Sakhaline

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Sakhaline
Carte de Sakhaline.
Carte de Sakhaline.
Géographie
Pays Drapeau de la Russie Russie
Archipel Aucun
Localisation Mer du Japon et mer d'Okhotsk (Océan Pacifique)
Coordonnées 51° N 143° E / 51, 14351° N 143° E / 51, 143  
Superficie 72 492 km2
Côtes 3 166 km
Point culminant Mont Lopatin (1 609 m)
Géologie Île continentale
Administration
District fédéral Extrême-orient
Sujet fédéral Oblast de Sakhaline
Démographie
Population 673 000 hab. (2005)
Densité 9,28 hab./km2
Plus grande ville Ioujno-Sakhalinsk
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+11

Géolocalisation sur la carte : Russie

(Voir situation sur carte : Russie)
Sakhaline
Sakhaline
Îles de Russie

Sakhaline (en russe : Сахалин ; en chinois traditionnel : 庫頁 ; chinois simplifié : 库页 ; pinyin : Kùyè; en japonais : 樺太, Karafuto) est une île russe située dans le nord-ouest de l'océan Pacifique, au large de la Sibérie, à 9 000 km de Moscou.

Administrativement, l'île constitue, avec les îles Kouriles, l'oblast de Sakhaline. Sa capitale, Ioujno-Sakhalinsk (en russe : Южно-Сахалинск, en japonais : 豊原, Toyohara), compte 173 000 habitants. Elle est desservie par SAT Airlines depuis Ioujno-Sakhalinsk.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

L'île de Sakhaline s'étend sur une superficie de 72 492 km2[1]. Elle est baignée par les eaux de la mer d'Okhotsk à l'est. Sa côte occidentale est séparée du continent asiatique par le détroit de Tartarie (mer du Japon). Son extrémité sud est séparée de l'île d'Hokkaidō par le détroit de La Pérouse. L'île a une forme très étirée dans le sens nord-sud si bien que plus de 8 degrés de latitude séparent ses extrémités méridionale (cap Crillon) et septentrionale (cap Élisabeth). Sa longueur est de 948 km tandis que sa largeur varie entre 6 km et 160 km selon la latitude. La côte sud-orientale est échancrée par une large baie, la baie Patience, tandis que la baie d'Aniva incurve l'extrémité méridionale de l'île.

Le relief de l'île est différencié et complexe. Tandis que le centre et le sud de l'île sont montagneux, le nord de l'île est occupé par une plaine. La partie centrale de l'île est dominée par deux grandes chaînes de montagne parallèles. La chaîne orientale, la plus haute, culmine à 1 609 m au mont Lopatine, plus haut sommet de l'île, tandis que la chaîne occidentale culmine à 1 325 m.

Les principaux cours d'eau de l'île sont le Tym (en russe : Тымь), un fleuve de 330 km de long et d'une surface de bassin versant de 7 850 km2 et le Poronaï (en russe : Поронай), un fleuve de 360 km de long et d'une surface de bassin versant de 7 990 km2.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sakhaline est habitée depuis le Néolithique. De nombreux éclats de silex comparables à ceux qu'on trouve en Sibérie, des haches en pierre polie similaires à celles présentes en Europe et des poteries avec des ornementations comme celles d'Olonets ont en effet été mis au jour sur l'île.

L'île était habitée à l'origine par différents peuples indigènes : les Aïnous occupaient la moitié sud de l'île tandis que les Oroks occupaient la partie centrale et les Nivkhes le nord.

Les Japonais s'établirent dans l'extrémité méridionale de l'île à Ootomari en 1679 dans l'objectif de coloniser celle-ci. Ils cartographièrent l'île et la nommèrent Kita-Ezo c'est-à-dire « au nord d'Hokkaidō », Ezo étant l'ancien nom de Hokkaidō.

