Parti libéral-démocrate (Japon)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Parti libéral-démocrate.
Parti libéral-démocrate
自由民主党 (Jiyū Minshutō)
Image illustrative de l'article Parti libéral-démocrate (Japon)
Logo officiel
Présentation
Président Shinzō Abe
Fondation 1955
Siège 1-11-23 Nagata-chō, Chiyoda-ku, Tokyo
Vice-président Masahiko Kōmura
Secrétaire général Shigeru Ishiba
Président du Conseil des Affaires de la Diète Ichirō Kamoshita
Président du groupe à la Chambre des représentants Kazuaki Miyaji
Président du groupe à la Chambre des conseillers Hirofumi Nakasone
Représentants
295 / 480
Conseillers
115 / 242
Idéologie Nationalisme japonais
Conservatisme
Populisme
[réf. nécessaire]
Affiliation internationale aucune
Couleurs bleu et vert (informellement)
Site web www.jimin.jp

Le Parti libéral-démocrate (自由民主党, Jiyūminshutō?), souvent abrégé en Jimintō (自民党?) au Japon et PLD en français, a longtemps été le plus grand parti politique japonais, et reste la principale force de droite et conservatrice du pays. Il a pratiquement toujours gouverné le pays depuis sa création en 1955, sauf pendant un intermède de dix mois entre 1993 et 1994, et pendant trois ans après sa défaite aux élections législatives du 30 août 2009. Il ne doit pas être confondu avec le Parti libéral fondé en 1998, qui a fusionné avec le Parti démocrate du Japon, principal adversaire politique du PLD, en novembre 2003.

Le parti a subi une défaite majeure aux élections de 2007 à la chambre haute, et n'a plus la majorité dans la Chambre des conseillers, puis perd le contrôle de la Chambre des représentants suite à la nette victoire de son principal rival, le Parti démocrate du Japon (PDJ) du centre-gauche, aux élections législatives du 30 août 2009.

Le 26 septembre 2012, l'ancien Premier ministre Shinzō Abe retrouve la présidence du parti cinq ans après l'avoir quittée. Connu pour être un « faucon » sur les questions de sécurité et en matière de relations avec les voisins asiatiques du Japon, il a été élu après avoir mené une campagne résolument nationaliste[1]. Il remplace à ce poste, et à celui de chef de l'opposition, Sadakazu Tanigaki, qui avait été élu suite à la défaite le 28 septembre 2009 pour un mandat de trois ans, et qui a choisi de ne pas se représenter une fois celui-ci arrivé à son terme. Lors des élections législatives du 16 décembre 2012, le PLD retrouve la majorité absolue à la Chambre des représentants. Puis, aux élections du 21 juillet 2013, le parti regagne également, avec ses alliés du Nouveau Kōmeitō, la majorité à la Chambre des conseillers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Congrès fondateur du PLD, le 15 novembre 1955

Le Parti libéral-démocrate est formé le 15 novembre 1955 afin de contrer la montée à l'époque du Parti socialiste japonais, par la fusion des deux principaux partis de centre-droit, jusqu'alors opposés, qui dominaient la vie politique japonaise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale :

  • le Parti libéral (自由党, Jiyutō?) fondé en novembre 1945 par d'anciens cadres politiques des deux grands partis constitutionnels d'avant-guerre, dont Ichirō Hatoyama, mais dominé à partir de 1946, après la purge de ces derniers, par Shigeru Yoshida, au pouvoir de 1946 à 1947 et de 1948 à 1954, d'inspiration libérale, comme son nom l'indique, et mettant l'accent sur la reconstruction économique et industrielle du Japon comme meilleur moyen de restaurer la notabilité du Japon sur la scène internationale (reconstruction qui doit donc être encadrée par l'État selon une acceptation keynésienne), et poussant l'interprétation pacifiste au plus loin (délégation de la souveraineté diplomatique et militaire aux États-Unis, du moins dans un premier temps). Il est conservateur sur le plan social et fermement anti-communiste.
  • le Parti démocrate du Japon (日本民主党, Nihon Minshutō?) - à ne pas confondre avec l'actuel Parti démocrate du Japon qui est aujourd'hui le principal adversaire du PLD - fondé en novembre 1954 par Ichirō Hatoyama sur les bases de ses anciens partisans au sein du Parti libéral et de l'ancien Parti progressiste du Japon (日本進歩党, Nihon Shinpotō?), créé le 16 novembre 1945 et qui a changé ensuite plusieurs fois de nom. Plus au centre que le parti libéral, il est moins concentré sur les dossiers économiques et plus sur les questions sociales et diplomatiques. Il est favorable à un certain retour du Japon sur la scène internationale et à la réconciliation nationale notamment par le biais de l'amnistie de certains accusés de crimes de guerre, et, tout en soutenant activement l'alliance américaine, il veut également développer la coopération asiatique et n'est pas hostile à l'ouverture des relations diplomatiques avec l'URSS (ce qui sera fait en 1956 par Ichirō Hatoyama).

Le Parti au pouvoir (1955-1993)[modifier | modifier le code]

Tous les premiers ministres japonais, entre 1955 et 1993 et depuis 1996, proviennent de ce parti. Il a eu seul la majorité absolue à la Chambre des représentants de 1955 à 1976, de 1980 à 1983, de 1986 à 1993 et de 2005 à 2009, et à la Chambre des conseillers de 1959 à 1977 et de 1980 à 1989. Il bénéficie surtout, pendant les années 1960, 1970 et 1980, du miracle économique japonais dont il est également en partie l'artisan.

Le PLD met en place durant les années 1960, essentiellement à l'instigation des Premiers ministres Hayato Ikeda (1960-1964) puis Eisaku Satō (1964-1972) un état providence particulièrement développé, basé sur un important appareil administratif (tout particulièrement le puissant MITI), de nombreuses aides sociales et une politique de grands travaux (chemin de fer, autoroutes et routes, infrastructures publiques, le tout étant gérés par de grosses entreprises publiques telles que la JNR pour le rail, la JH pour les routes ou encore la Japan Post). Il met également l'accent sur les valeurs traditionnelles japonaises de la famille, du travail et de la fidélité à son entreprise. Cela lui vaut de se constituer une base électorale pendant longtemps solide au sein des classes moyennes, des salariés, des fonctionnaires et des petits agriculteurs. Son organisation s'appuie sur le modèle des factions internes, groupements plus ou moins rivaux réunis derrière certaines figures majeures, nécessitant le maintien d'un perpétuel consensus entre ces différentes tendances qui se répartissent par la concertation les postes clés du gouvernement et de la direction du parti.

Cette recherche du consensus n'empêche pas quelques rivalités et luttes internes, notamment, durant les années 1970, entre Kakuei Tanaka et Takeo Fukuda. Le premier développe, à partir de son groupe de soutien financier Etsuzankai, la pratique par laquelle l'homme politique se sert de sa position nationale pour favoriser le développement de sa circonscription, tandis que le second met en place la première réelle contestation du régime des factions en ouvrant les élections du président du parti aux militants des fédérations locales en 1978.

Les scandales des années 1970 et 1980[modifier | modifier le code]

Toutefois, des scandales politico-financiers à répétition à partir de la fin des années 1970 vont considérablement entacher son image. Les deux principaux d'entre eux furent :

À cela s'ajoute l'éclatement de la bulle spéculative japonaise au début des années 1990 et les pressions diplomatiques de plus en plus vives des États-Unis dans le cadre du cycle d'Uruguay du GATT (1986-1994) contre les mesures protectionnistes touchant les secteurs phares de l'économie japonaise (l'automobile ou l'électronique), qui remettent en question le modèle japonais d'état-providence mis en place par le PLD. Déjà ce dernier avait dû en 1987 lancer la privatisation et le démantèlement en plusieurs entreprises de l'un des piliers du service public japonais, la compagnie nationale de chemin-de-fer JNR.

Le retrait du pouvoir (1993-1996)[modifier | modifier le code]

Yōhei Kōno, le premier président du PLD (1993-1995) à n'avoir jamais été Premier ministre

Dans ce contexte, de plus en plus de voix s'élèvent, notamment au sein d'une jeune génération d'élus du PLD gagnés par les idées libérales de Ronald Reagan ou Margaret Thatcher, pour réformer en profondeur la politique japonaise, la rendre plus transparente et réduire ses pesanteurs administratives et l'appareil d'État. L'apogée de ce mouvement de contestation interne atteint son apogée durant les années 1992 et 1993 avec la création de plusieurs partis dissidents du PLD :

L'adoption de la motion de censure du 18 juin 1993 entraîne immédiatement l'organisation d'élections législatives anticipées le 18 juillet suivant. Si le PLD reste alors le premier parti japonais, avec 36,6 % des suffrages et 223 sièges sur 512, il perd la majorité absolue (ce n'est toutefois pas la première fois) et réalise son plus mauvais score électoral de toute son histoire. De plus, les trois partis dissidents précédemment cités s'allient aux autres partis de l'opposition traditionnelle non communiste (le Parti socialiste japonais, le Kōmeitō, le Parti social-démocrate et la Fédération sociale-démocrate) pour former une coalition anti-PLD qui réussit à réunir une majorité et à former deux gouvernements successifs entre août 1993 et juin 1994 (dirigés successivement par Morihiro Hosokawa puis Tsutomu Hata). Le PLD passe donc alors pour la première et unique fois de son existence dans l'opposition.

