Bataille de Midway

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֩28°12′N 177°21′W / 28.2, -177.35

Bataille de Midway
SBDs approach the burning Mikuma (Center).
Avions américains attaquant le Mikuma
Informations générales
Date 5 juin 1942
Lieu Au large de l'île de Midway
Issue Victoire américaine décisive
Belligérants
États-Unis États-Unis Drapeau : Japon Empire du Japon
Commandants
Frank J. Fletcher,
Raymond A. Spruance
Chūichi Nagumo,
Isoroku Yamamoto,
Nobutake Kondō
Forces en présence
3 porte-avions, 4 croiseurs,
environ 50 navires de soutien
359 avions dont 127 basés sur Midway
4 porte-avions, 2 cuirassés, 3 croiseurs, 248 avions (Nagumo),
1 porte-avions, 3 cuirassés, 8 avions (Yamamoto),
1 porte-avions, 2 cuirassés, 10 croiseurs, 24 avions et 32 hydravions (Kondo),
2 porte-avions, 4 cuirassés, 8 croiseurs, 82 avions (diversion sur les Aléoutiennes),
100 navires de soutien,
196 avions basés à terre (ils n'intervinrent pas dans la bataille)
Pertes
1 porte-avions,
1 destroyer,
307 marins
4 porte-avions,
1 croiseur,
2 500 marins
Seconde Guerre mondiale - Guerre dans le Pacifique
Batailles
Batailles et opérations de la guerre en Asie et dans le Pacifique

Chine · Invasion japonaise de l'Indochine · Guerre franco‑thaïlandaise · Eaux australiennes · Nauru · Pearl Harbor · Atoll de Wake · Hong Kong · Philippines (1) · Invasion japonaise de la Thaïlande · Malaisie · Bataan · Singapour · Indes orientales néerlandaises · Bornéo  · Birmanie · Nouvelle-Guinée · Timor · Java · Mer de Java · Îles Salomon · Australie · Taungû · Yenangyaung · Mer de Corail · Corregidor · Midway · Îles Aléoutiennes · Baie de Milne · Komandorski · Attu  · Galvanic · Îles de l'Amirauté · U-Go · Kohima  · Imphal · Peleliu · Angaur · Tinian · Guam · Opération Forager · Saipan · Mer des Philippines · Campagne des Philippines (2) · Morotai  · Leyte · Golfe de Leyte (navale) · Luçon · Manille · Iwo-Jima · Combats en Indochine (1945) · Okinawa · Bornéo · Opération Ten-Gō · Invasion soviétique de la Mandchourie · Invasion des Kouriles · Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki


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Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée

La bataille de Midway (en japonais ミッドウェー海戦) est vue comme la plus importante bataille navale des campagnes du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale[1][2][3]. Entre le 4 et le 7 juin 1942, six mois après l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais et un mois après la bataille de la mer de Corail , la marine américaine infligea une défaite décisive à la marine impériale japonaise dans l'attaque de celle-ci contre l'atoll de Midway, infligeant des pertes irremplaçables à la flotte nippone[4]. L'historien militaire John Keegan a qualifié cette bataille de « coup le plus impressionnant et décisif dans l'histoire de la guerre navale[5] ».

L'opération japonaise, comme l'attaque de Pearl Harbor, visait à éliminer les États-Unis comme puissance militaire stratégique dans le Pacifique. Les Japonais espéraient qu'une autre défaite démoralisante forcerait les Américains à capituler dans la guerre du Pacifique[6].

Le plan de l'amiral Yamamoto visait à conduire les porte-avions américains dans un piège[7] vers les îles Aléoutiennes et à occuper l'atoll de Midway, partie d'un plus grand plan pour étendre le périmètre défensif du Japon à l'Est après le raid de Doolittle sur l'archipel nippon. L'opération était aussi considérée comme préparatoire à des attaques ultérieures sur les Fiji et les Samoa voire une invasion de Hawaii.

