Go-Toba

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Go-Toba.

L'empereur Go-Toba (後鳥羽天皇 Go-Toba Tennō) (6 août 118028 mars 1239) était le 82e empereur du Japon, selon l'ordre traditionnel de la succession, et a régné du 20 août 1183 au 11 janvier 1198.

Son nom personnel était Takahira (尊成). Son nom posthume lui a été donné en mémoire de celui de l'empereur Toba (on peut traduire le préfixe Go-, 後, par « postérieur », ce qui donne donc « Empereur Toba postérieur ».)

Biographie[modifier | modifier le code]

Tombe des empereurs Go-Toba et Juntoku, Kyōto.

Go-Toba monte sur le trône à l'âge de 3 ans, succédant son frère l'empereur Antoku, qui est forcé d'abdiquer durant la guerre de Gempei. Quelques années après son intronisation, son grand-père l'empereur retiré Go-Shirakawa meurt, et Minamoto no Yoritomo profite de l'occasion pour forcer le jeune empereur à le nommer sei-i-tai shōgun, fondant ainsi le shogunat de Kamakura et s'arrogeant la réalité du pouvoir, ne laissant au souverain impérial qu'un pouvoir religieux.

En 1198, le shogun force Go-Toba, âgé de 18 ans, à abdiquer. Deux des fils de Go-Toba lui succèdent sur le trône mais sont chacun à leur tour forcés d'abdiquer. Go-Toba règne en tant qu'empereur retiré de 1198 à 1221 pendant le règne de trois empereurs mais son pouvoir est plus limité que celui des empereurs retirés de l'époque Heian.

À la mort de Yoritomo en 1199, Go-Toba, qui veut mettre fin au shôgunat de Kamakura et régner personnellement, commence à rassembler des troupes, et en 1221, il fait abdiquer son fils Juntoku en faveur du fils de ce dernier, Chūkyō, en préparation de ce qui sera plus tard appelé la révolte de Jōkyū. Les samouraïs des environs de Kyōto qui étaient contre le shôgunat le soutiennent, mais la plupart des samouraïs, particulièrement ceux du Kantō, choisissent le camp du shogun, avec le soutien de Masako Hōjō, la veuve de Yoritomo. Cette dernière persuade les samouraïs rassemblés à Kyōto que s'ils ne soutenaient pas le shôgunat, ils perdraient leur statut social et leurs privilèges, et que la cour et les kuge regagneraient leur pouvoir et leur influence. La rébellion de Go-Toba est alors vaincue et Chūkyō est remplacé sur le trône par Go-Horikawa, un neveu de Go-Toba.

Après la rébellion, Go-Toba est exilé aux îles Oki, où il meurt et est enterré en 1239. Plus tard, une partie de son corps est enterrée à Ohara, à Kyōto.

Epouses et descendance:

  • Fujiwara no Ninshi (Takako), née 1174 + 1239, fille de Fujiwara (Kujo) Kanezane et de Fujiwara no Kenshi (Kaneko) ; présentée 17 II 1190 ; impératrice (chugu) 31 V 1190 ; titrée Gishumon In ; dont
    • Princesse Shoshi née 1195+ 14 XII 1211 ; titrée impératrice (kogo) honorifique 1208 ; titrée Shunkamon In en 1209
  • Minamoto no Zaishi (Ariko) née 1171 + 1257, fille du moine (Fujiwara) No’en et fille adoptive de Minamoto no Michichika ; impératrice douairière ; titrée Shomeimon In 9 II 1107; dont
    • premier fils : Prince Tamehito né 1195 (empereur Tsuchimikado)
  • Fujiwara no Choshi née 1182 + 1264, fille de Fujiwara (Takakura) no Norisue ; impératrice douairière ; titrée Shumeimon In en 1207 ; nonne en 1221 ; dont
    • troisième fils : Prince Morinari né 1197 (Juntoku)
    • quatrième fils : Prince Masanari, né 1200 + 1255
    • Prince Sonkai, né 1204+ 1246, prêtre du Enryaku ji
  • Une fille de Fujiwara (Bo’mon) no Nobukyo, surnommée Bomon no tsubone; dont
    • second fils : prince Nagahito né 1196 + 1249; 8e prêtre en chef du Ninna ji
    • seconde fille : Princesse Reishi née 1200 + 1273; princesse vestale de Kamo 1204-1212 ; titrée Kayomon In
    • cinquième fils : Prince Yorihito né 1201 + 1264
  • une fille de Minamoto no Nobuyasu, Hyoe no kami no Tsubone
    • Princesse Shukushi née 1196, princesse vestale d’Ise 1199-1210
  • une fille du Prince (O) Nakasuke, descendant de l’empereur Kazan, dont
    • princesse née 1202 + VIII 1207
  • Ishi, dame de la cour, surnommée Tamba no Tsubone,
    • Princesse Kishi (Hiroko) née 1205 ; princesse vestale d’Ise 1215-1221
  • Taki, dame de la cour
    • Prince Kakunin, né 1198 + 1266, prêtre chef de Onjo ji
  • une fille du prêtre Kensei, surnommée Owari no Tsubone
    • Prince Dokaku, né 1204 + 1250 prêtre chef du Enryaku ji
  • une fille de Fujiwara no Sadayoshi, surnommée Omiya no Tsubone
    • Prince Sonen né 1207 + 1231 prêtre chef du Miidera
    • Gyoetsu, prêtre au Enryaku ji
  • dame de la cour surnommée Shonagon no Suke
    • Doshu, prêtre
  • Himehoshi, dame de la cour
    • Kakuyo, prêtre
    • Doi prêtre au Onjo ji
    • Doen, prêtre au Ninna ji

Culture[modifier | modifier le code]

Go-Toba a eu une grande influence sur la culture japonaise de l'époque, s'intéressant à tous ses aspects, des combats de coqs aux arts en passant par les techniques d'artisanat.

Ce serait à lui que l'on doit le fait d'avoir utilisé comme insigne héraldique (ou mon), le chrysanthème (kiku) à seize pétales (kikukamonshō ou kikkamonshō 菊花紋章), fleur qui aimait beaucoup, et qui fut reprise par ses successeurs comme emblème de famille impérial (d'où le nom de Trône du chrysanthème fréquemment utilisé dans ce sens). Le « chrysanthème à seize pétales » deviendra Sceau Impérial du Japon en 1869 lors de la restauration Meiji.

Il était ainsi un grand amateur des sabres, et fit venir au fil des années un grand nombre de forgerons de sabres à sa cour, leur donnant des titres honorifiques et les invitant à lui apprendre leur art. Il devint ainsi lui-même un forgeron respectable, et son patronage donne lieu à l'âge d'or de la fabrication de sabres au Japon. Sa contribution à cet art est toujours tenue en grande estime, et encore actuellement une tradition veut qu'il soit le premier facteur de sabres dont on parle dans la littérature idoine.

Go-Toba avait de nombreux autres centres d'intérêts, et il a notamment écrit un traité sur le kemari, Ommari no Ki (« Chronique du jeu de balle »), et un sur la musique, Ombiwa-awase (« Concours de Biwa »).

Son domaine de prédilection, cependant, était la poésie. Il créa un « bureau de poésie » (和歌所, waka-dokoro) en 1201 et lui commanda la compilation du Shin Kokinshū (« Nouvelle anthologie de waka anciens et modernes »). 34 de ses poèmes furent inclus dans cette anthologie, et plus de 200 autres dans divers recueils. L'un d'entre eux sera choisi par Fujiwara no Teika en tant que 99e poème de l'anthologie Ogura Hyakunin Isshu. Go-Toba organisa également de nombreuses concours de waka (utaawase).

Ères de son règne[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Source de la traduction[modifier | modifier le code]