Le nouveau chef du PLD, Yōhei Kōno, réussit toutefois à faire revenir son parti au gouvernement dès le mois de juin 1994, en formant une grande coalition avec le Parti socialiste japonais et le Nouveau Parti pionnier. Pour ce faire, il doit néanmoins accepter l'élection au poste de Premier ministre du socialiste, Tomiichi Murayama. Cette concession fragilise beaucoup sa position au sein du parti, avec de nouvelles dissidences emmenées par l'ancien Premier ministre Toshiki Kaifu qui rejoint le nouveau grand parti d'opposition formé par les membres de la coalition anti-PLD ayant rejeté l'idée de grande coalition, le Shinshintō ou Parti de la nouvelle frontière. Le résultat mitigé du PLD aux élections à la Chambre des conseillers de 1995 (si le groupe PLD augmente par rapport au précédent scrutin de 1992, il ne gagne que 4 sièges et est encore loin, avec 110 conseillers sur 252, de la majorité absolue qu'il a perdue en 1989) finit de lui enlever ses derniers soutiens et il doit laisser la présidence du parti à Ryūtarō Hashimoto en octobre 1995. Yōhei Kōno est ainsi, à ce jour, le seul leader du PLD à n'avoir jamais occupé la fonction de Premier ministre.

Le retour difficile à une place dominante (1996-2001)[modifier | modifier le code]

Le retour d'un Premier ministre PLD, à savoir Ryūtarō Hashimoto à partir de janvier 1996, et bien qu'il soit resté pendant tout son mandat à la tête du gouvernement jusqu'en octobre 1998 à la tête de la grande coalition, provoque le retour vers le PLD de parlementaires qui l'avaient quitté en 1994 pour protester contre l'accession d'un socialiste à la tête de l'État. Lors des élections législatives de 1996, malgré le nouveau système électoral mis en place en 1994 par la coalition anti-PLD afin de limiter la domination électorale du parti jugée favorisée par l'ancien mode de scrutin (vote unique non transférable dans le cadre de circonscriptions territoriales, le nouveau système combinant une partie de scrutin uninominal majoritaire à un tour dans 300 circonscriptions et 200 élus à la proportionnelle de listes dans 11 grands blocs législatifs correspondant plus ou moins aux régions du Japon), le PLD remporte un succès tout en ne regagnant pas encore la majorité absolue à lui seul, avec 239 sièges (soit 16 de plus par rapport aux élections de 1993 et 28 de plus par rapport à la chambre sortante) sur 500, 38,63 % des suffrages obtenus dans les votes de circonscription et 32,76 % à la proportionnelle. Il domine alors largement la Grande coalition, puisque le PSJ, qui souffre alors de nombreuses défections et change son nom en Parti social-démocrate, tombe alors de 55 élus en 1993 (mais déjà plus que 30 à la veille des élections de 1996) à 15 députés, et que le Nouveau Parti pionnier, ayant connu lui-aussi son lot de dissidence notamment en direction du tout nouveau Parti démocrate du Japon, tombe lui de 13 représentants en 1996 (et plus que 9 en septembre 1996) à 2 sièges seulement. De plus, le lent délitement du Shinseitō entre 1996 et 1997, laisse le PLD pratiquement sans opposition jusqu'en 1998 et surtout provoque le ralliement continu d'anciens du PLD retournant dans leur famille politique d'origine, si bien que le parti finit par retrouver progressivement à lui-seul la majorité absolue entre 1996 et 2001, son groupe atteignant 271 membres sur 500 à la veille des élections de 2000.

Néanmoins, le retour à une mauvaise situation économique suite à la crise asiatique de 1997 rend le gouvernement Hashimoto plutôt impopulaire et le PLD réalise un très mauvais score à la Chambre des conseillers aux élections de 1998 puisque son groupe au sein de cette assemblée passe de 110 à 106 élus sur 252. Suite à ce semi-échec, la Grande coalition éclate et Hashimoto doit démissionner. Il est remplacé par Keizō Obuchi, qui forme cette fois une coalition de droite unissant, sur un programme de réforme de l'État et de diminution du poids de l'administration, le PLD au Parti libéral, tout juste formé sur les décombres de l'ancien Shinshintō par le libéral Ichirō Ozawa, et vite rejoint par le parti centriste confessionnel, ressuscité après avoir participé lui aussi au Shinshintō, du Nouveau Kōmeitō. Les élections de 1998 démontrent également l'apparition d'un nouveau mouvement, le Parti démocrate du Japon qui, fort désormais de 95 représentants et de 47 conseillers, commence à constituer une opposition certes encore limitée mais qui ne cessera par la suite de se renforcer.

Ainsi, aux élections législatives de 2000 puis de 2003, le PLD chute ou bien stagne, tout en bénéficiant à chaque fois de plusieurs ralliements qui lui permettent de regagner la majorité absolue en cours de législature (le nombre d'élus passe de 239 sur 500 en 1996 à 271 à la fin de la législature, puis chute à 233 sur 480 aux élections de 2000 et remonte à la fin de cette législature en 2003 à 247 avant de tomber à nouveau à 237 suite au scrutin de 2003), tandis que le PDJ ne cesse de croître (de 95 élus à sa création en 1998, il passe à 127 élus sur 480 en 2000, puis à 137 à la fin de la législature et enfin à 177 suite au scrutin de 2003, réussissant même alors à battre le PLD pour la partie de l'élection se déroulant à la proportionnelle). De plus, le Parti libéral se sépare en deux en 2000 entre 18 députés favorables au maintien de l'alliance avec le PLD et qui forment le Parti conservateur (devenu en 2002 le Nouveau Parti conservateur avant de se fondre dans le PLD suite aux élections de 2003), et 18 autres, fidèles d'Ichirō Ozawa, qui restent au sein du Parti libéral et rejoignent l'opposition (ils se fondront dans le PDJ avant les élections de 2003). Ainsi, suite aux élections de 2000, le nouveau Premier ministre Yoshirō Mori dispose d'une majorité beaucoup plus faible que ce dont il pouvait disposer auparavant (271 députés sur 480, le PLD chutant donc de 271 à 233 sièges, mais ses deux alliés perdant également alors des sièges, le Nouveau Kōmeitō passant de 42 à 31 élus et le Parti conservateur de 18 à 7 représentants).

Le renouveau : Jun'ichirō Koizumi (2001-2006)[modifier | modifier le code]

L'arrivée au pouvoir en 2001 du réformateur libéral Jun'ichirō Koizumi marque un tournant considérable dans l'histoire du PLD, en allant à contre-courant de sa direction habituelle. Particulièrement charismatique et au style personnel tranchant avec celui de ses prédécesseurs (notamment par son utilisation massive des médias comme moyen de communication), il se rend vite populaire et réussit à gouverner en se libérant du poids des factions internes au parti. Il met également en place une politique résolument libérale de démantèlement des vestiges de l'état providence japonais (avec surtout les privatisations en 2005 de la Japan Highway Public Corporation et de la Japan Post, mais aussi la réforme bancaire, la loi de décentralisation de 2003 ou la loi de fusion des municipalités de 2004 visant à réduire le nombre de ces dernières, notamment en zone rurale).

Les élections législatives de 2005 sont l'apogée de sa politique de réforme en profondeur du PLD et du Japon : ayant dissout la Chambre des représentants suite au rejet par la Chambre des conseillers de son projet de privatisation de la poste japonaise (projet qui a entraîné l'entrée dans l'opposition de nombreux représentants de la vieille garde du parti, les « rebelles postaux » comme Shizuka Kamei), Koizumi transforme ces élections anticipées en un véritable plébiscite de sa politique de réforme et l'utilise pour moderniser le PLD. En effet, profitant des nombreuses défections des « rebelles postaux », il leur oppose de jeunes hommes et femmes récemment entrés en politique et qui lui sont entièrement dévoués (surnommés les « assassins »). C'est alors un franc succès : le parti de Koizumi réussit, pour la première fois depuis 1993, à obtenir la majorité absolue à lui seul lors d'une élection législative, avec 296 représentants sur 480, réunissant 47,77 % des suffrages dans les circonscriptions uninominales et 38,18 % à la proportionnelle. Il s'agit du plus important résultat électoral obtenu par le PLD depuis 1960.

Un parti à la recherche d'un leadership (2006-2009)[modifier | modifier le code]

Popularité des partis politiques d'avril 2005 à août 2009 (NHK Broadcasting Culture Research Institute) :
     PLD
     PDJ
     Kōmeitō
     PCJ
     PSD
     Divers
     Indépendants
Popularité des partis politiques depuis août 2009 (NHK Broadcasting Culture Research Institute) :
     PLD
     PDJ
     Kōmeitō
     PCJ
     PSD
     Divers
     Indépendants

Mais, suite au retrait (annoncé en 2005) de Jun'ichirō Koizumi en septembre 2006, se pose alors la question de sa succession. En effet, trois Premiers ministres se succèdent alors en trois ans (Shinzō Abe de 2006 à 2007, Yasuo Fukuda de 2007 à 2008 et Tarō Asō de 2008 à 2009). Touché à nouveau par des scandales à répétition (non plus politico-financiers, mais plutôt de gestion, comme celui de la perte de plusieurs milliers de dossiers de retraites en 2007 ou encore la collision d'un navire de guerre avec un bateau de pêche en 2008) tandis que le Japon rentre à nouveau dans une période de crise économique à quoi s'ajoute un creusement du fossé social, le PLD et ses dirigeants atteignent des sommets d'impopularité.