La plan fut handicapé par de mauvaises hypothèses japonaises sur la réaction américaine et de pauvres dispositions initiales[8]. Les renseignements américains avaient réussi à casser le code japonais et furent capables de déterminer le lieu et le jour de l'attaque japonaise, permettant à la marine américaine de mettre en place sa propre embuscade. Néanmoins le déroulement de la bataille fut incertain, mêlant compétences, audace et chance à parts égales. Au final, quatre porte-avions japonais et un croiseur lourd furent coulés contre un porte-avions et un destroyer américain.

Cette défaite de Midway marque un tournant dans la campagne du Pacifique mais également dans la Seconde Guerre mondiale. Les historiens n'ont pas su déterminer si une victoire japonaise leur aurait permis d'attaquer la côte Ouest des États-Unis. Mais une telle victoire japonaise aurait obligé les États-Unis a revoir leur stratégie dans cette guerre mondiale, à un moment où ils déployaient une force navale considérable dans l'Atlantique Nord, ce qui aurait pu avoir des conséquences importantes dans le Pacifique et sur le front européen.

Après Midway et l'épuisante usure de la campagne des îles Salomon, la construction navale japonaise et les programmes de formation des pilotes furent incapables de remplacer les pertes alors que les États-Unis augmentèrent considérablement leur production navale et le nombre de pilotes formés[9].

Sommaire

[modifier] Avant la bataille

Midway en elle-même n'avait pas un rôle stratégique notable dans le plan japonais : ils se concentraient sur les îles méridionales Samoa, Fidji et l'Australie qui représentaient l'extension naturelle de leurs conquêtes dans le Sud-Ouest du Pacifique. De plus, étant la base américaine la plus proche du territoire japonais, sa possession ne pouvait qu'être défendue âprement.

Comme à l'accoutumée, le plan de l'amiral Isoroku Yamamoto était ingénieux et déterminé. Fidèle à la doctrine stratégique de la marine impériale japonaise, il voulait obliger la flotte américaine à combattre afin de la détruire. Les Américains seraient obligés d'intervenir en cas de débarquement à Midway. Ce plan avait probablement été compliqué par la nécessité de réagir rapidement au raid de Doolittle sur Tokyo en avril. Ce bombardement n'avait guère produit de dégâts, mais il avait démontré de manière frappante que le sol japonais n'était pas à l'abri de la guerre. Il s'était révélé d'une importance psychologique considérable.

Les forces destinées à l'opération étaient constituées de 11 navires de ligne, 8 porte-avions, 21 croiseurs et près de 200 bâtiments divers. La 1re escadre de 4 porte-avions dirigée par l'amiral Nagumo constituait la première force de frappe. Elle était suivie à distance par l'escadre de Yamamoto qui s'attaquerait à tout support apporté aux îles Midway.

[modifier] US intelligence

L'espionnage de la marine américaine (US Naval Intelligence) avec l'aide des Britanniques et des Hollandais avait percé une partie de l'essentiel des codes utilisés par la marine japonaise (JN-25, un code de chiffrement) depuis quelque temps déjà. Malgré la modification de ce code juste avant l'attaque contre Pearl Harbor, les progrès de son décryptage étaient réels, au point d'envisager d'utiliser les informations ainsi obtenues pour arrêter les opérations japonaises.

Toutefois, un élément du code (l'emplacement AF) restait inconnu. Certains pensaient qu'il s'agissait de Midway, mais il y avait controverse et il pouvait s'agir des îles Aléoutiennes. Il n'y avait malheureusement aucun moyen de clore le débat avec les seuls éléments cryptographiques. Un jeune officier, Jasper Holmes, à la station Hypo, fit une suggestion brillante pour lever le doute. Il demanda au commandant de la base de Midway d'annoncer — en clair — à la radio qu'il y avait une urgence sanitaire — l'eau potable venait à manquer à cause d'un accident à l'usine d'épuration. Un message codé japonais ne tarda pas à noter que « A.F. » avait un problème d'eau potable et que les forces d'attaque devaient en tenir compte. La conclusion logique immédiate était donc que A.F. et Midway ne faisaient qu'un et que l'opération militaire à venir s'y déploierait.

