Histoire du Liban

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L'Histoire du Liban couvre la période de la république moderne du Liban, ses précurseurs (le Grand-Liban et la Mutassarrifiya) mais aussi l'histoire millénaire de l'ensemble de la région couverte aujourd'hui par l'état moderne.

L'état du Liban existe dans ses frontières actuelles depuis 1920, date de la création du Grand-Liban sous mandat français, issu du démembrement de l'Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale. Avant cette date, la désignation "Liban" concerne un territoire aux frontières vaguement définies, englobant la chaine montagneuse du Mont-Liban et ses périphéries (principalement, le littoral méditerranéen et les plaines de la Bekaa et du Akkar). Située au Proche-Orient, dans la partie occidentale du Croissant fertile, cette région a été peuplée depuis la préhistoire et a été successivement sous la domination de grands ensembles politiques dont le dernier est l'empire ottoman. C'est sous la domination ottomane, qu'est apparue dans le Mont-Liban une spécificité socio-politique (via l'émirat du Mont-Liban, puis surtout la Mutassarifiya) permettant l'émergence de l'embryon juridique de ce qui deviendra l'état moderne.

L’Antiquité[modifier | modifier le code]

Période de 3000 av. J.-C. au Ier siècle

Habitée depuis l'Antiquité, la région est décrite dans la Bible comme « la terre du lait et du miel ». Culture de la montagne et culture des villes se combinèrent pour façonner l'identité libanaise : sociabilité et tolérance, esprit d'entreprise et individualisme, hédonisme...[réf. nécessaire]

Terre de lait et de miel des temps bibliques, le Liban a toujours attiré les conquérants en raison de ses abondantes ressources naturelles[réf. nécessaire], des ports abrités qui jalonnent la côte et des possibilités défensives qu'offrent les hauts sommets. Tous ces éléments contribuèrent à faire de l'histoire du pays une véritable odyssée.

Le monde phénicien[modifier | modifier le code]

Localisation des principaux sites du Levant de la première moitié du Ier millénaire avant J.-C.

Au IIIe millénaire av. J.-C., à la faveur de contacts assidus avec la Mésopotamie, la Syrie du Nord et de l'Égypte, la côte s'urbanisa à son tour. Byblos, où cette évolution fut bien attestée, est alors la plus ancienne cité en pierre connue de l'humanité.

Plus tard, aux environs de 1200 av. J.-C., les Phéniciens, fondèrent l'une des premières grandes civilisations du bassin méditerranéen, une civilisation qui domina une partie de la Méditerranée, grâce à l'esprit d'entreprise et au développement intellectuel émanant d'une série de cités-états indépendantes. Ils régnèrent sur la mer en raison de la supériorité de leurs vaisseaux et de leurs talents de navigateurs, se révélèrent des artisans exceptionnels, des commerçants doués et inventent le premier véritable alphabet - une avancée remarquable qui ouvrira la voie aux grandes œuvres littéraires de la Grèce ancienne.

Les Phéniciens, peuple sémitique issu du peuple cananéen, tinrent leur nom des Grecs qui leur donnèrent ce nom (du grec phoinix), les désignant probablement par rapport à la teinture de pourpre, dont les artisans phéniciens avaient seuls le secret. Longtemps en concurrence avec les Grecs, puis leurs descendants puniques en concurrence avec les Romains, les informations qui nous sont parvenues, furent en partie biaisées par les concurrents et parcellaires, véhiculant mystère et image sulfureuse. Il est important de savoir qu'entre éloges et critiques, il faut discerner les jalousies, convoitises et rivalités de l'époque.

Pour les Grecs (de Grèce vivant au Liban), qui utilisèrent les premiers le nom de Phénicie, le territoire s'étendait sur la zone côtière comprise entre le mont Casius au nord et Haïfa au sud. À l'intérieur de cette zone, les cités d'Ougarit (Ras-Shamra), d'Arwad, de Byblos (Jbeil), de Béryte (Beyrouth), de Sidon (Saïda), de Tyr (Sour) et d'Akka, constituaient les fameuses cités-états. La Phénicie occupait alors cette bande côtière, entre la montagne libanaise et la mer Méditerranée. Un espace varié entre sites portuaires, petites plaines ainsi qu'un arrière-pays de montagne, où poussent sapins et cèdres.

Tout au long de leur avancement, les Phéniciens s'installèrent également sur les îles, grandes places stratégiques sur leur chemin d'évolution : la première vraie escale fut basée à Chypre (l'île du cuivre). Les fouilles évoquent une présence phénicienne au moins dès le IXe siècle. Le centre principal fut Kition mais il y eut d'autres comptoirs à Paphos, Tamassos (en) ainsi que dans d'autres villes.

Après Chypre, les marins phéniciens s'aventurèrent dans l'archipel de la mer Égée. Homère mentionne des comptoirs commerciaux, des points d'appui fondés par des marchands. La Crète, l'Eubée et les îles du Dodécanèse semblent avoir conservé certaines des traces de cette présence à l'aube du premier millénaire. Lors de ces premiers échanges les Grecs apprirent à utiliser l'alphabet phénicien qu'ils adaptèrent par la suite à leur propre langue.

On retrouvait les Phéniciens à Malte, (Tas Silg), en Sicile (Motyé), en Sardaigne (Cagliari, Tharros, Nora), Tunisie (Carthage, Thapsus, Hadrumète) pour arriver en Espagne (Cadix, Ibiza) le pays des métaux et des richesses (l'or et l'argent). Les navires phéniciens franchirent aussi les colonnes d'Hercule et allèrent jusqu'en Bretagne et en Cornouaille à la recherche des mines d'étain.

De la conquête d'Alexandre à la colonisation romaine[modifier | modifier le code]

Dès le IIe et surtout au Ier millénaire av. J.‑C., le Liban phénicien fut menacé par l'expansion des grands empires continentaux qui se succédèrent dans l'Orient ancien : Égypte, Assyrie, Empire néo-babylonien puis Perse achéménide. Avec la conquête par Alexandre le Grand en 333 av. J.-C., le Liban s'ouvre aux influences hellénistiques. Le territoire fut d'abord dominé par l'Égypte des Ptolémées, puis par la dynastie des Séleucides ; la conquête romaine se produisit au Ier siècle av. J.-C.

De la naissance du christianisme au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Période du Ier au VIIe siècle jusqu'à l'arrivée de l'Islam[1]

Progressivement christianisé à partir du IIe siècle, sans que les communautés chrétiennes connussent alors un développement comparable à celles des provinces arabiques (Syrie, Jordanie, Arabie actuelles, voire Yémen)[2], le Liban chrétien, jusque là dépendant de l'empire byzantin, alla se constituer à partir de la conquête arabe musulmane au VIIe siècle , notamment par le retrait dans la montagne libanaise de communautés religieuses hétérodoxes : au Nord, ce furent les chrétiens monothélites chassés de Syrie, les maronites. (À savoir que la montagne a été christianisée au Ve siècle par le disciple de saint Maron Ibrahim l'ascète). La montagne libanaise servit également de refuge à partir du XIe siècle, au Sud, à la communauté musulmane dissidente druze. L'islam arriva au VIIIe siècle en provenance de la péninsule Arabique : il fut véhiculé par les bédouins qui entreprirent de multiples successions de missions religieuses et devint la religion prédominante de toute la péninsule depuis le désert d'Arabie. Le Liban devint dès lors un pays très diversifié sur le plan religieux — ce qui explique qu'il soit devenu un État multiconfessionnel aujourd'hui.

