Période Jōmon

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Statuette du Jōmon Final (-1000 à -400), Musée National de Tokyo.

La période Jōmon ou l'ère Jōmon (縄文時代, jōmon jidai?) est l'une des quatorze subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Elle couvre la période qui va, approximativement de 15 000 jusqu'en 300 avant J.-C.[1]. Le Japon est alors peuplé par des chasseurs-cueilleurs. Leur culture, de type mésolithique, est l'une des premières au monde à connaître et faire de la poterie[2]. Celle-ci présente des aspects variés mais les premières découvertes ont mis au jour des poteries à décor (, mon?) par impression de cordes (, ?), d'où le nom donné à la période : Jōmon (縄文?). Moins unitaire que ce nom semble l'indiquer cette très longue période doit être fragmentée en six époques au cours desquelles des particularités régionales peuvent être distinguées.

Selon la légende, l'empereur Jimmu, descendant de la déesse Amaterasu, aurait fondé la dynastie japonaise, pendant cette période, en 660 av. J.-C..

Historique des découvertes, localisation, périodisation[modifier | modifier le code]

Arrivé au Japon, en 1877, Edward Sylvester Morse est le pionnier de l'étude de cette période. Sa publication en 1879 de Japanese homes and their surroundings[3] et la constitution de sa collection de poteries de plus de cinq mille pièces marque le début de l'étude scientifique de cette civilisation. Les recherches archéologiques se poursuivent, tout au long du XXe siècle, jusqu'à la découverte en 1999 de traces d'agriculture à Asabane. Elles se poursuivent encore avec plus de 1 600 archéologues sur le terrain en 2004, et alors que la Chine de la République Populaire multiplie les études sur sa Préhistoire.

Les études de la période Jōmon portent dès l'origine sur l'ensemble du territoire de l'actuel Japon, mais il est évident, et qui plus est sur une si longue période, que de nombreux groupes régionaux peuvent être distingués, chacun avec un style particulier [4], et les formes sociales ont beaucoup évolué. Mais pour l'essentiel il s'agit de populations de cueilleurs-chasseurs plus ou moins sédentaires dans un milieu favorable, et qui ont pratiqué la céramique pour la cuisson des aliments mais aussi pour leur conservation.

Cette période commence avec la fin de la période précéramique paléolithique et s'achève avec la période Yayoi, où l'agriculture (riz et millet) et l'élevage (porc) sont attestés de façon indéniable. La Période Jōmon n'est donc pas de culture Néolithique mais c'est une culture singulière du Mésolithique qui a très tôt employé la céramique dans un cadre de vie sédentaire ou quasi-sédentaire avec une architecture de grande taille[5].

Chronologie de la période Jōmon[modifier | modifier le code]

La période Jōmon commence avec les premières poteries découvertes au Japon. De nouvelles découvertes en déplacent donc régulièrement la date initiale, en 2011 celle-ci était d'environ 17000 avant J.-C. : avec la découverte de deux sites, celui de Simomouchi et celui d'Odai Yamamoto datés 17000 et 15000 avant J.-C.[6]. La date finale annonce la période Yayoi, c'est-à-dire environ 300 avant l'ère commune, période où l'agriculture et l'élevage sont bien attestés. La période est divisée en fonction des caractéristiques de la poterie et cela induit certaines variations selon les auteurs. Les subdivisions de cette période, selon des datations approchées, se répartissent ainsi en 2004 [7]:

Périodes Dates approchées (avant Jésus-Christ)
Proto-Jōmon (sōsōki) 15 000 - 8 000
Jōmon Initial (sōki) 8 000 - 5 000
Jōmon Ancien (zenki) 5 000 - 3 000
Jōmon Moyen (chūki) 3 000 - 2 000
Jōmon Récent (kōki) 1 500 - 1 000
Jōmon Final (banki) 1 000 - environ 300

Peuplement[modifier | modifier le code]

Domaine périglaciaire au Japon au cours de la dernière glaciation, il y a environ 20000 ans

Ces populations de chasseurs-cueilleurs sont arrivées « vraisemblablement » d'Asie du Nord-Est, l'archipel étant relié en plusieurs points au continent jusqu'entre le VIIIe millénaire av. J.‑C. et le VIe millénaire av. J.‑C.. Mais plusieurs autres voies ne sont pas à exclure, dont le passage par l'île de Tsushima. Leur migration intervient à la fin de l'ère glaciaire (20 000 à 18 000), leur présence y est attestée à partir de 200 000 ans, environ[8]. Selon Theodore G. Schurr[9], biologiste moléculaire du Musée d'archéologie de Pennsylvanie, à Philadelphie, les peuplades sibériennes se sont sûrement déplacées vers l'est, vers l'Amérique, et aussi vers le Japon, qui était alors relié au continent par une bande de terre il y a près de 30 000 à 20 000 ans. Il est donc possible que les Amérindiens et les Jōmons, qui ont formé la première civilisation du Japon, aient des ancêtres communs.