Toutefois, le décodage de JN-25 était très lent et ce n'est qu'à la dernière minute que l'amiral Chester Nimitz eut assez d'éléments pour mettre en place un piège contre les forces qui allaient attaquer Midway. Il rappela les porte-avions de Fletcher du sud-ouest du Pacifique et les chantiers navals de Pearl Harbor réparèrent en un temps record le Yorktown — gravement endommagé pendant la bataille de la mer de Corail — lui permettant de rejoindre la nouvelle bataille navale.

En 72 heures seulement, le Yorktown fut transformé d'une épave à peine flottante en un porte-avions opérationnel — même s'il restait significativement affaibli. Son pont d'envol était rebouché plus que réparé, sa structure interne était étayée et ses avions étaient remplacés par ceux de la base navale. Il faut admettre que pour disposer de son troisième et dernier porte-avions, l'amiral Nimitz ignora totalement toutes les règles et procédures. Par exemple, les réparations n'étaient pas encore finies quand le navire appareilla au son de « California, Here I Come » (Californie, me voici).

Pendant ce temps, à Kure, le Shokaku, lui aussi gravement endommagé lors de la bataille de la mer de Corail, attendait ses réparations tandis que le Zuikaku devait reconstituer son groupe aérien, décimé pendant la bataille, privant ainsi la flotte japonaise de ses deux meilleurs porte-avions. L'équilibre des forces eût été très différent si les États-Unis n'avaient aligné que l'Enterprise et le Hornet, sous les ordres de l'amiral Raymond A. Spruance, face aux Soryu, Hiryu, Akagi, Kaga, Shokaku et Zuikaku.

[modifier] Plan et prémices

Le plan japonais en lui-même est très complexe : 36 heures avant l’attaque sur Midway, une puissante flotte de 2 porte-avions et 4 cuirassés devait mener une attaque sur les Aléoutiennes, envahir les îles de Kiska et d’Attu et mener un raid sur Dutch Harbor, dans le but de faire diversion. Ensuite, le raid sur Midway devait se dérouler en plusieurs étapes : premièrement, une flotte de 4 porte-avions aux ordres de Nagumo devait réduire toute résistance sur l’atoll lui-même. Peu après, une autre flotte aux ordres du contre-amiral Kondo et puissante de 2 cuirassés et 10 croiseurs (lourds pour la plupart) devait soutenir un débarquement de 5 000 hommes pour la possession de l’atoll. Entre-temps, l’US Navy qui « devait » nécessairement sortir pour défendre Midway serait attaquée par la puissante flotte combinée de Yamamoto, restée jusque-là plusieurs centaines de kilomètres en arrière et forte de 3 cuirassés, dont le Yamato, flambant neuf. De plus, si les combats avaient lieu au sud de Midway, les Japonais comptaient sur le soutien de leur 11e flotte aérienne comprenant 180 avions. Un plan au final fort complexe, souffrant de plusieurs défauts :

– la dispersion des moyens, la flotte de Nagumo se trouvant bien seule pour affronter sans aide l’US Navy ;
– le manque de souplesse : la puissante flotte combinée se trouvait trop loin pour porter assistance dans l’urgence à l’une ou l’autre des escadres avancées ;
– la diversité des objectifs : destruction de l’US Navy et neutralisation de l’atoll ; au moment critique, Nagumo ne saura quel objectif « choisir » en priorité.

En face, les Américains étaient forcés de faire avec ce qu’ils avaient : l’atoll fut renforcé et accueillait pas moins de 127 avions. La flotte elle-même était divisée en 2 task forces, la 16 autour des porte-avions Enterprise et Hornet, l’autre, la 17, autour du Yorktown. De plus, leurs équipages manquaient cruellement d’expérience — le Hornet fit là son baptême du feu — et les appareils, bien que robustes, manquaient de maniabilité face aux terribles Zéros. Les pertes, en avions torpilleurs TBD Devastator notamment, seront lourdes.

