Bois énergie
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Les applications du bois en tant que combustible sont appelées bois énergie.
Le bois énergie est un type de bioénergie utilisant la biomasse constituée par le bois. Il peut s'agir d'une énergie renouvelable si le bois est produit par une gestion durable des forêts.
Il se présente sous quatre formes essentielles :
- les bûches ;
- les granulés de bois ou pellets ;
- les briques de bois reconstituées ;
- les plaquettes forestières.
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[modifier] Historique
Le bois est l'une des sources d'énergie les plus anciennement utilisées par l'humanité. Depuis la préhistoire jusqu'au début de l'exploitation du charbon, le bois fut la seule source d'énergie possible pour le chauffage et pour la cuisson des aliments. Au Moyen Âge puis à l'époque moderne, c'est le bois qui permit le développement de certaines industries gourmandes en énergie et qui nécessitaient des températures élevées, comme la sidérurgie et la verrerie. À cet effet, le bois était transformé en charbon de bois par des artisans spécialisés, les charbonniers. Ce métier a quasiment disparu au XIXe siècle avec l'apparition et le développement spectaculaire de l'extraction de la houille (aussi appelée « charbon de terre »).
Le bois eut aussi une période d'intérêt particulier pendant la Seconde Guerre mondiale pour alimenter les véhicules à gazogène.
Aujourd'hui, le bois énergie suscite un regain d'intérêt en raison du prix grandissant des énergies fossiles, de sa disponibilité et de son caractère renouvelable.
[modifier] Applications
Les différentes applications du bois énergie se caractérisent par leur rendement. Les dernières générations de matériel permettent des rendements en énergie très élevés (supérieurs à 90 %).
- Les applications les plus intéressantes sont les réseaux de chaleur en cogénération avec de l'électricité le plus souvent.
- Le chauffage au bois sous forme de bûches connaît toujours un certain succès, notamment en habitat pavillonnaire et malgré ses contraintes pratiques, car outre les aspects économiques et écologiques, il apporte un caractère chaleureux que n'ont pas les modes de chauffage modernes.
- Les chaufferies collectives au bois utilisant des déchets de scierie (sciure, chutes de bois) ou des plaquettes de bois issues de l'exploitation forestière se développent fortement.
- En chaudière individuelle, du fait des difficultés d'approvisionnement et de stockage, le développement est plus lent mais la filière commence à se structurer. L'utilisation de plaquettes forestières ou de granulés de bois (aussi nommés pellets) dans des chaudières automatisées en remplacement du fioul apparaît prometteur, et est courant en Suède et en Autriche.
[modifier] Rendements
On peut comparer les différents rendements de types de chauffage au bois :
- Insert ou cheminée ouverte : rendement 10 à 15 % (rendement lors de la combustion. Sur une année, le rendement peut être négatif, du fait des pertes thermiques importantes lorsque la cheminée n'est pas utilisée)
- Insert fermé par une vitre : 30 à 70 %
- Poêle à bois moderne (à combustion secondaire) : 70 %
- Chaudière de cheminée : 85 à 95 %
- Chaudières à bois : 60 à 80 %
- Chaudières à gazéification de bois : 75 à 95 %
- Chaudière à granulés de bois (Pellet): 85 à 95 %
- Chaudière à plaquettes forestières : 75 à 90 %
- Réseaux de chaleur : 95 %
[modifier] Les essences de bois de chauffage
Les essences de bois sont classées en deux grandes familles selon leur densité :
- les feuillus durs (chêne, hêtre, frêne, châtaignier, charme, noyer, arbres fruitiers, etc.) ;
- les résineux (épicéa, sapin, pin, mélèze, douglas) et feuillus tendres, (peuplier, saule, etc.).
Les feuillus durs sont les plus appréciés pour le chauffage domestique, à l’exception du châtaignier qui éclate en brûlant. Les feuillus tendres et les résineux brûlent plus vite. S’ils sont mal stockés, ils se dégradent rapidement. Les résineux sont néanmoins appréciés pour leur montée rapide en température.
