Kim Dae-jung

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Dans ce nom coréen, le patronyme, Kim, précède le prénom.
Kim Dae-jung
Image illustrative de l'article Kim Dae-jung
Fonctions
8e président de la République de Corée
(Corée du Sud)
Premier ministre Kim Jong-pil
Park Tae-joon
Lee Han-dong
Chang Sang
Jeon Yun-churl
Chang Dae-whan
Kim Suk-soo
Prédécesseur Kim Young-sam
Successeur Roh Moo-hyun
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Hauido (en) (Corée japonaise)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Séoul (Corée du Sud)
Nationalité sud-coréenne
Parti politique Parti démocratique du millénaire
Conjoint Lee Hee Ho
Religion Catholique romain

Kim Dae-jung
Présidents de la République de Corée
Prix Nobel de la paix 2000
Kim Dae-jung
Hangeul 김대중
Hanja 金大中
Romanisation révisée Gim Daejung
McCune-Reischauer Kim Taejung

Kim Dae-jung ([1] - ) est un homme politique sud-coréen.

Il a été pendant longtemps le chef de l'opposition et œuvre en faveur de la transition démocratique, il se présente à quatre reprises à l'élection présidentielle, en 1971, 1987, 1992 et 1997. Il échappe in extremis à une tentative d'assassinat en août 1973 organisée par le KCIA du dictateur Park Chung-hee. Kim Dae-jung est élu président (après Kim Young-sam) en 1997 et le reste jusqu'en 2003. Il obtient le Prix Nobel de la paix pour sa « politique du rayon de Soleil (en) », inspirée de l'Ostpolitik de Willy Brandt, qui vise à réconcilier les deux Corées.

Début de carrière politique[modifier | modifier le code]

Il entre en politique en 1954 en s'opposant au maintien de Syngman Rhee. Élu à l'Assemblée nationale en 1961, il perdit son poste après le coup d'État militaire mené par Park Chung-hee le , le nouveau dictateur annulant immédiatement les élections en proclamant l'état d'urgence.

Parvenant à se faire élire député lors d'élections organisées en 1963 et 1967, malgré les fraudes, et devint la principale figure de l'opposition. Après la réforme de la Constitution de 1963 organisée par le dictateur Chung-hee pour lui permettre de se présenter à un troisième mandat, Kim Dae-jung fut son opposant lors de la présidentielle de 1971, obtenant 45 % des voix (dont près de 60 % à Séoul)[2] malgré les nombreuses pressions émanant de la dictature.

Échappant peu après les élections à une tentative d'assassinat maquillée en accident de la circulation, qui lui vaudra un handicap permanent à la hanche, il s'exile au Japon, où il organise un Front démocratique d'opposition, basé au Japon et aux États-Unis. Le , il est enlevé par des agents du KCIA à Tokyo et est enchaîné à des blocs de béton et emmené dans un bateau en vue d'être noyé en haute mer. Il échappe de peu à la mort grâce à l'intervention, de leur propre initiative, de quelques fonctionnaires américains rétifs à la ligne officielle de l'administration Nixon (soutien aux régimes anticommunistes quelle que fût leur politique en matière de droits de l'homme), dont notamment l'ambassadeur Philip Habib[3],[4].

Il fut par la suite banni.

En 1980, Kim Dae-jung est condamné à mort[2] pour sédition et conspiration à la suite d'un autre coup d'État de Chun Doo-hwan et du soulèvement populaire à Gwangju, son fief politique. Grâce à l'intervention du gouvernement des États-Unis, la sentence est commuée en 20 ans de prison, puis, plus tard, à l'exil pour les États-Unis.

En route vers la présidence[modifier | modifier le code]

Après son retour en Corée du Sud en 1985, il reprend son rôle de chef de l'opposition. Lorsque la première élection présidentielle démocratique se tient en 1987 après la retraite de l'ex-général Chun Doo-hwan, Kim Dae-jung et Kim Young-sam, son camarade et rival politique de longue date, se portent candidats et obtiennent respectivement 27 % et 27,5 % des voix. Cela divise les votes pour l'opposition et permet la victoire de l'ex-général Roh Tae-woo avec environ 37 % des voix, le successeur désigné de Chun Doo-hwan.

Kim Dae-jung échoue à nouveau à la présidentielle de 1992 avec 33,8 % des voix, cette fois seulement contre Kim Young-sam qui succède à Roh Tae-woo. Cependant, lors des élections de 1997, sa quatrième candidature, il gagne finalement avec 40,3 % des voix pour succéder à Kim Young-sam.

Les présidents précédents Park Chung-hee, Chun Doo-hwan, Roh Tae-woo et Kim Young-sam venaient tous d'une région relativement hospitalière, la province de Gyeongsang. Kim Dae-jung est le premier président venant de la région de Jeolla, dans le sud-ouest, une région qui avait été traditionnellement négligée et moins développée, au moins en partie à cause de la discrimination politique des présidents précédents. Il obtient d'ailleurs plus de 90 % des voix dans cette région. Il obtient le prix Rafto en 2000 pour les pressions démocratiques qu'il exerce en Corée du Sud.

Présidence[modifier | modifier le code]

Kim Dae-jung arrive au pouvoir en plein milieu d'une crise économique qui touche la Corée du Sud à partir de la dernière année de la présidence de Kim Young-sam. Il réalise une vigoureuse réforme économique et une importante restructuration afin de revitaliser l'économie, obtenant ainsi quelques résultats remarquables pour l'économie sud-coréenne.

Sa politique d'engagement avec la Corée du Nord est appelée la « Politique du rayon de Soleil (en) » (sunshine policy), inspirée de l'Ostpolitik de Willy Brandt. Dans ce cadre, Kim Dae-jung est le premier chef d'État sud-coréen à se rendre à Pyongyang, où il signe la déclaration conjointe du avec son homologue nord-coréen Kim Jong-il. La déclaration du constitue la pierre angulaire des relations intercoréennes, en vue de la réunification de la péninsule.

La « sunshine policy » de Kim Dae-jung lui vaut d'obtenir le Prix Nobel de la paix. Cette attribution est cependant controversée : la Corée du Nord a contesté que cette récompense soit décernée au seul président sud-coréen, tandis que les adversaires politiques de Kim Dae-jung ont contesté l'instauration d'un dialogue ne comportant pas, selon eux, de contreparties suffisantes de Pyongyang (voir les articles détaillés relations inter-Corées et réunification de la Corée).

Roh Moo-hyun, qui appartient à ce moment au même parti politique que Kim Dae-jung, lui succède en 2003. Il poursuivra notamment sa « Politique du rayon de Soleil ». Après le suicide de Roh Moo-hyun, il assiste à ses funérailles le . Il décède quelque temps après d'une embolie pulmonaire le .

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Date retenue par l'Académie Nobel, mais plusieurs biographes ont avancé celle du 6 janvier 1924.
  2. a et b (en) Kim Dae-jung, 83, Ex-President of South Korea, Dies, New York Times, 18 août 2009.
  3. Donald Ranard, Kim Dae Jung's Close Call: A Tale of Three Dissidents, Washington Post, 23 février 2003
  4. Saving Kim Dae-jung: A tale of two dissident diplomats, The Boston Globe, 24 août 2009