C'est dans ce contexte que, pour la première fois de son histoire, le PLD perd sa place de premier parti du Japon lors d'un scrutin parlementaire : il n'obtient ainsi que 28,1 % des suffrages et 37 sièges sur les 121 qui étaient renouvelés lors des élections de la Chambre des conseillers en 2007, soit nettement moins que les 39,5 % et 60 élus du PDJ. Ainsi, le PLD ne dispose plus que de 83 sièges sur 242 à la chambre haute du parlement, et les 20 conseillers de son traditionnel allié du Nouveau Kōmeitō ne lui permettent pas d'atteindre la majorité absolue. En revanche, celle-ci est détenue par les 109 élus du PDJ et ses alliés de l'opposition non-communistes. Cette défaite est confirmée deux ans plus tard avec la perte de l'autre partie de la Diète, la Chambre des représentants, lors des élections législatives du 30 août 2009. Le PLD y réalise le plus mauvais score de toute son histoire : avec 38,68 % des suffrages exprimés au scrutin majoritaire et 26,73 % à la proportionnelle, contre respectivement 47,43 % et 42,41 % au PDJ, le parti perd 155 circonscriptions et en tout 177 sièges pour n'obtenir que 109 députés sur 480. Les démocrates obtiennent à eux seuls la majorité absolue, avec 308 élus.

Principal parti d'opposition (2009-2012)[modifier | modifier le code]

Élu président du parti le 28 septembre 2009, Sadakazu Tanigaki est seulement le deuxième chef de l'opposition de l'histoire du PLD (après Yōhei Kōno). Sa manière de mener le parti est vite contestée au sein de son propre parti. Plusieurs voix s'éleve pour lui reprocher de ne pas assez mettre à profit les difficultés du gouvernement (notamment les affaires de financement politique touchant le Premier ministre Yukio Hatoyama et le secrétaire général Ichirō Ozawa) et la baisse de ce dernier dans les sondages pour renforcer la position du PLD qui reste à un niveau de popularité relativement bas, de ne pas être assez offensif dans les débats parlementaires (critiques formulées notamment par trois anciens ministres de Tarō Asō : Kunio Hatoyama, Kaoru Yosano et le populaire Yōichi Masuzoe) et de ne pas aller assez vite dans la modernisation du parti (appelée tout particulièrement par ses deux adversaires de l'élection à la présidence, Tarō Kōno et Yasutoshi Nishimura).

Cela se traduit par de nombreuses dissidences. En décembre 2009, trois membres de la Chambre des conseillers quittent le parti pour siéger comme indépendants : Kōtarō Tamura de la préfecture de Tottori le 18 décembre (il rejoint finalement le PDJ le 8 février 2010, un changement de camp d'autant plus préoccupant pour le PLD qu'il fait partie des conseillers dont le mandat doit être renouvelé lors de l'élection de juillet 2010), Tamon Hasegawa de celle d'Ibaraki le 22 et Toshio Yamauchi de Kagawa le 25 (cette défection-ci est toutefois perçue comme un « échange » avec le petit parti du Club Kaikaku, un allié jusque là du PLD, auquel Yamauchi, qui a d'ores et déjà annoncé qu'il ne se représentait pas au scrutin de juillet 2010[2], adhère le 8 janvier 2010, tandis que six jours plus tard l'un des membres du Club, Shinpei Matsushita, rejoint le principal parti d'opposition afin d'obtenir son investiture dans la préfecture de Miyazaki aux prochaines élections)[3].

Mais les dissidences les plus inquiétantes pour le PLD interviennent au printemps 2010. Ainsi, Kunio Hatoyama démissionne à son tour officiellement le 24 mars 2010[4]. Il est suivi par Kaoru Yosano et le secrétaire général délégué du parti Hiroyuki Sonoda le 7 avril (après l'avoir annoncé le 2)[5], puis le lendemain par le conseiller et ancien ministre des Transports (de 1997 à 1998) Takao Fujii[6] et un autre membre de la Chambre haute, Yoshio Nakagawa. Ces quatre derniers fondent le 10 avril 2010 avec un « rebelle postal » de 2005, le député Takeo Hiranuma, et le gouverneur de Tokyo Shintarō Ishihara, connus pour leurs positions conservatrices et nationalistes, un nouveau parti inscrit dans l'opposition au PDJ, baptisé Tachiagare Nippon (たちあがれ日本?, littéralement « Debout, Japon ») ou officiellement traduit en anglais par Sunrise Party of Japan (SPJ)[7]. Trois anciens membres de la Diète et ministres de Koizumi, toujours membres jusque là du PLD (Toranosuke Katayama, Nariaki Nakayama et Taizō Sugimura), ainsi que la conseillère Taizō Sugimura rejoignent ce nouveau parti en mai et juin 2010. Enfin, Yōichi Masuzoe, qui mène dans les sondages comme l'homme politique préféré pour devenir le prochain Premier ministre (un sondage du Yomiuri Shimbun lui donne un taux de 27 %[8]), et le conseiller Tetsurō Yano quittent à leur tour le PLD le 22 avril[9]. Ils rejoignent le Club Kaikaku, Masuzoe en prend la présidence, le transforme en Nouveau parti de la réforme et le fait sortir de sa relation exclusive avec le PLD (il quitte notamment le groupe parlementaire commun qu'il partageait avec ce dernier).

Afin de contrer cette hémorragie, Sadakazu Tanigaki s'appuie sur un certain nombre de quadragénaires et quinquagénaires arrivés sur le devant de la scène politique durant l'ère Koizumi (surtout Nobuteru Ishihara, devenu secrétaire général le 9 septembre 2010, mais aussi Shigeru Ishiba ou Yuriko Koike) et organise le parti en réelle force d'opposition. Il le dote d'instances prises sur le modèle du système de Westminster en créant le 6 avril 2010 un cabinet fantôme, la « Commission de renforcement de l'administration » (政権力委員会, Seiken ryoku iinkai?) ou Next Japan (ネクスト・ジャパン, Nekusuto Japan?), avec pour but d'exposer dans chaque secteur les positions et propositions du parti à destination des médias, de la population ainsi que de la majorité et de participer au processus de réforme et de modernisation du parti, en tentant de préparer notamment un renouvellement générationnel[10]. Il le remplace le 22 septembre suivant par un Shadow Cabinet plus proche de son homonyme britannique, avec un titulaire pour chaque poste ministériel du gouvernement officiel.

Les élections à la Chambre haute du 11 juillet 2010, lors desquelles le parti réalise une bonne performance sans détrôner le PDJ comme premier parti ni en voix ni en siège, entraîne la perte de la majorité absolue à la Chambre des conseillers par la majorité au pouvoir. Sadakazu Tanigaki s'appuie sur cette situation pour faire pression sur le gouvernement, y faisant voter régulièrement des motions de censure non contraignantes contre certains ministres, poussant les Premiers ministres démocrates à remanier régulièrement leurs administrations. Et s'il fait voter certains textes de la majorité, c'est pour mieux obtenir des concessions de cette dernière. Ainsi, s'il soutient les mesures de reconstruction et d'urgences suite au séisme de la côte Pacifique du Tōhoku du 11 mars 2011 et à ses conséquences (tsunami, accident nucléaire de Fukushima), il fait en contrepartie renoncer le PDJ à certaines de ses promesses de campagne de 2009 (comme l'augmentation de l'aide à l'éducation des enfants ou la gratuité des péages autoroutiers), et pousse le Premier ministre Naoto Kan à la démission[11]. De même, l'année suivante, il aide le gouvernement de Yoshihiko Noda à faire passer sa réforme fiscale et de la sécurité sociale, qui prévoit surtout une augmentation de la taxe sur la consommation, projet également défendu par le PLD, en échange de la promesse obtenue de Noda de convoquer des élections législatives anticipées (sans pour autant donner de date).

Les candidats à l'élection présidentielle du PLD à Nagano le 16 septembre 2012. De g. à dr. : Yoshimasa Hayashi, Nobuteru Ishihara, Nobutaka Machimura, Shigeru Ishiba et Shinzō Abe

Alors que le terme du mandat de trois ans de Sadakazu Tanigaki à la tête du PLD, fixé au 26 septembre 2012, approche, de plus en plus de voix au sein du parti s'élèvent contre sa réélection, mettant en avant la volonté d'un renouvellement générationnel ou lui reprochant de n'avoir pas réussi à obtenir de Yoshihiko Noda une date précise pour la dissolution de la Chambre des représentants ni d'avoir créé un réel rebond du mouvement dans l'opinion publique. De nombreuses figures qui jusque-là avaient montré un certain soutien à sa candidature, finissent par le désavouer à partir du début du mois de septembre 2012 : Yoshirō Mori[12], Nobuteru Ishihara ou le chef de sa propre faction, Makoto Koga, avec qui il a toujours eu néanmoins des relations difficiles, semblent le désavouer un à un[13]. Finalement, Sadakazu Tanigaki annonce le 10 septembre 2012 qu'il renonce à se présenter pour un deuxième mandat à la tête du PLD. S'il reconnaît que : « Nous sommes juste à un pas de retrouver le contrôle du gouvernement et je souhaitais fortement le faire de mes propres mains », il affirme dans le même temps : « Je ne pense pas que ce soit bon que deux membres exécutifs [du parti] s'affrontent », laissant ainsi le champ libre à Nobuteru Ishihara[14] qui annonce officiellement sa candidature dès le lendemain[15].