- Le sapin et l'épicéa ont le même pouvoir calorifique mais le sapin produisant moins de résine, il génère moins d'étincelles.
- Le pin et le mélèze sont de bien meilleure qualité, mais sont moins répandus.
- Le bouleau est souvent utilisé pour les cheminées, car il donne une belle flamme (claire, légèrement bleutée) et un bon arôme. Il brûle relativement rapidement.
- Le hêtre est considéré comme le bois de chauffage idéal car il donne une belle flamme et de bonnes braises presque sans étincelles et possède, en outre, un très haut pouvoir calorifique. L'apport énergétique / calorifique du bois de hêtre est souvent cité comme une référence par rapport à d'autres bois. Son odeur est généralement très appréciée, c'est la raison pour laquelle le fumage des denrées alimentaires est fait principalement sur bois de hêtre.
- Le chêne a de multiples usages. Il donne de bonnes braises mais une flamme moins belle. Le pouvoir calorifique est encore un peu plus élevé que celui du hêtre, et la combustion est la meilleure. Le chêne contient beaucoup de tanins nécessitant une bonne aération. Il est donc bien adapté pour les fours, mais pas pour les cheminées ouvertes.
- Le charme commun, de même que le chêne, a un très haut pouvoir calorifique. Il donne une belle flamme et brûle longtemps. Comme le frêne, il est particulièrement difficile à couper. Le frêne donne la plus belle flamme. Il est idéal pour les cheminées, car il produit peu d'étincelles.
[modifier] Inconvénients
Le chauffage au bois résidentiel est une source importante de pollution atmosphérique, importante en nombre de composés rejetés et en quantité (surtout si l'on compare les valeurs à celles d'autres combustibles). Il peut dans certains cas être nuisible à la santé. De récentes études épidémiologiques ont souligné la similarité des effets sur la santé entre les fumées de combustion de biomasse (feux de cheminées, feux agricoles, feux de jardin) et les produits pétroliers (diesel), tant dans la nature que dans la fréquence des troubles engendrés (affection respiratoire, cancer du poumon...) (source: les résultats du programme européen CARBOSOL, décembre 2007)[1].
Parmi la liste des substances émises lors de la combustion du bois, on note : des particules fines (dont les PM2,5 qui pénètrent profondément dans le système respiratoire), le monoxyde de carbone (CO), les oxydes d’azote (NOx), les composés organiques volatils (COV), l’acroléine, le formaldéhyde, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des dioxines et des furanes. Selon les sensibilités et les niveaux d’exposition, la fumée de combustion du bois peut causer des maux de tête, de la nausée, l’irritation des yeux et du système respiratoire, une aggravation des maladies cardiorespiratoires et une espérance de vie réduite. Certains composés émis sont également des substances potentiellement ou avérées mutagènes et cancérigènes (benzène et HAP, par exemple)[2].
Les raisons principales de ces inconvénients sont les suivantes : le bois est un combustible solide, qui émet plus de sous-produits de combustion incomplète (CO, particules carbonées, HAP, benzène...) que des combustibles liquides ou gazeux comme le fioul domestique ou le gaz naturel; il est également une substance brute, non raffinée, qui contient des éléments potentiellement nocifs (métaux, chlore...) que l'arbre a captés dans son environnement (l'atmosphère et le sol) au cours de son existence; lorsque le bois est brûlé, on retrouve ainsi dans l'atmosphère un certain nombre de produits dangereux (outre les sous-produits de combustion incomplète, le chlore par exemple est à l'origine de la formation de composés organochlorés comme les dioxines, les furanes ou les PCB). Les émissions polluantes sont encore plus importantes si le bois utilisé est trop vert ou trop humide. Les plus préjudiciables à la santé sont les bois "souillés" (bois traités, vernis, peints, etc.).
