Histoire de Hong Kong

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Hong-Kong, une île en Chine méridionale, ancien village de pêche, ancien emplacement de salins, est devenue un port de commerce, un port militaire, un centre financier international qui a le neuvième PNB le plus élevé du monde per capita, et traite un tiers des mouvements de capitaux étrangers en Chine.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les recherches archéologiques du monde suggèrent une installation humaine à Hong-Kong il y a 30000- 50000 ans. Des outils de pêche et de combat en bronze des peuples Yuet pendant l'âge du bronze ont été excavés sur les îles de Lantau et Lamma. Des sculptures religieuses en pierre, qui appartiennent probablement aux peuples Che dans la période néolithique, ont été également trouvées sur les îles périphériques et les secteurs côtiers.

Les dernières recherches sur le paléolithique suggèrent que Wong Tei Tung (黃地峒) est l'un des lieux de peuplement les plus anciens de Hong-Kong.

La Chine impériale[modifier | modifier le code]

Le territoire fut incorporé à la Chine pendant la dynastie Qin (221 à 206 av. J.-C.), et le secteur a été fermement consolidé par l'empereur de la Nam Yuet (203 à 111 av. J.-C.)

L'évidence archéologique indique que la population a crû depuis la Dynastie Han (206 à 220 av. J.-C.). Dans les années 1950, le tombeau de Lei Cheng Uk (李鄭屋古墓), datant de la dynastie de Han orientale (25 av. J.-C. à 220) a été excavé et les archéologues sont ouverts à la possibilité que la production de sel s'est épanouie dans Hong-Kong il y a à peu près 2000 ans, bien qu'il manque toujours d'évidence conclusive. Tai Po Hoi (大步海), la mer de Tai Po, était un port majeur de perles en Chine depuis la dynastie Han. Les activités ont été au plus fortes pendant Han du Sud (917 à 971) et continuent jusqu'en dynastie Ming (1368 à 1644).

Pendant la dynastie Tang, la région de Guangdong s'est développée comme centre marchand international. La région de Tuen Mun (屯門) dans ce qui est maintenant les New Territories (les nouveaux territoires hongkongais), a servi de port, base navale, centre de production de sel et plus tard, base pour l'exploitation des perles. Lantau fut également le centre de production de sel, et dont les trafiquants y ont lutté contre le gouvernement.

En 1276, pendant l'invasion mongole, la Dynastie des Song du Sud déplace sa cour à Fujian, puis Lantau et encore plus tard à Kowloon City d'aujourd'hui, mais l'enfant-empereur, Zhao Bing, après avoir été battu dans la bataille de Yamen, meurt en se noyant avec ses fonctionnaires. La vallée de Tung Chung (東涌), nommée d'après un héros qui a fait l'ultime sacrifice pour l'empereur, devient une base pour la cour. Hau Wong, haut fonctionnaire de l'empereur, est encore vénéré dans Hong-Kong aujourd'hui.

Cependant, lors de la période mongole, Hong-Kong a vu sa première forte croissance de population à cause de l'immigration des réfugiés chinois. Cinq familles de Hau/Hou (候), Tang/Deng (鄧), Pang/Peng (彭), Liu/Liao (廖) et Man/Wen (文) prétendent d'être parmi les premières familles documentées d'y s'installer. En dépit de l'immigration et le développement de l'agriculture, le secteur était toujours relativement stérile, et reposait sur le sel, la perle et la commerce de pêche pour sa base économique.

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, au début de la dynastie Ming, les négociants portugais ont commencé à faire du commerce dans la Chine méridionale. En même temps, ils ont envahi et ont accumulé les fortifications militaires dans Tuen Mun. Les batailles militaires entre la Chine et le Portugal s'en sont suivies et les Portugais ont été chassés. Au milieu du XVIe siècle, afin d'empêcher le contact avec des étrangers, la prohibition maritime (Haijin) est entrée en vigueur. Elle a également restreint l'activité maritime locale, et des villageois dans des secteurs côtiers de Hong-Kong ont été obligés de se déplacer vers le continent.

Après la première mission maritime de la British East India Company en Chine en 1699, le commerce de Hong-Kong s'est développé rapidement ensuite avec les négociants britanniques. En 1711, la compagnie établit un comptoir commercial à Canton (Guangzhou). Pendant la dynastie Qing, Hong-Kong faisait partie du xian de Xin'an (新安縣) et est devenu l'un des premiers avant-postes militaires pour la Chine impériale.