Période du VIIe jusqu'au XIXe siècle

L'islam gagna ainsi le Liban (à l'époque Jabal Loubnan) au VIIIe siècle. À noter qu'il n'y avait jamais eu de changement au sein de la religion chrétienne au Liban, les chrétiens gardant leurs prérogatives jusqu'à nos jours. Au VIIe siècle s'installent les Mardaïtes qui seront probablement les ancêtres des maronites libanais[réf. nécessaire]. Les Mardaïtes sont le fer de lance d'une reconquête chrétienne de la Terre Sainte[réf. nécessaire], que les empereurs byzantins feront avorter en signant la paix avec le califat. Les Mardaïtes se détachent alors de l'autorité de Byzance et fondent un état catholique autonome allant d'abord de la Galilée à la vallée de l'Oronte[réf. nécessaire] (soit un peu plus grand que le Liban actuel). Mais les terres reconquises sur les musulmans seront peu à peu abandonnées et le Liban maronite se réduira à la chaîne occidentale du Mont-Liban, entre le Akkar au Nord et Beyrouth au Sud. Les arabes rassemblent d'immenses troupes pour conquérir le nouvel état libanais (plus de 60 000 hommes d'après certains historiens)[réf. nécessaire] tandis qu'en face les Mardaïtes rassemblent 30 000 guerriers.[réf. nécessaire] C'est un choc titanesque pour l'époque : les forces en présence sont plus nombreuses qu'à la bataille de Poitiers. Mais très robustes et très habiles[réf. nécessaire], les Mardaïtes se fondent dans leur montagnes et remportent la victoire sur un ennemi deux fois plus nombreux, après plusieurs années de guerre[réf. nécessaire]. C'est bien probablement l'évènement principal qui a contribué à arrêter l'expansion de l'islam.[réf. nécessaire] Les arabes feront d'autres tentatives pour conquérir le Liban mardaïte mais toutes échoueront[réf. nécessaire]: le Liban ne tombera sous domination islamique qu'après les Croisades. Même les historiens arabes comme Al Baladhuri reconnaissent cette défaite de leurs troupes.

L'islam fut ainsi adopté par différents peuples tout autant en quête de philosophies existentielles que désireux de repousser la domination par l'Empire byzantin de cette région de la péninsule arabique. Toutefois, tant en Irak qu'en Syrie, certains villages chrétiens gardèrent la langue araméenne et leurs habitudes jusqu'à très récemment. Durant cette première période musulmane, l'islam n’était pas imposé. Respectueux des autres croyances religieuses, ainsi que du droit de chacun de disposer comme il l'entendait de sa liberté de religion et de son opinion, c’était l'islam tolérant de la période omeyyade. Cette période s'acheva par le bouleversement provoqué par les Croisades.

Au XIIe siècle, pendant la période des Croisades, le Liban était englobé dans les États latins du Levant : le nord appartenait au Comté de Tripoli et le Sud (avec Tyr, Beyrouth et Sidon) relevait du Royaume de Jérusalem jusqu'en 1291. À cette époque, les maronites apportèrent une aide active aux croisés. Aussi, lors du retour des musulmans à la fin du XIIe siècle, avec la reconquête par l'Islam des États latins d'Orient, la communauté chrétienne dut subir des persécutions, notamment de la part des mamelouks égyptiens, les nouveaux maîtres du pays jusqu'au début du XVIe siècle.

Le Liban sous l'Empire Ottoman[modifier | modifier le code]

Période de 1830 à 1918

En 1516, le Proche-orient est englobé dans l'Empire ottoman, même si l'administration turque ne s'exerce réellement que sur les ports, et donc les côtes.

XVIe siècle - 1840: L'émirat du Mont-Liban[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Emirat du Mont-Liban.
Bachir Chehab II, émir du Mont-Liban de 1788 à 1840.

L'histoire de la montagne libanaise prend un tournant inédit au XVIe siècle lorsqu'elle se constitue en une entité juridico-politique : l’émirat du Mont-Liban. Car s'il existe au sein de l'Empire ottoman plusieurs régions à forte diversité communautaire, la spécificité libanaise qui s'affirme dans le Mont-Liban à partir du XVIe siècle provient de l’émergence de « forces d’intégrations »[3] entre les trois communautés maronite, druze et chiite. C'est la symbiose entre ces communautés qui permet l'affirmation d'un émirat de la montagne libanaise.

La montagne passa sous l'autorité de la famille des Maan (1544 / 1697) dont l'autorité était tout autant reconnue par les druzes que par les maronites. Le pouvoir des Maan connut son apogée sous Fakhr-al-Din II qui, révolté contre le pouvoir de la Porte, fut exécuté à Istanbul en 1635. La dynastie suivante, celle des Chehab, régna de 1698 à 1841 sur la montagne du Liban qui jouit ainsi d'une autonomie presque totale dans un cadre de type féodal. Parallèlement, sur la côte, c'est un pouvoir différent qui se met en place, autour du mamelouk égyptien d'origine bosniaque, Al-Jazzar Pacha, maître de Beyrouth à la fin du XVIIIe siècle. Grâce à lui, Bechir II Chéhab devint émir (1790-1840). Il sut se garder d'accepter les offres de Bonaparte lors du siège de Saint-Jean-d'Acre (1799). En revanche, il ne parvint pas à lutter contre le wali égyptien Méhémet Ali Pacha dont les pressions sur la Syrie et le Liban provoquèrent une insurrection populaire, encouragée par la Grande-Bretagne, et provoquant la fin du règne de Bechir II.

Cette histoire complexe expliqua la diversité linguistique actuelle du Liban. Ce fut la langue italienne qui s’implanta d’abord dans les ports libanais, l'influence commerciale des républiques de Venise et de Gênes étant déterminante entre les XIIIe siècle et XVIIe siècles. Cependant, les capitulations signées entre François Ier puis ses successeurs et la Sublime Porte firent du roi de France le protecteur officiel des chrétiens d'Orient et permettent aux missions religieuses de se développer. Les congrégations (Jésuites, Capucins, Lazaristes, la Sainte Famille, les frères des Écoles chrétiennes, les Maristes, les Filles de la Charité) fondèrent des écoles qui permettraient l'implantation du français au Liban, pendant la période ottomane.

La présence française va permettre, avec la création du Grand Liban par la Société des Nations après la Première Guerre mondiale (voir plus loin), d'étendre l'enseignement du français tant dans le privé que dans le public. Le français et l'arabe sont reconnus comme langues officielles (1926).

Si à l'indépendance l'arabe est reconnu comme seule langue officielle, le français garde une place privilégiée tant dans la réalité que dans les textes puisque, par exemple, les étudiants peuvent étudier les sciences et les mathématiques en français ou en arabe, au choix. Aussi, le Liban fait partie intégrante de la Francophonie et est d'ailleurs membre de l'Organisation internationale de la francophonie. Mais l'anglais prend aujourd'hui une place de plus en plus importante, tant dans le domaine scolaire que professionnel.

1840-1860 : Le double caïmacanat[modifier | modifier le code]

À partir de 1840, l'entité socio-politique autonome du Mont-Liban entre dans une période de forte déstabilisation marquée par le massacre de chrétiens maronites par les Druzes. Les causes de cette crise sont multiples, tant politiques que sociales, externes au microcosme du Mont-Liban ou endogènes.