Au début de la période Jōmon, la population a été estimée par les archéologues entre vingt et vingt-deux mille habitants. Elle aurait atteint entre cent vingt-cinq mille et deux cent cinquante mille sur la fin de la période, sa densité étant plus élevée sur la côte est de l'archipel.

Les différences marquées entre les cultures néolithiques de chaque région de l'archipel au cours des temps sont dues non seulement aux spécialisations locales, mais probablement aussi aux vagues successives de migrations, s'étendant sur de nombreux millénaires, apportant des traditions culturelles différentes.

Culture matérielle[modifier | modifier le code]

L'habitat[modifier | modifier le code]

Village reconstruit sur le site de Sannai-Maruyama, Préfecture d'Aomori. Jōmon Ancien. Au premier plan: grande plate-forme présumée rituelle

On a peu de témoignages d’habitat Proto-Jōmon, ces populations encore en partie nomades, utilisaient des abris sous roche et des grottes[10].

Au Jōmon Initial et surtout au Jōmon Ancien, la population s'est sédentarisée, formant des villages permanents. L'installation typique comprend de cinq à dix habitations, des maisons à demi enterrées, à l'intérieur desquelles vivent des familles de cinq à six personnes, et des bâtiments communautaires. Parmi les vestiges, on a découvert des kaizuka (貝塚?), où sont déposés les déchets, des fragments de tissus et les déchets des repas, les coquillages en particulier qui, en grande quantité, préservent les ossements dans le milieu par ailleurs très acide du sol japonais. Ces dépotoirs peuvent atteindre plusieurs mètres de hauteur, ce qui confirme la sédentarité des communautés de cette époque. Cela est également clairement démontré les emplacements des poteaux: tateana (竪穴?) (trous verticaux). Ces trous de poteaux, profonds de dix centimètres à un mètre, permettent de reconstituer le plan des habitations : circulaires, notamment dans le nord, ou rectangulaires, notamment dans le sud. La toiture de ces maisons (faite probablement en partie de branchages) reposait sur ces poteaux plantés dans le sol, avec des murs de terre et de bois. Les maisons étaient fréquemment « semi-enterrées », et dans ce cas étaient construites au dessus d’une fosse d’environ 50 cm de profondeur. Par ce procédé, couramment employé au cours de la protohistoire et de l’histoire, les habitations se seraient trouvées mieux isolées du froid. Chaque habitation disposait d’un foyer ainsi que des fosses-silos, pour le stockage des aliments. Ces derniers ont un profil en tronc de cône, rétrécis vers l’ouverture. Ils sont parfois volontairement implantés en terrains humide, afin de s’assurer d’une meilleure conservation[11]..

Les habitations étaient rapprochées. On trouve des villages bien organisés comme à Sannai-Maruyama près d’Aomori, au nord du Honshu, selon une structure concentrique autour d’une place servant de cimetière[12]. Autour de l’espace central : un premier cercle de maisons à tateana, enfin un deuxième cercle d’habitations semi-enterrées et de fosses de stockage, en bordure du village. Rien n'indique la raison de cette répartition. La majorité des maisons dispose d’une surface modeste (de 5 à 8 m de long ou de diamètre), probablement pour les familles nucléaires de chasseurs-cueilleurs, mais il existe aussi des maisons de grande taille (30 m de long) qui pourraient avoir eu un usage collectif, politique ou cérémoniel ; cependant la différenciation sociale par la taille de l’habitation n’est pas exclue.

C'était le système d'organisation le plus répandu mais pas le seul. Il serait donc faux de croire que tous les villages de cette époque possédaient cette structure. Ces constructions deviendront de plus en plus complexes pour être parfois construites avec un étage vers la fin du Jōmon - début du Yayoi. On note peu de changement ensuite dans l’habitat populaire à la période Yamato.

