Histoire de Taïwan

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.L'Histoire de Taïwan remonte à la Préhistoire, vers 30 000 ans av. J.-C. (homme de Zuozhen). Il y a environ 18 000 ans, la fonte des glaces sépare cette petite chaîne de montagnes du continent et en fait l'île de Taïwan. Différents groupes proto-Austronésiens, ancêtres des actuels Aborigènes, s'y installent à partir de 6 000 av. J.-C. Des archives de la Chine ancienne indiquent que les Hans auraient eu connaissance de l'existence de Taïwan depuis l'époque des Trois Royaumes de Chine (IIIe siècle) ; cependant, cette hypothèse est difficile à valider car les noms donnés aux îles au large de la Chine diffèrent d'une dynastie à l'autre, et aucun n'est directement raccordable à Taïwan.

Remarquée par des marins portugais qui lui donnent le nom de Formose (formosa, « belle ») sous lequel elle sera connue en Occident jusqu'au XXe siècle, Taïwan est confrontée réellement au monde extérieur au XVIIe siècle, lorsque les Hollandais colonisent une partie de l’île, christianisent une partie de la population aborigène et créent une écriture pour le siraya (langue aborigène qui était parlée dans la région de Tainan). Ils en seront chassés par Koxinga, un loyaliste Ming hostile à la dynastie Qing. En 1683, les Mandchous (dynastie Qing) prennent le contrôle de l'île et mettent fin au règne des Zheng. Après sa défaite face au Japon en 1895, la Chine signe le Traité de Shimonoseki par lequel elle doit céder Taïwan à l'Empire du Japon. Cette colonisation s'accompagne d'une certaine ségrégation, mais également d'une japonisation-assimilation de la population, et de l'industrialisation de l'île. Lors de la défaite de 1945, le Japon remet Taïwan à l'ONU, qui en confie la stabilisation à la République de Chine. En 1949-1950, les nationalistes chassés du continent s'y établissent avec deux millions de Chinois, en majorité des troupes, avec l'ambition de reprendre le continent aux communistes. Ils imposent un régime de parti unique (Kuo-min-tan) et l'état d'urgence, et poursuivent l'industrialisation de l'île. La démocratisation démarre dans les années 1970 et progresse tandis que le pays rejoint bientôt le groupe des « pays développés ». Dans les années 1990, la démocratisation atteint un état avancé et le débat politique se polarise autour de la question de l'indépendance.

Taïwan est un géant économique, le tout premier des « quatre dragons » asiatiques, devant la Corée du Sud, Hong Kong et Singapour[1].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Homme de Zuozhen

Les plus vieux restes humains retrouvés sur l'île remontent à 30 000 ans et constituent l'Homme de Zuozhen (左鎮人) venant de Kaohsiung. Cependant les premiers habitants ne sont pas reliés génétiquement aux populations austronésiennes actuelles de l'île.

On trouve de nombreux sites archéologiques à Taïwan. La culture la plus ancienne sur l'île est la culture de Changbin. Cette culture est une culture de l'âge de pierre, elle remonte à plus de 15 000 ans et aurait duré jusqu'à il y a 5 000 ans.

D’autres cultures ont également existé, comme la culture de Dabenken (Ta-Peng-Keng : 大坌坑) qui est une culture du Néolithique et dont on trouve des traces dans le nord, dans le sud de l’île, ainsi que dans les îles Penghu (îles Pescadores). Elle est aussi appelée « culture de la poterie cordée », car les poteries trouvées portent des motifs cordés. Dans le bassin de Taipei on trouve les restes de la culture de Yuanshan (圓山), de -5 000 au début de l'ère chrétienne. Sur les squelettes retrouvés on constate que les gens de cette culture pratiquaient l’extraction dentaire, cette coutume était encore pratiquée par certains groupes aborigènes actuels au début du XXe siècle.

Monolithe à Beinan

À la fin du Néolithique, deux cultures coexistent dans l'est de Taïwan: la culture de Beinan et la culture de Qilin ( 麒麟 ). Ces deux cultures sont caractérisées par l'utilisation de dalle en pierre. La culture de Beinan (卑南鄉) utilise ces dalles pour en faire des cercueils, et la culture de Qilin (麒麟)en tant que mégalithes. La coutume de l’extraction dentaire était aussi pratiquée au sein de cette population.