Hong-Kong récente[modifier | modifier le code]

La guerre de l'opium[modifier | modifier le code]

Dates, conventions et cessions
le 25 janvier 1841, Convention de Chuenpeh Cession provisoire de Île de Hong Kong au Royaume-Uni
le 29 août 1842, Traité de Nankin Cession de l'Île de Hong Kong, fondation de la colonie
le 18 octobre 1860, Convention de Pékin Cession de Kowloon (à partir du sud de Boundary Street)
le 1er juillet 1898, Convention de l'Extension Bail sur les New Territories (comprenant New Kowloon)
Blason de Hong-Kong (1959-1997)

Après une série de défaites chinoises lors de la première guerre de l'opium (1839-1842) aux mains de la Royal Navy (sous le capitaine Charles Elliot) et des Royal Marines (sous le capitaine Anthony Blaxland Stransham), l'île de Hong Kong fut occupée par les Anglais le 20 janvier, 1841, et cédée en 1842 sous la Traité de Nankin, le territoire est alors devenu une colonie de la Couronne. L'accord a été « négocié » par le capitaine Eliot (au nom de la Couronne) et le gouverneur de la province de Kwangtung. La convention de Chuenpeh a été conclue mais n'a jamais été reconnue par la cour de la dynastie Qing à Pékin.

La plupart de la population, environ 6 000 personnes à l'époque, étaient les « Tanka » et les « Hakka » établis dans un certain nombre de petits villages côtiers. Avec l'afflux immédiat du commerce, la population a rapidement crû. La guerre de l'opium réussit à libéraliser le commerce en Chine pour les Britanniques. Avec une base à Hong-Kong, les commerçants, les marchands d'opium, et les négociants britanniques ont fondé la ville qui deviendrait la connexion de libre échange de l'est. Commerçants d'opium américains, notamment John Murray Forbes et John Perkins Cushing, et banquiers s'associent bientôt au commerce.

1888 Plan de Hong-Kong, Macau, et Guangzhou

Lors de la seconde guerre de l'opium (1856-1858), a lieu le 15 janvier 1857 une tentative d'empoisonnement massif de la population européenne. Une importante quantité d'arsenic est introduite dans le pain fabriqué par la boulangerie E-Sing qui fournit notamment la garnison britannique. La quantité introduite est tellement importante qu'elle est facilement décelable et elle ne fait que peu de victimes mais la tension créée provoque l'instauration d'un couvre-feu. Les employés et le propriétaire de la boulangerie sont cependant acquittés faute de preuves[1]. La convention de Pékin de 1860 accorde un bail perpétuel sur la péninsule de Kowloon à la Grande-Bretagne, et a définitivement arrêté les hostilités. En 1862, la population de Hong-Kong était d'environ 120 000 âmes.

En 1898, le Royaume-Uni, soucieux de ne pas pouvoir défendre Hong-Kong à moins que ses abords soient également sous la commande britannique, a conclu un bail de 99 ans des New Territories. Ce bail augmente considérablement la taille de la colonie jusqu'au 30 juin, 1997.

Au printemps de 1894, environ 100 000 personnes sont rapportés mortes de la peste à Guangzhou. En mai 1894, la peste éclate dans le quartier chinois surchargé de Tai Ping Shan (太平山 Victoria Peak) de Hong-Kong. Au plus fort, l'épidémie tuait 100 personnes par jour dans Hong-Kong, soit un total de 2 552 personnes dans l'année. La maladie nuisit considérablement au commerce et a fait fuir plus de 100 000 Chinois de la colonie. La peste continue à être un problème dans le territoire pendant les 30 ans suivants : 1 290 personnes trouvent la mort à cause de la maladie entre 1898 et 1900.

Lors de l'éclatement de la Première Guerre mondiale en 1914, la crainte d'une attaque possible sur la colonie provoque un exode de 60 000 Chinois. Dans l'agitation des décennies suivantes en Chine, la population de Hong-Kong croit de 530 000 en 1916 et 725 000 en 1925, à 1,6 million en 1941.

Occupation japonaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Hong Kong.
Vestiges de la Shing Mun Redoubt
Timbre émis pour la libération de Hong-Kong en 1946. Les légendes latérales signifient : « La Chine et la Grande-Bretagne perpétuellement en paix » et « Le phœnix revit dans la prospérité »[2].