Le bois représente 5 % seulement de la consommation finale d'énergie en France (dont 85 % utilisés dans les maisons individuelles, 2 % dans le chauffage collectif et 13 % dans le chauffage pour l'industrie). Il existe une forte disproportion entre son importance relativement secondaire sur le marché de l'énergie et sa contribution très importante, en ce qui concerne certains polluants majeurs, à la dégradation de la qualité de l'air :
1- Émissions dans l'atmosphère comparées pour quelques combustibles et le transport routier (véhicules Diesel inclus), pour l'année 2007 en France métropolitaine, en % des émissions totales (selon les estimations du CITEPA, qui assure la réalisation technique des inventaires de la pollution atmosphérique dans notre pays) :
PM10 = particules de taille inférieure à 10 micromètres - PM2,5 = particules fines - PM1,0 = particules très fines - HAP = Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (certains sont reconnus très cancérigènes). REMARQUE : les particules sont parfois nommées poussières.
| PM10 | PM2,5 | PM1,0 | HAP | Dioxines/Furanes | PCB | Plomb | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Bois | 23 | 35 | 61 | 72 | 17 | 16 | 19 |
| Fioul domestique (FOD) | 4,4 | 6,6 | 10 | 4,5 | 0,1 | 7,0 | 0,0 |
| Gaz naturel | 0,19 | 0,13 | 0,06 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 |
| Transport routier | 10,5 | 11,6 | 16,2 | 20,5 | 1,6 | 0,0 | 0,0 |
Benzène : pour les émissions de ce composé cancérigène, le CITEPA ne fournit pas de donnée spécifique au bois énergie, mais précise que : « Le principal secteur émetteur de benzène est le résidentiel/tertiaire (75,8%) en particulier du fait de la combustion du bois, suivi du transport routier avec 14,1%. »
2- Quelques valeurs typiques d'émissions de polluants par des appareils de chauffage récents (source : Impact sur la Qualité de l'air des émissions dues à la combustion du bois - ministère de l'écologie - 2 mars 2006)
Combustibles : Bois - Fioul Domestique (FOD) - Gaz naturel - Charbon. COV = Composés Organiques Volatils
| Rendement (%) | PM10 (g/GJ) | HAP (mg/GJ) | COV (g/GJ) | Benzène (g/GJ) | |
|---|---|---|---|---|---|
| Bois (poêle) | 60 | 411,7 | 1003,3 | 666,7 | 100,00 |
| Bois (chaudière) | 70 | 135,7 | 78,6 | 428,6 | 64,3 |
| FOD (chaudière) | 83 | 14,6 | 1,2 | 3,6 | 0,2 |
| Gaz (chaudière) | 86 | 0,0 | 0,0 | 2,9 | 0,3 |
| Charbon (chaudière) | 70 | 101,4 | 0,0 | 21,4 | 0,9 |
Les émissions spécifiques des appareils sont exprimées en unité de masse (g ou mg) par unité d'énergie sortante (gigajoule (GJ)).
Le rapport complet (au format PPT - requiert la Visionneuse PowerPoint) est disponible sur une page de la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement) du Limousin, au contenu évocateur : Le bois énergie pour les chaufferies collectives. Les conclusions de ce rapport sont les suivantes :
- Combustion du bois : importance des émissions de polluants atmosphériques
- La réglementation actuelle et en projet impose de réduire les émissions dues au bois-énergie
- Les actions engagées (« flamme verte », crédit d’impôt) apparaissent insuffisantes au regard des enjeux
- Le développement du bois-énergie doit être envisagé dans des installations d’une taille suffisante (chaudières de collectivité ou industrielles) pour permettre la mise en place de dispositifs de dépollution performants
Les émissions polluantes sont encore beaucoup plus importantes avec les chauffages au bois d'une puissance supérieure à 70 kW, si l'on en croit les autorités fédérales de la Confédération suisse dans le document suivant : Plan d'action contre les poussières fines : « 40% du bois d'énergie suisse sont aujourd'hui brûlés dans quelque 5000 chaudières à bois d'une puissance calorifique supérieure à 70 kW, la plupart à chargement automatique. Ce type d'installation devrait se multiplier dans les prochaines années avec la promotion du bois énergie. Or, même bien exploités, ces chauffages émettent au moins 300 fois plus de poussières fines qu'un chauffage similaire alimenté à l'huile ou au gaz. » (l'huile est ici l'huile de chauffage, c'est-à-dire le mazout).