Sakhaline devint connue des Européens grâce aux voyages des navigateurs Ivan Moskvitine au XVIIe siècle, de Jean-François de La Pérouse en 1787 et de Johann Adam von Krusenstern en 1805. Mais ils croyaient tous que Sakhaline était une péninsule car ils ignoraient l'existence du détroit de Tartarie. Le détroit ne fut découvert qu'en 1809 par le navigateur japonais Mamiya Rinzō.[réf. nécessaire] Lapérouse n'arriva pas à franchir les bancs de sable, hauts-fonds du détroit de Tartarie ; les autochtones lui confirmèrent cependant que leur terre était une île[2].

Estimant que Sakhaline était une extension à la fois culturelle et géographique de Hokkaidō, les Japonais proclamèrent leur souveraineté sur l'ensemble de l'île ainsi que sur l'archipel des Kouriles en 1845. En 1855, le Japon et la Russie signèrent le traité de Shimoda, déclarant que les deux nations pouvaient occuper l'île, les Russes s'installant au nord et les Japonais au sud, sans qu'une frontière ne soit précisément tracée. Après la guerre de l'opium, la Russie contraignit la Chine à signer le traité d'Aigun et la convention de Pékin. La Chine y abandonnait ses prétentions territoriales sur les régions situées au nord du fleuve Amour et à l'est de la rivière Oussouri, régions incluant l'île de Sakhaline. Les Russes installèrent un établissement pénitentiaire sur l'île en 1857. En 1875, à la suite de la signature du traité de Saint-Pétersbourg, les Japonais cédèrent le sud de l'île aux Russes en échange des îles Kouriles.

En 1905, à la fin de la guerre russo-japonaise, les Russes et les Japonais signèrent aux États-Unis le traité de Portsmouth. Par cet accord, le Japon récupérait la partie sud de l'île, tandis que la Russie conservait les trois cinquièmes nord de celle-ci. La frontière entre les deux pays était fixée le long du 50e parallèle nord.

 la fin de la Seconde Guerre mondiale, après la déclaration de guerre de l'Union soviétique au Japon, l'Armée rouge débuta l'attaque de l'île le 11 août 1945, soit quatre jours avant la capitulation japonaise face aux forces américaines. Bien que trois fois plus nombreux que les Japonais, les Soviétiques avancèrent très difficilement en raison de la forte résistance qu'ils rencontrèrent. La conquête de l'île se termina le 25 août 1945 avec l'occupation de la capitale, Toyohara (actuelle Ioujno-Sakhalinsk). Les Japonais estiment que l'offensive soviétique coûta la vie à 20 000 civils.

Depuis la dislocation de l'Union soviétique, l'île sort de son isolement. Elle entend utiliser ses ressources inexploitées en lorgnant vers l'espace commercial de ses voisins : la Corée du Sud et surtout le Japon.

Économie[modifier | modifier le code]

Sakhaline est potentiellement riche en ressources naturels, notamment en pétrole.[Quoi ?]

Certes, l'île ne peut guère tabler sur son agriculture : les étés trop courts ne permettent pas à la plupart des fruits, légumes ou céréales d'atteindre leur maturité. Seuls sont cultivés des produits rustiques : pommes de terre, choux et carottes, dont les récoltes sont entravées par le manque de main d'œuvre. Rigoureux, le climat de Sakhaline n'est guère propice à l'agriculture. L'île s'approvisionne en Asie centrale, recevant par avion légumes et fruits.

Mais la mer livre ses trésors à foison : thons, crabes et saumons dont les œufs en caviar font le régal des Japonais. L'île peut aussi miser sur d'importantes ressources naturelles en hydrocarbures, pétrole et gaz. L'extrême Nord, autour d'Okha, produit déjà plus de 2 millions de tonnes d'or noir par an qu'un oléoduc sous-marin expédie directement sur le continent. Les réserves offshore, enfin, seraient évaluées à 1,5 milliard de tonnes de pétrole et à 140 milliards de m3 de gaz en cours d'exploitation avec les projets Sakhaline I et Sakhaline II.

