Sankin-kōtai

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Un paravent décrivant la procession des daimyos au château d'Edo.
Tokiwa bashi sur le Nagasaki Kaidō à Kitakyushu, utilisé pour le sankin-kōtai

Sous l'ère Edo, le sankin-kōtai (参勤交代?, littéralement rotation de services) était un système de résidence alternée des daimyos (大名, daimyō?) qui les obligeait à passer une année sur deux à Edo et à y laisser leur femme et leurs enfants lorsqu'ils retournaient au han (?, fief).

Historique[modifier | modifier le code]

Ce système existait déjà pendant l'ère Muromachi mais il fut institutionnalisé en 1635. Il s'assouplit par une réforme sur les modalités de service en 1862 et connut une vaine tentative de rétablissement des anciens critères en 1865. Ses effets se caractérisent par une concentration du pouvoir, une vassalisation et un appauvrissement des daimyos.

Pour le pouvoir shogunal en effet, cette double résidence a non seulement l'avantage d'offrir un moyen de pression sur les daimyo par la prise d'otages, mais aussi celui de peser lourdement sur leurs finances personnelles, obligés qu'ils sont de se déplacer avec leur suite entre deux résidences dont ils doivent assurer l'entretien[1].

En revanche, ce système conduit à la présence constante à Edo d'une population très importante de samouraïs oisifs. Cette gent turbulente, inoccupée, constitue une bonne partie de la clientèle du quartier des plaisirs d'Edo, le Yoshiwara. Avec les centaines de daimyos se rendant chaque année à Edo, les processions de daimyo (大名行列, daimyō gyōretsu?) étaient quasi-quotidienne dans la capitale shogunale.

Aspects connexes[modifier | modifier le code]

C'est pendant l'ère Edo que les shogun Tokugawa développe les cinq routes principales destinés à renforcer le contrôle du pays, les Gokaidō (les « cinq grandes routes »). Les deux plus connues sont celles qui relient Edo (où réside le shogun) et Kyōto (où réside l'empereur) : ce sont le Tōkaidō, qui longe le littoral, et le Kiso Kaidō (appelé aussi Nakasendō), qui passe par l'intérieur des terres. Des logements spéciaux, les honjin (本陣?), étaient à la disposition des daimyos pendant leurs voyages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Frédéric, Le Japon : Dictionnaire et civilisation, Editions Robert Laffont,‎ 1999, 1470 p. (ISBN 2-221-06764-9)
  • Edwin O. Reischauer, Histoire du Japon et des Japonais (tome I), Éditions du Seuil,‎ 1973 (ISBN 2-02-000675-8)