Les informations précédentes montrent la nécessité de maîtriser la pollution générée par le bois énergie.
Dans le plan d'action contre le changement climatique, le développement du bois énergie ne doit pas aboutir à une aggravation de la pollution atmosphérique.
Le Plan Particules, intégré dans la deuxième version du Plan National Santé Environnement (PNSE 2), présente un certain nombre de mesures à prendre pour réduire les émissions de polluants :
- imputables au chauffage au bois dans le secteur domestique (émissions de particules et de benzène notamment). Quelques propositions : révision du crédit d'impôt et des aides; privilégier le renouvellement des appareils anciens, les plus polluants, et non l'installation de nouveaux équipements; promouvoir l'amélioration des appareils; réorienter les actions de communication de l'ADEME; faire évoluer les critères d'attribution du label Flamme Verte.
- imputables aux installations utilisant la biomasse dans l'industrie et le résidentiel tertiaire (émissions de particules notamment).
Voir à ce sujet le Dossier de presse Air (format PDF, pages 18 et 19). On remarquera que les mesures proposées corroborent les conclusions du rapport précédent.
À la différence de la France, le chauffage domestique au bois n'est pas globalement la source principale de particules fines (PM2,5) dans l'Europe des 15, ce privilège revient aux sources mobiles (le transport routier, essentiellement les véhicules Diesel, et les engins mobiles non routiers), mais on note une diminution de la contribution de ces sources, malgré une augmentation du trafic, et cette tendance devrait se poursuivre dans les prochaines années avec les nouvelles réglementations européennes. En revanche, toujours pour les émissions de PM2,5, on prévoit une augmentation de la contribution des procédés industriels et du chauffage domestique au bois; ce dernier deviendrait à terme la principale source de PM2.5 dans l'Union : Health risks of particulate matter from long-range transboundary air pollution (Étude de l'OMS)
Sur le modèle des systèmes de dépollution existants qui devraient équiper la totalité des chaufferies collectives et industrielles (notamment les filtres à manches et les électrofiltres), des solutions techniques qui permettent de réduire les rejets de polluants par les appareils de chauffage domestique au bois commencent à voir le jour. De tels systèmes de filtration sont déjà disponibles en Suisse : Filtres à particules (format PDF)
Autre document, de l'Office Fédéral de l'Environnement suisse (OFEV) : Chauffages.. Du bois d'accord, mais jamais sans filtre. Dans certains cantons suisses, les poêles à bois ne sont pas autorisés à fonctionner s'ils ne sont pas équipés de filtre à particules.
Un reportage diffusé au journal de 20 heures de TF1, dont le sujet est la pollution générée par le chauffage domestique au bois, signale que même une chaudière dernière génération devrait être équipée d'un filtre à particules Journal TF1, 2 janvier 2008 (encore disponible - date de début du reportage : 24min 26s - durée : 1min 52s).On notera la conclusion du reportage : « Car il ne s'agirait pas, en développant la filière bois, de gâcher en termes de santé publique ce qu'on a gagné dans la lutte contre l'effet de serre ».
Dans le reportage de TF1, on peut remarquer aussi la phrase : « Quand vous brûlez du bois, en général, mais c'est vrai dans un chauffage, c'est vrai quand vous le brûlez à l'air libre, ça émet des particules, et notamment des particules très fines qui sont les plus dangereuses pour la santé ». Comme signalé au premier paragraphe de la partie "Inconvénients", une part significative de la pollution due à la combustion du bois (plus précisément due à la combustion de biomasse) est imputable au brûlage de végétaux à l'air libre (feu de jardin, feu agricole), sans oublier le feu de forêt; mais la contribution de ces sources est difficile à évaluer. En France, le brûlage à l'air libre des déchets verts (assimilables à des déchets ménagers selon la rubrique 20.02.01 de l'article R 541-8 du Code de l'Environnement) est interdit par l'article 84 du Règlement Sanitaire Départemental Type (référence de tous les règlements sanitaires départementaux); il reste, malgré cela, encore largement pratiqué.