Les cultures de l'île de Taïwan n'entrent que tardivement à l’âge du fer. On retrouve plusieurs traces de différentes cultures de cette époque. Comme la culture de Shisanhang (十三行) dans le Nord de l’île, on y a retrouvé de nombreux outils en fer. À la même époque on trouve également d’autres cultures de l’âge de fer, la culture de Fanziyuan au centre de l’île près de la côte, la culture Niaosong (鳥松) au Sud ou la culture Jingpu sur la côte Est. Cependant il est difficile d'établir des liens directs entre ces cultures et les groupes aborigènes actuels

Les Austronésiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aborigènes de Taïwan.

Il y a 5 000 ans (3000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Ce sont les ancêtres des actuels aborigènes taïwanais, dont les langues font partie de la famille austronésienne.

La colonisation hollandaise et espagnole[modifier | modifier le code]

Les premiers contacts avec les Européens eurent lieu au XVIe siècle lorsqu'un vaisseau portugais repéra l'île et la surnomma Ilha Formosa, soit « belle île » en portugais.

Les Portugais ne firent aucune tentative de colonisation.

Seul le Japon s’intéressa à Taïwan à la fin du XVIe siècle et début XVIIe siècle. Hideyoshi Toyotomi premièrement en 1593 puis le Shogunat Tokugawa essaya par deux fois de mener des expéditions vers Taïwan en 1609 et 1616, ces expéditions furent des échecs dus à la résistance des aborigènes. La politique isolationniste met fin aux idées expansionnistes.

Formose et les Pescadores/ Johannes Vingboons/ ca.1640/ Nationaal Archief, Den Haag

Les Hollandais cherchant à établir un poste avancé pour commercer avec la Chine et le Japon et ainsi mettre fin au monopole qu’entretenaient les Portugais et Espagnols [2], établirent une base dans les îles Pescadores en 1622.

Forcés par les troupes chinoises, ils durent se retirer et partir s’installer à Tayouan (Anping dans l'actuel ville de Tainan) en 1624, où ils construiront le Fort Zeelandia.

Les Hollandais de la Compagnie des Indes (VOC) colonisèrent l’île jusqu’en 1662, ils en seront chassés par Koxinga.

Les Hollandais ne voulaient au départ utiliser leur implantation à Taïwan que comme une simple base pour le commerce entre la Chine et le Japon.

Par la suite, afin de se préserver des attaques éventuelles venant des aborigènes ou des autres puissances coloniales rivales, et aussi pour rendre leur colonie autonome, les Hollandais décidèrent d'asseoir leur domination par des moyens militaires mais également en développant le potentiel agricole et commercial de l’île[3].

Pour étendre leur influence sur les populations aborigènes et ainsi contrôler les éventuelles révoltes, ils les évangélisèrent.

Des traductions en langue siraya de textes religieux sous forme romanisée furent réalisés à des fins d'évangélisation.

Des écoles furent construites, et l’usage de cette écriture fut enseigné aux aborigènes.

Bien qu’elle ne fut pas normalisée dans son orthographe, l’utilisation de cette écriture restera en usage encore jusqu’au XIXe siècle, mais peu de documents existent actuellement écrits dans cette langue.

Les Hollandais incitèrent les paysans de la province chinoise du Fujian à migrer à Taïwan afin de cultiver les terres qu’ils considéraient faiblement exploitées par les populations aborigènes.

À ce développement agricole de l’île et les énormes revenus que retirait la Compagnie de Indes de cette activité, il faut ajouter une somme de taxes qui touchaient tous les domaines et qui augmentait considérablement leur revenu.

La Compagnie des Indes imposa de nombreuses taxes, comme sur le commerce de peau de daim qui était très fructueux, le droit de pêche, etc. La domination des Hollandais ne commence réellement qu’à partir de 1635.

En août de cette année des renforts arrivèrent et furent dans les mois qui suivirent mis à contribution.

Les Hollandais se lancèrent dans des expéditions militaires pour soumettre les divers villages aborigènes et ainsi imposer leur domination aux Aborigènes. Ces expéditions furent des succès si bien que même des villages qui n’avaient jamais été en contactent avec les Hollandais demandèrent la paix.

D’autres expéditions auront également lieu au début des années 1640, qui permit d’étendre l’influence hollandaise dans le centre de l’île ainsi que d’expulser les Espagnols.