Le 26 septembre 2012, suite à une campagne ayant essentiellement tourné sur les questions de politique étrangère dans un contexte de fortes tensions avec les voisins du Japon sur des différents territoriaux, surtout avec la République populaire de Chine sur les îles Senkaku suite au rachat par le gouvernement japonais de l'une d'entre elle ou avec la Corée du Sud sur les rochers Liancourt, Shinzō Abe est élu pour la deuxième fois de sa carrière politique président du PLD. Ayant conservé sa position de « faucon », sa défense de la révision de l'aspect pacifiste de la Constitution japonaise et sa tendance nationaliste, il a notamment avant le scrutin remis en question l'existence des femmes de réconfort, proposé de revenir sur la déclaration faite le 15 août 1995 par Tomiichi Murayama qui formulait des excuses pour les crimes de guerre du Japon Shōwa et appelé à ce que le Japon défende fermement ses positions concernant les territoires contestés. Il est de plus le candidat qui a le plus appelé à une alliance avec un parti récemment créé et connaissant un certain succès dans l'opinion publique, la populiste Association pour la restauration du Japon du maire d'Ōsaka Tōru Hashimoto. Shinzō Abe l'a emporté au deuxième tour de scrutin face à un autre « faucon » et spécialiste des questions de sécurité au sein du PLD, l'ancien ministre de la Défense Shigeru Ishiba, qui était le favori des militants et sympathisants d'après les sondages[1]. Ce dernier est ainsi arrivé en tête du premier tour, avec 199 votes (dont 165 des 300 alloués au vote des membres des fédérations préfectorales et 34 des 197 parlementaires qui se sont exprimés) contre 141 à Abe (54 membres de la Diète et 87 délégués des militants), 96 à Nobuteru Ishihara (il arrive en tête du vote des parlementaires en rassemblant sur son vote 58 d'entre eux, mais ne gagne que 38 votes de militants), 34 à Nobutaka Machimura (27 parlementaires et 7 représentants de la base) et 27 à Yoshimasa Hayashi (24 parlementaires et 3 votes militants). Au second tour, ouvert aux seuls élus de la Diète, Shinzō Abe a obtenu 108 votes contre 89 à Shigeru Ishiba. Ce dernier est nommé le lendemain du scrutin secrétaire général et numéro deux du parti.

Une nouvelle majorité PLD (2012- )[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du 16 décembre 2012, le PDJ, devenu très impopulaire, subit une défaite sévère, retombant à seulement 57 sièges. Cela se traduit en contrepartie par une importante victoire en nombre de sièges du PLD, qui obtient à lui seul la majorité absolue pour atteindre les 294 élus. Le vote majoritaire explique tout particulièrement cette victoire, avec 237 des 300 circonscriptions gagnées. Par contre, à la proportionnelle, le parti n'obtient que deux sièges de plus qu'en 2009, soit 57 sur les 180 à pourvoir. Les 31 élus du Nouveau Kōmeitō (retrouvant 9 circonscriptions au vote majoritaire alors qu'il les avait toutes perdues en 2009, il n'obtient qu'un député de plus à la proportionnelle) permettent à la coalition de centre-droit, avec 325 représentants, de dépasser le seuil des 2/3 des membres de la chambre basse (soit 320 membres sur 480) nécessaires pour faire passer des textes même en cas d'avis contraire de la Chambre des conseillers, où il n'y a toujours pas de majorité. Le nombre de députés est vite porté à 295 à partir du 28 décembre 2012, avec le retour de Kunio Hatoyama.

La forte abstention (avec 40,68 % d'électeurs ne s'étant pas déplacés pour voter, il s'agit du record depuis 1945), de dix points supérieure à celle de 2009[16], est analysée par les médias et analystes politiques comme le signe d'un vote sanction du PDJ sans espoir réel suscité néanmoins par les libéraux-démocrates. Takeshi Sasaki, professeur de sciences politiques à l'université Gakushūin, déclare, par exemple : « Les électeurs ne se sont pas portés sur un nouveau choix, mais ont voulu punir le PDJ ». Il ajoute de plus que le victoire du PLD « ne signifie pas que les électeurs portent les mesures défendues par le parti en haute considération. Ce serait une erreur d'interpréter le résultat de cette manière. » Les cadres de la nouvelle majorité, y compris Abe, reconnaissent eux-mêmes cet état de fait au cours de la soirée électorale. Lors d'une apparition à la télévision, ce dernier a ainsi admis que les Japonais ne lui avait pas donné une approbation à « cent pour cent », mais qu'ils voulaient plutôt « mettre fin à trois années de chaos ». Il ajoute de plus : « À moins de satisfaire les attentes des électeurs, leur soutien à notre égard disparaîtra. Avec ça en tête, nous devons garder un sens de tension [dans la gestion du gouvernement] »[17].

Direction du parti[modifier | modifier le code]

Présidence[modifier | modifier le code]

Élection[modifier | modifier le code]

Siège du PLD le jour de l'élection de son président, le 22 septembre 2008

Jusqu'en 2001, les présidents étaient élus de manière pratiquement exclusives par les parlementaires issus du parti, quand ils n'étaient pas désignés à l'avance de manière consensuelle entre les dirigeants des factions internes. Toutefois, plusieurs expériences ont été tentées afin d'accroître le rôle des adhérents directs et réduire le poids de l'appareil central. Takeo Fukuda introduit pour les élections de 1978 un système de primaire restreinte : tous les militants participent au vote et un millier d'entre eux représente alors 1 000 voix, les deux candidats ayant obtenu le meilleur score étant ensuite présentés devant les parlementaires qui les départagent (ce mode de scrutin desservira d'ailleurs Takeo Fukuda puisqu'il est vaincu par Masayoshi Ōhira, il se désiste ensuite au second tour en faveur de ce dernier qui est donc déclaré gagnant par défaut). Quatre ans plus tard, pour l'élection du président en 1982, Zenkō Suzuki élargit encore plus ce système en établissant une primaire intégrale pour le premier tour, chaque adhérent représentant désormais une voix pour départager les candidats, les trois personnes arrivées en tête se qualifiant pour un second tour. Ainsi, Yasuhiro Nakasone est le seul président du parti à ce jour à avoir été élu par la majorité des militants du parti, par 559 673 voix (57,6 % des suffrages, il n'y a pas de second tour, ces deux challengers arrivés en seconde et troisième positions se désistant en sa faveur). Par la suite, le vote réservé aux parlementaires et à quelques notables du parti est rétabli pour un temps[18].

Le système actuel a été établi sous la présidence de Yoshirō Mori en 2000 et appliqué pour la première fois pour l'élection de 2001 qui a vu la victoire de Jun'ichirō Koizumi. Il établit un collège électoral double composé :

  • des parlementaires du parti qui disposent chacun d'une voix,
  • des « membres du parti », à savoir la totalité des militants qui tous ensemble représentent entre 141 et 159 voix et votent au niveau des sections des préfectures (chacune d'entre elle dispose de 3 bulletins à l'élection du président plus éventuellement 18 autres voix réparties entre ces départements selon leurs poids démographiques, ces voix sont ensuite réparties entre les candidats à la proportionnelle de l'ensemble des suffrages de militants qu'ils ont recueillis selon la méthode de la plus forte moyenne d'Hondt[19]).

Si l'un des candidats recueille plus de 50 % des voix, il est élu au premier tour. Dans le cas contraire, les deux candidats ayant recueilli le plus de suffrages s'affrontent lors d'un second tour ouvert aux seuls parlementaires[20].

Le mandat du président était de deux ans jusqu'en 2003, augmenté à trois ans depuis. Si un président ne peut terminer son mandat, l'élection de son successeur pour la durée restante du mandat se fait uniquement parmi les parlementaires.

Historique des présidents[modifier | modifier le code]

Ichirō Hatoyama et la première équipe dirigeante du PLD en 1955

Par tradition, le Premier ministre du Japon est le dirigeant du parti politique qui possède la majorité au parlement, ou tout du moins à la Chambre des représentants. Tous les premiers ministres depuis 1955 provenant du PLD, à l'exception de la période allant de 1993 à 1996, la désignation de son président a souvent signifié l'accession au poste de chef de gouvernement. Tous ses présidents, à l'exception de Yōhei Kōno (en fonction de 1993 à 1995) et de Sadakazu Tanigaki (en place du 28 septembre 2009 au 26 septembre 2012), ont été également Premiers ministres.