[modifier] La bataille

[modifier] Premiers déboires

Une première erreur japonaise est flagrante avant même la bataille proprement dite : la trop grande confiance en la réussite de leur mission et le fait qu’ils sous-estimèrent l’ennemi. En effet, ils comptaient sur la présence de 2 porte-avions américains seulement, le Yorktown « ayant été coulé » à la bataille de la mer de Corail. De plus, pour confirmer la situation de l’US Navy, une reconnaissance aérienne devait avoir lieu sur Pearl Harbor et un cordon de sous-marins devait être mis en place à proximité des eaux hawaïennes, ce pour détecter les mouvements américains. Or, la reconnaissance en question fut annulée, ce qui n’inquiéta nullement le haut commandement qui ne prévint cependant pas Nagumo de ce fait. Quant aux sous-marins, ils traînèrent en route et parvinrent à leur lieu de patrouille avec 24 h de retard, ratant — de peu — la flotte américaine.

[modifier] Premières passes d’armes

Dès le 3 juin au matin, le convoi des transports de troupes nippons faisant route vers Midway est repéré. Immédiatement, 15 B25 décollent et attaquent ledit convoi. Aucun navire n’est touché contrairement aux revendications, mais l’effet est désastreux sur les Japonais qui pensaient bénéficier de la surprise… Au soir, des Catalina attaquent à leur tour, armés de torpilles, et mettent un coup au but sur un transport. Plus au nord ce même jour débutent les combats des Aléoutiennes sous une météo peu favorable. La diversion ne marchera évidemment pas, les Américains étant au courant des plans japonais.

[modifier] L’assaut

Le 4 juin au matin, le décor est placé et les protagonistes sont prêts au combat. Vers 4-5 h, des avions de reconnaissance décollent de part et d’autre, mais du côté japonais, un avion décolle en retard tandis qu’un autre doit faire demi-tour. Un premier tournant, même si aucun ne le sait à ce moment, car ces deux avions là auraient dû suivre une trajectoire qui les aurait fait croiser la flotte américaine. Malchance ? Peut-être, mais la négligence fut de ne pas les remplacer par d’autres… À 5 h, 36 Zéros, 36 bombardiers en piqué et 36 bombardiers/torpilleurs japonais décollent. Après la détection du raid au radar, tous les avions présents sur l’atoll décollent : 6 Grumman TBF-1 Avenger et 4 Martin B-26 Marauder torpilleurs, 27 Douglas SBD-2 Dauntless et 12 Vought SB2U-3 Vindicator (bombardiers en piqué), 17 B-17 ainsi que 20 F2A3 Buffalo et 5 F4F-3 Wildcat (chasseurs chargés de la défense). Les chasseurs interceptent les japonais et revendiquent quelques succès mais au prix de lourdes pertes face aux zéros : 13 Buffalos et 2 Wildcats sont abattus, contre 3 ou 4 avions japonais. Ceux-ci bombardent efficacement et causent de lourds dégâts à la base, mais une seconde vague s’annonce nécessaire.

[modifier] Contre-attaque américaine

Le Hiryu au matin du 5 juin
Le Yorktown touché par des torpilles
Le Mikuma gravement endommagé le 6 juin

Pendant ce temps, les appareils américains ayant décollé avant l’attaque atteignent la flotte japonaise : 5 des Avengers et 2 Marauders sont détruits, sans succès, les B-17 s’en tirent mais ratent lamentablement leurs cibles (malgré des revendications contraires). Entre-temps les Nippons repèrent la flotte américaine mais pas les porte-avions : Nagumo peut croire qu'il ne subira pas d'attaque aérienne. Puis sa flotte subit encore l’assaut des Dauntless et Vought de Midway : 8 SBD et 3 SBU sont perdus ; aucun coup au but, malgré des revendications contraires[10]. Les zéros ont fait un carnage sur ces appareils non escortés, mais le pire reste à venir…

Après la découverte des navires américains, Nagumo hésite ; faut-il attaquer ces navires ou lancer une seconde vague sur Midway ? Le temps passe et Nagumo change plusieurs fois de décision. La question est d'importance : pour l'attaque de la base, il faut monter des bombes sous les avions, alors qu'il convient d'utiliser des torpilles contre les navires. Les armuriers apportent les munitions différentes en fonction de cette décision.