Les Espagnols en effet, préoccupés par l’installation des Hollandais à Taïwan et la menace que cela représentait pour leur commerce avec la Chine et le Japon, décidèrent également de s'installer à Taïwan mais dans le Nord de l'île.

Ils débarquent près de Keelung en 1626 avec à leurs têtes Antonio Carrendo de Vales. Ils construiront également deux forts, l’un à Keelung (Fort San Salvador) et l'autre à Tamsui (Fort Santo Domingo).

Ils n’arriveront jamais à étendre leur influence dans l’île et en seront finalement expulsés par les Hollandais en 1642. La colonisation hollandaise eue un certain impact sur les populations aborigènes qui vécurent à leur contact, surtout dans le Sud-Ouest et notamment sur les Siraya.

Les Espagnols quant à eux, à cause de leur courte présence sur l’île et de leur incapacité à pouvoir étendre leur influence, n’eurent aucune influence sur la vie des Aborigènes. L’arrivée de Koxinga aura beaucoup plus d’impact sur la vie des populations aborigènes. De même l’arrivée de plus en plus importante de Chinois à partir de cette époque aura des conséquences dramatiques sur la vie des aborigènes.

Koxinga et le royaume de Tungning[modifier | modifier le code]

Statue de Koxinga à Tainan

En avril 1661 une flotte menée par Zheng Chenggong (Koxinga), un loyaliste Ming, débarqua sur l’île de Taïwan avec 25 000 hommes pour en expulser les Hollandais, en faire une base arrière et ainsi repartir à la reconquête de la Chine et en chasser les Mandchous.

Après 9 mois de siège en 1662, les Hollandais capitulèrent et partirent de Taïwan[4]. Koxinga fit du Fort Zeelandia son palais et son quartier général, il renomma l’endroit Anping. Koxinga mourut 4 mois après le 23 juin 1662, et son fils Zheng Jing lui succéda.

Les Zheng incitèrent à la mise en valeur des terres: Zheng Jing (鄭經) continuera la politique de son père de défrichement des terres. Il renforcera les défenses de l’île pour se prémunir d’une attaque des Qing et lancera certaines attaques contre les côtes chinoises. Zheng Jing meurt en 1682 et son fils Zheng Keshuang lui succède au trône, il n’a que 12 ans.

Le gouvernement établi par les Zheng fut extrêmement sévère et très militarisé et de lourdes taxes furent imposées, la mainmise sur la population chinoise fut totale. Cette dernière ne se révolta pas, seul les aborigènes se révoltèrent à quelques reprises. Durant le règne des Zheng la migration de population chinoise continua malgré l’interdiction faite par les Mandchous de traverser le détroit.

Taïwan sous la dynastie Qing[modifier | modifier le code]

Liu Mingchuan, premier gouverneur de Taïwan
Aborigène taïwanais, habillée avec une fourrure de Léopard, vers 1900

Les Mandchous décident en 1683 de passer à l’attaque. En juin 1683, les Qing envoient une force militaire contre les Zheng, cette force militaire commandée par l’amiral Shi Lang débarque d’abord aux Pescadores. Les Zheng ne fuiront pas bien que l’idée de fuir à Luzon fut émise. Ils se rendront aux Qing: ainsi prend fin le règne des Zheng.

Migration vers Taïwan[modifier | modifier le code]

Cette expédition n’avait pas pour but de coloniser ou d’annexer Taïwan mais de faire chuter la dynastie des Zheng qui représentait une menace pour l’empire. L’empereur Kangxi estimait que Taïwan était une terre sans importance, (彈丸之地。得之無所加,不得無所損). Cependant l’île sera finalement annexée à l’empire, idée qui avait été soutenu par Shi Lang en personne. De nombreux chinois habitant Taïwan seront rapatriés sur le continent, essentiellement les soldats des Zheng (40 000), et de nombreux hommes qui n’avaient pas de famille[5].

Le gouvernement Qing interdira au début la migration vers Taïwan. L’interdiction de migrer vers Taïwan fut levée et restaurée à plusieurs reprises. Malgré les interdictions, cette migration ne cessa jamais et les migrants, en grande majorité des hommes seuls, continuaient à traverser le détroit dans l’espoir d’une vie meilleure.