Dans le contexte de la question d'Orient, le Mont-Liban est une région propice à l'interventionnisme des puissances occidentales désireuses d'accentuer leur influence locale face au pouvoir ottoman. La France s'est ainsi fait l'alliée de la communauté maronite et la Grande-Bretagne celle de la communauté druze dans leurs revendications vis-à-vis du pouvoir ottoman. D'autre part on observe alors une poussée démographique et une ascension sociale des Maronites, traduite politiquement par des velléités hégémoniques de l'émir Bachir Chehab II sur l'ensemble de la montagne. Tout ceci entraîne donc une rupture de la symbiose qui existait entre les deux communautés majoritaires druze et maronite, et des massacres intercommunautaires[3]. Pour remédier à la crise, les puissances occidentales, notamment l'Autriche-Hongrie, appuient la constitution en 1842 d'un régime du double caïmacanat, ou double préfecture[4]. Il s'agit d'une tentative de « territorialisation »[3] des communautés maronite dans la partie nord de la montagne, et druze dans la partie sud. Ce régime marque le passage dans la montagne de l'ordre féodal de l'émirat à un ordre confessionnel qui perdurera par la suite lors de la création de la république moderne du Liban.

Cependant la double-préfecture ne peut être viable de par le problème insolvable que pose l'existence de nombreux villages mixtes druzes-maronites. En 1845, l'armée turque, ignorant son autonomie, envahit la montagne et désarme la population chrétienne, provoquant le début de son massacre par les druzes[4]. Les tensions et massacres atteignent leur paroxysme en 1860, épisode tristement célèbre de l'histoire de la montagne libanaise[3].

1861-1915 : la province (mutasarrifiya) autonome du Mont-Liban[modifier | modifier le code]

À la suite des massacres des Maronites par les Druzes de 1840 à 1860, les grandes puissances de l'époque (la France, la Grande-Bretagne, l'Autriche-Hongrie, la Russie, la Prusse) envoient un corps expéditionnaire et obligent l'Empire ottoman à créer une province (mutasarrifiya) autonome du Mont-Liban en 1861. Elle doit être dirigée par un gouverneur, sujet ottoman chrétien, sous la surveillance des consuls européens. Un conseil consultatif central, majoritairement composé de chrétiens, est également mis en place sur une base communautaire proportionnelle. C'est pendant cette période d'autonomie que sont créés les premiers conseils municipaux élus au Liban, en 1879 à Jounieh par exemple. Entre 1880 et 1914 la croissance démographique et la crise de la sériciculture provoquent un très important mouvement d'émigration vers les Amériques qui touche au moins le quart de la population[5].

Liste des gouverneurs ottomans chrétiens du Mont-Liban[modifier | modifier le code]

  • 1861-1868 : Garabet Artin dit "Daoud Pacha" (+/-1816-1873) - Arménien catholique d'Istanbul[6] - Ambassadeur à Vienne (1856-1857)/ Gouverneur du Liban (1861)/ Directeur des PTT et des Travaux Publics (1868) [2]
  • 1868-1873 : Nasri Franco Coussa dit "Franco Pacha" (1814-1873) - Syrien grec-catholique ("Levantin") d'Alep
  • 1873-1883 : Rüstem Mariani, dit "Rüstem Pacha" (1810-1885) - Italien catholique né à Florence, aristocrate exilé, naturalisé Ottoman[7].
  • 1883-1892 : Pashko Vasa Shkodrani dit "Vasa Pacha" (1824-1892) - Albanais catholique de Shkodër (auteur de poèmes - publiés à titre posthume - prônant l'unité nationale albanaise au-delà des différences religieuses)
  • 1892-1902 : Naum Coussa, dit "Naum Pasha" (1846-1911) - beau-fils de Nasri Franco Coussa
  • 1902-1907 : Ladislas Czaykowski, dit "Muzaffar Pasha" (1837/1840-1907) - d'origine polonaise
  • 1907-1912 : Youssef Coussa, dit "Yusuf Pacha" (1856-?) - fils de Nasri Franco Coussa
  • 1912-1915 : Ohannès Kouyoumdjian dit "Ohannes Pacha" (1856-1933) - Arménien catholique (auteur de : Le Liban. À la veille et au début de la guerre. Mémoire d'un Gouverneur, 1913-1915, publié en 2003)

La formation de l'État moderne[modifier | modifier le code]

Période : 1918-1943

Le mandat français[modifier | modifier le code]

Article détaillé : État du Grand Liban.
Carte des accords Sykes-Picot

À l'issue de la Première Guerre mondiale, le Mont-Liban et ses périphéries se retrouvent dans la zone d'influence française, telle que définie par les accords alors secrets entre la France et la Grande-Bretagne, dits accords Sykes-Picot du 16 mai 1916.

Peu après la fin de la guerre en 1920, la France obtient de la Société des Nations un mandat sur les régions syriennes du Levant. Le royaume arabe de Syrie est proclamé, tout en réservant au Mont-Liban le statut de région autonome. Mais progressivement, un mouvement nationaliste arabe mobilise des intellectuels de Beyrouth et du Mont-Liban qui aspirent à l'indépendance de la Syrie, sous la direction d'un souverain arabe, tandis que d'autres, parmi lesquels les Maronites sont majoritaires, pensent à un État libanais indépendant, protégé par ses liens privilégiés avec la France.

Le 27 octobre 1919, le patriarche maronite Hoyek remet à l'assemblée générale de la Conférence de la paix à Paris un memorandum réclamant l'indépendance du Liban dans ses frontières historiques et avec l'aide de la France.

Le 1er septembre 1920, sous la pression de ces derniers, le gouverneur français, Henri Gouraud défait les nationalistes syriens, proclame à Beyrouth l'État du Grand Liban et fixe ses frontières.

Les clivages rendaient improbable la naissance d'une entité politique libanaise unifiée, d'autant que chaque communauté gardait en mémoire sa version bien particulière de l'histoire, rarement en accord avec celle des autres.

En 1925, le sud-est du Liban est touché par la révolte druze de Syrie.

Le 23 mai 1926, le haut-commissaire Henry de Jouvenel promulgue la constitution qui crée les postes de Président de la République et de chef du gouvernement.L'état du Grand-Liban devient officiellement une République, prend le nom de République libanaise.

Pièce de 5 piastres de l'État du Grand-Liban (1924).

Les débuts de l'indépendance[modifier | modifier le code]

Le 9 mai 1932 haut-commissaire Henri Ponsot suspend la constitution libanaise, dissous la chambre des députés et maintient Charles Debbas, Président de la République

Le 3 mars 1936, le parti Destour présente une motion à la chambre des députés réclamant, la conclusion d'un traité avec la France mettant un terme au mandat, la remise en vigueur de la constitution et l'admission du Liban à la SDN.

Le 13 novembre 1936, un traité franco-libanais[8] reconnait l'indépendance du pays. Il est approuvé à l'unanimité par la chambre libanaise le 17 novembre 1936 dans l'euphorie. Le traité n'entrera cependant pas en application car il n'est pas ratifié par l'assemblée nationale française sous la pression de l'armée. L'indépendance ne sera effective qu'à partir du 22 novembre 1943.

Le 4 janvier 1937 rétablissement de la constitution par le haut-commissaire.