À ce propos, le site d'ATMO Rhône-Alpes publie un communiqué intitulé : Impact du brûlage à l'air libre de végétaux. Celui-ci informe sur les risques sanitaires liés à ces feux et fournit des comparaisons d'émissions de particules avec une voiture à essence récente, une voiture Diesel, une chaudière fioul, une chaudière à bois et une cheminée ouverte, ainsi que des comparaisons d'émissions de dioxines et furanes avec des incinérateurs. Accessoirement, ce document permet de comparer les émissions de particules d'une chaudière à bois de pavillon récente avec celle d'une chaudière similaire au fioul, mais aussi avec les véhicules mentionnés ci-dessus. Force est de constater que, en ce qui concerne la propreté des émissions, même une chaudière domestique à bois récente ne peut encore rivaliser avec une chaudière similaire au fioul (comme on le notait déjà dans le deuxième tableau plus haut).
Depuis la fin des années 1980, plusieurs technologies ont été développées pour rendre les appareils de chauffage au bois plus écologiques. Les catalyseurs et les entrées d'air secondaires sont des exemples de technologies qui permettent une combustion presque totale des gaz émis et évitent l'émission de fumée visible. Ces technologies ont été développées pour répondre à des normes environnementales sévères comme la norme américaine pour poêle à bois EPA. Malheureusement, la plupart des appareils de chauffage au bois en utilisation, qui datent du début des années 1980 et ne sont pas pourvus de ces technologies, sont encore très polluants. Les pouvoirs publics se sont donc lancés dans une incitation très forte à leur remplacement au profit de poeles et d'inserts beaucoup plus performants (70 % de rendement minimum, 0,3 % de CO). Ces 2 caractéristiques déterminent en partie le caractère "flamme verte" des poeles. Elles permettent aussi de minimiser les rejets gazeux et metalliques associés.
Au SIREME 2008 a été présentée une étude faite par l'ADEME sur la pollution atmosphérique liée au chauffage au bois. Les résultats d'un poële moderne sont désormais en ligne avec les autres modes de chauffage à base de combustion.
On note les éléments suivants qui influenceront grandement la quantité de pollution engendrée par ce mode de chauffage :
- la densité de la population ;
- les conditions climatiques ;
- la topographie ;
- la qualité des appareils de combustion ;
- les essences de bois utilisées ;
- le taux d'humidité du bois (il faut absolument bruler du bois de moins de 18 % d'humidité)
- et les techniques de combustion utilisés.
Il convient dès lors de comparer ces pollutions à celles engendrées par les autres modes de fabrication de l'énergie, notamment des énergies de chauffage les plus utilisées (fuel, gaz, électricité).
Cependant, un des avantages du bois comme source d'énergie est que son bilan carbone est neutre (lorsque l'on ne tient pas compte de la quantité de CO2 produit par les équipements à énergie fossile utilisés pour la coupe, le débitage et le transport de la ressource). Le CO2 libéré pendant la combustion d'un arbre a été capturé par celui-ci lors de sa croissance. Dans la mesure où l'on ne prélève pas plus de bois qu'il n'en pousse, la combustion du bois n'a donc aucun impact sur le dioxyde de carbone émis si les forêts sont bien gérées. De plus, la décomposition du bois au sol aurait de toute façon libéré une quantité équivalente de CO2, voire de méthane, sans en récupérer l'énergie.
Comme énergie solide, le bois produit 42 g de CO2 fossile par kwh pour sa combustion, contre plus de 400 pour le fuel (source BIOMEE [1]) et confirmée par l'ADEME). Cette energie est essentiellement du au transport entre la foret et le point de consommation (coupe, débardage, transport). EDF annonce 55 g de CO2 fossile pour l'ensemble de sa production.
