François Xavier

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François Xavier
Image illustrative de l'article François Xavier
Statue de saint François-Xavier, à Bensheim (Allemagne).
saint, Jésuite et missionnaire
Naissance le
Javier, près de Pampelune, en Navarre (Espagne)
Décès le   (à 46 ans)
île de Sancian, au large de Canton, Chine
Nationalité Royaume de Navarre Royaume de Navarre
Vénéré à Old Goa ( Inde )
Béatification 1619
par Grégoire XV
Canonisation le  Rome
par Grégoire XV
Vénéré par l'Église catholique romaine
l'Église anglicane
Fête 3 décembre
Attributs crucifix et coquille (pour le baptême) ; cœur en flammes
Xavier f map of voyages asia.PNG

Saint François Xavier (en espagnol Francisco Javier, en basque Frantzisko Xabierkoa), né Francisco de Jasso y Azpilicueta le à Javier, près de Pampelune en Navarre et décédé le sur l'île de Sancian, au large de Canton en Chine, est un missionnaire jésuite navarrais[1]. Proche ami d'Ignace de Loyola, il est un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus.

Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d'« Apôtre des Indes ». Béatifié en 1619, il est canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. Liturgiquement, il est commémoré le 3 décembre aussi bien par les catholiques que par les anglicans.

Biographie[modifier | modifier le code]


Un hidalgo Navarrais[modifier | modifier le code]

Francisco de Jasso est membre d'une famille d'ancienne noblesse de Basse-Navarre [2]. Son père, Juan de Jasso exercait les fonctions de président du conseil du Royaume de Navarre. Sa mère, María de Azpilicueta, issue d'une vieille famille de la vallée du Baztan, apporta en dot lors de son mariage le château de Javier dont leurs enfants tiendront leur nom.

Francisco est un jeune enfant lorsque la Castille envahit en 1512 la partie subpyrenéenne du Royaume de Navarre. Son père et ses frères combattent contre les troupes castillanes sans pouvoir empêcher l'amputation de leur patrie.

Quelques années plus tard, François, ne se sentant pas attiré par la carrière des armes, choisit de devenir prêtre et de faire ses études en France.

Etudiant en France[modifier | modifier le code]

Il poursuit ses études de théologie à la Sorbonne, logeant au collège Sainte-Barbe avec Pierre Favre. Ignace de Loyola leur est bientôt adjoint comme cochambriste.

Se liant d'amitié avec eux et d'autres, il fait partie du groupe fondateur de la Compagnie de Jésus.

1534 : il a vingt-huit ans lorsque, avec ses « amis dans le Seigneur », il monte à Montmartre pour y prononcer dans la chapelle Saint-Denis ses vœux de pauvreté et de chasteté (15 août 1534). Sous l'impulsion d'Ignace de Loyola, le groupe fonde la Compagnie de Jésus dont le but est d'agir partout 'pour la plus grande gloire de Dieu' ( "Ad maiorem Dei gloriam").

Prêtre en Italie[modifier | modifier le code]

Francisco de Javier et ses compagnons sont ordonnés prêtres en 1537, à Venise. Le groupe part alors pour Rome où les nouveaux prêtres souhaitent offrir au pape leurs services. Le projet de fondation religieuse est approuvé par le pape en septembre 1540. L'originalité de ces prêtres est de prononcer un voeu spécial d'obéissance au pape.

Le roi Jean III de Portugal demande alors au pape Paul III des « prêtres réformés » pour évangéliser Goa et les Indes orientales nouvellement conquises. Celui qu'avait désigné Ignace de Loyola, Nicolas Bobadilla, étant tombé malade, François-Xavier le remplace en dernière minute et quitte Rome pour Lisbonne.

Missionnaire en Extrême-Orient[modifier | modifier le code]

Il prend le bateau en avril 1541 et débarque à Goa, alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l'Inde, le .

Sous son influence, quelques Portugais de Goa changent radicalement de vie. Ces conversions retentissantes commencent à le faire connaître. On lui confie une école en 1542. Il en fait le collège Saint-Paul, pour la formation chrétienne des nouveaux chrétiens. Saint-Paul est la première école dirigée par un jésuite.

Nonce universel[modifier | modifier le code]

Tenace et infatigable (et ayant le titre de Nonce apostolique), il visite la côte de l'Archipel des Comores (1543-1544). De décembre 1544 à août 1545, il voyage à Ceylan, Malacca, aux îles Moluques et de nouveau à Malacca (de septembre 1545 à décembre 1547). Aux Moluques, il jette les bases d'une mission à Ambon, Morotai et Ternate en 1546 et 1547. Revenant en Inde, il missionne le long de la côte des pêcheurs.