Hong-Kong fut attaqué par les Japonais le 8 décembre 1941. La défense tomba le 25 décembre 1941, date désignée sous le nom de « Noël noir » par les habitants de Hong-Kong. L'occupation dura jusqu'au 15 août 1945. L'économie de Hong-Kong a connu une rupture quasi complète pendant cette période, nommée « les 3 ans et 8 mois ».

Pendant l'occupation japonaise, la politique monétaire était hyperinflationniste. Le dollar de Hong-Kong fut interdit et remplacé par le Yen des militaires japonais, une devise sans réserves et émise au fur et mesure par l'administration de l'armée impériale japonaise. Le rationnement est devenu la norme dans la vie quotidienne.

Vers la fin de la guerre en 1945, la population de Hong-Kong diminua à 600 000, moins de la moitié de la population d'avant-guerre de 1,6 million.

Les années après la guerre[modifier | modifier le code]

L'arrivée des communistes en Chine continentale en 1949 a mené à une autre augmentation de population à Hong-Kong. Des milliers des réfugiés ont fui la Chine vers Hong-Kong, et lui ont fait un entrepôt important jusqu'à ce que les Nations unies imposent un embargo sur la Chine pour son soutien à la guerre de Corée. Davantage de réfugiés sont arrivés pendant le « Grand Bond en avant ».

Compétences et capitaux apportés par les réfugiés du continent, particulièrement Shanghai, avec une vaste quantité de main d'œuvre à prix réduit, aident à rétablir l'économie. En même temps, elle est devenue un port-atelier où les entreprises occidentales importent des matières premières. Celles-ci sont transformées en biens divers avant exportation. L'économie de Hong-Kong a donc connu une croissance sans précédent.

Les grands camps de squatters se sont développés dans tout le territoire. Afin de répondre au problème de loger l'afflux des réfugiés tout en maîtrisant les risques d'incendie et les risques sanitaires, le gouvernement commença une politique de logement public. Au début, les conditions dans le logement public étaient très primitives, car plusieurs familles partagent les toilettes et l’équipement de cuisine communal. Maintenant, plus de 50 % de la population de Hong-Kong vit dans les logements publics subventionnés.

Les émeutes de 1967[modifier | modifier le code]

En mai 1967, le mouvement ouvrier sous l'influence de la révolution culturelle en RPC a sombré dans la violence. Les émeutes durèrent pendant les six mois suivants. Un célèbre journaliste de radio, Lam Bun (林彬), qui a ouvertement critiqué le mouvement, fut assassiné. Les agitateurs de gauche ont recouru aux attaques terroristes en plaçant de vraies et fausses bombes autour dans Hong-Kong et autour de la ville. La perception des Hongkongais envers les communistes est devenue hautement négative.

L'écrasement du mouvement ouvrier a entraîné la chute du réseau des communistes de Hong-Kong.

De 1967 aux années 1990[modifier | modifier le code]

Hong Kong, 1978

En 1974, le Gouverneur Murray McLehose fonde l'ICAC, la Commission indépendante contre la Corruption, afin de lutter contre la corruption, notamment au sein de la police. Les pratiques corrompues étaient si répandues qu'une pétition réclamant des poursuites rallie un nombre considérable de Hongkongais.

La police s'oppose l'ICAC dès le début, mais le succès de celle-ci permet à Hong-Kong de devenir par la suite l’un des États les moins corrompus dans le monde.

Pendant les années 1970, l'éducation subventionnée par le gouvernement passe de six ans à neuf ans, et le gouvernement crée réseau de parcs dans la campagne de Hong-Kong. L'ouverture du marché chinois continental et l’augmentation des salaires locaux ont attiré beaucoup de fabricants vers le nord. Cependant, Hong-Kong consolide sa position de centre de commerce et de tourisme important dans la région de l’Asie du sud-est.

Au niveau social, l'espérance de vie, le taux d'alphabétisation, le revenu par habitant et d'autres indices socio-économiques élevés témoignent du progrès et des réalisations de Hong-Kong pendant les quarante dernières années du XXe siècle.

La transition[modifier | modifier le code]

En 1982, quinze ans avant que le bail sur les nouveaux territoires n’expirât, les gouvernements du Royaume-Uni et la République populaire de Chine (RPC) commencent le dialogue sur l’avenir de Hong-Kong. Le Premier ministre du Royaume-Uni, Margaret Thatcher, avait espéré que l’ouverture croissante du gouvernement de la RPC et les réformes économiques sur le continent mèneraient la RPC à une prolongation de la présence britannique.