Liste des présidents du PLD depuis 1955[21] :

  1. 15 novembre 1955 - 5 avril 1956 : présidence collégiale composée de :
  2. 5 avril - 14 décembre 1956 : Ichirō Hatoyama
  3. 14 décembre 1956 - 21 mars 1957 : Tanzan Ishibashi
  4. 21 mars 1957 - 14 juillet 1960 : Nobusuke Kishi
  5. 14 juillet 1960 - 1er décembre 1964 : Hayato Ikeda
  6. 1er décembre 1964 - 5 juillet 1972 : Eisaku Satō
  7. 5 juillet 1972 - 4 décembre 1974 : Kakuei Tanaka
  8. 4 décembre 1974 - 23 décembre 1976 : Takeo Miki
  9. 23 décembre 1976 - 1er décembre 1978 : Takeo Fukuda
  10. 1er décembre 1978 - 12 juin 1980 : Masayoshi Ōhira
  11. 15 juillet 1980 - 25 novembre 1982 : Zenkō Suzuki
  12. 25 novembre 1982 - 31 octobre 1987 : Yasuhiro Nakasone
  13. 31 octobre 1987 - 2 juin 1989 : Noboru Takeshita
  14. 2 juin - 8 août 1989 : Sōsuke Uno
  15. 8 août 1989 - 30 octobre 1991 : Toshiki Kaifu
  16. 31 octobre 1991 - 29 juillet 1993 : Kiichi Miyazawa
  17. 30 juillet 1993 - 30 septembre 1995 : Yōhei Kōno
  18. 1er octobre 1995 - 24 juillet 1998 : Ryūtarō Hashimoto
  19. 24 juillet 1998 - 5 avril 2000 : Keizō Obuchi
  20. 5 avril 2000 - 24 avril 2001 : Yoshirō Mori
  21. 24 avril 2001 - 30 septembre 2006 : Jun'ichirō Koizumi
  22. 1er octobre 2006 - 23 septembre 2007 : Shinzō Abe (1re fois)
  23. 23 septembre 2007 - 22 septembre 2008 : Yasuo Fukuda
  24. 22 septembre 2008 - 28 septembre 2009 : Tarō Asō
  25. 28 septembre 2009 - 26 septembre 2012 : Sadakazu Tanigaki
  26. 26 septembre 2012 - en fonction : Shinzō Abe (2e fois).

Équipe dirigeante[modifier | modifier le code]

Les membres de l'équipe dirigeante du parti sont nommés par le président du parti. La direction actuelle comprend :

Présidence
  • Président : Shinzō Abe (Premier ministre, également président de la conférence d'initiative politique)
  • directeur du bureau des ressources humaines : Tsutomu Yamazaki
  • directeur du bureau de la comptabilité : Taimei Yamaguchi
  • directeur du bureau de recherche d'information : Tetsuma Esaki
  • directeur du bureau international : Tatsuya Itō
  • président de la commission des finances : Ryū Shionoya
  • président du commission de la stratégie électorale : Takeo Kawamura
    • présidents adjoints de la commission de la stratégie électorale : Motoo Hayashi - Hiromi Yoshida
    • secrétaire général de la commission de la stratégie électorale : Kōichi Hagiuda (également vice-secrétaire général)
  • président du quartier général des mouvements et organisations : Wataru Takeshita
  • président de la commission de la régulation du parti : Shūzen Tanigawa
  • président de l'école du gouvernement central : Tarō Kōno (également vice-secrétaire général)
  • président adjoint de la conférence d'initiative politique : Fukushirō Nukaga
    • président du quartier général de promotion de la réforme administrative : Yoshio Mochizuki
    • président du quartier général de réalisation de la réforme du système politique et du parti : Ichirō Aisawa
    • président du quartier général de promotion de la réforme constitutionnelle : Kōsuke Hori
    • président du quartier général de promotion du gouvernement régional : Masahiro Imamura
    • président du quartier général pour l'accélération de la reconstruction après le séisme du grand est du Japon : Tadamori Ōshima
    • président du quartier général unifié pour la réforme électorale : Hiroyuki Hosoda (également secrétaire général délégué)
    • présidente du quartier général pour la revitalisation de l'économie : Sanae Takaichi (également présidente du Conseil de recherche politique et du quartier général des réponses aux fortes neiges de 2012)
    • président du quartier général pour réaliser la réhabilitation de l'éducation : Toshiaki Endō
    • président de la conférence pour une stratégie de rénovation de la diplomatie : Masahiko Kōmura (également vice-président)
    • présidente du quartier général des réponses aux fortes neiges de 2012 : Sanae Takaichi (également présidente du Conseil de recherche politique et du quartier général pour la revitalisation de l'économie)
  • présidente du quartier général des relations publiques : Yuriko Koike
    • présidents adjoints du quartier général des relations publiques : Takuya Hirai (également directeur du bureau des médias numériques) - Issei Kitagawa
    • vice-présidents du quartier général des relations publiques : Yoshihisa Furukawa (également directeur du bureau de la stratégie des relations publiques et vice-président du Comité des affaires de la Diète) - Motoyuki Fujii (également directeur du bureau des publications et de la presse)
    • directeur du bureau de la stratégie des relations publiques : Yoshihisa Furukawa (également vice-président du quartier général des relations publiques)
    • directeur du bureau des médias numériques : Takuya Hirai (également président adjoint du quartier général des relations publiques)
    • directeur du bureau des publications et de la presse : Motoyuki Fujii (également vice-président du quartier général des relations publiques).
Conseil général
Conseil de Recherche politique 
  • directeur du comité des Finances et du Crédit : Naokazu Takemoto
  • directeur du comité de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie : Toshiei Mizuochi (également vice-président du Comité des Affaires de la Diète)
  • directeur du comité de la Santé, du Travail et des Affaires sociales : Takamaro Fukuoka
  • directeur du comité de l'Agriculture et des Forêts : Yasuhiro Ozato
  • directeur du comité de la Pêche : Shinsuke Suematsu
  • directeur du comité de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie : Ichirō Miyashita
  • directeur du comité du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme : Akihiro Nishimura
  • directeur du comité de l'Environnement : Tomokatsu Kitagawa (également vice-secrétaire général)
Affaires et groupes à la Diète 

Idéologie et factions[modifier | modifier le code]

Le PLD est un parti conservateur sur les questions de société et libéral sur les questions économiques. De façon générale les dirigeants issus de ce parti insistent sur la nécessité d'entretenir de bonnes relations avec l'allié américain, sur le besoin de réformer la constitution pacifiste pour permettre au pays de se doter officiellement d'une armée et sur la volonté de donner un poids politique au Japon sur la scène internationale qui soit équivalent à son rang de grande puissance économique. En particulier, Jun'ichirō Koizumi décida l'envoi des forces d'auto-défense en Irak, lors de la seconde guerre d'Irak.

Toutefois, il existe au sein du parti une multitude de tendances avec des variations idéologiques, avec des franges aux marges allant du traditionalisme à une forme de progressisme voire au réformisme de type néo-conservateur sur le plan social, de quelques éléments proches du protectionnisme, du social-libéralisme ou du keynésianisme (maintien d'une certaine forme d'État-providence et donc rejet de la rigueur budgétaire) au libéralisme sur le plan économique et financier, et de la défense du multilatéralisme au nationalisme interventionniste sur le plan diplomatique.

Les divisions traditionnelles[modifier | modifier le code]

Le PLD est donc divisé depuis sa création en une multitude de factions (派閥, habatsu?), autant divisées sur le plan idéologique que correspondant à des luttes de personnes (les principes politiques peuvent également varier au sein même d'une faction). À l'origine, une fracture idéologique a longtemps existé entre les héritiers des deux grands partis qui ont présidé à la création du PLD : le Parti libéral de Shigeru Yoshida et le Parti démocrate d'Ichirō Hatoyama. Il a ainsi pendant longtemps été distingué deux formes distinctes de conservatisme japonais :