Lorsque enfin Nagumo se décide à frapper l’US Navy, les avions de la première vague sur Midway reviennent et il faut dégager les ponts. Là vient une autre faiblesse : les avions de la première vague provenaient des 4 porte-avions, alors qu’ils ne représentaient que la moitié des effectifs. Il aurait mieux valu les faire décoller de 2 porte-avions pour garder les deux autres « en réserve » pour agir contre l’US Navy si celle-ci venait à se montrer. Ainsi, la totalité des porte-avions sera bloquée lorsqu’il faudra récupérer la première vague, la deuxième sera retardée et ne pourra jamais être lancée, les attaques des groupes embarqués américains survenant à ce moment crucial où les porte-avions seront vulnérables.

Les premières attaques sont menées par les torpilleurs TBD Devastator. Lents, vulnérables, peu maniables et sans escorte pour 2 des 3 escadrilles concernées, ils se font massacrer. Sur 41, 35 sont perdus et ils n’obtiennent aucun coup au but en contrepartie. Cependant, ils détournent l’attention des Zéros qui, tout occupés à les abattre (au ras de la mer), ne remarquent pas l’apparition à 5 000 m d’altitude des bombardiers en piqué américains. Ceux-ci piquent sur les porte-avions au moment où les premiers appareils de la 2e vague décollent. Les ponts d'envol sont encombrés d'appareils porteurs de bombes et de torpilles, les réservoirs pleins, les armes anti-aériennes gênées par la présence des avions.

En 2 minutes, les porte-avions Akagi, Kaga et Soryu sont durement touchés et condamnés. À 10 h 25, il ne reste plus que le Hiryu pour combattre. Immédiatement, celui-ci lance 18 bombardiers et 6 chasseurs. Bien qu’interceptés par les appareils de couverture américains, ils touchent le Yorktown par 3 bombes aux alentours de midi, le mettant hors de combat. Une deuxième attaque est lancée, cette fois 10 torpilleurs et 6 chasseurs, elle touche le Yorktown avec 2 torpilles à 15 h. Alors qu’une troisième vague s’apprête à décoller, les avions américains reviennent (vers 17 heures) et détruisent le Hiryu.

L’escadre de Nagumo est anéantie et Yamamoto ordonne le repli. Mais deux croiseurs lourds de la Flotte de Kondo (le Mikuma et le Mogami) entrent en collision. Ralentis, ils seront pris par les Américains pour des cuirassés et seront harcelés pendant deux jours avant que le Mikuma soit finalement coulé, le Mogami étant très gravement touché. Le Yorktown quant à lui est pris en remorque, mais le sous-marin japonais I-168 le repère et l’achève de torpilles, le destroyer Hammann étant coulé dans l’attaque. Avec la perte du Yorktown, le commandement passa des mains de l'amiral Fletcher à celles de l'amiral Spruance — au crédit duquel sera portée la victoire.

Dès qu'il apprit la destruction des porte-avions de la première escadre, Yamamoto ordonna à toutes ses forces de procéder à l'attaque de Midway. La bataille devait se dérouler dès le lendemain matin. Spruance pour sa part avait éloigné sa flotte dans la soirée du 4, ne tenant pas à combattre de nuit. À cette nouvelle, Yamamoto décida d'annuler l'opération et ordonna le repli de toute la flotte japonaise.

[modifier] Suites

Les forces américaines se retirèrent rapidement après une victoire décisive. La perte de quatre porte-avions porta un coup d'arrêt à l'expansion de l'Empire japonais dans le Pacifique et le mit en position défensive seulement six mois après l'attaque contre Pearl Harbor. L'amiral Yamamoto avait fait la prédiction à ses supérieurs que le Japon aurait le dessus pendant six mois à un an avant d'être débordé par les ressources américaines. Il avait été terriblement exact.

[modifier] Cinéma

La bataille fut filmée par John Ford et la Naval Field Photographic Unit. Il en tira deux documentaires : La Bataille de Midway (The Battle of Midway) et Torpedo Squadron.