Les cyanures et poussières de suie sont un sous-produit de la combustion et une grande concentration de chauffage au bois génère du smog.
[modifier] Économie
Le bois comme source d'énergie contribue positivement à l'environnement économique: d'une part, il a un impact très fort sur l'aménagement du territoire par la gestion des forêts qu'il engendre, d'autre part, il développe l'économie de proximité par les emplois qu'il induit sur l'ensemble de la chaîne (exploitation forestière, production, récolte, logistique).
[modifier] Production
L'exploitation traditionnelle des forêts pour la production du bois de chauffage a conduit à une forme de sylviculture, le taillis, qui permettait de produire en quantité des bois de petit diamètre (deux versions extrêmes, récoltée de manière industrielle en sont le taillis à courte rotation (TCR) et le taillis à très courte rotation (TTCR), basés sur la récolte de clones de saules densément plantés en alignements).
Le traitement en futaie de production de bois d'œuvre permet toutefois une production de petit bois de chauffage à partir des premières éclaircies.
Le déchiquetage des rémanents d'exploitation (branchages et petits bois) qui n'étaient jusqu'alors pas valorisés sous formes de plaquettes forestières est une technique prometteuse pour l'approvisionnement, mais qui peut poser des problèmes écologiques (épuisement et dégradation des sols)
La production de bois énergie permet ainsi de dynamiser la gestion forestière et la récolte de bois d'œuvre en rentabilisant les premières éclaircies. La montée en puissance du bois énergie pose néanmoins le problème d'une concurrence avec les filières d'approvisionnement en bois de trituration.
[modifier] En France
« La France doit sa place de premier producteur européen de bois-énergie (9,18 millions de tonne d'équivalent pétrole en 2004) essentiellement au chauffage domestique (environ 7,4 Mtep). Dans l’habitat individuel, plus de 5 millions de ménages sont équipés d’un chauffage au bois (45 % d’inserts et de foyers fermés, 27 % de foyers ouverts, 13 % de poêle, 9 % de cuisinières et 6 % de chaudières individuelles). Le rendement énergétique de ces appareils reste faible (40-50 %) compte tenu des nouveaux produits présents sur le marché dont les rendements dépassent les 65 %. Un des grands enjeux du “plan bois-énergie 2000-2006” et de la loi fiscale sur les appareils utilisant les renouvelables (crédit d’impôt de 50 % en 2006) est d’accélérer le renouvellement vers les appareils de chauffage au bois à haut rendement et également d’augmenter la taille du parc installé.
Le plan bois-énergie comporte également un important volet pour le développement du bois-énergie dans les secteurs industriel, collectif et tertiaire. L’objectif pour 2006 est la mise en service de 1 000 chaufferies supplémentaires (600 collectives et 400 industriels) pour une puissance de 1000 nouveaux mégawatts (350 MW pour le collectif et 650 MW pour l’industrie), soit une production supplémentaire de bois-énergie de 0,3 Mtep (0,12 Mtep pour le collectif et 0,18 Mtep pour l’industrie). Les objectifs de ce plan sont d’ores et déjà atteints en termes de quantité de chaufferies(1 090). En termes d’énergie produite, après cinq ans, on en est à 73 % de l’objectif fixé. Il reste 80 000 tep à économiser pour les années 2005 et 2006.