  • le « courant conservateur principal » (保守 本流, Hoshu honriū?), longtemps dominant, notamment durant la période du miracle économique japonais des années 1960 aux années 1980 avec des personnalités comme Hayato Ikeda, Eisaku Satō et Kakuei Tanaka (à quoi il faut ajouter deux personnalités influentes lors du lancement du PLD mais qui n'ont jamais accédé aux responsabilités et dont la faction ne leur a pas survécu : celle de Taketora Ogata puis Mitsujirō Ishii, ou encore celle de Banboku Ōno), il s'agit des héritiers de Shigeru Yoshida et de sa doctrine visant à concentrer les efforts gouvernementaux sur l'économie, et notamment l'industrie et le commerce par une forme d'étatisme, de dirigisme et d'état-providence (ou « État constructeur ») qui le rapproche du keynésianisme, voire du social-libéralisme, et par un certain degré de protectionnisme. On peut distinguer ainsi en son sein un « Conservatisme de gauche » (保守 左派, Hoshu saha?), prônant une troisième voie fondée sur les valeurs japonaises et permettant de rejeter tant le capitalisme que le socialisme, jugées comme des idéologies occidentales (Yōhei Kōno, Makoto Koga ou encore Tarō Asō peuvent être considérés comme des représentants de cette tendance, ainsi que de nombreux dissidents comme le fondateur du NPP Shizuka Kamei). Aujourd'hui, les factions du Heiseikai (héritière en partie des anciennes factions Satō puis Tanaka, fondée par Noboru Takeshita) et celles du Kōchikai et de l’Ikōkai (descendantes toutes deux de la faction Ikeda, avec des éléments toutefois du courant conservateur secondaire pour la dernière) peuvent être considérées comme relevant de cette tendance.
  • le « courant conservateur secondaire » (保守 傍流, Hoshu bōriū?), plutôt majoritaire désormais depuis la fin des années 1990, il est l'héritier de l'ancien Parti démocrate d'Ichirō Hatoyama, Tanzan Ishibashi, Nobusuke Kishi, Ichirō Kōno et Bukichi Miki. Ses figures dominantes ont notamment été par la suite Takeo Fukuda, Yasuhiro Nakasone, Yoshirō Mori, Jun'ichirō Koizumi et Shinzō Abe. Les factions pouvant être classées dans ce courant aujourd'hui sont le Seiwakai (ex-faction Fukuda, elle-même héritière de Nobusuke Kishi mais aussi de franges issues des partisans de Ichirō Kōno, regroupés un temps dans la faction Mori en opposition à celle de Nakasone, et de Eisaku Satō), le Shisuikai et le Kinmirai Seiji Kenkyūkai (nées toutes deux de l'ex-faction Nakasone et héritières d'Ichirō Kōno) et le Banchō Seisaku Kenkyūjo (ex-faction Miki). Elles ont toutes en commun le rejet des factions dominantes du « courant conservateur principal » et appellent à une réforme profonde tant du parti que de l'État visant à en changer les pratiques qu'elles jugent bureaucratiques et opaques. Elles défendent généralement une vision assez libérale des pratiques politiques, estimant que le gouvernement représentatif doit être le véritable élément de décision politique et doit s'affranchir des pressions extérieures, notamment de la haute-administration d'État. Elles s'accordent souvent aussi sur la nécessité de faire renaître la fierté d'être Japonais passant soit par un rétablissement des valeurs traditionnelles (le Shisuikai), soit par une diplomatie plus active (sans pour autant parler de nationalisme ou de politique agressive ou militariste sur le plan des affaires étrangères, ces questions transcendant aujourd'hui totalement le jeu des factions puisque l'on retrouve à la fois des « faucons » et des « colombes » dans les deux tendances du conservatisme japonais, tandis que le Banchō Seisaku Kenkyūjo milite notamment pour le multi-latéralisme et le respect de la constitution pacifique japonaise).

La formation des équipes dirigeantes du parti, et donc du Cabinet, a toujours nécessité la mise en place d'un consensus entre ces différents groupes de pression. L'un des principaux objectifs de Jun'ichirō Koizumi était justement de mettre fin à cet équilibre jugé « bureaucratique » et de se libérer de l'influence des factions. Ceci a abouti à des courses à la présidence plus ouvertes, tout particulièrement pour celles de 2008 et 2012, avec 5 candidats à chaque fois, soit le record depuis 1966. S'y présente ces deux fois un seul chef de faction, respectivement Tarō Asō qui dirige la plus petite mais est élu avec une large majorité au premier tour et Nobutaka Machimura qui est le président de la plus importante mais est battu dès le premier tour, ainsi qu'un candidat lors des deux scrutins n'appartient à aucun de ces groupes de pression (Kaoru Yosano, qui arrive deuxième en 2008, et Shigeru Ishiba, qui arrive en tête du premier tour en 2012 pour être battu au second). Et, en 2012, Shinzō Abe est élu alors qu'il était candidat contre le chef de sa propre faction et qu'il n'était officiellement soutenu que par les deux plus petites factions du PLD, à savoir l’Ikōkai de Tarō Asō et le Banchō Seisaku Kenkyūjo de Masahiko Kōmura.

Cette organisation a néanmoins perduré et les factions conservent un poids malgré tout : dans le deuxième gouvernement Abe, sur les 17 ministres issus du PLD (hors Premier ministre qui, par tradition, n'appartient plus à aucune faction), 14 appartiennent encore à l'un de ces groupes dont 4 chefs (et 3 d'entre eux à des portefeuilles régaliens : Tarō Asō de l’Ikōkai comme Vice-Premier ministre et ministre des Finances, Sadakazu Tanigaki de la tendance du Kōchikai qui lui est restée fidèle à la Justice et Fumio Kishida pour la mouvance majoritaire du Kōchikai aux Affaires étrangères ; s'y ajoute Nobuteru Ishihara du Kinmirai Seiji Kenkyūkai à l'Environnement et à la Prévention des catastrophes nucléaires). Deux autres chefs de fonction ont aussi des fonctions d'importance, l'un au parti (Masahiko Kōmura du Banchō Seisaku Kenkyūjo en est le vice-président) et l'autre à la Chambre des représentants (Bunmei Ibuki du Shisuikai en est élu président).

Pour pallier ces évolutions, des associations et think-tank transcendant les factions se sont constitués de manière ponctuelles depuis la fin des années 1990. Ainsi, le « trio YKK » (Taku Yamasaki, Kōichi Katō et Jun'ichirō Koizumi et leurs partisans), formé au début des années 1990, avait pour but de réunir dans un même objectif (voir l'un des leurs accéder à la tête du parti pour mettre en place leur programme, ce qui sera le cas en 2001 avec l'élection de Koizumi) les différentes tendances « réformatrices » : réforme du parti, économique, administrative, politique, sociétale et constitutionnelle.

Les débats nouveaux de l'ère Heisei[modifier | modifier le code]

Les différences idéologiques historiques ont eu tendance à s'estomper progressivement, la division en faction s'étant faite au fil du temps au gré des querelles de personnes et des héritages politiques plus que de réelles divergences de points de vue. De plus, tous ces groupes sont pratiquement aujourd'hui divisés sur la base de nouveaux débats, essentiellement en ce qui concerne la politique étrangère et de sécurité d'une part, mais aussi sur la politique financière et budgétaire.

Sur la politique étrangère et de sécurité[modifier | modifier le code]

Les débats internes portent ainsi sur la défense ou non (et sous quelle forme) du nationalisme, du degré de réforme de la constitution et du maintien ou du changement de la diplomatie traditionnelle japonaise, fondée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sur la « doctrine Yoshida » qui met l'accent sur la croissance économique rapide et donc la défense des intérêts commerciaux, de faibles dépenses militaires et l'alliance avec les États-Unis, à quoi s'est progressivement ajouté par la suite la coopération asiatique à travers l'action de Kakuei Tanaka puis la définition de la « doctrine Fukuda », la priorité pouvant être accordée de manière différente à l'un de ces piliers selon le dirigeant du parti.

La politologue Keiko Hirata distingue alors trois tendances particulières (elle en décrit une quatrième, le pacifisme, mais n'y range aucune personnalité du PLD)[22] :

  • les « normalistes » (généralement associés par les médias internationaux aux « nationalistes » sous le terme de « faucons », aussi qualifiés de « réalistes libéraux » par Kenneth B. Pyle et de « réalistes militaires » par Mike M. Mochizuki) qui souhaitent que le Japon devienne un « État normal », et qui défendent donc surtout une révision de l'article 9 de la constitution pour y faire reconnaître le droit du pays à une auto-défense collective centrée sur l'alliance nippo-américaine (même si ce discours a été associé initialement à une défense d'une diplomatie plus indépendante des États-Unis, sur le modèle gaulliste de l'« indépendance nationale », les derniers tenants de cette position, tels Ichirō Ozawa ou Shizuka Kamei, ont pour la plupart quitté le PLD pour l'opposition) et les Forces d'autodéfense comme une armée conventionnelle pouvant intervenir pour le maintien de la paix et de la stabilité internationale. Il ne s'agit pas nécessairement pour eux de redevenir une superpuissance militaire, ni de mener une politique agressive, mais d'exercer les droits traditionnels d'une nation souveraine en matière de défense, qui sont aussi pour eux des devoirs à remplir à l'égard des alliés du Japon. La coopération régionale au sein de cette tendance s'oriente plutôt vers les autres alliés des États-Unis (la Corée du Sud et l'Australie principalement) et à une volonté de répondre fermement aux programmes militaires de la Corée du Nord ou de la République populaire de Chine, sans pour autant mettre de côté toute coopération diplomatique avec ses deux pays. Quoi qu'il en soit, beaucoup de ces « normalistes » n'ayant pas quitté le PLD dans les années 1990 ou 2000 ont un rapport décomplexé à l'égard des symboles controversés du nationalisme japonais (tels que les visites au sanctuaire de Yasukuni), défendent la souveraineté japonaise sur les territoires contestés par ses voisins (surtout les îles Senkaku, les rochers Liancourt dits Takeshima et les îles Kouriles méridionales appelées Territoires du Nord) et le rejet de toute « repentance » à l'égard du passé (certains, tels Shinzō Abe, que Hirata appelle les « normalistes à tendance nationaliste », adoptent même des discours révisionnistes, surtout sur les femmes de réconfort). Tous reconnaissent toutefois la nécessité de maintenir une coopération asiatique, et éventuellement d'adapter leur vision du nationalisme japonais à ces efforts (en proposant, par exemple, de retirer les criminels de guerre de classe A de Yasukuni). Le « courant conservateur secondaire » a longtemps représenté cette tendance, triomphante une première fois à la fin des années 1950 dans son aspect d'« indépendance » à l'égard des États-Unis (à travers Ichirō Hatoyama, Tanzan Ishibashi puis Nobusuke Kishi), développée par Yasuhiro Nakasone sans réussir à remplacer la doctrine Yoshida dans les années 1980 et revenue sur le devant de la scène du parti dans son acception pro-américaine depuis les années 2000. Des membres de pratiquement toutes les factions (sauf éventuellement du Kōchikai ou du Banchō Seisaku Kenkyūjo) peuvent être rangés dans cette catégorie : Jun'ichirō Koizumi, Shinzō Abe, Yuriko Koike, Ichita Yamamoto (tous quatre membres ou anciens membres du Seiwakai), Shigeru Ishiba (ancien de l’Heiseikai), Tarō Asō (chef de l’Ikōkai) ou Bunmei Ibuki (du Shisuikai).