La bataille de Midway fut l'objet de plusieurs longs métrages au cinéma. Le film le plus connu est assurément Midway de 1976, mis en scène par Jack Smight, qui représente les événements de manière plutôt fidèle. Ce film a également l'avantage d'être servi par de très bons acteurs, parmi lesquels Henry Fonda (dans le rôle de l'amiral Nimitz), Charlton Heston, James Coburn et Robert Mitchum.

[modifier] Bandes dessinées

La bataille fut narrée en nombreuses bandes dessinées - à l'usage de la jeunesse - dès la fin de la guerre. La bande dessinée la plus célèbre est Les mystères de Midway - qui vit les débuts du célèbre personnage de bandes dessinées l'aviateur Buck Danny - scénarisée par Jean-Michel Charlier et dessinée par Victor Hubinon.

[modifier] Archéologie

Le 19 mai 1998, Robert D. Ballard et une équipe de scientifiques et de vétérans de Midway (y compris des participants japonais) réussirent à localiser et à photographier le Yorktown. Le navire est dans un état toujours remarquable pour un vaisseau coulé 54 ans auparavant. Les superstructures, l'équipement et même une grande partie de la peinture y sont toujours visibles.

[modifier] Notes et références

  1. Battle of Midway: June 4–7,1942, Naval History & Heritage Command, 27 April 2005. Consulté le 20 February 2009 "...considered the decisive battle of the war in the Pacific."
  2. (en) Paul S Dull, Battle History of the Imperial Japanese Navy, 1941–1945, US Naval Institute Press (ISBN 1-59114-219-9)  "Midway was indeed "the" decisive battle of the war in the Pacific.", p. 166
  3. A Brief History of Aircraft Carriers: Battle of Midway, U.S. Navy, 2007. Consulté le 12 June 2007
  4. U.S. Naval War College Analysis, p.1; Parshall and Tully, Shattered Sword, pp.416–430.
  5. Keegan, John. "The Second World War." New York: Penguin, 2005. (275)
  6. Parshall and Tully, Shattered Sword, p. 33; Peattie & Evans, Kaigun.
  7. H.P. Willmott, Barrier and the Javelin; Lundstrom, First South Pacific Campaign; Parshall and Tully, Shattered Sword, pp. 19–38.
  8. Willmott, Barrier and the Javelin
  9. Parshall and Tully, Shattered Sword, pp. 416–419.
  10. Mitsuo Fuchida et Masatake Okumiya, Midway, the battle that doomed Japan.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Robert D. Ballard et Rick Archbold, Return to Midway: The quest to find Yorktown and the other lost ships from the pivotal battle of the Pacific War, Toronto, Madison Press Books, 2001. (ISBN 0-7922-7500-4)
  • Mitsuo Fuchida et Masatake Okumiya, Midway: The Battle that Doomed Japan, the Japanese Navy's Story, Annapolis, Naval Institute, 1955.
  • Victor D. Hanson, Carnage and Culture: Landmark Battles in the Rise of Western Power, New York, Doubleday, 2001. (ISBN 0-385-50052-1)
  • Ikuhiko Hata, « La bataille de Midway », Historia Magazine, no 167, 4 février 1971, pp. 1961-1968.
  • Walter Lord, Incredible Victory, New York, Harper & Row, 1967 ; en français : Midway, l'incroyable victoire, Editions J'ai lu, 1971, no A261.
  • Gordon William Prange, Miracle at Midway, New York, Penguin, 1984. (ISBN 0-140-06814-7).
  • Thaddeus V. Tuleja, Midway, tournant de la guerre du Pacifique, Éditions J'ai lu, 1965.

[modifier] Autres lectures

  • Michel Hérubel, La bataille de Midway, Paris, Presses de la Cité, 1985. (ISBN 2-258-01587-1)
  • Michel Ledet, « Douglas TBD-I "Devastator", 3e partie : La guerre du Pacifique », Avions, no 168, mars-avril 2009.
  • Michel Ledet, « Midway : la revanche », Batailles aériennes, no 22, 2002.

[modifier] Liens externes


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