Après l'invasion du pays par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, les autorités françaises vichystes sont renversées et le Liban passe, comme la Syrie, sous le contrôle de la France libre: Le 8 juin 1941 la IXe Armée anglaise et les forces françaises libres attaquent les forces vichystes stationnées au Liban et en Syrie. Un armistice est signé le 12 juillet qui voit le départ des troupes vichystes. Le 15 juillet les forces anglaises et les FFL entrent dans Beyrouth.

Le général Catroux succède aux hauts-commissaires en tant que représentant personnel du général De Gaulle. Malgré un accord de principe pour l'indépendance, les gaullistes tentent de maintenir le pays sous contrôle.

Le 18 mars 1943 Ayoub Tabet est nommé par le général Catroux Chef de l'état et du gouvernement de la république libanaise Par décret Tabet fixe le nombre de députés de la future assemblée à 54: 32 chrétiens et 22 mahométans

Le 21 juillet 1943 Petro Trad est nommé par Catroux Chef de l'état de la république libanaise

Le 31 juillet 1943 Jean Helleu délégué de Catroux au Liban corrige le décret de Tabet: La chambre aura 55 députés: 30 chrétiens et 25 mahométans

19 septembre 1943 Béchara el-Khoury et Riyad es-Solh dressent les grandes lignes du pacte national

Le 21 septembre 1943, Béchara el-Khoury est élu Président de la République par la chambre des députés par 44 voix sur 47 votants, Riyad es-Solh prenant de son côté la tête du gouvernement. Un conflit éclate entre ces partisans résolus de l'indépendance et le représentant français Jean Helleu, Riyad es-Solh ayant annoncé son intention de retirer de la constitution tous les articles et références au mandat français.

Le 8 novembre l'assemblée libanaise approuve à l'unanimité la suppression de tous les articles de la constitution relatifs au mandat.

Le comité français de libération nationale basé à Alger dénie au gouvernement libanais et à l'assemblée le droit de modifier la constitution.

Jean Helleu fait emprisonner le gouvernement le 11 novembre. Béchara el-Khoury, Riyad es-Solh, Camille Chamoun, Selim Takla, Abdul Hamid Karamé et Adel Osseirane sont incarcérés à la citadelle de Rachaya. Helleu dissout la chambre et nomme Emile Eddé chef de l'état et du gouvernement. Le drapeau du Liban est modifié le même jour. 12 novembre 1943, grève de protestation à Beyrouth des véhicules français sont attaqués et incendiés.

Habib Abouchahla, l'Emir Magid Arslane et Sabri Hamadé se retranchent avec leur partisans armés à Bchémoun dans la montagne et proclament la formation d'un gouvernement provisoire.

Le 18 novembre Khoury est transporté de nuit à Beyrouth pour un entretien avec Catroux de retour d'Alger, il rejette les conditions qui lui sont posées. Le 19 novembre Solh a, à son tour, une rencontre avec Catroux.

Enfin, la nuit du 21 au 22 novembre la radio d'Alger annonce que le gouvernement provisoire de la république française a résolu de libérer Khoury et de le rétablir dans ses fonctions. Le 22 novembre retour triomphal à Beyrouth de Khoury et des hauts responsables libérés. La France libre se résout à accorder l'indépendance au pays. Des scènes de liesse se déroulent les jours suivants dans Beyrouth. La souveraineté du Liban sera officiellement reconnue le 3 janvier 1944, en même temps que celle de la Syrie, mais les dernières troupes françaises ne quitteront la région qu'en décembre 1946[9].

Développement et démocratie[modifier | modifier le code]

En 1952, Camille Chamoun accède à la présidence. Son mandat est marqué par le manque de respect du président pour la convention nationale. Chamoun renforce les prérogatives présidentielles, et malgré le contexte régional et national pro-arabe, il infléchit la politique extérieure du Liban dans un sens pro-occidental, négligeant totalement les sentiments des Libanais des classes pauvres. Il adhère même à la doctrine Eisenhower de coordination des forces antisoviétiques au Moyen-Orient sèchement rejetée par tous les autres pays arabes.

La crise de 1956-1958 au Liban[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de 1958 au Liban.

Le contexte régional des nations arabes qui se soulèvent et le refus du président pro-occidental Camille Chamoun de rompre les relations diplomatiques avec le Royaume-Uni et la France alors que celles-ci attaquent l'Égypte durant la crise de Suez, poussent la communauté musulmane à réclamer au gouvernement une fusion avec la République arabe unie, ce que refuse catégoriquement la communauté chrétienne. La pression monte. Les réfugiés palestiniens se sont alors déjà préparés à mener la guerre et à prendre le Liban à la place de la Palestine. Ils sont soutenus par le président égyptien Gamal Abdel Nasser et par le régime syrien; Nasser avait arrangé la décision du "Caire" pour faire armer les Palestiniens uniquement en territoire libanais. Il s'agit d'une décision plus internationale que locale avec comme premier partenaire l'ancien régime soviétique (URSS) qui avait à l'époque de bonnes relations avec l'État d'Israël. Bombes et assassinats précèdent de vastes manifestations de rue. À partir de mai 1958 éclate une guérilla dans la montagne entre loyalistes et insurgés. Devant cette agitation, Chamoun obtient le débarquement de 15 000 Marines américains qui assurent le triomphe de la contre-révolution menée par les Kataëb chrétiens en majorité. Le mandat de Chamoun a vu une renaissance culturelle et économique dont le Liban garde toujours la trace malgré la guerre de 17 ans. C'était aussi une renaissance de la liberté d'expression et de la liberté de la presse (aucun pays arabe ne l'avait à cette époque).

À la fin du mandat de Chamoun en septembre, le général Fouad Chehab, unanimement respecté par les dictateurs arabes (notamment par le président d'Égypte Abdel-Nasser), est élu. L'opposition impose la nomination du leader de l'insurrection, Rachid Karamé, au poste de Premier ministre. C'était une période de recul de la liberté, et de mandat dit militaire.

Le chehabisme[modifier | modifier le code]

Le nouveau président inaugure de meilleures relations avec Nasser, et le Liban joue à plein son rôle de médiateur entre Arabes, apaisant du coup les revendications internes des musulmans et des druzes.

Chehab ouvre une période de stabilité durant laquelle la prospérité libanaise semblait revenue. Cette politique de restauration de l'état souverain est appelée jusqu'à présent: le Chéhabisme.

L'économie est en plein boom mais malheureusement, la croissance est marquée par une importante inégalité régionale et communautaire.

Le coup d'État de 1961[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 30 au 31 décembre 1961, le parti social nationaliste syrien dirigé par Antoun (Antoine) Saadé et Assaad el Achkar tente un putsch. Une vingtaine de chars de la garnison de Tyr rejoignent les putschistes et tentent sans succès un assaut sur le ministère de la défense. Le chef de l'état-major (Youssef Chemayet), le directeur de la Sûreté générale (Tawfic Jalbout), le commandant de la gendarmerie et le commandant militaire de Beyrouth sont faits prisonniers. Prévenu, Fouad Chehab envoie la troupe et capture les putschistes. Les otages seront délivrés dans la même journée.

La montée des périls (1966-1975), le problème palestinien[modifier | modifier le code]

À partir de la fin des années 1960, la vie politique libanaise est entachée par des affaires de corruption généralisée de fonctionnaires, contraints de démissionner par dizaines, et par les désaccords sur les thèmes de politique extérieure et de traitement de la "résistance" palestinienne. La classe dirigeante subit des conflits internes, l'enjeu de cette agitation étant le partage des positions de pouvoir. Les mouvements se radicalisent, et la tension grimpe.

