Haruki Murakami
Haruki Murakami
Haruki Murakami en 2009
| Activités | Écrivain, traducteur, essayiste |
|---|---|
| Naissance | 12 janvier 1949 Kyōto, Japon |
| Genres | Fiction, surréalisme |
Œuvres principales
Signature
Haruki Murakami (村上 春樹, Murakami Haruki?), né à Kyōto le 12 janvier 1949, est un écrivain japonais contemporain.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Fils d'un enseignant de littérature japonaise en collège, il opte pour les arts théâtraux et souhaite devenir scénariste de cinéma, sans rien avoir encore à raconter.
Après ses études à l'Université de Waseda, il est pendant huit ans responsable d'un bar de jazz, le Peter Cat, dans le quartier de Kokubunji à Tōkyō. Haruki Murakami est du reste un passionné des chats, ses seuls véritables amis tout au long d'une enfance solitaire, ceci expliquant la présence invariable de cet animal dans sa littérature.
Cette expérience le nourrit un peu à son insu et lui permet d'écrire son premier roman Écoute le chant du vent, publié au Japon en 1979, pour lequel il reçoit le prix Gunzō.
Une fois sa renommée établie après plusieurs romans à succès, il part vivre à l'étranger : tout d'abord au sud de l'Europe (Italie et Grèce), puis aux États-Unis. Il enseigne la littérature japonaise à l'université de Princeton (où Scott Fitzgerald fut étudiant).
Il revient vivre au Japon en 1995, marqué par le tremblement de terre de Kōbe et l'attentat au gaz sarin de la secte Aum dans le métro de Tokyo. Ces tragédies inspirent le recueil de nouvelles Après le tremblement de terre.
Haruki Murakami est également traducteur en japonais de plusieurs écrivains anglo-saxons (parmi lesquels Scott Fitzgerald, John Irving ou encore Raymond Carver, à propos duquel il déclare, à sa mort survenue en 1987 : « Raymond Carver a été sans le moindre doute, le professeur le plus important de mon existence ainsi que mon plus grand ami en littérature »). Murakami est aussi un grand amateur de jazz auquel de nombreuses références sont faites dans ses romans.
Ses écrits (romans ou nouvelles) sont fréquemment fantastiques, ancrés dans une quotidienneté qui, subtilement, sort des rails de la normalité. Ayant vécu dans le sud de l'Europe (Grèce, Italie), puis aux États-Unis, l'influence occidentale est assez perceptible dans ses œuvres. Cela fait de lui un écrivain plus international que d'autres avec des références à la culture populaire mondiale tout en gardant un vécu japonais contemporain à ses personnages.
Il prétend que c'est en regardant un match de baseball (sport très populaire au Japon) qu'il a eu l'idée d'écrire son premier roman : Écoute la voix du vent, 1re partie de La Trilogie du rat.
Les ouvrages de Murakami révèlent une forme de surréalisme très rafraîchissante qui, en se fondant sur une mélancolique banalité quotidienne, arrivent à former des récits originaux. Il utilise cette idée du lien qui relie dans la pensée asiatique (bouddhisme, shintoïsme) tous les événements et les êtres. Une action provoque même de façon lointaine et indirecte une réaction dans l'instant, dans la réalité ou ailleurs, dans un autre monde que Murakami sait parfaitement rendre.
Au fil de ses romans, on retrouve des personnages étonnants tels que l'Homme Mouton ou le Colonel Sanders. L'âme humaine y est décortiquée, dans ses recoins parfois les plus intimes, de façon à ce que le lecteur soit emporté pour un voyage en lui-même, mais dans un cadre parfois loufoque.
La mélancolie lancinante de Murakami et ses analyses sociales en demi-teinte rappellent parfois un certain nombre de noms de la littérature nippone, tels que Sōseki. On y retrouve de longues pensées d'êtres tiraillés, à la recherche de leur identité et abordant l'existence avec parfois une certaine anxiété. À noter la passion d'Haruki Murakami pour la course à pied et en particulier les courses d'ultra (courses à pieds avec distance > 42 km). Murakami a couru plusieurs 100 km et a écrit sur le sujet un essai, intitulé Autoportrait de l'auteur en coureur de fond.
Après le succès fulgurant de 1Q84 en 2009 et 2010 (2011 et 2012 pour les français) et la réédition des Chroniques de l'oiseau à ressort aux éditions Belfond, sort au Japon, le 12 avril 2013 Le Sans Couleur Tasaki Tsukuru et ses années de pèlerinage. Ce succès, aussi gigantesque qu'immédiat, annonce un nouveau record pour l'auteur japonais[1].
Œuvre [modifier]
Le fantastique [modifier]
Les écrits de Murakami sont volontiers du domaine du fantastique, mettant en scène l'entrée de l'étrange dans une vie banale. Le point culminant de cette vision fantastique est sans doute 1Q84, dans lequel les personnages principaux sortent du « monde réel » de l'année 1984 pour entrer dans une réalité déformée de l'année 1Q84, où se mélangent l'étrange et le rêve.
