Gouvernement fantoche
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Gouvernement fantoche, État fantoche ou régime fantoche sont des expressions péjoratives pour un gouvernement lequel — bien que nominalement de son peuple — doit son existence à un pouvoir plus puissant, le plus souvent étranger, qui lui dicte son action.
Le terme est partisan et enclin à des disputes sémantiques, utilisé presque exclusivement par les détracteurs de ces gouvernements, qu'ils soient ou non la majorité des citoyens, affecte la caractérisation de la connaissance, ou objet de ce genre de gouvernement. Souvent un gouvernement fantoche proclamé a en contrepartie un gouvernement rival qui utilise le terme gouvernement fantoche pour en affaiblir la légitimité. Aussi souvent sous-entendu est le manque de légitimité dudit gouvernement, dans l'esprit de ceux qui utilisent ce mot.
Par exemple, les gouvernements de la Corée du Sud et de la Corée du Nord ont chacun à travers leur histoire souvent utilisé la rhétorique selon laquelle ils étaient en fait le seul pouvoir authentique de la péninsule, et que l'autre gouvernement était un régime fantoche des deux super-puissances mondiales.
Le cas du régime castriste à Cuba montre à l'inverse qu'une aide massive d'un pays étranger à un gouvernement en place n'en fait pas une simple marionnette, une survie s'étant avérée possible malgré l'arrêt de cette aide.
Autres exemples d'États et gouvernements quelquefois qualifiés de gouvernement fantoche (dans l'ordre chronologique) :
- Panamá, détaché de la Colombie par les États-Unis en 1903 pour creuser et contrôler le Canal de Panamá ;
- Le Mandchoukouo, installé dans le nord de la Chine par le Japon dans les années 1930 ;
- Le gouvernement collaborateur de Nankin. Ce dernier régime fut créé en 1940 avec le soutien du Japon durant la guerre sino-japonaise pour assumer nominalement l'autorité sur l'ensemble de la Chine, à l'exception du Mandchoukouo (voir également gouvernements collaborateurs chinois) ;
- Les différents États qui, outre la République d'Indonésie, constituaient la République des États-Unis d'Indonésie (27 décembre 1949-17 août 1950) ;
- la plupart des États satellites de l'Union soviétique derrière le Rideau de fer dans l'Europe de l'après-guerre ;
- la Junte militaire au pouvoir en Grèce entre 1967 et 1974, soutenue par les États-Unis ;
- La République turque de Chypre du Nord (sur le territoire occupé en 1974) ;
- la République démocratique du peuple d'Éthiopie de Mengistu, soutenue par l'Union soviétique (1975-1990) ;
- la République démocratique d'Afghanistan, contrôlée par l'Union soviétique (1979-1990) ;
- le Cambodge (envahi par le Viêt Nam en 1979) ;
- de nombreuses dictatures militaires des Amériques centrale et du Sud, soutenues par les États-Unis ;
- le régime des Talibans en Afghanistan (contrôlé par le Pakistan avant 1998, puis par Al-Qaïda).
Les gouvernements qui prennent le pouvoir après une intervention militaire étrangère, ou sa menace, sont souvent accusés par leurs opposants d'en être par exemple celui de Hamid Karzai en Afghanistan post-Taliban ou celui de Diem au Sud Viêt Nam, soutenu par les États-Unis. Ces accusations sont fréquemment utilisées pour déstabiliser des gouvernements, encourageant et justifiant des coups d'État.
La plupart des régimes sous la domination de l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale furent et sont appelés comme cela par la littérature des Alliés, et en particulier :
- Belgique (1939-1945) - Le mouvement rexiste ;
- Slovaquie (1939-1944) - Le parti populiste ;
- France (1940-1944) - Le régime de Vichy de Philippe Pétain ;
- État indépendant de Croatie (1941-1945) - Les oustachis ;
- Norvège (1943-1945) - Vidkun Quisling ;
- Italie (1943-1945) - après le retrait par le gouvernement Badoglio de sa participation à l'Axe, la République sociale italienne.
[modifier] Note
L'expression gouvernement fantoche (puppet government en anglais) ne doit pas être confondue, en français, avec l'expression cabinet (ou gouvernement) fantôme (shadow cabinet, en anglais, souvent utilisé sans être traduit), qui désigne les membres d'un parti d'opposition se préparant à l'avance à un éventuel exercice de responsabilités gouvernementales. L'expression est courante concernant les systèmes politiques du Royaume-Uni ou du Canada, mais tend à être utilisée occasionnellement au sujet de formations politiques dans d'autres pays.

