Démographie du Japon

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Démographie du Japon
Pyramide des âges du Japon en 2005.
Pyramide des âges du Japon en 2005.
Dynamique (2012)
Accroissement naturel -0,077 %
Indice de fécondité 1,39 enfant par ♀
Taux de natalité 8,39 ‰
Taux de mortalité 9,15 ‰
Taux de mortalité infantile 2,21 ‰
Espérance de vie à la naissance 83,91 ans
Âge médian (2011)
Homme 43,2 ans
Femme 46,7 ans
Structure par âge (2012)
0-14 ans 13,1 %
15-64 ans 64 %
65 ans et plus 22,9 %
Rapport de masculinité (2012)
À la naissance 106 ♂/100 ♀
Moins de 15 ans 108 ♂/100 ♀
15-64 ans 100 ♂/100 ♀
65 ans et plus 76 ♂/100 ♀
Migration (2012)
Solde migratoire 0 ‰
Composition linguistique (2012)
Japonais 100 %
Composition ethnique (2012)
Japonais 98,5 %
Coréens 0,5 %
Chinois 0,4 %
Autres (Brésiliens, Philippins) 0,6 %
Composition religieuse (2012)
Shintoïsme 83,9 %
Bouddhisme 71,4 %
Christianisme 2 %
Autres 7,8 %

Le Japon compte 126,4 millions d'habitants en 2013 avec un des taux de natalité les plus bas du monde[1].

L'espérance de vie y est la plus élevée au monde puisqu'elle était estimée en 2008 à 85,59 ans pour les femmes et à 78,73 ans pour les hommes[1].

Structure et évolution de la population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique

La densité de population est élevée avec 339,7 habitants/km² sur l'ensemble du Japon en 2009[1] et de 1 523 habitants/km² en ne considérant que les zones habitables[réf. nécessaire]. Plus de 50 % de la population vit sur 2 % du pays (estimation juillet 1993), 92 % des habitants vivent en zone urbaine[2].

Depuis 2005, la population japonaise a entamé sa décroissance[3]. En 2009, la population a baissé de 183 000 personnes[4]. Dans le même temps, la population vieillit : le nombre de Japonais de plus de soixante-cinq ans a augmenté de 789 000, atteignant 22,7 % de la population, alors que le nombre de jeunes de moins de quatorze ans a baissé de 165 000[4].

La décroissance de la population s'accentue, avec des baisses de 219 000 et 244 000 personnes en 2012 et 2013, soit environ 0,2% par an[5].

En 2009, le nombre de centenaires au Japon a dépassé les 40 000, dont 35 000 femmes, selon les données nationales[6]. En 2010, il atteint les 44 449 ; il ne cesse d'augmenter depuis 1963[7].

En 1950, le Japon était le 5e pays le plus peuplé du monde. Depuis, le pays a perdu cinq places et se retrouve aujourd'hui 10e. En 2050, le Japon ne pourrait être plus que 17e.

Selon une étude du Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales de janvier 2012, la population japonaise devrait passer sous la barre des 100 millions d'habitants d'ici 2048, et approcher les 86 millions en 2060[8].

Nuptialité[modifier | modifier le code]

Article connexe : Mariage shinto.

En 2005, parmi les Japonais de plus de 15 ans 60,8 % des hommes et 57,0 % des femmes étaient mariés. Selon l'article 750 du Code civil de 1947, les époux doivent choisir un nom de famille commun : celui du mari ou de la femme ; en pratique, celui de l'homme est choisi quasi systématiquement (97,5 % en 1993)[9]. Le taux de premier mariage est en baisse auprès des nouvelles générations, et ce depuis les années 1970[10] :

Taux de non mariage en 2005
(variation avec 2000)
25 à 29 ans 30 à 34 ans 35 à 39 ans
Hommes 71,4 % (+2,1) 47,1 % (+4,2) 30,0 % (+4,3)
Femmes 59,0 % (+5,0) 32,0 % (+5,4) 18,4 % (+4,6)

Cette baisse des mariages explique en partie la baisse de la natalité, d'autant plus que de nombreux trentenaires célibataires continuent de vivre chez leurs parents : 70 % en 2005[11].