En 1760 l’interdiction fut définitivement levée et de nombreux migrants vinrent à Taïwan pour tenter leurs chances d’une vie meilleure, car une poussée démographie se faisait sentir en Chine[6]. La population chinoise passe de 120 000 à l’époque des Zheng à plus de deux millions en 1810[7].

Politique aborigène[modifier | modifier le code]

L’arrivée de plus en plus nombreuse de population chinoise, mit de plus en plus de pression sur les populations aborigènes qui durent migrer ou s’assimiler[8].

Pour éviter des conflits et la spoliation des aborigènes de leurs terres par les migrants chinois qui cherchaient de nouvelles terres, le gouvernement mit en place un système de location des terres aborigènes par les paysans chinois.

Les migrants chinois cherchant de plus en plus de terres à exploiter, en vinrent à s’aventurer à l’intérieur des terres et donc à rentrer en conflit avec les « aborigènes des montagnes ».

Pour éviter ces conflits, le gouvernement Qing établie une frontière qui séparait les montagnes des plaines.

En 1739 il fut interdit aux Chinois de traverser cette frontière, cette interdiction fut maintenue jusqu’en 1875[9] où les autorités levèrent l’interdiction dans le but de coloniser les montagnes et de pouvoir exploiter les ressources naturelles.

Conflits et révoltes[modifier | modifier le code]

De nombreux conflits éclateront entre les migrants chinois des diverses provinces : les migrants se regroupant par lien à leur terres d’origine, des conflits éclataient entre Hakka contre Hokklo, etc.

Taïwan fut également le théâtre d’affrontements entre le gouvernement Qing et les puissances étrangères.

En 1840 Keelung fut envahie par les Britanniques durant la guerre de l’opium.

En 1871 un navire des îles Ryukyus s’échoue sur la cote Sud-Est de Taïwan et 54 membres de son équipage furent tués par les aborigènes du village de Mutan (牡丹社),

Le gouvernement japonais trouva dans cet incident l’occasion de faire valoir ses droits sur les Ryukyus ainsi que de mener une expédition vers Taïwan sur laquelle il avait des visées expansionniste.

Les Japonais envoyèrent une force expéditionnaire en 1874, elle comprenait 2000 hommes.

Ils affrontèrent les Aborigènes, il y eut 30 pertes du côté des Paiwan et 543 côté japonais dont seulement 12 tués au combat, les autres étant morts de maladie. Les Japonais finirent par se replier sans doute car les Qing envoyèrent des troupes en renfort (9000 soldats).

En 1884 les Français attaquèrent le Nord de Taïwan pendant la Guerre franco-chinoise. À cause de ce dernier évènement le gouvernement Qing décide la construction d’une série de défenses côtières.

Le 12 octobre 1885 Taïwan devient une province chinoise et Liu Mingchuan (劉銘傳) le premier gouverneur de Taïwan.

Modernisation de Taïwan[modifier | modifier le code]

Liu Mingchuan (劉銘傳) tente de moderniser Taïwan. Il fera construire un chemin de fer entre Taipei et Hsinchu, ouvre une mine à Keelung et développe les défenses de Taïwan pour se prémunir d’attaques étrangères.

Taïwan sous domination japonaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Taïwan sous domination japonaise.

Annexion à l'Empire du Japon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre sino-japonaise (1894-1895).

Après la défaite face à l'Empire du Japon en 1895, les Qing cèdent Taïwan et les îles Pescadores au Japon à perpétuité le 17 avril 1895, selon les termes du Traité de Shimonoseki[10].Les termes du traité laisse une période de grâce pour les sujets han leur permettant de vendre leurs biens et retourner sur le continent.

La République de Taïwan[modifier | modifier le code]

Drapeau de la République de Taïwan

Afin de résister à l’occupation japonaise, les notables taïwanais créent la République de Taïwan[11] le 23 mai 1895, le but étant de recevoir de l’aide venant de l’étranger pour contrer l’arrivée des Japonais. La capitale est installée à Tainan et Tang Jingsong en devient le Président. Bien qu'indépendante, la jeune République reconnait la suzeraineté chinoise. Les troupes japonaises débarquent près de Keelung le 29 mai et prennent Taipei, Tang Jingsong s’enfuit et Liu Yongfu qui dirigeait l’armée lui succède[12]. L’armée impériale japonaise se dirige vers le sud et Tainan tombe en octobre, Liu Yongfu s’enfuit à son tour le 20 octobre. La république n’aura duré que 5 mois.