Ressources et économie[modifier | modifier le code]

Les premières poteries Proto-Jōmon ont été trouvées associées à un matériel lithique caractérisé par des haches polies[13]. On retrouve des haches de ce type signalées par Alain Testart[14], dans une culture d'Australie d'il y a 35000 ans. Cet auteur fait remarquer que la pierre polie, tout comme la céramique, apparaissent dans des cultures de chasseurs-cueilleurs, alors que l'on a cru longtemps que ces techniques étaient des marqueurs de sociétés néolithiques.

La fabrication de poteries implique que les Jōmons furent un peuple semi-sédentaire. Ces productions fragiles ne s'accommodent pas, en effet, de la vie essentiellement mobile des nomades, toujours en mouvement. Comme il est attesté que ces populations ont consommé de grandes quantités de coquillages ainsi que des châtaignes et des glands, il semble qu'il ait été nécessaire d'utiliser des récipients de céramique pour les cuire et rendre consommable coquillages et glands (ceux-ci doivent être cuits afin d’éliminer leur acide tannique). Meules et broyons se rencontrent aussi pour la préparation des végétaux sauvages (glands, châtaignes, ... qui firent apparemment l'objet d'une sélection, et peut-être d'une sylviculture), des fragments de galettes ont été retrouvées en milieu humide[15]. Ainsi les Jōmons se sont passés de l'agriculture. Leur modèle de subsistance est principalement basé sur la pêche, la chasse et la collecte. Si les techniques agricoles des néolithiques ne sont pas attestées, on constate cependant la sylviculture pour la production de noix et la culture de certains types de plantes herbacées[16], qui restent cependant très limitées.

On peut considérer que l'abondance des ressources est telle que l'agriculture n'a pas besoin d'être développée, les Jōmons disposent sur ces îles d'une grande diversité de ressources naturelles dans tous les biotopes de leur archipel : au printemps et au début de l'été, les espèces de poissons de haute mer (thons et bonites) et les mammifères marins sont pêchés, alors qu'ils s'approchent des côtes pour se reproduire. En automne, les fruits et les graines sont prêts à être cueillis, et la récolte de châtaignes, noix, noisettes et glands est stockée dans de nombreux silos souterrains. À la fin de l'automne et pendant tout l'hiver, les daims et les sangliers sont chassés et piégés, mais aussi l'ours, le cerf et le lièvre. Par ailleurs il semblerait que les ressources auraient pu être conservées dans les grands récipients de céramique, traitées par la fumée, par le sel... , sans pour autant laisser de traces[17].

À l'exception du chien aucun animal n'a été domestiqué. La domestication du porc, en nombre limité, ne commence qu'à l'époque Yayoi[18].

Leur outillage lithique (de pierre) comprenait des haches, des doloires bifaces, des meules et des broyeurs dans les zones à l'intérieur des terres. Dans les forêts des côtes occidentales, ils chassaient avec un arc et des chiens. Dans les zones côtières et fluviales, l'outillage comprenait des harpons, des hameçons, des pointes de flèches et des flotteurs de pierre ponce pour les filets[19]. Ils connaissaient aussi la technique du vernissage des objets avec la résine d’un arbre et des traces de laque ont été découvertes.

Des découvertes récentes ont démontré qu'il existait des traces de techniques liées à la riziculture vers -1000, cependant ces pratiques étaient minoritaires et limitées à certaines régions[20]. L'agriculture ne commença à devenir dominante qu'au cours du dernier millénaire avant l'ère commune, avec la culture des plantes comestibles et notamment celle du riz qui était devenu la principale ressource agricole dans tout l'Extrême-Orient et l'Asie du Sud-Est.

Art[modifier | modifier le code]

Poterie du Proto-Jōmon, -10.000 à -8.000, Musée National de Tokyo.
Article détaillé : Céramique de la période Jōmon.

Les poteries[modifier | modifier le code]

Certaines poteries de la période Jōmon remonteraient à 16500 ans, voire plus. Le sites chinois de Yuchanyan (Hunan), Zengpiyan (Guangxi) et de Xianrendong (Jiangxi), vers 17000/16000 avant J.-C., sont dans l'état actuel de nos connaissances (en 2011), les sites les plus anciens de poterie dans le monde; sensiblement à égalité -voire plus anciens de quelques millénaires[21]- avec des sites correspondants au Japon de la période Jōmon, sur les sites de Simomouchi et d'Odai Yamamoto datés 17000 et 15000 avant J.-C. [6].