Natalité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vieillissement du Japon.

Le taux de fécondité est très bas au Japon : 1,26 enfant par femme en 2005, 1,37 entre 2007 et 2009 et 1,39 en 2010, ce qui explique la part considérable de la population constituée par les personnes âgées[12]. L'État encourage la natalité en offrant 5 000 yens (environ 40 euros) par mois et par enfant jusqu'à l'âge de 3 ans (cette somme est allouée via la mairie d'arrondissement du lieu de résidence). En 2003, les aides représentaient 1,1 % du PIB japonais[3].

En 2007, 11 millions de Japonais ont plus de 75 ans[3], ce qui pose avec acuité la question du financement des retraites. Face à ce défi, le gouvernement a décidé d'élever progressivement l'âge du départ à la retraite de 60 à 65 ans[3]. L'espérance de vie est l'une des plus élevée au monde, ce qui témoigne d'un haut niveau de développement.

Le Japon n'est pas le seul pays riche d'Asie dans ce cas, puisqu'on compte 1,60 enfant par femme en Chine, 1,2 à Singapour, 1,1 pour la Corée du Sud et 1,03 à Taïwan[13].

Mortalité[modifier | modifier le code]

Les Japonais ont une espérance de vie parmi les plus élevées, en particulier les femmes qui ont la plus longue espérance de vie au monde depuis 1985[14].

Le Japon a l'un des plus forts taux de suicide au monde  : 26 pour 100 000 habitants, soit 33 093 personnes en 2007[15], 32 249 en 2008[16], 32 845 en 2009[17], 30 513 en 2011 (- 3,7 %)[18], et seulement 27 766 en 2012 (- 9,0 %)[19]. Bien que l'idée que le Japon soit le pays où l'on se suicide le plus soit répandue et assez tenace, c'est en réalité loin d'être le cas. Ainsi en 2006, le taux de suicide japonais était de 23,6 sur 100 000 habitants et largement devancé par des pays d'Europe de l'Est, comme la Lituanie (38,8) et la Russie (32,3) par exemple[20]. Le Japon était alors au 8e rang mondial[21].

Selon les chiffres de la police nationale, trois quarts des suicidés en 2007 étaient des hommes, et 60 % étaient sans emploi, alors que le taux de suicide des seniors était en forte augmentation[15]. Selon le gouvernement, seuls 81 suicides en 2007 étaient dus au surmenage ou au stress (karō-jisatsu), qui entrainent plus généralement le karōshi, mort naturelle par sur-travail[22]. Cependant, la police nationale a comptabilisé en 2007 2 200 suicides provoqués par des problèmes au travail[23]. En 2009, 6 949 personnes se sont suicidées à la suite d'une dépression (21 %), 1 731 à la suite de difficultés de la vie quotidienne (5 %) et 1 071 à cause de la perte de leur travail (3 %) [17].

Dans l'ordre décroissant, les mois de mars, avril, mai sont ceux où l'on se suicide le plus, ceci étant vraisemblablement dû au fait que l'exercice fiscal se clôture traditionnellement le 31 mars au Japon[24]. En 2009, on a surtout recensé des suicides de travailleurs en mars, de femmes au foyer en avril/mai et de chômeurs en mai/juin[24]. Peu de suicides ont lieu le week-end, le maximum étant atteint le lundi[24].

En 2008, une étude du gouvernement japonais a révélé que près d'un Japonais sur cinq a sérieusement pensé à se suicider à un moment dans sa vie[25]. En 2010, une nouvelle étude indique que les suicides au Japon coûteraient à l'économie près de 2,7 billions de yens par an, soit 25,3 milliards d'euros[26].

Certains lieux sont réputés pour les nombreux suicides qui s'y produisent, tels que la foret d'Aokigahara dans la préfecture de Yamanashi près de Tokyo, la falaise de Tōjinbō (en) (東尋坊?) dans la préfecture de Fukui, le barrage d'Amagase (天ヶ瀬ダム, Amagase-damu?) à Uji, la falaise Sandanbeki (三段壁?) dans la préfecture de Wakayama, le cap Ashizuri (足摺岬, Ashizuri-misaki?) à Tosashimizu, les chutes de Kegon à Nikkō, ainsi que la ligne Chūō-sen à Tokyo.