Sur la ligne budgétaire[modifier | modifier le code]

Le dernier gouvernement de Jun'ichirō Koizumi a adopté en 2006 un plan pour retrouver un excédent primaire d'ici 2011 tant par une baisse des dépenses que par une hausse des revenus (et donc de la taxe sur la consommation). Par la suite, sa mise en œuvre a donné lieu à de vifs débats qui ont fortement divisé le parti à compter de 2007 (et a notamment été le thème central de l'élection à la présidence du PLD en septembre 2008), dans un contexte marqué par le maintien de la forte dette publique japonaise, le problème récurrent de la déflation et la crise économique de la fin des années 2000. Plus largement, les clivages portent sur la continuation, l'infléchissement ou l'arrêt des réformes menées par Jun'ichirō Koizumi entre 2001 et 2006.

Se distinguent alors trois tendances, matérialisées par trois groupes inter-factions depuis 2007[23],[24] :

  • le « Comité pour réaliser la pensée avec correction » (正しいことを考え実行する会, Tadashiikoto o kangae jikkōsuru kai?), ou Tadashii giren (正しい議連?), il est surnommé « Faction de l'importance d'une régénération financière » (財政再建重視派, Zaisei saiken jūshi ha?) ou « Faction des faucons financiers » (財政タカ派, Zaisei-taka ha?). Il s'agit de conservateurs fiscaux adeptes de la rigueur budgétaire, et tout particulièrement de la hausse de la taxe sur la consommation afin de financer la sécurité sociale. Ils défendent les réformes de Koizumi et veulent les continuer tout en les infléchissant ou les réorientant légèrement, à la fois dans leurs priorités (en mettant l'accent pour leur part sur la réforme budgétaire) et dans leurs contenus (la plupart appelant à mener une politique sociale plus active, les réductions de dépenses devant être trouvés dans d'autres secteurs tout particulièrement celui des chantiers publics, tandis que les hausses d'impôt doivent servir à financer cette sécurité sociale qu'ils veulent renforcer). Ils soutiennent aussi généralement l'indépendance de la Banque du Japon, quitte à coopérer avec elle pour lutter contre la déflation et user de la diplomatie internationale pour infléchir le marché des changes, et s'appuient sur les fonctionnaires du ministère des Finances (tout particulièrement de la direction du budget) et de l'Agence des services financiers. Cette tendance est (ou a été) représentée surtout par Sadakazu Tanigaki et Kōichi Katō (chefs successifs d'une des deux factions rivales du Kōchikai, le dernier retiré depuis 2012), Yasuo Fukuda et Nobutaka Machimura (du Seiwakai), Bunmei Ibuki (ancien chef du Shisuikai), Nobuteru Ishihara et Taku Yamasaki (chefs successifs du Kinmirai Seiji Kenkyūkai, le dernier retiré depuis 2009), ou Takashi Sasagawa (de l’Heiseikai, retiré depuis 2009), et les dissidents Kaoru Yosano (ancien du Shisuikai qui s'est pourtant allié à la politique de relance de Tarō Asō de 2008 à 2009 et a participé ensuite à la création du Parti de l'aube du Japon en 2010, a quitté la vie politique en 2012) et Hiroyuki Sonoda (ancien du Seiwakai, il a rejoint le Parti de l'aube également puis l'Association pour la restauration du Japon). Cette politique a surtout été suivie durant le troisième gouvernement Koizumi de 2005 à 2006 et le gouvernement Fukuda de 2006 à 2007, puis à travers l'accord passé par Sadakazu Tanigaki, alors président du PLD et chef de l'opposition, avec le gouvernement démocrate de Yoshihiko Noda pour faire passer la loi de réforme de la fiscalité et de la sécurité sociale ;
  • la « Faction de la marée montante » (上げ潮派, Age shio ha?), ou plus généralement ce que Gregory W. Noble appelle les « Tax cutters » (« coupeurs de taxe »), réunissant des partisans d'une politique de réformes économiques libérales dans la continuité de la politique de Koizumi. Il s'agit surtout de Yuriko Koike, Shinzō Abe (anciens du Seiwakai, le dernier ne s'est toutefois jamais associé à l'expression de la « marée montante ») et plus généralement des anciens « Enfants de Koizumi » (Tomomi Inada du Seiwakai ou Hirotaka Ishihara qui est sans faction), d'Akira Amari (Kinmirai Seiji Kenkyūkai) ou encore de Fukushirō Nukaga (chef de l’Heiseikai), et auparavant de Hidenao Nakagawa (Seiwakai, retiré depuis 2012), Jun'ichirō Koizumi (ancien du Seiwakai, retiré depuis 2009), Heizō Takenaka (retiré depuis 2006, qui est à l'origine de l'expression de la « marée montante »), Hiroko Ōta (n'a jamais été membre de la Diète mais ministre de 2007 à 2008, elle a toutefois nié faire partie de la « Faction de la marée montante » mais Gregory W. Noble la range malgré tout parmi les « coupeurs de taxe »), Yoshimi Watanabe (est parti créé Votre Parti en 2009) ou Kōji Omi (Seiwakai, retiré depuis 2009). Ils estiment que l'équilibre budgétaire doit être atteint par une réduction des dépenses et par une libération de la croissance à l'aide de réformes structurelles, de la lutte contre la déflation (avec une politique d'assouplissement monétaire active, quitte à mettre à mal l'indépendance de la Banque du Japon), d'une déconcentration, d'une dérégulation, de privatisations et d'une baisse des impôts (surtout celui sur les sociétés) pour favoriser l'investissement et l'innovation. Ils sont pour ouvrir la gestion du budget à l'expertise de personnalités issues du privé, et s'appuient sur des économistes, universitaires (tels Heizō Takenaka ou Hiroko Ōta) ou chefs d'entreprise ainsi que sur le Conseil de la politique économique et fiscale du Bureau du Cabinet. À noter que certains membres de cette tendance sont plutôt favorables à une coopération avec la « Faction pour le report des objectifs d'excédents » (et donc à une dose de relance économique et à conditionner une hausse de la taxe sur la consommation à une reprise de l'économie), tels Shinzō Abe ou Akira Amari, tandis que d'autres au contraire s'y opposent fortement et s'associent généralement avec les « Faucons financiers », par exemple Hidenao Nakagawa (pour sa part toutefois hostile à toute augmentation des impôts), Jun'ichirō Koizumi, Yuriko Koike ou Yoshimi Watanabe. Cette politique de « réformes structurelles » et de « baisse des impôts » a été menée généralement par les trois gouvernements de Jun'ichirō Koizumi (avec une inflexion vers la rigueur à la fin du dernier) et par les deux de Shinzō Abe, celui de 2006 à 2007 et celui en place depuis 2012 (avec la « Faction pour le report des objectifs d'excédents » pour ce dernier, à travers la politique dite des Abenomics) ;
  • la « Faction pour le report des objectifs d'excédents » (黒字化目標先送り派, Kurojika mokuhyō sakiokuri ha?), dite des « Big spenders » (« gros dépensiers ») par Gregory W. Noble, comprenant des keynésiens adeptes d'une politique de relance de l'économie à l'aide des dépenses publiques (notamment par le biais de grands chantiers, soutenant souvent une forme de continuité avec l’« État-construction » du temps du miracle économique japonais) prenant le pas sur la réduction du déficit budgétaire qui doit être menée ultérieurement et sur les réformes de Koizumi dont certaines doivent être abandonnées, temporairement ou définitivement. Tous ne s'accordent pas toujours sur le champ à favoriser, cela pouvant dépendre des différentes « tribus » (, zoku?, nom donné aux groupes de parlementaires qui se spécialisent tout particulièrement, de par leurs parcours professionnels et politiques, dans les affaires liées à un ministère, et qui tissent des réseaux particuliers avec ce dernier) auxquelles ils appartiennent (les Affaires étrangères et la culture pour Tarō Asō, les autoroutes pour Makoto Koga, l'agriculture et le commerce international pour Shōichi Nakagawa). Cette tendance est la plus opposée à une augmentation de la taxe sur la consommation et a retardé (et finalement empêché) le processus de privatisation de la poste. Elle est surtout représentée par Tarō Asō (chef de l’Ikōkai) mais aussi Shōichi Nakagawa (jusqu'à son décès en 2009), Makoto Koga (ancien chef d'une des deux tendances rivales du Kōchikai, retiré en 2012) ou Kunio Hatoyama (ancien de l’Heiseikai). Cette politique, longtemps celle principalement défendue par le PLD jusque dans les années 1990, a également été menée lors du gouvernement Asō de 2008 à 2009 et est associée à celle du second Cabinet Abe, dont Tarō Asō est le ministre des Finances, depuis 2012.

