Zeami

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Zeami
世阿弥

Nom de naissance Zeami Motokiyo
Autres noms Kanze Motokiyo
Activités écrivain, dramaturge, théoricien, acteur
Naissance 1363
Drapeau du Japon Japon
Décès 1443
Drapeau du Japon Japon
Langue d'écriture japonaise
Genres théâtre, essai

Zeami (世阿弥?, 1363 - 1443), de son nom complet Zeami Motokiyo, aussi appelé Kanze Motokiyo (観世 元清?) du nom de l'école Kanze qu'il a créé avec son père, est un acteur et dramaturge japonais, ainsi que le théoricien du et l'un des grands dramaturges de l'histoire du théâtre japonais[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Kan'ami Kiyotsugu, acteur et directeur d'une troupe près de Nara, Zeami, à l'âge de 13 ans, et son père sont remarqués lors d'une représentation par un shogun Ashikaga, qui en fait ses protégés[2]. Pendant toute sa vie d'artiste, Zeami s'efforce d'éclaircir et codifier le Sarugaku no nō, alors empreint de danses populaires, en un art d'esthétisme et de raffinement.

Il énonce tous les grands principes du , il en théorise les principes esthétiques dans ses traités, et reste l'auteur de prêt de la moitié du répertoire actuel[3]. Sous sa direction apparaissent l'ensemble des composantes de cet art : costumes, masques, musique, gestuelle codifiée. Il compose lui-même près de 90 pièces de théâtre, parmi les plus célèbres : Hagoromo, Shunkan, Takasago, Matsukaze. Ses traités demeurent une référence. Après avoir été transmis de pères en fils par les dynasties d'acteurs traditionnels, ils ne sont redécouverts par le public qu'en 1909[1]. Fūshi kaden (La transmission de la fleur artistique ou La tradition secrète du nô) également appelé kaden sho est sans doute son ouvrage le plus respecté. Il y expose la manière de faire « fleurir » l'interprétation d'un personnage. Dans ce livre, écrit en exil, il fait ainsi référence au concept de yūgen (le « charme subtil ») comme base de l'art du théâtre et de son enseignement [4].

En 1422, à 59 ans, Zeami se détache du « monde flottant » pour entrer en religion. Sa succession est transmise à ses fils qui disparaissent prématurément, puis à son gendre, Komparu Zenchiku (金春 禅竹?), qui reprend ses enseignements et les fait survivre[5]. Aujourd'hui encore, les pièces de Zeami sont les plus jouées dans le répertoire du théâtre nô.

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • La Tradition secrète du Nō (traduit par René Sieffert[6]) incluant :
    • Fûshikaden
    • Kakyô
    • Shikadô
    • Nikyoku Santai Ningyôzu
    • Yûgaku Shûdô Fûken
    • Fushizuke Shidai
  • Une journée de Nô (recueil de pièces traduit par René Sieffert[6])
  • L'Île d'or
  • La Lande des mortifications (recueil de pièces)
  • Tomonoga, trad. Gaston Renondeau, dans Les Théâtres d'Asie, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1961

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b René Sieffert, « Zeami (1363-1443) », Encyclopædia Universalis en ligne (consulté le 6 août 2014)
  2. René Sieffert et Michel Wasserman (collaborateur), Théâtre classique, Paris, Publications orientalistes de France,‎ 1983 (ISBN 9782716901857), p. 43-45
  3. Seiichi Iwao et Teizo Iyanaga, Dictionnaire historique du Japon, vol. 2, Maisonneuve et Larose,‎ 2002 (ISBN 9782706816338), p. 2862
  4. « Zeami », Encyclopædia Britannica en ligne (consulté le 6 août 2014)
  5. Jean-Jacques Tschudin, Histoire du théâtre classique japonais, Toulouse, Anacharsis,‎ 2011 (ISBN 9782914777797), p. 167-170
  6. a et b Zeami et René Sieffert (traduction et commentaires), La Tradition secrète du nô, suivie de Une Journée de nô, Paris, Gallimard,‎ 1960, 378 p. (ISBN 9782070705313)

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