Après la République de Taïwan[modifier | modifier le code]

La colonisation japonaise doit faire face à de nombreuses révoltes. Les premières années, la pacification de Taïwan engloutit 90 % du budget de la colonie.[réf. nécessaire]

Le gouvernement colonial met en place une politique agricole afin d’améliorer la production et de tirer des profits des exportations. Les techniques agricoles et les techniques d’irrigation sont améliorées. Une réforme agraire distribue des terres aux paysans. La surface cultivée est ainsi doublée et les rendements triplés.

L'occupation contribue significativement à l'industrialisation de l'île : entre autres, un réseau de voies ferrées, un système d'assainissement et un système d'éducation publique sont mis en place.

Avec le déclenchement de la guerre sino-japonaise en 1937, l'empire du Japon initie une politique d'assimilation sociale et culturelle (kōminka) sur toute l'île pour raffermir les liens entre l'île et la nouvelle mère patrie. L'usage de la langue et l'adoption de noms nippons sont encouragés par des mesures répressives et l'enregistrement à un sanctuaire shintō de même que le culte de l'empereur Shōwa sont déclarés obligatoires. L'élite taïwanaise porte les costumes d'apparat japonais.

Banque de Taïwan

À la suite de la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, selon les termes de l'« instrument japonais de reddition », le Japon accepta a priori la déclaration de la Conférence de Potsdam qui référençait la déclaration du Caire selon laquelle l'île devait être liberée des forces niponnes.

Les troupes de la République de Chine arrivèrent sur l'île pour accepter la reddition des forces militaires japonaises lors de l'ordre général no 1 émis par le général Douglas MacArthur le , puis furent transportées à Keelung par la marine américaine.

Archipel de Taïwan sous la République de Chine[modifier | modifier le code]

En 1945 lorsque la guerre prend fin le retour à la « mère patrie » est accueilli comme une libération. Mais les Taïwanais sont vite déçus de l’arrivée de ces congénères continentaux, qui se comportent comme en territoire conquis, écartant de l’administration les Taïwanais et s’accaparant les richesses de l’île.

Les «Taïwanais de souche »[13] furent frustrés de la réunification.

C'est un véritable « choc culturel » entre les Chinois venus du continent et les Taïwanais qui avaient vécu sous administration japonaise durant cinquante ans.

Les ressources de l’île sont utilisées afin de mener la guerre contre les communistes sur le continent. La situation économique de Taïwan se détériore, accentuant la rancœur des Taïwanais contre les autorités nationalistes.

Le 28 février 1947 éclatent des émeutes contre le gouvernement en place (évènements du 28 février, 二二八事件 ou incident 228). Ces manifestations sont réprimées dans le sang par les troupes nationalistes. La « terreur blanche » s’abat sur Taïwan, elle durera pendant des décennies, de nombreuses personnes seront tuées ou arrêtées. L’élite intellectuelle taïwanaise est décapitée. À partir de ce moment un mouvement indépendantiste se développe.

En 1949 Tchang Kaï-chek se réfugie à Taïwan, les communistes ayant gagné sur le continent, la République de Chine ne contrôlera plus que l’île de Taïwan et certaines autres petites îles.

En mai 1949 la loi martiale est déclarée. Tchang Kaï-chek (蔣介石) contrôle Taïwan d'une main de fer, et toute opposition est réprimée. Malgré sa défaite sur le continent Tchang Kaï-chek continue de revendiquer l’autorité sur tout le territoire chinois. Le parti politique du K.M.T.Kuo-min-tan prône la sinisation de Taïwan, le mandarin est imposé comme langue officielle. Cette sinisation à marche forcée est un choc non seulement pour les « Taïwanais de souche » pourtant chinois d’origine, mais aussi pour les aborigènes dont la culture finit quasiment par disparaître. Après sa défaite sur le continent Tchang Kaï-chek se retrouve seul, les États-Unis arrêtant tout appui au régime de la République de Chine.

La guerre de Corée qui éclate en 1950 est un salut pour le régime de Tchang Kaï-chek. En effet l’Armée populaire de libération (中國人民解放軍) se préparait à envahir Taïwan, Harry S. Truman décide de défendre Taïwan contre une invasion des troupes communistes. La 7e flotte américaine croise au large de Taïwan.