Les libanistes conservateurs chrétiens craignent pour la cohésion nationale, alors que les islamo-palestino-progressistes sont solidaires de la résistance. Les milices commencent à s'armer massivement, le clan pro-arabe étant soutenu par les Palestiniens, alors que les libanistes se tournent vers l'Occident. Des vagues d'affrontements commencent, elles opposent la phalange aux Palestiniens, et la phalange au mouvement national.

Le problème palestinien[modifier | modifier le code]

Les camps de réfugiés servent en effet de bases d'entraînement militaire, et plusieurs centaines de fedayins lancent des opérations commando contre la frontière nord d'Israël, ou même des actions terroristes à l'étranger. Devant la résistance qui s'organise, Israël attend du Liban qu'il assure sa sécurité en contrôlant l'activité des Palestiniens sur son territoire, mais le Liban est trop faible pour résoudre le problème.

Après la guerre des Six Jours et l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza par Israël en 1967, puis surtout la terrible répression jordanienne contre les fedayins palestiniens en septembre 1970 — connue sous le nom de Septembre noir —, la cause palestinienne s'enlise.

L'armée libanaise tente en 1969 de reprendre le contrôle des camps, mais elle est trop faible. Un compromis est trouvé avec la signature au Caire sous l'égide de Nasser, en 1969, d'un accord entre Yasser Arafat — commandant de l'OLP — et le commandant en chef de l'armée. L'extraterritorialité des camps des fedayins est reconnue. Cet accord est tenu secret, car il est contraire au plein exercice de la souveraineté libanaise.

À la différence des États arabes voisins, au pouvoir fort, qui n'hésitent pas à traiter le problème palestinien de manière radicale, la présence des réfugiés palestiniens au Liban et surtout la lutte de l'OLP contre Israël deviennent le point principal de désaccord entre les deux grands blocs.

Pour se défendre contre les fedayins, l'armée israélienne lance de nombreuses opérations de représailles dans le Sud et jusqu'à Beyrouth. La population libanaise subit de plein fouet cette violence.

La guerre du Liban (1975-1990)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Liban.

La « guerre des deux ans » (1975-1976)[modifier | modifier le code]

Le matin du 13 avril 1975, des tirs font deux morts lors de l'inauguration d'une église par Pierre Gemayel. L'après-midi, des mitrailleurs phalangistes attaquent un bus passant dans la même rue tuant 27 travailleurs palestiniens.[réf. nécessaire] La spirale vers l'anarchie s'amplifie, c'est le début de la guerre civile.

1976 : Les milices chrétiennes assiègent et détruisent les camps palestiniens de Quarantina et Tell el Zaatar, les milices palestiniennes et celles du Parti socialiste progressiste de Kamal Joumblat répliquent par une attaque sur la ville chrétienne de Damour.

L'intervention syrienne[modifier | modifier le code]

Grâce à l'intervention militaire et diplomatique des puissances régionales arabes, le président libanais et le chef de l'OLP sont convoqués à Riyad cette même année. Ils sont invités par l'Arabie saoudite et l'Égypte à reconnaître la légitimité de la présence des troupes syriennes au Liban, et l'officialisent par la mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD).

Beyrouth, avril 1978

« Ni guerre ni paix » (1977-1981)[modifier | modifier le code]

Cette présence militaire souffle sur les braises et enferme les Libanais dans des luttes internes. En 1978, dans le Sud, les dirigeants israéliens du Likoud appliquent la nouvelle « stratégie préventive » contre les attaques palestiniennes et multiplient les incursions armées. Ils provoquent l'exode de 200 000 Libanais. En se retirant en juillet, l'armée israélienne fait obstacle au déploiement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Elle confie le contrôle d'une « ceinture de sécurité » d'une dizaine de kilomètres de profondeur à l'« armée du Liban libre », une fraction de l'armée régulière isolée, pour empêcher l'avancée des forces palestiniennes dans l'extrême Sud.

L'Invasion du Liban de 1982 (juin 1982)[modifier | modifier le code]

Juin 1982 : après un échange de petites attaques avec les Palestiniens, l'armée israélienne lance une offensive terrestre, assiège Beyrouth-Ouest et affronte les forces syriennes dans la Bekaa.

Août : élection de Béchir Gemayel à la présidence de la république. Le 14 septembre, il est tué par une bombe placée par un membre du parti socialiste national syrien.

16 et 17 septembre : En réponse à cet assassinat, un massacre « punitif » est perpétré par une faction des forces libanaises commandée par Elie Hobeika dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila dans la nuit du 17 au 18 septembre sous le regard de leur alliée l'armée israélienne et notamment sous celui d'Ariel Sharon.

21 septembre : élection de Amine Gemayel, frère de Béchir, à la présidence.

Le mandat d'Amine Gémayel 1982-1988[modifier | modifier le code]

Il succède à son frère à la tête de l'État en pleine invasion israélienne et rappelle la force multinationale à Beyrouth.

Les États-Unis offrent un soutien financier pour la reconstruction de l'administration, des infrastructures et de l'armée. Un accord est signé stipulant la fin de l'état de guerre et un retrait israélien conditionné par un retrait simultané des forces palestiniennes et syriennes. Amine Gemayel dissout le commandement de la Force arabe de dissuasion qui servait de couverture aux troupes syriennes, le 31 mars 1982.

Le gouvernement du président Gemayel ouvre des négociations de paix avec Israël qui aboutiront à l'accord du 17 Mai qui n'entrera jamais en vigueur. Le chef de l'OLP, Yasser Arafat, revient au Liban avec un petit groupe de combattants, et s'engage dans des affrontements contre des Libanais soutenus par la Syrie, mais il doit quitter le Liban en décembre 1983.

La « guerre de la montagne » (1983-1984)[modifier | modifier le code]

Habitée par des Druzes et des Chrétiens, la région du Chouf relativement épargnée par la guerre connaît un regain de tension après le retrait israélien. Elle fait l'objet d'un conflit entre le PSP druze et les Forces libanaises à la fin de l'été 1983. Walid Joumblatt remporte la victoire et force les habitants Chrétiens à l'exode.

La montée en puissance chiite[modifier | modifier le code]

Les forces internationales arrivent à Beyrouth en 1982 en pleine invasion israélienne et font face à un climat hostile. En avril 1983, un attentat contre l'ambassade américaine tue 63 personnes et laisse 100 blessés. Le 23 octobre 1983, des attentats suicides causent la mort de 241 marines et 58 militaires français. Ces attentats sont revendiqués par une mystérieuse organisation chiite, le Jihad islamique.

Le Hezbollah, apparu en 1982 sous l'instigation de l'Iran khomeiniste, est accusé par les États-Unis d'être responsable des attaques (ce que le Hezbollah conteste). L'organisation monte en puissance et se bat principalement contre l'armée israélienne. Les enlèvements d'occidentaux se multiplient à Beyrouth.

Janvier 1986 : Elie Hobeika est destitué par Samir Geagea de la tête des Forces libanaises pour avoir signé un accord tripartite considéré comme favorable à la Syrie.

1985-1988 : le parti Amal de Nabih Berry, avec le soutien de Damas, essaie sans succès de s'emparer de Beyrouth-Ouest et affronte les autres partis du camp musulman (le PSP, le Hezbollah et les Palestiniens).

Juin 1987 : le premier ministre Rachid Karamé, favorable à la Syrie, est assassiné.


