,‎ 1967, 127 p. (ISBN 2130521576).
  • Edward L. Shaughnessy (dir.) (trad. Marc Baudoux), La Chine, Paris, Taschen,‎ 2007
  • Henri Maspéro et Étienne Balazs, Histoires et institutions de la Chine ancienne, Presses universitaires de France, coll. « Annales du musée Guimet / Bibliothèque d'études » (no LXXIII),‎ 1967

Études sur la dynastie Han[modifier | modifier le code]

  • (en) Denis Crispin Twitchett (dir.), The Cambridge History of China, vol. I : the Ch'in and Han Empires, 221 B.C. – A.D. 220, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1986 (réimpr. 1990, 1994, 1995), 1e éd. (ISBN 0-521-24327-0, OCLC 633104701)
  • (en) Mark Edward Lewis, The Early Chinese Empires : Qin and Han, Londres, Belknap Press, coll. « History of imperial China »,‎ 2007 (ISBN 978-0-674-02477-9, OCLC 71189868)
  • Michèle Pirazzoli-T'Serstevens, La Chine des Han, Paris, Presses Universitaires de France,‎ 1982 (ISBN 2-13-037681-9)

Religion et pensée[modifier | modifier le code]

  • Anne Cheng, Histoire de la pensée chinoise, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points Essais »,‎ 2002 (1re éd. 1997)
  • John Lagerwey (dir.), Religion et société en Chine ancienne et médiévale, Paris, Éditions du Cerf - Institut Ricci, coll. « Patrimoines Chine »,‎ 2009
  • (en) John Lagerwey et Marc Kalinowski (dir.), Early Chinese Religion, Part One: Shang through Han (1250 BC-220 AD), Leyde et Boston, Brill Academic Pub,‎ 2009

Littérature[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Loewe (dir.), Early Chinese Texts: A Bibliographical Guide, Berkeley, Society for the Study of Early China and The Institute of East Asian Studies, University of California, Berkeley,‎ 1993
  • André Lévy (dir.), Dictionnaire de la littérature chinoise, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige »,‎ 2000 (1re éd. 1994)

Art et archéologie[modifier | modifier le code]

  • Valérie Courtot-Thibault, coordination, Le Petit livre du cheval en Chine , Lausanne, Caracole,‎ 1989, 205 p. (ISBN 2-8289-0331-1)
  • Jean-Paul Desroches, Marie-Catherine Rey, Des chevaux et des hommes (Han - Tang), Donation Jacques Polain, Musée Guimet 19 octobre 1995 - 15 janvier 1996, Paris, Réunion des Musées nationaux,‎ 1995, 198 p. (ISBN 2711833348).
  • Jean-Paul Desroches, Guilhem André, Han Wei, Danielle Elisseeff, Flora Blanchon, Catherine Delacour, CHINE, Le Siècle Du Premier Empereur, Arles, Actes Sud,‎ 2001, 217 p. (ISBN 2-7427-3300-0).
  • Danielle Elisseeff, Art et archéologie : la Chine du néolithique à la fin des Cinq Dynasties (960 de notre ère), Paris, École du Louvre, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux(Manuels de l'École du Louvre),‎ 2008, 381 p. (ISBN 9782904187235 (École du Louvre)) Ouvrage de référence, bibliographie et Sites Internet.
  • Yolaine Escande, Montagnes et eaux. La culture du Shanshui, Paris, Hermann,‎ 2005, 293 p. (ISBN 2705665218).
  • Yolaine Escande (traduit et commenté par), Traités chinois de peinture et de calligraphie. Tome 1 : les textes fondateurs (des Han aux Sui), Paris, Klincksieck. L'esprit des formes,‎ 2003, 436 p. (ISBN 2252034505).
  • Danielle Elisseeff, L'art chinois, Paris, Larousse,‎ 2007, 237 p. (ISBN 9782035833273).
  • Emmanuelle Lesbre, La Chine ancienne., Paris, Hazan,‎ 2000, 96 p. (ISBN 2850257516).
  • Violette Fris-Larrouy, Arts de Chine, Paris, Société nouvelle Adam Biro. Musée Georges Labit, Toulouse,‎ 1999, 175 p. (ISBN 2876602458).

Autres études[modifier | modifier le code]

  • (en) Bret Hinsch, Women in Early Imperial China, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers,‎ 2011 (ISBN 0-7425-1872-8)
  • (en) Grant Hardy et Anne Behnke Kinney, The Establishment of the Han Empire and Imperial China, Westport, CT, Greenwood Press, coll. « Greenwood guides to historic events of the ancient world »,‎ 2005, 170 p. (ISBN 0-313-32588-X, OCLC 835044351)
  • (en) Rafe de Crespigny, A Biographical Dictionary of Later Han to the Three Kingdoms (23-220 AD), Leyde et Boston, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik »,‎ 2007 (ISBN 90-04-15605-4)
  • Jacques Pimpaneau, Les chevaux célestes, Arles, Philippe Picquier,‎ 2011, 128 p. (ISBN 2.8097.0292.7)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]