En 1954 les accords de défense mutuelle sont signés[14] et des troupes américaines stationneront à Taïwan.

Le 25 octobre 1971 et après le refus de Tchang Kaï-chek d'accepter une deuxième Chine (la Chine Populaire), les membres de L’ONU votent l’entrée de la République populaire de Chine à l’ONU. La Résolution 2758 expulse les représentants de Tchang Kaï-chek à l’ONU, mais ne mentionne pas le nom de République de Chine. La République populaire de Chine devient le seul représentant de la Chine à l’ONU.

En 1975 Tchang Kaï-chek meurt et en 1978 son fils Chiang Ching-kuo lui succède à la tête du pays et du Kuomintang. L’arrivée de Chiang Ching-kuo entraîne une participation accrue des Taïwanais et une période d'ouverture.

En 1979 les États-Unis lient des relations diplomatiques avec la Chine et ferment par conséquent toutes relations diplomatiques avec la République de Chine. Les accords de défense mutuelle sont abolis et les bases américaines à Taïwan sont fermées. En contrepartie le congrès américain vote en 1979 le "Taiwan Relation Act", une loi qui authorise les États-Unis d'accorder de l'aide militaire pour la défense de Taiwan. http://www.taiwandocuments.org/tra01.htm

En 1987 la loi martiale fut levée et les habitants de Taïwan sont autorisés à visiter la République populaire de Chine.

L’année suivante Chiang Ching-kuo meurt. La taïwanisation de la République de Chine à Taïwan se fera durant les années 90 sous le gouvernement de Lee Teng-hui. Lee Teng-hui ( 李登輝 ) mettra fin à l’état de guerre en 1991.

En 1995 Lee Teng-hui effectue une visite à titre « privé » aux États-Unis. Cette visite donnera lieu à la « crise des missiles », suite aux déclarations de Lee Teng-Hui.

Durant l'été 1995 et en mars 1996 l’APL effectue des tirs de missiles près des côtes de Taïwan dans le but d’influencer les partisans indépendantistes.

Les États-Unis réagissent à ces tirs de missiles en envoyant deux porte-avions et leurs escadres, ce qui mettra fin à cette crise.

C’est dans cette atmosphère que se déroulent les premières élections au suffrage universel direct et qui voient la victoire de Lee Teng-Hui.

En 1999 Lee Teng-hui, déclara que les relations entre la Chine et Taïwan étaient des « relations spéciales d’État à État», cette déclaration souleva des protestations à Pékin et l’administration Clinton déclara même que Lee Teng-hui était un trouble-fête [15]

Le statut de Taïwan est sous tension avec la Chine :

La nouvelle approche taïwanaise de ses relations avec la Chine populaire et ses répercussions http://www.cefc.com.hk/rubrique.php?id=73. L'année suivante la RPC édite un Livre blanc qui dit qu'une déclaration d'indépendance de Taïwan ainsi que le refus sine die des négociations en vue de la réunification, sont des casus belli.

Les élections présidentielles qui se déroulent cette année-là (2000), voient la victoire de Chen Shui-bian (陳水扁), candidat parti démocrate progressiste (PDP) Min-jin-tan (民進黨). Il sera réélu en 2004 après une élection très serrée. Pendant ses mandats, un courant de pro-localisation se fait sentir sur Taiwan. À part le chinois mandarin, le taiwanais et des langues aborigènes peuvent désormais être enseignées à l'école. Le Parlement étant toujours dominé par le parti de l'opposition Kuo-min-tan (KMT), la loi sur l'initiation des réferendums se fait voter, mais elle est souvent qualifiée comme «une cage d'oiseau»: l'initiation d'un réferendum exige un très grand nombre de signatures en plusieurs stades. Le vote final nécessite la participation du 50% des electeurs ainsi que l'approbation du sujet par le 50% de ceux qui ont voté. Par conséquent, aucun des réferendums initiés n'est pas passé. Par ailleurs au niveau international, Chen Shui-bian a proposé «un pays de chaque côté du détroit de Taiwan», mais il a subi le déni des authorités Chinoises.

En mars 2008, Ma Ying-jeou (馬英九), candidat du Kuo-min-tan (中國國民黨) et partisan du rapprochement avec Pékin est élu à la présidence de la République. Il a largement favorisé les échanges culturelles, touristiques et économiques entre Taiwan et la Chine. Lors de son investiture il a promis aux taiwanais la non unification avec la Chine, la non « indépendance » et la non utilisation de la force militaire.