La Guerre de libération contre la Syrie (1988-1989)[modifier | modifier le code]

En septembre 1988, le mandat d'Amine Gemayel arrive à son terme et le parlement ne parvient pas à se réunir et à élire un nouveau président. Gemayel nomme son chef d'état major, Michel Aoun à la tête d'un gouvernement militaire intérimaire. Aoun se lance dans une guerre de libération contre la Syrie. La Syrie soutient le gouvernement en place nommé depuis 1986 par le président Gemayel, plus favorable à sa politique, dirigé par Salim El-Hoss.

La Syrie fait parvenir par convois routiers à ses alliés au Liban de très nombreux stocks de munitions d'origine soviétique. Les milices chrétiennes et l'armée libanaise sous le contrôle du général Aoun reçoivent également du gouvernement irakien quelques envois de munitions qui parviennent à percer le blocus.

En juillet 1989 et août 1989, les troupes chiites et l'armée d'occupation syrienne font pleuvoir des centaines de milliers d'obus et d'explosifs sur les zones chrétiennes qui abritent plus d'un million de personnes, mais bien protégée dans ses abris, la population ne subit que peu de pertes. Depuis les caves du palais présidentiel de Baabda, le général Aoun appelle au secours la communauté internationale, et le 15 août 1989, le pape Jean-Paul II dénonce le génocide perpétré au Liban et annonce son intention de se rendre à Beyrouth. De son côté, la Ligue arabe condamne fermement la Syrie mais n'envisage pas d'intervenir directement.

Le 19 août 1989, le général Aoun réclame à la France une intervention militaire et Paris dépêche le porte-avions Foch, deux frégates lance-missiles, un transport de chalands de débarquement. Le président François Mitterrand parle de force humanitaire et de sauvegarde. Finalement la résistance de l’armée libanaise est la plus forte et l'offensive générale des Syriens et de leurs alliés chiites est arrêtée.

L'accord de Taëf (1989)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accord de Taëf.

L'accord de Taëf fut présenté comme une tentative de restaurer la paix, due aux efforts politiques d'un comité composé du roi Hussein de Jordanie, du roi Fahd d'Arabie saoudite, et du président Chadli d'Algérie. 62 députés — chrétiens et musulmans — de l'ancienne Assemblée nationale libanaise réunis à Taëf, adoptent un document consacrant de fait la mainmise de la Syrie sur le Liban à qui cet accord donne une base légale.

Le général Michel Aoun tente d'étendre son contrôle aux régions chrétiennes contrôlées par les Forces libanaises, mais l'invasion du Koweït par l'Irak précipite sa fin : les États-Unis donnent le feu vert à la Syrie en échange de son soutien à la Guerre du Golfe.

La reconstruction[modifier | modifier le code]

Le Liban sous tutelle syrienne[modifier | modifier le code]

Période: 1990 à 2005

La scène politique[modifier | modifier le code]

En 1992, ont lieu les premières élections législatives depuis 1972, dans une atmosphère de manipulation, de frustration et de boycott des électeurs chrétiens. Rafic Hariri est élu premier ministre et commence à étudier la reconstruction du pays. Il tente également de restaurer l'équilibre rompu par le boycott des élections par les chrétiens en incluant plus de chrétiens dans le gouvernement. La Syrie le dissuade alors de s'allier à l'opposition chrétienne.

Démarrage de la reconstruction[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Rafic Hariri établit un plan de redressement économique et parvient à stabiliser la livre libanaise. Son projet prévoit de restaurer l'infrastructure sociale et économique et d'effacer les séquelles de la guerre.

La pierre angulaire de cette vaste opération, dont les besoins sont évalués à 10 milliards de dollars, est la reconstruction du centre-ville de Beyrouth. La capitale est un symbole particulièrement mobilisateur de la restauration de l'État et de sa souveraineté et Hariri veut restaurer sa position de plaque tournante du business arabe.

Le plan de reconstruction des 160 hectares du centre-ville est confié à une société privée appelée SOLIDERE (Société libanaise de reconstruction). Le plan du gouvernement était de faire financer la reconstruction par des investisseurs privés, libanais et arabes.

Le projet soulève une forte contestation. Rafic Hariri est accusé d'utiliser sa position privilégiée pour obtenir une partie importante des contrats de BTP et les propriétaires des immeubles du centre-ville sont expulsés et payés en actions SOLIDERE d'une valeur très inférieure à leur bien.

Les conséquences sociales de la guerre[modifier | modifier le code]

La guerre a conduit à l'effondrement de la classe moyenne et à une forte paupérisation de la population. Les infrastructures (transports, réseaux de distribution d'eau, d'électricité, téléphonie) ont été fortement endommagées. Les combats ont contraint à l'exil une partie de la bourgeoisie, privant le pays de ressources humaines et financières importantes. Entre 100 et 300 000 personnes sont mortes dans un pays de 3 millions et demi d'habitants et environ 900 000 personnes ont été déplacées.

Le Liban a perdu sa position de métropole économique du Moyen-Orient d'avant 1975, principalement au profit de Dubaï et des pays du Golfe.

Le Liban de 1990 à 2007[modifier | modifier le code]

En 1990, à la suite à l'accord de Taef, les violences de la guerre prennent fin. Avec la chute du général Michel Aoun après une offensive syro-libanaise le 13 octobre 1990, la guerre prend officiellement fin. Elle aura fait 150 000 morts et des centaines de milliers de blessés, d'exilés et de déplacés. Le régime syrien, avec l'accord tacite de la communauté internationale, installe un régime à son service en désignant présidents, ministres, députés et fonctionnaires selon ses intérêts. La dette du pays se creuse en grande partie à cause du pillage organisé par l'occupant. Toute opposition est réprimée et les libertés sont supprimées. Un régime policier et autoritaire se développe sous le mandat du président Émile Lahoud.

En 2000, l'armée d'occupation israélienne se retire du sud du Liban qu'Israël occupe depuis 1978. Le Hezbollah se pose alors comme le libérateur de cette région et apparaît ainsi comme la première force politique au Liban sans que les différents conflits internes au pays en soient résolus. C'est pourquoi, en 2004, le Conseil de sécurité de l'ONU exige par la résolution 1559 de la Syrie de retirer ses forces du Liban. Elle demande aussi que soit mis fin aux activités militaires de la milice du Hezbollah et réclame le déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble de la frontière internationale avec Israël.