Toutefois, la RPC refuse de reconnaître les Traités sous lesquels l’île de Hong Kong et la péninsule de Kowloon avait été cédées à la Grande-Bretagne à perpétuité. Elle ne revendique pas seulement la rétrocession de nouveaux territoires mais de la totalité de l'île de Hong-Kong et de la péninsule de Kowloon.

La Chine considère l’ensemble des traités comme injustes et inégaux, et donc refuse de reconnaître la souveraineté britannique sur Hong-Kong, seulement son administration. En fait, la 27e Assemblée générale des Nations unies avait adopté une résolution[réf. nécessaire] affirmant la position et les exigences de la RPC vis-à-vis de Hong-Kong une décennie plus tôt, le 8 novembre 1972. Huang Hua, le Représentant permanent de la RPC à l’ONU, a écrit une lettre au Président du comité de décolonisation de l'ONU en mars 1972, disant que « Hong-Kong et Macao n’entrent pas du tout dans la catégorie générale de « colonie », mais font partie du territoire chinois occupé par les autorités britanniques et portugaises. En tant qu’ayants droit de la dynastie Qing et de la République de Chine, la résolution de la question de Hong-Kong et de Macao entre complètement dans le périmètre des droits souverains de la RPC ». Il rassure en rajoutant que « la Chine emploiera des moyens paisibles le moment venu. Le statu quo sera préservé jusqu'à la résolution des questions sur Hong-Kong et Macao ».

Indépendamment des réclamations pour la souveraineté, Deng Xiaoping reconnut que Hong-Kong, avec son économie de marché libre, ne pourrait être assimilé dans la République populaire que sur une durée plus ou moins longue, et qu'aucune tentative de procéder brutalement ne serait non plus dans l'intérêt de l’un et l’autre. Il a préconisé une politique bien plus pragmatique connue sous le nom de un pays, deux systèmes dans laquelle les systèmes économiques de Hong-Kong, aussi bien que Macao, soient cloisonnés de ceux de la RPC. Soucieux de la réunification avec Taïwan, il la lui propose également.

Le 19 décembre 1984, la déclaration commune sino-britannique sur la question de Hong Kong (« la déclaration commune ») fut signée par les gouvernements de la RPC et du Royaume-Uni. Aux termes de cet accord, Hong-Kong cesserait d'être une colonie britannique le 1er juillet 1997 et serait dorénavant une Région administrative spéciale (SAR) de la RPC. L'opposition des Hongkongais à la rétrocession provoque une première vague d'émigration.

Le gouverneur, Sir Edward Youde, meurt en 1987 et fut remplacé par Sir David Wilson.

Le 4 avril, 1990, la loi fondamentale de Hong Kong (Basic Law of Hong Kong) a été officiellement adoptée comme constitution de Hong-Kong après la rétrocession. Le bloc de politiciens pro-Pékin a fait bon accueil à la loi fondamentale, en l'appelant le système légal le plus démocratique qui ait jamais existé en RPC. En revanche, pour le bloc pro-démocratie, il y manquait une constitution.

En juillet 1992, Chris Patten fut nommé le dernier Gouverneur britannique. Patten avait été Secrétaire général du parti conservateur au Royaume-Uni jusqu'à ce qu'il perde son siège lors de l'élection générale parlementaire, en avril. Il a été le seul politicien professionnel à être gouverneur de Hong-Kong, ses prédécesseurs étant tous issus du service diplomatique. En revanche, Patten avait peu de connaissance ou d'expérience au sujet de Hong-Kong ou de la Chine, et ne parlait ni le mandarin ni le cantonais. Les relations avec Pékin se tendirent quand Patten présenta des réformes démocratiques qui augmentaient le nombre de membres élus au Conseil législatif de Hong-Kong. Ces changements ont été considérés par la RPC comme une infraction de la loi fondamentale.

À minuit et une seconde le 1er juillet 1997, Hong-Kong fut remis à la République populaire de Chine par le Royaume-Uni. Le Conseil législatif, composé exclusivement de membres élus en 1995, a été dissous et remplacé par le « Conseil législatif temporaire » élu par un comité de sélection dont les membres avaient été nommés par le gouvernement de la RPC. Tung Chee Hwa, élu en décembre par ce même comité de sélection, assume en tant que premier chef de l'exécutif de Hong Kong (Chief Executive of Hong Kong).