À Malacca, François Xavier avait rencontré des Japonais. Ce qu'il apprend du pays le pousse à se rendre au Japon dans le but d'y faire connaitre le Christ. Le 15 août 1549, il débarque avec quelques compagnons à Kagoshima. Ses 'lettres du Japon' sont enthousiastes quant aux perspectives missionnaires qu'offre le pays. Il y est bien reçu par les autorités mais a des difficultés avec les moines bouddhistes. Il y baptise un millier de personnes, surtout dans la région de Yamaguchi.

Ses contacts avec les autorités civiles et religieuses au Japon lui font comprendre l'importance de l'influence de la Chine dans le domaine philosophico-religieux. Progressivement, il est persuadé que, pour convertir l'Orient, il faut commencer par la Chine. En novembre 1551, il confie sa décision à ses compagnons jésuites et commence à préparer ce voyage.

Reparti vers Malacca, il est abandonné par les marchands et soldats portugais et, arrivé à Sancian en août 1552, avec pour seuls compagnons un frère jésuite et deux serviteurs (un indien et un chinois), il y attend en vain un bateau pour passer sur le continent et entrer en Chine. Malade, il meurt sur l'île de Sancian le 3 décembre 1552. D'abord gardé à Malacca, son corps repose aujourd'hui dans la basilique du Bon Jésus de Goa.

Souvenir et vénération[modifier | modifier le code]

Dans l'église Saint-Sulpice[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint François-Xavier de l'église Saint-Sulpice, à Paris, est décorée de plusieurs grandes toiles de Jacques-Émile Lafon illustrant des scènes (légendaires ou pas) de la vie de saint François-Xavier. Elles datent de 1859 :

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Tous les écrits de saint François Xavier sont rassemblés dans les Epistolae S. Francisci Xaverii aliaque eius scripta (édités par George Schurhammer), 2 volumes des MHSI.
    • vol. I : 1535-1548, 476 p. (vol. 67 des MHSI)
    • vol. II : 1549-1552, 664 p. (vol. 68 des MHSI).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. euskara.euskadi.net « François de Xavier naquit au sud de cette démarcation à la limite de l'Aragon (1506) et vécut au château familial de Xavier jusqu'à l'âge de dix-neuf ans. C'est là qu'il apprit ses deux premières langues : d'une part, le basque dans sa famille bascophone (de la région du Baztan et de la Basse-Navarre) et avec ceux qui arrivaient des provinces voisines encore bascophones au château, et, d'autre part, la langue romane de son entourage géographique immédiat. Ce qui explique pourquoi le missionnaire navarrais désignera l'euskara comme « “sa langue naturelle bizcayenne” (1544), terme très étendu à cette époque ».
  2. [[#(Jaxu près de Saint-Jean-Pied-de-Port)|(Jaxu près de Saint-Jean-Pied-de-Port)]].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie ancienne[modifier | modifier le code]

  • Sa Vie a été écrite par le père Bouhours, 1682, et par J.-M.-S. Daurignac, 1858.
  • Pierre Espil: L’Homme aux sandales de vent, 1943.

Bibliographie contemporaine[modifier | modifier le code]

En accomplissement d'un vœu personnel, le jésuite allemand Georg Schurhammer passa presque toute sa vie à étudier la vie et les œuvres de saint François-Xavier et à le faire connaître. Il produisit ainsi une biographie en quatre volumes de plus de 700 pages chacun. Cette biographie de saint Francois-Xavier est quasi exhaustive :

  • Georg Schurhammer, Francis Xavier: His life, His Times, traduit par J. Costelloe, éd. Institut historique S.I., Rome, 1973-1980 :
    • I : Europe (1506-1541), 791 p.
    • II : India (1541-1545), 759 p.
    • III : Indonesia and India (1545-1549), 726 p.
    • IV : Japan and China (1549-1552), 718 p.
  • James Brodrick, Saint François Xavier (1506-1552), éd. Spes, Paris, 1954, 531 p.
  • Jos Van Laer et Louis Sterkens, Dans le sillage de François Xavier, Les Éditions et Ateliers d'Art Graphique Elsevier, Paris-Bruxelles, 1960.
  • W.L.A. Peter: Xavier as Educator, Delhi, Jesuit Educ. Association, 1974, 191pp.
  • Xavier Léon-Dufour, Saint François Xavier. Itinéraire mystique de l'apôtre, éd. La Colombe, 1953 ; nouv. édition Desclée de Brouwer / Bellarmin, 1997.
  • Jean Lacouture, Jésuites. Une multibiographie, vol. 1 Les Conquérants, éd. Seuil, 1991, chapitre 5 « Dialogue à Yamaguchi » (ISBN 2-02-014407-7).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]