Migration et composition culturelle[modifier | modifier le code]

Le Japon comptait 2 190 000 étrangers à la fin 2009[27]. Les Chinois représentent le groupe le plus important (30 %), avec 680 000 personnes, suivi des Coréens (578 000), Brésiliens (267 000), Philippins (212 000) et Péruviens (57 000)[27].

En 2009, 1 132 000 Japonais vivaient à l'étranger contre 1 117 000 Japonais en 2008, avec dans l'ordre 384 000 aux États-Unis, 127 000 en Chine (hors Taïwan), 71 000 en Australie, 60 000 au Brésil, et 59 000 au Royaume-Uni[28].

La petite minorité indigène des Aïnous d'Hokkaidō a une certaine unicité génétique[29].

Il existe en outre de grandes disparités linguistiques au sein de la société japonaise, avec un nombre élevé de dialectes, voire d'autres langues dans le cas par exemple des aïnous ou des habitants des îles Ryūkyū (qui n'ont été annexés à l'État japonais que tardivement), ce qui s'explique par le nombre élevé d'îles que compte l'archipel[30].

En 2008, 37 000 Japonais se sont mariés à des étrangers, huit fois plus que quarante ans auparavant ; la même année, 19 000 ont divorcé[24]. Il y aurait 10 000 naissances d'enfants binationaux par an au Japon[31].

Autres indicateurs sociaux[modifier | modifier le code]

Article connexe : Emploi au Japon.

Selon les chiffres du Ministère japonais de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie, le pays comptait 15 759 sans domicile fixe en janvier 2009, en déclin régulier depuis 2003 (25 296 alors)[32]. 4 302 se trouvaient à Osaka, contre 3 428 à Tokyo.

En 2004, selon l'OCDE, le Japon avait le quatrième taux de pauvreté le plus élevé de ses trente pays membres, après le Mexique, la Turquie et les États-Unis[33]. Le gouvernement japonais estimait qu'en 2006, 15,7 % des Japonais disposaient de moins de la moitié du revenu médian annuel de l'époque, soit moins de 1,14 million de yens (8 500 euros)[33].