Les changements[modifier | modifier le code]

Changements symboliques[modifier | modifier le code]

  • Tous les bureaux publics arborent les drapeaux de la RPC et de Hong Kong. Le drapeau du Royaume-Uni flotte maintenant uniquement au-dessus du Consulat-Général et d'autres lieux britanniques.
  • Le portrait de la reine Élisabeth II a disparu des billets de banque, pièces de monnaie, timbres-poste et bureaux publics. En date de 2005, il reste toujours en circulation des pièces de monnaie et quelques billets de banque produits avant 1997 et qui sont toujours valables.
  • Le titre « royal » a été abandonné par presque tous les organismes auxquels il avait été accordé, à l’exception du Royal Yacht Club de Hong Kong.
  • Des références légales à « la couronne » ont été remplacées en se référant à « l'État », et les barristers qui avaient été nommés conseils de la Reine (Queen’s Counsel) sont maintenant connus comme Conseils supérieurs (Senior Counsel).
  • Quelques jours fériés de Hong Kong ont été changés : l'anniversaire officiel de la reine et autres jours fériés Britanniques furent supprimés et remplacés par la fête nationale de la RPC (le 1er octobre), et le jour de la création de la Région Administrative Spéciale (SAR) de Hong-Kong (le 1er juillet).
  • Toutes les boîtes de poteau de couleur rouge, le courrier royal, l’emblème et les blasons de la reine Élisabeth II, sont disparus et furent remplacées par des boîtes aux lettres de Hong-Kong de couleur verte.

Absence de changement[modifier | modifier le code]

À d'autres égards, les points suivants n’ont guère subi de changements :

  • L’indépendance juridique : La nouvelle Région Administrative Spéciale (SAR) est demeurée une juridiction distincte et indépendante, et continue à employer le système de droit anglophone (English Common Law).
  • L’indépendance frontalière et douanière : la frontière avec le continent est maintenue et patrouillée comme avant. Le libre échange avec le reste du monde et avec le continent sont préservés.
  • Hong-Kong reste membre à part entière de divers organismes internationaux tels que CIO, l’APEC et l’OMC, et préserve les droits de négocier et maintenir ses propres traités et conventions, y compris les accords bilatéraux d'aviation avec les pays et les territoires étrangers. Des vols entre Hong-Kong et la Chine continentale sont considérés vols internationaux (ou vols entre territoires).
  • L’indépendance de la politique d'immigration pour la plupart des pays étrangers. De même, les détenteurs de passeport de Hong-Kong SAR ont un accès plus facile aux pays au sein de l’Union européenne et les pays de l’Amérique du Nord, contrairement aux citoyens du continent. Les anciens citoyens coloniaux peuvent encore employer les passeports britanniques d'outre-mer (BNO) après 1997.
  • l'anglais est une langue officielle de par la Basic Law et son enseignement reste courant dans toutes les écoles. Cependant, la plupart des écoles (mais pas toutes) enseignent maintenant en dialecte cantonais avec des textes écrits en chinois, en tandem avec la langue anglaise.
  • La liberté d'expression : Les citoyens continuent à jouir davantage de libertés politiques que la Chine continentale, en l'occurrence liberté de la presse, bien que "l'art de l'autocensure" y soit de plus en plus pratiqué.
  • Hong-Kong, à la différence du continent, continue de conduire du côté gauche.
  • Normes d’installation : les normes britanniques des prises électriques (BS1363), de la transmission de TV (PAL-I) et beaucoup d'autres normes techniques du Royaume-Uni sont encore utilisées à Hong-Kong. Cependant, les compagnies de téléphone n’installent plus de prises de téléphone BS 6312 à Hong-Kong.
  • Hong-Kong conserve son code téléphonique international (852), et le plan de numérotation est indépendant de celui du continent : les appels entre Hong Kong et le continent exigent toujours de composer l'indicatif l’international.
  • L'ancienne routine britannique des défilés militaires, et la terminologie de commandement en anglais sont préservées dans tous les services disciplinaires et tous les organismes. Les soldats de l'Armée populaire de libération (APL) de la garnison chinoise de Hong Kong ont leur propre mode de défilement et les ordres sont donnés en mandarin.
  • Toutes les statues britanniques, par exemple ceux de la Reine Victoria, roi George, etc., sont restées inchangés dans leurs emplacements.