Démographie[modifier | modifier le code]

Composition ethnique[modifier | modifier le code]

La variété ethnique caractérise la population de Sakhaline. Russes et autochtones cohabitent et parfois se marient entre eux. Il existe aussi une communauté coréenne dont la première immigration date du début du XXe siècle. Le recensement de 2002 donnent les chiffres suivants pour l'oblast de Sakhaline qui englobe, en plus de l'île proprement dite de Sakhaline, l'archipel faiblement peuplé des Kouriles. Sur une population totale de 546 695 habitants on dénombre 460 778 Russes, 29 592 Coréens, 21 831 Ukrainiens, 6 830 Tatars, 5 455 Biélorusses, 2 943 Mordves, 2 450 Nivkhes et 1 300 Tchouvaches[3]. L'île était peuplée à l'origine par les Aïnous, les Nikhves et quelques Evenks.

Les indigènes aïnous furent expulsés du sud de l'île par le pouvoir soviétique en 1945 après la reconquête de ce territoire en même temps que les Japonais. Contrairement aux Coréens, amenés en tant que prisonniers par l'Empire japonais pour travailler dans les mines de charbon, qui ne furent pas rapatriés[4].

Principales villes[modifier | modifier le code]

Ville Nom russe Population (2002)
Ioujno-Sakhalinsk Южно-Сахалинск 175 085
Korsakov Корсаков 36 652
Kholmsk Холмск 35 141
Okha Оха 27 963
Nevelsk Невельск 18 639
Poronaïsk Поронайск 17 954
Ouglegorsk Углегорск 13 396
Aleksandrovsk-Sakhalinski Александровск-Сахалинский 12 826
Dolinsk Долинск 12 555

Climat[modifier | modifier le code]

La plage d'Okhoskoye.

Par sa latitude, proche de celle du nord de la France, l'île devrait bénéficier d'un climat tempéré. Pourtant les courants froids du Pacifique pénétrant dans la mer d'Okhotsk y font geler les eaux en hiver. Le détroit qui sépare l'île du continent (il mesure 7 km dans sa partie la plus étroite) est alors pris par la glace et ouvre ainsi une route «terrestre» maintes fois utilisée dans l'histoire. En raison de l'extension en latitude de l'île on observe une gradation des températures du nord au sud de celle-ci. En hiver la température varie de −17 °C à −21 °C au nord et de −6 °C à −11 °C au sud mais la température peut descendre jusqu'à −48 °C dans la vallée de la Tym. En été la température varie de 11 °C à 16 °C au nord et de 17 °C à 22 °C au sud. À l'automne, des typhons porteurs de tourmentes de neige y paralysent fréquemment le trafic maritime et aérien ; et, en été, le ciel se charge de brouillards épais.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le Cap Silencieux (« cap Tihii »).

La flore de Sakhaline est très diversifiée et comporte des essences d'arbres rares. Ainsi dans la forêt poussent le mélèze, l'épicéa du Japon, le sapin de Sakhaline, le frêne de Mandchourie et le chêne de Mongolie ainsi que le bambou des Kouriles et la fougère géante. En altitude, on rencontre aussi le bouleau de pierre et le pin nain de Sibérie.

La faune sauvage est tout aussi variée. L'île est peuplée d'ours, de zibelines, de rennes, de gloutons, de chevrotains porte-musc. Des colonies d'otaries et de lions de mer vivent sur le rivage. Le murin Myotis abei (en) ne se rencontre que sur l’île de Sakhaline.

Littérature[modifier | modifier le code]

L'Île de Sakhaline est un ouvrage d'Anton Tchekhov.

Personnalités nées sur l'île de Karafuto (Sakhaline)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Islands by land area
  2. Voir texte de l'expédition de Lapérouse[réf. incomplète]
  3. chiffres du recensement de 2002
  4. Sébastien Falletti, « Sakhaline, terminus russe des Coréens », Le Figaro, le 11 octobre 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]