Han (ethnie)

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Hans ( / , hàn)

Populations significatives par région
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1 207 541 842
Drapeau de la République de Chine Taïwan 22 545 365
Drapeau de Hong Kong Hong Kong 6 593 410
Drapeau de Macao Macao 433 651
Drapeau de Singapour Singapour 3 684 936
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 7 566 200
Population totale 1 310 158 851
Autres
Régions d’origine

Bassin du Fleuve Jaune

Langues

Langues chinoises : mandarin, yue, wu, hakka, minnan, minbei, minzhong, mindong, puxian, hokkien, xiang, gan

Religions

Majoritairement : athéisme (~600 millions), religion traditionnelle chinoise (~300 millions) (taoïsme et de confucianisme)[1], bouddhisme chinois Minoritairement : christianisme

Ethnies liées

Zhonghua minzu

Les Hans (chinois simplifié :  ; chinois traditionnel :  ; pinyin : hàn) constituent le peuple chinois « historique », issu de l’ancienne ethnie Huaxia. Celle-ci prend le nom Han à l'époque de la dynastie Han (206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.), et ce nom perdure depuis.

Présentement, le mot Han désigne les personnes parlant (zh) et ayant des origines de la region de Chine.

Définition[modifier | modifier le code]

C'est la principale ethnie présente en Chine : elle constitue environ 92 % de la population chinoise. L'ethnie han est également le plus grand groupe humain, et la plus grande ethnie du monde avec 1,3 milliard d'individus. Environ 90 % des Hans se trouvent en Chine, les autres se trouvant principalement en Asie du Sud-Est et en Amérique du Nord.

L'anthropologue Dru C. Gladney indique qu'il existe au sein même de la population han une diversité notamment dans les populations du Sud comme les Cantonais, les Hakkas ou les Mins du Sud du Fujian, des Chinois de Shantou qui sont pourtant actuellement classés parmi les Hans. Ainsi la majorité han est composée de locuteurs de huit langues différentes (mandarin, cantonais, wu, xiang, hakka, gan, min (min du Sud et min du Nord). Le mandarin est la langue officielle depuis le début du XXe siècle, mais son enseignement se fait à l’école et son usage est peu répandu au quotidien dans une partie de la Chine. La réussite économique du Sud de la Chine autorise les Chinois de ces territoires à exprimer et assumer leurs particularités politiques et culturelles après des décennies de rancœur vis-à-vis des contraintes imposées par Pékin[2].

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

En Chine continentale, en 2005, 90 % de la population est de l’ethnie Han, mais le pourcentage diminue graduellement chaque année[3] à cause de la politique gouvernementale de planification familiale, visant les seuls Hans. Le principe de cette politique est d’interdire aux familles d’avoir plus d’un enfant. La vitesse d'augmentation des minorités ethniques non chinoises est huit fois plus grande que celle de la population han. Les Hans occupent la façade Est de la Chine continentale : par exemple, en 2000, dans la province de Jiangsu, une province près de Shanghai, le pourcentage de Hans dépasse 99 % tandis qu'au Tibet historique, le pourcentage est de 34.5% en 2000[4]. À Taïwan, les Hans représentent 98 % de la population. À Hong Kong et Macao, ils représentent respectivement 95 % et 97 % de la population.

Un groupe de Hans à Londres

La diaspora chinoise est par ailleurs présente dans toute l'Asie. En dehors de la Chine, les Hans sont majoritaires à Singapour, où 3,4 millions d'individus représentent 77 % de la population du pays, et à Penang, en Malaisie, où ils représentent 56 % de la population. En Asie (hors Chine), ils représentaient, en 1998, près de 29 millions d'individus présents essentiellement en Indonésie et en Thaïlande, avec chacun 7,3 millions de Hans, ainsi qu’en Malaisie, avec sept millions. Au Viêt Nam, ils sont 2,3 millions, aux Philippines 1,5 million et en Birmanie 1,3 million. Dans chacun de ces pays ils représentent près de 3 % de la population totale.

En Amérique du Nord, ils sont, en 1998, près de quatre millions répartis entre le Canada (1,2 million) et les États-Unis (2,4 millions).

En Europe, du fait de la proximité géographique, la Russie abrite la communauté la plus importante avec 680 000 Chinois, suivie de la France avec 300 000 et de la Grande-Bretagne avec 247 000 Hans.

En Océanie, un demi-million de chinois sont présents, essentiellement en Australie. En Afrique, les 126 000 Chinois recensés en 1998 le sont essentiellement en Afrique du Sud avec 100 000 individus.