Factions[modifier | modifier le code]

Il y a actuellement 8 factions au sein du PLD, qui, bien qu'elles disposent toutes d'un nom officiel, sont généralement désignées sous le nom de la personnalité la dirigeant. Ainsi, le Conseil pour la nouvelle politique est généralement appelé la faction Machimura (町村派, Machimura-ha?).

Dénomination officielle Création Principaux idéaux Président Représentants Conseillers Ministres Postes de l'exécutif détenus
Conseil pour la nouvelle politique (清和政策研究会,
Seiwa Seisaku Kenkyūkai
?)
1979 Libéral conservatisme
Déréglementation administrative
Interventionnisme diplomatique
Américanophilie
Takeo Fukuda (1979-1986)
Shintarō Abe (1986-1991)
Hiroshi Mitsuzuka (1991-1998)
Yoshirō Mori (1998-2000)
Jun'ichirō Koizumi (2000-2001)
Yoshirō Mori (2001-2006)
Nobutaka Machimura
58[25] 25 4[26] Président, Premier ministre (Shinzō Abe)
Secrétaire général délégué (Hiroyuki Hosoda)
Vice-président de la Chambre des conseillers (Masaaki Yamazaki)
Groupe d'études d'Heisei (平成研究会,
Heisei Kenkyūkai
?)
1985 Conservatisme libéral modéré
Frange keynésienne
Multilatéralisme et coopération asiatique
Noboru Takeshita (1985-1987)
Shin Kanemaru (1987-1992)
Keizō Obuchi (1992-1998)
Tamisuke Watanuki (1998-2000)
Ryūtarō Hashimoto (2000-2004)
Yūji Tsushima (2005-2009)
Fukushirō Nukaga
30 19[27] 3 Président de l'assemblée générale des parlementaires (Hidehisa Otsuji)
Groupe du grand bassin (宏池会,
Kōchikai
?)
1957 Conservatisme modéré
Centrisme
Coopération asiatique
Consensus entre factions
Hayato Ikeda (1957-1964)
Shigesaburō Maeo (1964-1970)
Masayoshi Ōhira (1970-1980)
Zenkō Suzuki (1980-1986)
Kiichi Miyazawa (1986-1998)
Kōichi Katō (1998-2000)
Mitsuo Horiuchi (2000-2006)
Makoto Koga (2006-2012)
Fumio Kishida
29 9 3
Groupe du bien public (為公会,
Ikōkai
?)
1999[28] Keynésianisme
Nationalisme
Populisme
Réformisme du parti
Yōhei Kōno (1999-2006)
Tarō Asō
29 4 1
Groupe pour un leadership volontaire (志帥会,
Shisuikai
?)
1998 Conservatisme
Traditionalisme
Nationalisme
Masakuni Murakami (1998-1999)
Takami Etō (1999-2003)
Shizuka Kamei (2003-2005)
Bunmei Ibuki (2005-2012)
Toshihiro Nikai
26[29] 4 1 Président de la Chambre des représentants (Bunmei Ibuki)
Président du Comité de la stratégie électorale (Takeo Kawamura)
Groupe du voisinage (有隣会,
Yūrinkai
?)
2000[30]
2012
Conservatisme
Coopération commerciale asiatique
Consensus entre factions
Kōichi Katō (2000-2002)
Sadatoshi Ozato (2002-2005)
Sadakazu Tanigaki
14 3 3
Institut de recherche pour une nouvelle politique (番町政策研究所,
Banchō Seisaku Kenkyūjo
?)
1964[31] Pacifisme
Coopération asiatique
Keynésianisme modéré
Réformisme du parti
Takeo Miki (1964-1980)
Toshio Kōmoto (1980-1997)
Masahiko Kōmura (2000-2012)
Tadamori Ōshima
8[32] 3 0 Vice-président (Masahiko Kōmura)
Commission pour un futur politique (近未来政治研究会,
Kinmirai Seiji Kenkyūkai
?)
1998 Libéralisme
Conservatisme social
Interventionnisme diplomatique et militaire
Taku Yamasaki (1998-2012)
Nobuteru Ishihara
10 0 2

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) A. MARTIN, « Abe Elected to Lead Japan Opposition Party », The Wall Street Journal, 26/09/2012
  2. (ja) « 山内参院議員は出馬せず/来夏の参院選 », Shikoku News, 24/09/2009
  3. (en) T. HARRIS, « The LDP chooses inertia », Observing Japan, 28/12/2009
  4. (en) Kyodo, « LDP officially approves Kunio Hatoyama's resignation  », Japan Today, 25/03/2010
  5. (en) A. KITANAKA, « Japan Ex-Finance Chief Yosano Quits LDP, May Form New Party », Business Week, 03/04/2010
  6. (en) Kyodo, « Fujii tenders his resignation letter to LDP ahead of joining new party », The Japan Times, 09/04/2010
  7. (en) Kyodo, « Hiranuma, Yosano launch new party to oppose DPJ », The Mainichi Daily News, 10 avril 2010
  8. (en) « Poll: Masuzoe would be best prime minister », Yomiuri Shimbun, 06/2010
  9. (en) « Japan's most popular politician bolts conservative party », AFP, 22/04/2010
  10. (ja) « 谷垣禎一総裁発言 », Conférence de presse de Sadakazu Tanigaki, site du PDJ, 06/04/2010
  11. (en) L. SIEG, M. NEGISHI, « Calls grow for Japan PM to quit in wake of quake », Reuters, 14/04/2011
  12. (en) « Ex-premier Mori backs Tanigaki's reelection as LDP head », House of Japan, 24/07/2012
  13. (en) « Tanigaki loses key support in reelection bid », Yomiuri Shimbun, 04/09/2012
  14. (en) M. ITO, N. FUKUE, « Tanigaki out, Ishihara likely in LDP race », The Japan Times, 11/09/2012
  15. (en) Jiji Press, « Ishihara declares bid for leadership of LDP », Yomiuri Shimbun, 11/09/2012
  16. (en) « LOWER HOUSE ELECTION 2012 / LDP set to retake reins of power / Party projected to win stable majority; Noda to quit as DPJ head over loss », Yomiuri Shimbun, 17/12/2012
  17. (en) R. YOSHIDA, « LDP aware voters just punished DPJ », The Japan Times, 17/12/2012
  18. (ja) Historique des élections des présidents du PLD sur le site officiel du parti
  19. (en) Art. 20 des règles pour l'élection du président : « CALCULATING PARTY MEMBERS' BALLOTS  », site officiel du PLD
  20. « Désignation du Premier ministre japonais: une procédure, un calendrier », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 22 septembre 2008 (consulté le 22 septembre 2008)
  21. (en) Liste des présidents du PLD, site officiel du parti.
  22. [PDF] K. HIRATA, « Who Shapes the National Security Debate ? Divergent Interpretations of Japan’s Security Role », Asian Affairs : An American Review, 2009
  23. (ja) « 財政タカ派/上げ潮派/黒字化目標先送り派 », Momo's blog, 09/09/2008
  24. (en) [PDF] G. W. NOBLE, « Political-bureaucratic alliances for fiscal restraint in Japan », in Todai-Yale Iniative Horiba International Conference, Tokyo, 10/09/2010
  25. Officiellement, la faction Machimura ne comporte que 57 membres à la Chambre des représentants depuis que Shinzō Abe est devenu président du parti en 2012.
  26. En comptant le Premier ministre.
  27. Officiellement, la faction ne comporte plus que 18 Conseillers, le Vice-président de la Chambre, membre de cette faction, siégeant par tradition comme non inscrit.
  28. Fondé sous le nom de Groupe du grand courage (大勇会, Taiyūkai?), a pris son nom actuel en 2006.
  29. Officiellement, la faction Ibuki ne comporte plus que 25 membres à la Chambre des représentants depuis que Bunmei Ibuki est devenu le président de cette assemblée en 2012.
  30. S'est fondu dans l'autre faction Kōchikai en 2008 avant d'être recréée comme faction à part entière en 2012.
  31. Fondé sous le nom de Conférence politique (政策懇談会, Seisaku Kondankai?) en 1964, a été repris et réformé en 1980 sous l'appellation de Nouvel institut de recherche politique (新政策研究会, Shin-seikaku Kenkyūjo?) pour prendre son nom actuel en 1995.
  32. Officiellement, la faction Kōmura ne comporte plus que sept députés, le cinquième, Masahiko Kōmura, ayant officiellement quitté la faction une fois devenu vice-président.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eddy Dufourmont, Histoire politique du Japon (1853-2011), Presses universitaires de Bordeaux,‎ 2012
  • Le Japon contemporain, sous la direction de Jean-Marie Bouissou, Fayard, 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]