Ma Ying-jeou (馬英九) est réélu le 14 janvier 2012 pour un second mandat et son parti, le Kuo-min-tan, prend 64 des 113 sièges du parlement lors des législatives qui ont eu lieu simultanément[16].

En 2013, la côte du Président Ma est passée sous le seuil de 20%. Sa politique de rapprochement avec la Chine s'est faite vivement critiquer par les taiwanais qui se doutent d'un chemin tracé sans retour. Les prochaines élections à Taiwan sont municipales et auront lieu en décembre 2014.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. GEO no 400 de juin 2012 p. 37
  2. John Robert Shepherd, Statecraft and Political Economy on the Taiwan Frontier 1600-1800, SMC Publishing inc, p. 47
  3. John Robert Shepherd, Statecraft and Political Economy on the Taiwan Frontier 1600-1800, SMC Publishing inc, p. 49-50
  4. traité entre Zheng Chenggong et le gouverneur hollandais [lire en ligne]
  5. John Robert Shepherd, Statecraft and Political Economy on the Taiwan Frontier 1600-1800,SMC Publishing inc, p. 106
  6. La population chinoise double au XVIIIe siècle
  7. Josiane Cauquelin, Les sociétés austronésiennes, Taïwan une enquête sur une identité, 2000, p. 94-95
  8. Wang I-Shou, Cultural contact and the migration of Taiwan's Aborigenes : A historical perspective, China's island frontier, Ronald G.Knapp, SMC publishing inc. p. 39
  9. Wang I-Shou, Cultural contact and the migration of Taiwan's Aborigenes : A historical perspective, China's island frontier, Ronald G.Knapp, SMC publishing inc. p. 41
  10. texte du traité [lire en ligne]
  11. Ou République de Formose
  12. Pour certains historiens, Liu aurait succédé à Tang comme chef du gouvernement et non comme président.
  13. Par « Taïwanais de souche » on entend communément, les Chinois qui vivaient déjà à Taïwan lors de l’occupation japonaise, par opposition aux continentaux, généralement parlant le mandarin, qui sont arrivés après 1945
  14. texte du traité [lire en ligne]
  15. J.P. Cabestan, Recrudescence de tension « d’État à État » dans le détroit de Formose.
  16. (fr) Ma Ying-jeou réélu à la présidence taiwanaise, le 15 janvier 2012, sur Contrepoints.org

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James W.Davidson, The Iland of Formosa Past and Present, SMC Publishing inc., 1903
  • WM.Campbell, Formosa under the dutch, SMC Publishing inc., London 1903, ISBN 957-638-083-9
  • John Robert Shepherd, Statecraft and Political Economy on the Taiwan Frontier 1600-1800, SMC Publishing inc., Taipei 1995, ISBN 957-638-311-0
  • Histoire de Taïwan, Lee Hsiao-Feng (p.: Li Xiao-feng),  éd. L'Harmattan, collection « Point sur l'Asie », 2005.
  • Claude Geoffroy, Le mouvement indépendantiste taïwanais, ses origines et son développement depuis 1945, L'Harmattan, ISBN 273845593X
  • Samia Ferhat-Dana, Le dangwai et la démocratie à Taïwan, une lutte pour la reconnaissance de l'entité politique taïwanaise (1949-1986), L'Harmattan, ISBN 2738469310
  • Jacinta Ho Kang-mei et Pierre Mallet, Lee Teng-hui et la "révolution tranquille" de Taïwan, L'Harmattan 2005, ISBN 2747590127
  • Taïwan : Enquête sur une identité, ed. Karthala, Collection dirigée par Jean Copans.
  • Chantal Zheng, Les européens aux portes de la Chine : L'exemple de Formose au XIXe siècle, Publications de l'Université de Provence, 1998, ISBN 285399421X
  • Chantal Zheng, Les Austronésiens de Taïwan : À travers les sources chinoises, L'Harmattan 1995, Collection "Recherches asiatiques", ISBN 2738434797
  • Stephane Ferrero, Formose vue par un marin français du XIXe siècle, l'Harmattan 2006, ISBN 2747594157

Liens externes[modifier | modifier le code]

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