Histoire[modifier | modifier le code]

Environ 5000 ans av. J.-C., les ancêtres des Hans, appelés les Huaxia, se développent dans la région du Fleuve Jaune. Les Huaxia passent la période néolithique (où apparaissent la culture de Yangshao, la culture de Hemudu et celle de Majiabang), et connaissent successivement des sociétés de type matriarcal et patriarcal.

Environ 2700 ans av. J.-C., une grande tribu dont le nom de famille est 姬 (jī), dirigée par le chef Huangdi(黄帝 (littéralement « l’Empereur Jaune »), se trouve au centre de la province actuelle du Shaanxi. Plus au sud, réside une autre tribu dont le nom de famille est 姜 (jiāng), dirigée par Yandi (炎帝). Ces deux tribus ont souvent des frictions, et finalement une guerre a lieu à Banquan, qu’on appelle la bataille de Banquan. Huangdi gagne la guerre et ces deux grandes tribus deviennent alliées, conquérant d’autres petites tribus et surtout, une grande tribu souvent nommée Yi dont le chef s’appelle Chiyou (蚩尤). Ce dernier est considéré par quelques groupes ethniques actuels comme leur ancêtre.

Selon la légende, les ancêtres des Hans ont passé une longue période de communalisme. En 2100 av. J.-C., le communalisme cède la place à une société hiérarchique qui apparaît dans la région du fleuve Jaune. Après, apparaissent successivement les dynasties Xia, Shang, et Zhou. Le territoire occupé s’agrandit.

Sous les Zhou occidentaux, l’ethnie prend officiellement le nom de Huaxia, pour différencier les Hans des autres ethnies étrangères peu nombreuses.

Durant la Période des Printemps et des Automnes, ou Période de Chunqiu (770476 av. J.-C.), les différences entre la culture, la politesse, et le costume des Huaxia et des ethnies minoritaires s’accentuent. Les guerres entre les États sont fréquentes. Le Qin et le Chu deviennent les États les plus forts. Malgré les guerres, l’ethnie constituante des sept États est toujours constante. La tendance à l’unification apparaît.

Qin Shi Huang unifie la Chine en 221 av. J.-C. et fonde la dynastie Qin. Puis la dynastie Han remplace la dynastie Qin et gouverne la Chine pendant plus de 400 ans. Le territoire occupé par les Hans s’agrandit encore.

Durant la dynastie Jin, cinq tribus ethniques étrangères, dont les Huns, Xianbei, Jie, Qiang, et Di, envahissent la Chine. Beaucoup de Hans sont tués et une grande partie se déplace vers le sud. À l'époque de la dynastie Ming, la population du Sud de la Chine dépasse celle du Nord.

Après la dynastie Ming, les Mandchous envahissent la Chine. Cet événement n'est pas sans incidence sur les Hans, bien que les Mandchous ne bouleversent pas la majorité de leurs coutumes (ils intègreront d'ailleurs assez rapidement l'élite han à la cour mandchoue).

Parmi les changements les plus marquants, ces derniers sont forcés de changer leurs costumes et les hommes contraints de raser leurs cheveux sur le haut du crâne et de porter la natte mandchoue. Une grande partie des Hans refuse et plus de 80 millions de désobéissants sont tués. Les Mandchous interdisent aux Hans d’entrer dans les provinces du Nord-Est. La coutume du bandage des pieds des petites filles (ayant principalement cours dans les familles Han les plus aisées) se voit également marginalisée et déconseillée par le gouvernement Qing.

Après la fondation de la République populaire de Chine, les Hans peuvent cependant y entrer à nouveau. Depuis la dynastie Ming, certains Hans immigrent en Asie du Sud-Est. Après le XIXe siècle, certains immigrent en Europe et en Amérique du Nord.

Religion[modifier | modifier le code]

La culture chinoise a été longtemps caractérisé par pluralisme religieux. La religion populaire chinoise a toujours maintenu une profonde influence. Le confucianisme et le taoïsme sont à la fois une philosophie ou une religion, résultant dans une culture de tolérance et de syncrétisme où plusieurs religions ou systèmes de croyance sont souvent pratiquées de concert, avec les coutumes et les traditions locales. La culture chinoise Han a également été longtemps influencée par le bouddhisme, alors que dans les derniers siècles, christianisme a également pris pied dans la population.