À la fin de l’année 2004, l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie estime que le parc des chaufferies collectives bois en fonctionnement comprenait 641 installations soit 430 MW de puissance thermique installée (+13 % par an en moyenne depuis 2000). Le parc des chaufferies industrielles (de puissance> 1 MW) est estimé à 1 000 unités pour une puissance de 2500 MW. Ce parc est caractérisé par quelques unités de forte puissance dans l’industrie de la trituration qui fonctionnent en cogénération. Concernant la production d’électricité, le gouvernement a communiqué le 11 janvier 2007, les résultats de l’appel d’offres biomasse-biogaz pour des installations supérieures ou égales à 12 MW. Le ministre a fait le choix de 14 projets biomasse (216 MWe) et 1 projet biogaz(16 MWe) qui devraient permettre une production supplémentaire d’électricité de 1,8 TWh. Le prix moyen d’achat demandé par les promoteurs est de 86 €/MWh alors que le prix sur le marché de gros est de l’ordre de 35 €/MWh. Le tarif d’achat pour l’électricité produite à partir de la combustion de la biomasse pour les puissances inférieures à 12 MW est de 49 €/MWh, plus une prime d’efficacité énergétique comprise entre 0 et 12 €/MWh. Le potentiel reste important en France. Une étude commanditée par l’Ademe a identifié un gisement physique national supplémentaire et annuel situé entre 7 et 12 Mtep de plaquettes forestières (selon les niveaux de rémanents et d’exploitations forestières), c’est-à dire autant que ce qui est exploité actuellement ! » [3]
[modifier] Réalisations actuelles
[modifier] L'exemple d'une région française, la Franche-Comté
La Franche-Comté est une région largement boisée aux importantes ressources forestières, située dans l'Est de la France, le long de la frontière suisse. Dès qu'on veut dépasser le stade du chauffage au bois traditionnel en bûches, la mise en place d'une filière industrielle intégrée s'impose. C'est ce qui s'est fait dans cette région avec l'aide de l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie).
L'automatisation indispensable des installations nécessite un combustible dont les caractéristiques doivent se rapprocher d'un fluide. En conséquence, c'est la transformation du bois en plaquettes de 2 à 3 cm de longueur qui s'est avérée la plus propice à l'exploitation automatique.
L'ADEME estime à :
- 81200 Tep par an la ressource forestière disponible pour la production de plaquettes (bois d'éclaircie et bois non valorisés actuellement par un autre usage).
- 15300 Tep par an la ressource en écorces, chutes et bois de rebut (sous-produits de l'industrie du bois).
En 2003, la ressource forestière n'est mobilisée qu'à hauteur de 8 % alors que la ressource en sous-produits de l'industrie est mobilisée à 112 % (des sous-produits proviennent d'autres régions).
- 215 chaufferies automatiques ont été mises en place.
- 13 raccordements de bâtiments sur des réseaux de chaleur alimentés par des chaufferies au bois existantes ont été réalisés.
- 7 broyeurs dont 6 de forte capacité ont été mis en service.
En 2003, la Franche-Comté disposait d'une puissance installée de 104310 kW (104 MW).
[modifier] L'installation de Gray
Sur la base d'une première chaufferie centrale au bois et d'un réseau de chaleur mis en place en 1985 est installée en 2001 une chaufferie mixte bois-gaz constituée de:
- une chaudière bois de 3200 kW automatisée alimentée en écorce ou plaquettes.
- deux chaudières d'appoint ou de secours au gaz naturel de 600 et 1740 kW
Le réseau de chaleur dessert 600 logements, une école maternelle, un groupe scolaire, un collège, une maison de retraite, un centre médico-social et la piscine municipale. La chaudière au bois assure 90 % des besoins de chaleur (11 500 000 kWh) équivalent à une consommation de 1 400 tonnes de pétrole.
[modifier] Liens internes
- Biomasse, sylviculture
- Contenu CO2
- taillis à courte rotation (TCR), taillis à très courte rotation (TTCR),
- Particules en suspension
- Filtre à particules
[modifier] Liens externes
- Le site de l'Institut Technique Européen du Bois Energie (ITEBE)
- Le point sur les particules fines (un article de ITEBE)
- Plan d'action contre les poussières fines
- Dossier de l'ADEME sur le bois énergie
- Information sur la norme NF du bois énergie
- Sites de bois énergie en France de l'annuaire Dmoz
[modifier] Références
- ↑ Les feux d'hivers sont responsables de la pollution carbonée
- ↑ Le chauffage au bois et la santé - Direction de la Santé Publique de Montréal-Centre
- ↑ Extrait du baromètre du bois-énergie - oct 2005, EurObserv’ER