Événements majeurs pendant la transition[modifier | modifier le code]

Pendant la période transitoire pour la rétrocession en 1997, un événement majeur a été les manifestations de la place Tiananmen (« massacre de la place Tiananmen ») en 1989, qui ont accru la méfiance à l'égard du système communiste et déclenché une grande vague d’immigration. Le 27 mai 1989, environ 1 million de Hongkongais ont manifesté pour "le patriotisme et la démocratie" (愛國民主). Les manifestations n'ont cessé que bien après l'écrasement du mouvement le 4 juin.


Depuis l’événement, les Hongkongais sont divisés en deux groupes : les «pro-Pékin» qui soutiennent un rapprochement avec Pékin et le « pro-démocratique » qui soutiennent l'évolution vers davantage de démocratie et le statut spécial de Hong-Kong. Ces deux groupes et attitudes politiques concurrentiels dominent le débat et l'écosystème politique d'aujourd'hui.

Ces craintes et méfiance envers les communistes ont provoqué une deuxième et plus grande vague d'émigration. L'Australie, le Canada, Singapour, et les États-Unis sont devenus les destinations préférées. Richmond Colombie-Britannique au Canada gagne le surnom « nouveau Chinatown ».

Hong Kong depuis 1997[modifier | modifier le code]

Baie de Hong Kong en 2007

Pendant trois mois après la rétrocession paisible en juillet 1997, Hong Kong a été entraîné dans la crise économique asiatique pendant laquelle le marché boursier est tombé jusqu'à 22,8 % en une semaine. Entre l'été 1997 et l'été 1998, les composants principaux du Hang Seng ont perdu presque deux tiers de leur valeur. Le gouvernement pris la décision controversée d’intervenir en investissant des milliards de dollars en achetant des titres sur le marché. Bien que cette intervention ait empêché le marché de s'effondrer et ait évité la pression pour que le lien du dollar de Hong Kong avec le dollar US ne soit cassé, cette méthode d'intervention a été globalement condamnée comme une gigantesque contradiction avec l’économie de marché libre de Hong Kong.

En 1998, la bulle spéculative immobilière éclate, principalement à cause de la crise économique qui a touché toute la région, mais aussi en partie à cause de la politique de logement social du gouvernement. Lors de son accession au poste de chef de l'exécutif de Hong Kong, Tung Chee-Hwa annonce l'objectif de construire 85 000 appartements par an afin de réduire le temps d'attente pour le logement public de sept à trois ans. Ces facteurs combinés commencent à durcir la récession la plus grave qu'ait connue Hong Kong depuis 1967, où la diminution des revenus gouvernementaux, couplée aux engagements sur des grands projets d'infrastructure ont engendré un déficit structurel et la pire diminution des réserves fiscales jamais connue.

En 2001, le secrétaire général de l'administration, (Chief Secretary for the Administration) Anson Chan, démissionne et est remplacé par le secrétaire aux finances Donald Tsang. Mme Chan a été perçue comme proche de l'administration coloniale précédente, et après sa démission, elle est devenue critique à l'égard du gouvernement et milite pour la démocratie.

L'administration de Tung Chee Hwa a été également marquée par l’inquiétude sur l’état de droit et de l'autonomie de Hong Kong vis-à-vis des autorités centrales chinoises. En 1999, la cour d'appel finale (Court of Final Appeal) de Hong Kong décide que les enfants nés en Chine continentale, dont l'un des parents est Hongkongais, auraient droit de demeure dans Hong Kong à condition que l'un ou l'autre parent soit résident permanent de Hong Kong. Cette décision accordait le droit de résider à Hong-Kong aux enfants nés en Chine d'une mère Chinoise et d'un père Hongkongais. La décision indisposait le gouvernement Hongkongais, qui fit appel de la décision, et obtint de Pékin une ré-interprétation de la Basic Law par le gouvernement central.

En 2004, avant de commencer une revue constitutionnelle sur la question du suffrage universel, le gouvernement de Hong Kong a sollicité l’avis du gouvernement central. Ce dernier a indiqué que le suffrage universel ne pourrait pas être présenté avant 2007, la date la plus tôt envisagée par la Basic Law, qui visait que la démocratie soit introduite progressivement, d'une manière qui ne risquerait pas de créer l’instabilité dans la Région Administrative Spéciale.