En l'absence de tour, les poteries d'usage quotidien étaient réalisées selon la technique du colombin, à partir d’un cordon de glaise enroulé en spirale, ou bien de plusieurs cordons en anneaux superposés. La poterie est ensuite simplement séchée puis cuite dans les cendres d'un foyer (le four n'existant pas encore).

Au départ réservées à la cuisson des aliments, elles servent par la suite pour le stockage de nourriture et aussi de sépultures. Les plus grandes mesuraient 1 m de haut et près de 70 cm de diamètre.

  • Des décors propres au Jōmon dans un contexte d'échanges avec le continent
Récipient de terre cuite orné de « flammèches ». (Jōmon Moyen, 3 000-2 000) Musée national de Tokyo

Les premiers décors se limitent à de petits mamelons ou des cordons lisses à partir de 10 000 avant J.-C..

Dès le Jōmon Initial à côté des poteries simples, sans aucune décoration, les artisans en réalisaient aussi d'autres, peut-être pour un usage rituel, pourvues de décorations assez sophistiquées faites avec des cordes tressées ou enroulées sur des bâtons, et appliquées sur la terre crue. Ces deux groupes de poterie semblent avoir servi pour la vie domestique de tous les jours. Ces ornementations constituent le premier exemple d'art appliqué à des objets utilitaires dans les îles du Japon. La technique de fabrication de la poterie remonta jusqu'à Honshū, pour atteindre Hokkaidō vers 6500 avant J.-C.. L'apogée de la « culture Jōmon » se situe entre le Jōmon Moyen (3 000-2 000) et le Jōmon Final (1000-300). Les céramiques « à dessins cordés » sont alors produites par une multitude de petites communautés disséminées dans tout le Japon [4] : il ne faudrait pas considérer le Jōmon comme un phénomène unitaire et homogène[22]. Par ailleurs ces « motifs cordés », caractérisant la civilisation Jômon, ont été retrouvés dans des sites à plus de 1 500 km au sud du Japon, ce qui semble témoigner des échanges à cette haute époque.

Au fur et à mesure de l'évolution de la culture Jōmon, les motifs décoratifs se sont diversifiés et complexifiés, comprenant des impressions de coquillages, de bambous, des reliefs et surtout l'ajout de motifs dits de « flammèches », en haut-relief, sur les anses et les rebords des récipients, au point, au Jōmon Moyen (3 000-2 000), qu'ayant perdu toute possibilité d'usage utilitaire il est probable qu'elles avaient alors un usage « symbolique ». Les potiers ont fait ici preuve d'une créativité étonnante. Ce sont les objets du Jōmon les plus célèbres et les plus souvent reproduits, avec des formes uniques dans l'histoire de l'humanité, mais ils restent néanmoins tout à fait énigmatiques.

À partir du Jōmon Récent (2 000-1 000), les poteries sont le reflet de la pénétration d'influences venues du continent, notamment dans le nord-est de l'archipel, certaines formes semblent imiter les vases de bronze chinois contemporains. En tout cas si les décors incisées et imprimés restent prédominants dans le centre et le nord, on voit apparaitre un style nouveau dans l'île de Kyushu, au sud, avec une poterie noire et brillante[4]. La céramique noire étant obtenue par un procédé de cuisson en réduction qui a été pratiqué dans la culture de Longshan du Shandong entre 2600 et 1900. Dans ce même temps, au sud-est, dans l'île de Kyushu, on a trouvé les premiers indices d'agriculture, y compris de riziculture humide[23], selon une progression probable depuis la Chine, en passant par la Corée puis par le détroit de Tsushima.

Les figurines[modifier | modifier le code]

Ces petites figurines en argile, ou dogū, constituent la deuxième forme d'art des Jōmons. Les premières sont apparues au VIIe millénaire av. J.‑C., elles sont de forme humaine (souvent féminine) et animale, et constituent les premiers témoignages de la sculpture japonaise. Leurs fonctions étaient vraisemblablement liées à des cérémonies funéraires (offrandes), à des rites de fécondité, à des formes primitives d'agriculture et à des rites de guérison. Elles sont souvent retrouvées volontairement brisées, souvent au niveau des bras et des jambes, ce qui devait constituer la fin de la cérémonie prophylactique, le mal y ayant été transféré. La plus haute concentration se trouve dans le Nord, sur l'île d'Hokkaido et au Nord de l'île de Honshu, même si la production concerne la totalité du territoire et de la période. Il existe une grande variété de formes, mais de manière générale, la tête est très stylisée et représentée avec plus ou moins de détails et d'accessoires. Si le visage est représenté, il est relativement bien modelé. Les parties supérieures du corps sont atrophiée, tout comme les jambes qui sont toutefois beaucoup plus souvent surdéveloppées pour assurer la stabilité de la pièce. Le corps est recouvert d'un décor par pression d'un tissu et incisions profondes, en guise d'habillement ou de scarifications. Les hanches peuvent être figurées larges, mais les pieds sont rarement figurés. Ces figurines sont montées au colombin, et sont donc des pièces creuses.

