Bataille de Hakusukinoe

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Bataille de Hakusukinoe
Informations générales
Date fin août 663
Lieu Embouchure de la rivière Paekchon-Gang, en Corée
Issue Victoire des Silla et des Chinois
Belligérants
Royaume de Silla appuyé par la dynastie Tang Royaume de Baekje appuyé par le Japon (clan Yamato)
Commandants
Sun Ren Abe no Hirafu, Buyeo Pung
Forces en présence
13 000 soldats Tang ; nombre inconnu de guerriers Silla, 170 navires Tang et un nombre inconnu de navires Silla. 42 000 guerriers, au moins 800 navires
Pertes
inconnues environ 400 navires
Guerre entre les royaumes coréens de Silla et de Baekje

La bataille de Hakusukinoe (白村江の戦い, Hakusukinoe no tatakai) ou bataille de Baekgang est une bataille navale qui se déroula en 663 à l'embouchure de la rivière Paekchon-Gang, en Corée entre le royaume coréen de Silla allié aux Tang chinois d'une part, et le royaume coréen de Baekje allié au Yamato japonais d'autre part. Elle se termina par une écrasante victoire Silla et chinoise.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Au VIIe siècle, la Corée est divisée en trois royaumes : le Royaume de Koguryo au nord de la péninsule, s'étend jusqu'en Mandchourie ; le Royaume de Silla au sud-est ; et le Royaume de Baekje au sud-ouest. Ces trois royaumes sont rivaux et les guerres sont fréquentes, bien que la puissance de Koguryo et son alliance avec le Céleste Empire de Chine lui accorde une quasi immunité. Il n'en est cependant pas de même avec les petits royaumes de Silla et Baekje, en guerre quasi-constante à l'avantage de personne.

En 660, le Royaume de Silla s'allie à la Chine de la dynastie Tang. En infériorité numérique écrasante, les forces du Baekje sont balayées en quelques semaines et forcées de se réfugier dans diverses places fortes. Officiellement, le Royaume coréen de Baekje cesse d'exister. Officieusement son armée existe encore et résiste de 660 à 664, retranchée dans Churyu, et forme un gouvernement qui se cherche désespérément un allié puissant. Il le trouve dans le clan Yamato, seul maître des îles japonaises depuis le Ve siècle. Celui-ci y voit une occasion de poser le pied sur le continent et assemble une grande flotte pour transporter son armée. Des liens de sang et culturels unissaient fortement les deux groupes. En 661, l'armée conduite par l'impératrice Kōgyoku était prête à quitter le Kyūshū pour la Corée quand l'impératrice mourut[1]. Son successeur, l'empereur Tenji, envoya finalement l'armée en 663.

Prélude à la bataille.[modifier | modifier le code]

Début août 663, la flotte japonaise, forte de 800 navires (dont beaucoup de transport il est vrai) est en vue des côtes orientales de la Corée. Elle est repérée par les forces du Silla dont la maigre flotte refuse le combat. Prévenus, les Chinois rassemblent leur flotte, qui ne compte que 170 navires.

Mi-août 663, la flotte japonaise dépasse le détroit de Jeju avec l'intention de remonter le fleuve Geum (grand fleuve du sud-ouest de la Corée) pour débarquer leurs troupes le plus près possible de Churyu. Mais les Chinois ont anticipé ce mouvement et ont formé entretemps une ligne compacte de navires qui barre le fleuve d'une rive à l'autre, à une cinquantaine de kilomètres à l'intérieur des terres.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 27 août 663, après de nombreuses discussions, les commandants Japonais lancent l'assaut. Mais l'étroitesse (relative) du fleuve annule leur imposant avantage numérique et les Chinois se montrent suffisamment disciplinés pour réussir à maintenir leur ligne. L'assaut est repoussé.

Le même jour, plusieurs autres assauts sont lancés et repoussés, il en va de même pour celui tenté de nuit et ceux lancés le lendemain. Il faut reconnaître que les Chinois ont un avantage tactique et technique : leurs navires sont mieux conçus, leurs officiers plus expérimentés et leurs troupes plus disciplinées.

Le 28 août, devant les pertes japonaises déjà importantes et l'état de fatigue et de démoralisation visible de l'ennemi, les Chinois passent soudain à la contre-offensive dans l'après-midi. Les japonais, surpris, n'ont pas le temps de manœuvrer. Ils sont débordés et ceux qui ne trouvent pas leur salut dans la fuite sont encerclés et taillés en pièces par les Chinois.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Cette écrasante victoire chinoise met un terme aux visées continentales japonaises pour plus de neuf cents ans, jusqu'à la guerre Imjin (1592-1598), et scelle le destin du Baekje, qui disparaît en tant qu'État indépendant. L'armée assiégée dans Churyu est contrainte par la faim à la reddition l'année suivante. Pour les Silla, cette victoire en annonce encore deux autres : la conquête du dernier royaume coréen au Nord et l'éviction des Tang de Chine qui pensaient y installer des colonies pour prix de leur aide.

Quelques membres de la famille de Baek se réfugient au Japon. Zenki fils du dernier roi fond même un clan: Kudara no KonikishiPour les Yamato la défaite fait naître des craintes sur une possible invasion. En conséquence les souverains fortifient les côtes et les îles face à la Corée. Le Japon devra attendre 1592 et les expéditions d'Hidoyashi pour entreprendre une nouvelle invasion du continent.[2]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. A corriger : à peu près et données fausses.
  2. A corriger aussi
  • (fr) Louis Frédéric, Le Japon, dictionnaire et civilisation, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 1996, 1419 p. [détail des éditions] (ISBN 2-221-06764-9)
  • R.G. Grant et Christopher Page, Batailles navales, de l'Antiquité à nos jours, Flammarion, Paris, 2009.