Le SRAS et l'article 23[modifier | modifier le code]

Lors de la récession économique, le SRAS a gravement touché la ville à partir de février 2003, quand le premier cas soupçonné fut enregistré, jusqu’au 23 juin 2003, quand l'Organisation mondiale de la santé a enlevé Hong-Kong de la liste des territoires affectés. La ville était dans un état de panique à cause de l'épidémie. L’activité économique a été considérablement perturbée, la scolarité interrompue. Le tourisme et la restauration, des secteurs importants, étaient décimés, le taux de chômage a atteint 7,9 % comparé à 2,2 % en 1997 et 4,4 % en 2000. L'épidémie a finalement ôté la vie à 299 personnes dans le territoire.

À ce moment, le gouvernement propose une loi qui visait la subversion politique, envisagée sous l'article 23 de la Basic Law. Ceci a engendré de graves craintes de la population pour les liberté de la presse, de religion et d'association. La profonde baisse de popularité du Chief Executive Tung Chee Hwa et de ses fonctionnaires, la conjoncture économique mauvaise et la non-maîtrise de la pandémie ont incité au moins 500 000 personnes à manifester le 1er juillet 2003, soit -date symbolique- six ans jour pour jour après la rétrocession. Il s’agit de la plus grande manifestation sur le sol chinois depuis Tiananmen en 1989. La proposition de loi fut rejetée après la perte du soutien d’un nombre important de législateurs. Plusieurs membres du cabinet, notamment le Secrétaire de Sécurité, Regina Ip, ont été contraints de démissionner. Malgré des voix puissantes et des demandes persistantes pour la démission de Tung, soutenu par le parti communiste chinois, il reste en poste jusqu'au 10 mars 2005, 20 mois après la manifestation du 1er juillet.

En 2005, Tung capitule, et, face aux réclamations de la plupart de la population, démissionne avant la fin de son mandat de Chief Executive. Par la suite, une polémique se développe sur la durée du mandat de son successeur : commencerait-il un nouveau mandat de quatre ans, ou achèvera-t-il uniquement le solde de deux ans ? Impatient d'éviter l'incertitude constitutionnelle en l’absence d’un dirigeant et d’une décision des tribunaux de Hong-Kong, le gouvernement de Hong-Kong est allé de nouveau chercher une précision de la Basic Law à ce sujet auprès du gouvernement central.

Le départ de Tung est largement associé au changement de dirigeant en Chine : Hu Jintao (胡锦涛) a pris le pouvoir en septembre 2004 au sein de la Commission militaire centrale (RPC) de la République populaire de Chine, l'organe suprême de la force armée chinoise. Après une élection exceptionnelle où il n’y avait qu'un seul candidat qualifié, Donald Tsang a remplacé Tung pour le solde du mandat de deux ans. Il fut ensuite réélu pour mandat de quatre ans qui s'acheva 25 mars 2012. En tant que secrétaire général, Tsang fut le deuxième plus haut fonctionnaire de l’administration. Ce fonctionnaire de carrière, populaire, connu pour ses nœuds papillon, et a été distingué au titre de chevalier par la reine du Royaume-Uni pour son service dans l'administration coloniale.

Les défaillances de l’administration de Tung ont montré les attentes de la population pour une réforme politique de Hong-Kong ; et la pétition pour le suffrage universel a révélé les craintes de voir accéder au pouvoir un dirigeant sans soutien populaire. La réforme politique du territoire est toujours en chantier visible, mais la reprise économique et les nouveaux dirigeants ont calmé le jeu pour le moment.

Le 25 mars 2012, Chun-ying Leung succède à Donald Tsang au poste de Chief Executive. Candidat de la tendance « Pro-pékin », CY Leung a été élu par 689 voix par les 1 200 membres du Conseil Législatif de Hong-Kong. Le représentant de la tendance "Pan Démocrate" n'a obtenu que 70 voix.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Yves Toullec, « Rule of law et pain à l'arsenic », Trait d'union, no 26,‎ mai 2011, p. 2
  2. D'après mademoiselle E. K. Baker du Bureau des Colonies, dans une lettre à Sir Alan Lascelles, Secrétaire privé du roi George VI, citée dans Nicholas Courtney, The Queen's Stamps, 2003, ISBN 0-413-77228-4, page 263.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ming K. Chan et Shiu-hing Lo, Historical Dictionary of the Hong Kong SAR and the Macao SAR, Scarecrow Press, Lanham Md, 2006, 420 p. (ISBN 978-0-8108-5061-3)