Les masques[modifier | modifier le code]

Les masques : domen. Les premiers masques sont confectionnés à partir de valves d'huîtres percées de trous pour représenter la bouche et les yeux, mais au Jōmon Récent (1500-1000) apparaissent des masques en terre cuite. Ces derniers sont d'une facture relativement élaborée, soignée et précise et moins stylisés que les dogū. Les yeux et la bouche sont soulignés par ce qui pourrait être des scarifications. Certains vont présenter des perforations, notamment au niveau des yeux, peut-être pour être portés. Ils pourraient établir un lien entre le monde réel et le monde chamanique.

Culture[modifier | modifier le code]

Il y a peu d'éléments concernant la sociologie et les croyances de cette civilisation, cependant trois d'entre eux permettent d'affirmer l'existence de rites et d'une hiérarchie sociale :

  • certains décors de certaines poteries, comme celles dites à décors de feu, révèlent-elles un culte du Feu ?
  • les dogū ( 土 = argile et 偶 = poupée), ces figurines en terre cuite, sans usage pratique, ont souvent été enterrées intentionnellement.
  • Certains crânes, datés de mi-Jōmon (-5000), ont été retrouvés avec des dentures incomplètes. L'ablation des dents de devant et la taille d'autres semble avoir été une pratique rituelle, réalisée du vivant des individus, montrant une volonté de différenciation entre les individus, des rites de passage ou rites de deuil.
  • Dans le village de Sannai-Maruyama près d’Aomori, au nord du Honshu, on a pu déterminer que les vastes trous de poteaux correspondaient à neuf troncs de châtaigniers de plus d’1m de diamètre, disposés selon un plan rectangulaire et à 3 m de distance, comme pour supporter une plate-forme monumentale. Il existe une reconstitution de cette plate-forme sur le site mais cette forme reste hypothétique.

Rites funéraires[modifier | modifier le code]

La très grande acidité des sols volcaniques peu favorable à la conservation des ossements et du bois a considérablement limité l'étude des pratiques funéraires. Cependant les nombreuses installations sur amas coquilliers, dont le calcium permet la préservation de l'os, ont permis de faire des observations, au moins sur ces sites[24].