Cette résolution reste lettre morte et, en 2005, l'ancien Premier ministre Rafic Hariri est tué dans un attentat au camion piégé le 14 février tandis que le député et ancien ministre Bassel Fleyhane, très grièvement blessé dans l'attentat, décède le 18 avril 2005. Cet attentat provoque une crise tant nationale qu'internationale puisqu'une partie des Libanais et la plupart des diplomates étrangers dénoncent l'implication de la Syrie dans cet attentat. Toutefois, ni la France, ni les États-Unis qui sont les deux puissances étrangères les plus impliquées dans la crise libanaise, ne mettent explicitement en cause la Syrie. Dans les rues de la capitale Beyrouth, une partie des Libanais manifestent contre la présence syrienne, et depuis cet attentat chaque année une fête a lieu pour lui rendre hommage cependant, le mouvement est diversement suivi dans le pays mais les manifestants, essentiellement sunnites, druzes et chrétiens, soutenus par les pays occidentaux, savent que la Syrie ne peut employer la manière forte sans s'exposer à des mesures militaires ou économiques de l'Union européenne ou des États-Unis. La crise se noue dès le 28 février, quand le Premier ministre pro-syrien Omar Karamé remet sa démission à l'Assemblée nationale poussant les partis pro-syriens chiites du Amal et du Hezbollah à organiser le 8 mars une contre-manifestation qui rassemble des centaines de milliers de personnes. Omar Karamé est désigné à nouveau Premier ministre et la crise continue. L'essentiel de la crise tourne autour de la place de la Syrie dans la vie politique libanaise : alors que les forces syriennes se retirent lentement du Liban, plus de 200 000 personnes se rassemblent le 13 mars dans la ville de Nabatiyé75 km au sud de Beyrouth) pour dénoncer les ingérences étrangères occidentales et protester contre la résolution 1559. La situation conduit l'opposition libanaise à appeler à une nouvelle manifestation, le 14 mars, pour refuser l'occupation syrienne et le régime pro-syrien en place à Beyrouth, rassemblant un million de manifestants. La foule réclame, sur la place des Martyrs, la vérité sur l'assassinat de Rafic Hariri, le départ de la présence syrienne et celui du gouvernement Karamé. Le général Michel Aoun, qui avait déclaré en 1989 une guerre de libération contre l'envahisseur syrien, annonce son retour après 15 ans d'un exil forcé en France, retour effectif le 7 mai.

En conséquence, le 15 mars, la Syrie après avoir déclaré à l'ONU son intention de retirer l'ensemble de ses forces et personnels de renseignement du Liban, avant les élections législatives libanaises devant se tenir en mai, commence à procéder à des replis remarqués. Dans les jours qui suivent, deux attentats à la voiture piégée maintiennent une tension élevée. Le 24 mars, la mission de l'ONU menée par Sean Fitzgerald accuse les services de sécurité libano-syriens d'avoir maquillé la scène du crime et créé un climat propice au meurtre d'Hariri. Toutefois, la mission n'accuse pas les gouvernements libanais et syrien d'être responsables de l'attentat.

Le 14 avril, au lendemain de la démission du premier ministre Omar Karamé, qui quitte au passage le camp pro-syrien, Najib Mikati est désigné Premier ministre d'un gouvernement de transition chargé d'organiser des nouvelles élections. Membre de la faction pro-syrienne, il est cependant accepté par l'opposition et semble être un compromis valable entre les deux factions. Le 26 avril, les forces armées syriennes semblent s'être retirées du Liban d'après une première inspection de l'ONU. Elle réserve sa réponse concernant les services de renseignements syriens pour lesquels une inspection plus poussée est nécessaire. Les États-Unis et l'ONU ne croient pas à l'évacuation des services de renseignements syriens et annoncent des missions d'inspections supplémentaires. Ils dénoncent par ailleurs l'existence d'une liste noire dressée par la Syrie contre des opposants libanais.

Du 29 mai au 19 juin ont lieu les élections législatives. La coalition anti-syrienne menée par Saad Hariri, le fils du Premier ministre assassiné, remporte 72 des 128 sièges. Une succession d'attentats ciblés va alors décapiter dans les mois suivants l'opposition anti-syrienne : c'est d'abord, le 2 juin, un attentat à la voiture piégée tue le journaliste Samir Kassir. Éditorialiste du journal An Nahar à Beyrouth (Achrafieh), cofondateur du Parti de la gauche démocratique, il avait pris position à de nombreuses reprises contre les activités de la Syrie au Liban et dénoncé publiquement les menaces directes de la part d'agents syriens. C'est ensuite, le 21 juin, l'ancien secrétaire général du Parti communiste libanais (PCL) Georges Hawi est à son tour tué dans un attentat à la voiture piégée dans le centre de Beyrouth (Wata Moussaytbeh). Dès la mort d'Hawi connue, le secrétaire général du PCL, Khaled Hadada, pointe immédiatement du doigt les agents liés à la Syrie au sein des services de renseignement libanais. Le 12 juillet, le ministre de la défense Élias Murr est blessé dans un attentat à la voiture piégée dans le nord-est de Beyrouth. C'est ensuite, le 25 septembre, May Chidiac, journaliste de la télévision LBC et partisane des Forces libanaises, qui est grièvement blessée dans un attentat à la voiture piégée à Jounieh. Elle est amputée de la main et de la jambe gauche. Enfin, le 12 décembre, le député chrétien Gébrane Tuéni, directeur du journal An Nahar, est tué dans l'explosion d'une voiture piégée à Beyrouth (Mkallès). L'attentat fait 3 autres morts. Son père Ghassan le remplace comme député le 21 janvier 2006.

Dès le mois de juin, les États-Unis ont demandé à l'ONU de mener une enquête internationale et des agents du FBI et des services secrets français ont été dépêchés sur place. Le 30 août, le procureur général allemand Detlev Mehlis, mandaté par l'ONU pour enquêter sur le meurtre d'Hariri, a fait arrêter 4 généraux pro-syriens suspectés d'avoir préparé et facilité le crime. Occupant des postes-clés au sein des services de sécurité sous l'occupation syrienne, ces généraux avaient méthodiquement mis au pas toute opposition au régime de Damas. Ils avaient démissionné suite aux pressions de la rue. Enfin, le 20 octobre, Detlev Mehlis remet son rapport au Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. Il conclut à une implication quasi-certaine des services de renseignements syriens et libanais. La Syrie et le Président libanais Émile Lahoud, mis en cause dans le rapport, démentent vigoureusement toute implication dans l'assassinat.

La crise connaît une accalmie relative après la fin 2005. Le 6 février 2006, après plusieurs mois de négociations, le général Michel Aoun et le Sayyed Hassan Nasrallah, représentant respectivement le Courant Patriotique Libre et le Hezbollah signent un document d'entente national de 10 points concernant directement l'avenir du Liban[10]. Les principaux points de ce document d'entente sont actuellement repris dans tous les accords du dialogue national libanais toujours en cours.

Mais l'implication du Hezbollah dans la vie politique libanaise va provoquer une nouvelle crise, dont le caractère de gravité est tout autre. Le 12 juillet, en réponse à la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah à la frontière avec Israël, de violents combats éclatent entre les deux parties. Le Premier ministre de l'État hébreu, Ehud Olmert rend le gouvernement libanais responsable de la dégradation de la situation. Pour lui, c'est un casus belli. Israël ne déclare cependant pas officiellement la guerre à l'État libanais… car la paix n'a jamais été signée depuis la première guerre israélo-arabe de 1948, le Liban et Israël n'ayant signé alors qu'un cessez-le-feu. Le 13 juillet, l'aéroport de Beyrouth et divers points stratégiques (ponts, routes, ports, aéroports, bases militaires…) sont bombardés par l'armée israélienne, causant de lourds dommages à une économie libanaise déjà surendettée par les frais de reconstruction engagés depuis la fin de guerre civile. Le 18 juillet, la plus importante usine de produits laitiers au Liban a été complètement détruite par un raid israélien. Située dans la plaine de la Bekaa, l’usine Liban-Lait fabriquait sous licence de la société française Candia. Détenue par un groupe d’investisseurs, Liban-Lait est depuis 2001 le fournisseur de la Finul (Force intérimaire des Nations unies pour le Liban)[11].