Le confucianisme est une philosophie qui régit et code moral avec des éléments religieux, comme le culte des ancêtres, est profondément ancrée dans la culture chinoise et a été la philosophie officielle de l’État en Chine de la dynastie Han jusqu'à la chute de la Chine impériale au XXe siècle.

Le religion populaire chinoise est l'ensemble des traditions de culte des divinités ethniques du peuple Han. Elle implique le culte de différentes figures dans le mythologie chinoise, héros populaires tels que Guan Yu et Qu Yuan, créatures mythologiques comme le dragon chinois, ou de la famille, du clan et des ancêtres nationales. Ces pratiques varient de région à région, et ne caractérisent pas une religion organisée, bien que beaucoup des fêtes traditionnelles chinoises tels que la Fête des bateaux-dragons, Qingmingjie, et la Fête de la mi-automne proviennent de la plus populaire de ces traditions.

Le taoïsme, une religion indigène, est également largement pratiquée dans ses deux formes de la religion populaire et comme une religion organisée, et a influencé l'art chinois, la poésie, la philosophie, la médecine, l'astronomie, l'alchimie et la chimie, la cuisine, l'arts martiaux , et l'architecture. Le taoïsme est la religion d’État de la début de la dynastie Han, et aussi souvent apprécié sous les empereurs des dynasties ultérieures.

Le costume traditionnel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hanfu.

L’ethnie han possède son costume traditionnel, nommé hanfu. Le hanfu est l’un des plus vieux costumes traditionnels du monde. Il est apparu à l’époque de l’Empereur Jaune. En 1644, les soldats mandchous envahissent la Chine. Les Mandchous donnent l’ordre aux Hans de se couper les cheveux en style mandchou, appelé anciennement 'queue de rat’, et de ne plus porter leur costume traditionnel. Cet ordre provoque la colère des Hans dans le pays, et ils se révoltent plusieurs fois. Tous les Hans qui ne veulent pas se couper les cheveux et changer de costume sont tués, soit environ 80 millions d’individus. En 1683, les soldats mandchous entrent dans Taïwan, et ils y font la même chose. Le hanfu disparaît ainsi de la Chine pendant presque 360 ans.

Deux jeunes hommes hans habillés en hanfu, costume traditionnel des Hans

Les Tangzhuang et Qipao que l’on voit aujourd’hui ne sont pas de vrais costumes traditionnels chinois, mais plutôt des costumes mandchous occidentalisés. Certains Hans recommencent à porter leurs propres costumes traditionnels. Ce mouvement est apparu parmi la population aux alentours de 2005, le but étant la renaissance du hanfu, et de plus en plus de Hans s’y joignent. La plupart des Hans qui portent le hanfu sont relativement jeunes, entre 20 et 35 ans.

La langue, les dialectes et les écritures[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues chinoises.

Les langues chinoises parlées par les Hans appartiennent à la famille des langues sino-tibétaines. Elles comptent sept dialectes et deux écritures, la traditionnelle et la simplifiée. L’écriture traditionnelle existe depuis plus de deux mille ans ; l'écriture simplifiée a été inventée en 1956.

Les symboles des Hans[modifier | modifier le code]

Les symboles utilisés dans la culture Han sont nombreux. Parmi eux, le dragon chinois et le phénix (fenghuang), qui peuvent signifier respectivement le yang et le yin, ou bien homme et femme.

Le plus important des deux est le dragon chinois. Contrairement au dragon occidental qui peut représenter une force mauvaise, le dragon chinois symbolise la force, l’union, la sagesse et la noblesse. Certains Chinois (surtout les Hans) se nomment fièrement « descendants de dragons ».

Le phénix est le chef de tous les oiseaux. Il représente la paix, la renaissance, la responsabilité, la persévérance.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Estimation officielle chinoise citée par Seth Faison (27 avril 1999)"In Beijing: A Roar of silent protesters", "New York Times, June 10, 2006 (en)
  2. Courrier international, The Wall Street Journal Cent façons ou presque d’être chinois, 1er août 2009
  3. [1]
  4. Department of Population, Social, Science and Technology Statistics of the National Bureau of Statistics of China (国家统计局人口和社会科技统计司) and Department of Economic Development of the State Ethnic Affairs Commission of China (国家民族事务委员会经济发展司), eds. Tabulation on Nationalities of 2000 Population Census of China (《2000年人口普查中国民族人口资料》). 2 vols. Beijing: Nationalities Publishing House (民族出版社), 2003 (ISBN 978-7-105-05425-1).