Les corps retrouvés sont majoritairement placés en position fœtale pendant les débuts de l'ère Jōmon, mais sont placés en position allongée par la suite. Ces corps ne sont généralement pas accompagnés de mobilier funéraire si ce n'est quelques masques retrouvés à Hokkaidō et au nord-est de Honshū. D'autre part, bien que rares, certains cas plus étonnants ont montré l'existence de la pratique de l'incinération.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Demoule 2004, p. 177
  2. Les plus vieilles poteries du monde, L'Express, 17/09/1998. Mais des découvertes de tessons en Chine, indiquent que des poteries fragiles ont été réalisées dans le Sud et dans le Nord de la Chine, sensiblement un millénaire plus tôt qu'au Japon. : Jean Guilaine, Caïn, Abel, Ötzi : L'héritage néolithique, Gallimard, 2011. Page 149. Aussi Li Liu, pour plus de précision, dans La révolution néolithique dans le monde, sous la direction de Jean-Paul Demoule, Inrap, 2009, page 67. Ainsi que : Alain Testart, Avant l'histoire : L'évolution des sociétés de Lascaux à Carnac, NRF-Gallimard 2012, p.38, note 1.
  3. Internet Archive, à lire en ligne
  4. a, b et c Jean-Paul Demoule 2004, p. 186
  5. Jean-Paul Demoule 2004, p. 186 sqq.
  6. a et b Jean Guilaine, Caïn, Abel, Ötzi : L'héritage néolithique, Gallimard, 2011. Page 149. Ainsi que Li Liu, pour plus de précision, dans La révolution néolithique dans le monde, sous la direction de Jean-Paul Demoule, Inrap, 2009, page 67.
  7. Jean-Paul Demoule 2004, p. 182. Les dates les plus anciennes des céramiques découvertes depuis 2004 ont été intégrées au Proto-Jōmon en en repoussant la date initiale vers 17000. Publication antérieure: Hall, M. E. Pottery Styles during the Early Jomon Period: Geochemical Perspectives on the Moroiso and Ukishima Pottery Styles. Archaeometry 43, no 1 (2001): 59-75. Database on-line. Academic Search Complete, EBSCOhost; consulté le 5 octobre 2007.
  8. Jean-Paul Demoule 2004, p. 178 et 181
  9. [1] Page de l'université à : "Theodore G. Schurr, Professor of Anthropology". Publications universitaires.
  10. Jean-Paul Demoule 2004, p. 188 sqq.
  11. Jean-Paul Demoule 2004, p. 191.
  12. Plan in : Jean-Paul Demoule 2004, p. 190 d’après Keiji Imamura 1996 : Prehistoric Japan: New Perspectives on Insular East Asia , ISBN 0-8248-1853-9 , 25 cm, 256 p.
  13. (en) Li Liu and Xingcan Chen, The Archaeology of China : From the Late Paleolithic to the Early Bronze Age, Cambridge et New York, Cambridge University Press,‎ 2012, 310 p. (ISBN 978-0-52181184-2) : pages 68-69.
  14. Dans : La préhistoire des autres : Du déni au défi in La préhistoire des autres 2012, p. 34-36
  15. Jean-Paul Demoule 2004, p. 196
  16. [2]. Matsui and Kanehara 2006
  17. Jean-Paul Demoule 2004, p. 194-196
  18. Jean-Paul Demoule 2004, p. 195
  19. Jean-Paul Demoule 2004, p. 187
  20. L'introduction du riz et de différenciations sociales au Japon ont été analysés par Ann Kumar 2009 qui propose d'y voir le résultat de l'immigration des élites de Java et d'Indonésie en général, mouvement relié à l'expansion des Austronésiens (Voir aussi : Austronesian and theoretical linguistics ,Amsterdam ; Philadelphia : John Benjamins Pub. Co., c2010).
  21. Alain Testart, Avant l'histoire : L'évolution des sociétés de Lascaux à Carnac, NRF-Gallimard 2012, p.38, note 1
  22. Jean-Paul Demoule 2004, p. 200
  23. Jean-Paul Demoule 2004, p. 197
  24. Jean-Paul Demoule 2004, p. 179-180

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Paul Demoule (dir.), La révolution néolithique dans le monde : Séminaire du Collège de France, Paris, CNRS éditions,‎ 2009, 488 p. (ISBN 978-2-271-06914-6). Avec la participation de Laurent Nespoulous: Le contre-exemple Jōmon pp. 65-85
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Jean Guilaine (dir.), Aux marges des grands foyers du Néolithiques : Périphérie débitrices ou créatrices ? : Séminaire du Collège de France, Paris, Errance,‎ 2004, 294 p. (ISBN 2-87772-294-5). Avec la participation de Jean-Paul Demoule : Aux marges de l'Eurasie: Le Japon préhistorique et le paradoxe Jomon  : p. 177-202
  • (en) Junko Habu, Ancient Jomon of Japan, Cambridge, New York, Melbourne, etc., Cambridge University Press,‎ 2004, XV-332 p. (ISBN 0-521-77670-8). Aussi : ISBN 978-0-521-77670-7 (br.). -ISBN 978-0-521-77213-6. (rel.). Autre tirage 2009.
  • (en) Keiji Imamura (dir.), Prehistoric Japan : New perspectives on insular East Asia, Honolulu (Hawaii), University of Hawaii Press,‎ 1996, X-246 p. (ISBN 0-8248-1853-9), 25 cm. Aussi: ISBN 0-8248-1852-0. Ainsi que: UCL Press, 1996, ISBN 1-85728-616-2. -ISBN 1-85728-617-0, 24 cm.
  • (en) Ann Kumar, Globalizing the Prehistory of Japan : Language, genes and civilization, London, Routledge,‎ 2009, X-208 p. (ISBN 0-203-88643-7) (e.book). 24 cm: New York: ISBN 978-0-7103-1313-3. (rel.), ISBN 978-0-203-88643-4. (e-book).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Nathan Schlanger et Anne-Christine Taylor (dir.), La préhistoire des autres : perspectives archéologiques et anthropologiques, Paris, la Découverte, coll. « Institut national de recherches archéologiques préventives INRP »,‎ 2012, 380 p. (ISBN 978-2-7071-7406-2).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]