Maladies présentes au Japon[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) The World Factbook, CIA (2008)
  2. http://unstats.un.org/unsd/demographic/products/socind/hum-sets.htm
  3. a, b, c et d (fr) Frédéric Lemaître, « Les Japonais menacés de disparition, par Frédéric Lemaître », dans Le Monde du 29 septembre 2007, mis en ligne le 28 septembre 2007, [lire en ligne]
  4. a et b Harold Thibault « Le Japon subit un déclin record de sa population », Aujourd'hui le Japon, le 19 avril 2010
  5. « Baisse sans précédent de la population en 2013 au Japon », sur Les Echos,‎ 2 janvier 2014
  6. « La barre des 40.000 centenaires franchie au Japon. », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 12 septembre 2009 (consulté le 12 septembre 2009)
  7. Anthony Rivière, « La recherche des centenaires japonais est terminée : 230 000 manquent à l'appel », sur Aujourd'hui le Japon,‎ 20 septembre 2010
  8. (en) Japan's population to shrink about 30% to 86.7 mil. by 2060, Mainichi Shinbun, le 30 janvier 2012
  9. Anthony Rivière, « Les Japonaises veulent garder leur nom de famille », Aujourd'hui le Japon, le 9 juillet 2010
  10. (en) « Statistics Bureau Home Page/3. Marital Status : », sur Bureau Statistiques du Ministère japonais des Affaires intérieures et des Communications,‎ 30 octobre 2006 (consulté le 28 octobre 2008)
  11. « Au Japon, parent inquiet cherche âme sœur pour enfant célibataire », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 28 octobre 2008 (consulté le 28 octobre 2008)
  12. Léger frémissement du taux de fécondité au Japon, CCIFJ, le 3 juin 2011
  13. Franck Zeller, « Baisse de la natalité en Asie: une inquiétude pour les pays les plus riches », AFP sur Google News, le 26 décembre 2010
  14. Benjamin Gauducheau, « les Japonaises ont la plus longue espérance de vie au monde pour la 25e année consécutive », Aujourd'hui le Japon, le 29 juillet 2010
  15. a et b « Toujours plus de suicides au Japon », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 20 juin 2008 (consulté le 23 mars 2009)
  16. Sophie Salaun, « Avec la crise, les suicides en augmentation chez les jeunes au Japon », sur Aujourd'hui le Japon,‎ 16 mai 2009 (consulté le 13 mai 2010)
  17. a et b Anthony Rivière, « Le nombre de suicides au Japon encore en augmentation », sur Aujourd'hui le Japon,‎ 13 mai 2010 (consulté le 13 mai 2010)
  18. 30 513 suicides en 2011 au Japon, le chiffre le plus bas depuis 14 ans, Aujourd'hui le Japon, le 11 janvier 2012
  19. Japon: repli du nombre de suicides, L Figaro, le 17 janvier 2013
  20. (en) « Suicide prevention and special programmes - Country reports and charts available », Organisation mondiale de la santé,‎ 2008 (consulté le 28 mai 2009)
  21. « 図録▽自殺率の国際比較 », sur Honkawa Data Tribune,‎ 21 avril 2009 (consulté le 28 mai 2009)
  22. « Doublement des cas de suicides au Japon dus au surmenage », sur Aujourd'hui le Japon, AP,‎ 26 mai 2008 (consulté le 23 mars 2009)
  23. « Au Japon, une gérante de Mc Donald's meurt d'avoir trop travaillé », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 28 octobre 2009 (consulté le 28 octobre 2009)
  24. a, b, c et d (ja) « 自殺者数「3月の月曜日」が最多 年度末と週初め重なり », Asahi Shinbun,‎ 30 mars 2010 (lire en ligne)
  25. « Les Japonais ont de fortes tendances suicidaires », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 19 mai 2008 (consulté le 23 mars 2009)
  26. (en) « Suicides cost Japan economy $32bn », sur BBC News,‎ 7 septembre 2010 (consulté le 7 septembre 2010)
  27. a et b (en)(ja) Registered Foreigners by Nationality, Ministère japonais de la Justice, sur le site du Bureau des statistiques du Ministère japonais des Affaires intérieures et des Communications, consulté le 9 juin 2012 [xls]
  28. (en)(ja) Japanese Nationals Living Abroad, Bureau des Affaires consulaires du Ministère japonais des Affaires étrangères, sur le site du Bureau des statistiques du Ministère japonais des Affaires intérieures et des Communications, consulté le 9 juin 2012 [xls]
  29. TAJIMA Atsushi ; HAYAMI Masanori ; TOKUNAGA Katsushi ; JUJI Takeo ; MATSUO Masafumi ; MARZUKI Sangkot ; OMOTO Keiichi & HORAI Satoshi, « Genetic origins of the Ainu inferred from combined DNA analyses of maternal and paternal lineages », Journal of human genetics, ISSN 1434-5161, 2004, vol. 49, no4, pp. 187-193, [lire en ligne]
  30. (ja) Yoshihiko Amino, Nihon-ron no shiza (日本論の視座?) : Rettō no shakai to kokka (列島の社会と国家?), Shōgakukan,‎ 1990, 292 p. (ISBN 4-09-626209-9, lire en ligne)
  31. Paul Defosseux, « Émoi parlementaire en France face au drame des pères privés de leur enfant au Japon », AFP sur Google News, le 25 janvier 2011
  32. « No. of homeless comes to 15,800+ », sur Breitbart, Kyodo,‎ 9 mars 2009 (consulté le 10 mars 2009)
  33. a et b « Près d'un Japonais sur six vit sous le seuil de pauvreté », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 22 octobre 2009 (consulté le 25 octobre 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]