Le 30 juillet, un bombardement israélien sur un immeuble de 3 étages à Cana, immeuble qui d'après l'armée israélienne était une base de lancement de missiles Katioucha, provoque la mort de 28 à 57 personnes dont 16 à 33 enfants (selon les secouristes libanais et les ONG). La violence de ces bombardements comme de ceux poursuivis par le Hezbollah sur le territoire israélien provoquent la réaction du Conseil de sécurité de l'ONU qui vote, avec la résolution 1701, l'envoi ou le renforcement des forces d'interpositions de la FINUL, débouchant sur la trêve des combats à compter du 14 août 2006.

Les attentats ne s'interrompent par autant : le 21 novembre, le ministre de l'industrie, Pierre Amine Gemayel, fils d'Amine Gemayel, ancien Président de la République Libanaise, est assassiné à bord de son véhicule dans les environs de Jdeideh, dans la banlieue de Beyrouth, conduisant l'opposition libanaise, principalement constituée du parti Hezbollah, du mouvement Amal et du Courant Patriotique Libre à organiser un sit-in le 1er décembre au centre-ville de Beyrouth, face au "Grand Sérail", siège du gouvernement de Fouad Siniora (issu des "forces du 14 mars"), duquel ils demandent la constitution d'un gouvernement d'union nationale.

Le 13 juin 2007, le député Walid Eido, membre de la majorité, et son fils, sont assassinés dans un attentat à la voiture piégée, ce qui relance une fois de plus le Liban sur la voie de la guerre civile. Les trois mois de combats sanglants dans le camp de Nahr-El-Bared dans le nord du pays s'achèvent le 2 septembre 2007, lorsque l'armée libanaise écrase le Fatah al islam (un groupe terroriste sunnite) et prend le contrôle du camp, déchaînant la liesse du peuple libanais. L'armée libanaise tue ainsi 222 terroristes et en capture 202, ce qui fait d'elle la première armée du monde à combattre avec succès l'islamisme guerrier[réf. nécessaire]. Cette bataille rapproche les différentes factions qui séparaient le peuple libanais, et l'armée ressort plus forte politiquement. Le siège du camp a fait toutefois 163 morts parmi les militaires.

La crise rebondit cependant une fois de plus, dès le 19 septembre 2007, avec la mort du député de la majorité Antoine Ghanem et de plusieurs autres personnes, lors de l'explosion d'une voiture piégée à Sin el-Fil, dans la banlieue est de Beyrouth. La majorité ne possède donc en théorie plus que de 68 députés parmi les 128 sièges de l'assemblée nationale. Il suffirait donc en principe que 4 voix manquent à l'appel pour qu'il n'y ait plus de majorité absolue aux élections présidentielles. Cette situation explique qu'à partir du 23 novembre 2007, à la fin du mandat du président Émile Lahoud, le pays soit resté six mois sans président. À la suite de l'attaque des milices du Hezbollah et sympathisants des quartiers de Beyrouth Ouest (à prédominance sunnite) l'ensemble des partis a pris la décision (Accord de Doha) d'élire un président consensuel et de former un gouvernement d'union nationale en attente du résultat des élections parlementaires du 7 juin 2009.

Le Liban depuis 2008[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 2008, le général Michel Sleiman, commandant en chef de l'armée, est élu à la présidence de la République libanaise. Il remporte 118 suffrages sur 127, 6 parlementaires ont voté blanc et 3 bulletins ont été considérés comme nuls.

Le 7 juin 2009, les élections législatives ont lieu. Deux camps s'affrontent : d’un côté la coalition conduite par Saad Hariri et son Courant du Futur, de l’autre l’alliance du Hezbollah (considéré comme pro-iranienne) et du Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun. Avec 71 sièges, le bloc du 14 mars, emmenée par Saad Hariri, remporte les élections. L'alliance conduite par le Hezbollah en obtient 57.

Le 27 juin 2009, Saad Hariri est désigné président du Conseil des Ministres après qu'une majorité de 86 députés se soit prononcée en sa faveur au Parlement libanais[12], mais il abandonne le 10 septembre, faute de majorité pour former son gouvernement. Le 16 septembre, le Parlement vote la confiance à Saad Hariri et le président Michel Sleiman le charge à nouveau de former un gouvernement d'union nationale. Ce gouvernement est démissionnaire le 12 janvier 2011, à la suite de la démission de plus d'un tiers des ministres.

Son successeur, Najib Mikati, investi le 25 janvier 2011, annonce son gouvernement le 13 juin 2011.

Depuis mai 2012, tandis que la Syrie du président Bachar el-Assad s'enfonce dans la guerre civile et n'est plus capable de contrôler sa frontière, le Liban souffre de tensions entre les communautés chiites et les sunnites à Tripoli et dans la banlieue sud de Beyrouth, ainsi qu'entre les communautés alaouites du nord du pays et les groupes islamistes sunnites qui soutiennent l'insurrection syrienne. Le Liban, qui abrite 300 000 réfugiés syriens[13], a de plus en plus de mal à gérer les conséquences de la crise syrienne; le pays sert de base à des groupes insurgés de l'Armée syrienne libre tandis que des unités combattantes du Hezbollah, favorable au régime de Damas, sont intervenues en territoire syrien en 2013. Cependant, les principales forces politiques, qu'elles soient favorables ou non au régime syrien, s'efforcent de limiter les retombées au Liban[14]. En décembre 2013, l'ancien ministre des Finances Mohammad Chatah est assassiné, ses proches rejetant la responsabilité de cet attentat sur Bachar el-Assad[15].

En 2014, après 330 jours de négociations, le Gouvernement Tammam Salam est mis en place.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Toute cette section s'appuie sur : Michel Mourre (éditeur), « Liban », Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Paris, Bordas,‎ 1996.
  2. Michele Piccirillo, L'Arabie chrétienne, éd. Mengès, 2002
  3. a, b, c et d Georges Corm, Le Liban Contemporain, Editions La Découverte,‎ 2005 (ISBN 978-2707147073)
  4. a et b « Historiques des Etats du Moyen-Orient - Liban » (consulté le 13 septembre 2013)
  5. Sur cette période on peut consulter : Engin Deniz Akarli, The Long Peace - Ottoman Lebanon, 1861–1920, University of California Press, Berkeley - Los Angeles - Oxford, 1993
  6. Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée
  7. The Governors of Mount Lebanon, 1861–1918
  8. lesclesdumoyenorient.fr Traités franco-syrien et franco-libanais de 1936.
  9. http://www.lorientlejour.com/article/843771/liban-la-route-vers-lindependance-en-images.html
  10. Un résumé de ce document est disponible à l'adresse [1]
  11. http://www.lequotidienlesmarches.fr/liban-une-usine-de-lait-bombard-e-art22876-21.html
  12. (en) Reuters, « Lebanon President asks Hariri to form new cabinet »
  13. UNHCR, "Profil d'opérations 2013 - Liban", décembre 2013
  14. "Crise syrienne : quelles répercussions sur le Liban?" par Ward Vloeberghs, IFRI, 16 octobre 2012.
  15. Sybille Rizk, « L'assassinat qui ébranle le Liban », in Le Figaro, samedi 28 / dimanche 29 décembre 2013, p. 6.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) As'ad AbuKhalil, Historical Dictionary of Lebanon, Scarecrow Press, Lanham Md, 1998, 296 p. (ISBN 978-0-8108-3395-1)
  • (fr) Alain Ménargues, Les secrets de la guerre du Liban: du coup d'État de Bachir Gemayel aux massacres des camps palestiniens, Éditions Albin Michel, Paris 2004. 553 pages. (ISBN 978-2-226-12127-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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