La musique [modifier]
Les œuvres musicales ont une très grande place dans l’œuvre de Murakami. L'auteur était lui-même un passionné de jazz, et tenait un club dans Tokyo, dont il parle dans Autoportrait de l'auteur en coureur de fond et dans Underground. Dans 1Q84, l'entrée dans la réalité déformée se fait au son de la Sinfonietta de Leoš Janáček, qui revient tout au long de la trilogie. Dans Le Sans Couleur Tasaki Tsukuru et ses années de pèlerinage, c'est l'oeuvre pour piano Années de pèlerinage de Franz Liszt qui accompagne le voyage intérieur du personnages principal[1].
La lecture [modifier]
Une grande partie des personnages de Murakami, sans pour autant être des lecteurs acharnés, alimentent leurs réflexions d'œuvres qu'ils ont lues ou sont en train de lire, ce qui permet une mise en abîme de la construction romanesque. Ainsi, dans la nouvelle Sommeil, l'héroïne lit Anna Karénine de Léon Tolstoï pendant ses insomnies. Dans 1Q84, Aomamé réfléchit sur Tchekhov et le rôle de l'objet, puis lit À la recherche du temps perdu de Marcel Proust à partir de Livre 2, ce qui l'amène à réfléchir sur le temps.
Liste des œuvres [modifier]
Romans [modifier]
| Titre français | Titre d'origine | Date de publication | Date de publication en français | Editeur français | Prix et distinction |
|---|---|---|---|---|---|
| Écoute la voix du vent | Kaze no uta o kike / 風の歌を聴け | 1979 | Jamais paru en français | Prix Gunzō | |
| Le Flipper de 1973 | Sen-kyū-hyaku-nana-jū-san-nen no pinbōru / 1973年のピンボール | 1980 | Jamais paru en français | ||
| La Course au mouton sauvage | Hitsuji o meguru bōken / 羊をめぐる冒険 | 1982 | 1990 | Le Seuil | Prix Nomā pour la traduction française de Patrick De Vos |
| La Fin des temps | Sekai no owari to hādo-boirudo wandārando / 世界の終わりとハードボイルド・ワンダーランド | 1985 | 1992 | Le Seuil | Prix Tanizaki |
| La Ballade de l'impossible | Noruwei no mori / ノルウェイの森 | 1987 | 2007 | Belfond | Prix Yomiuri |
| Danse, danse, danse | Dansu dansu dansu / ダンス・ダンス・ダンス | 1988 | 1995 | Le Seuil | |
| Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil | Kokkyō no minami, taiyō no nishi / 国境の南、太陽の西 | 1992 | 2002 | Belfond | |
| Chroniques de l'oiseau à ressort | Nejimaki-dori kuronikuru / ねじまき鳥クロニクル | 1995 | 2001 | Le Seuil (puis rééd. par Belfond en 2012) | |
| Les Amants du Spoutnik | Supūtoniku no koibito / スプートニクの恋人 | 1999 | 2003 | Belfond | |
| Kafka sur le rivage | Umibe no Kafuka / 海辺のカフカ | 2002 | 2006 | Belfond | Prix World Fantasy 2006 |
| Le Passage de la nuit | Afutā dāku / アフターダーク | 2004 | 2007 | Belfond | |
| 1Q84 - Tome I & II | Ichi-kyū-hachi-yon / いちきゅうはちよん | 2009 | 2011 | Belfond | |
| 1Q84 - Tome III | Ichi-kyū-hachi-yon / いちきゅうはちよん | 2010 | 2012 | Belfond |
Nouvelles [modifier]
Les nouvelles de Haruki Murakami sont réparties en trois volumes, deux sont parus aux éditions Belfond (L'éléphant s'évapore et Saules aveugles, femme endormie) et le troisième (Après le tremblement de terre) est paru aux éditions 10/18. À noter que la nouvelle Sommeil a fait l'objet d'un tiré-à-part, en 2011, aux éditions Belfond, avec les illustrations de Kat Menschik
| Année | Titre japonais | Titre français | Contenu dans le recueil |
|---|---|---|---|
| 1980 | Chūgoku-yuki no surou bōt / 中国行きのスロウ・ボート | Un cargo pour la Chine | L'éléphant s'évapore |
| Binbō na obasan no hanashi / 貧乏な叔母さんの話 | L'histoire d'une pauvre tante | Saules aveugles, femme endormie | |
| 1981 | Nyū Yōku tankō no higeki / ニューヨーク炭鉱の悲劇 | La tragédie de la mine de New-York | |
| Supagetī no toshi ni / スパゲティーの年に | L'année des spaghettis | ||
| Shigatsu no aru hareta asa ni 100-paasento no onna no ko ni deau koto ni tsuite / 四月のある晴れた朝に100パーセントの女の子に出会うことについて | À propos de ma rencontre avec la fille cent pour cent parfaite par un beau matin d'avril | L'éléphant s'évapore | |
| Kaitsuburi / かいつぶり | Le petit grèbe | Saules aveugles, femme endormie | |
| Kangarū-biyori / カンガルー日和 | Le bon jour pour les kangourous | ||
| Kangarū tsūshin / カンガルー通信 | Le communiqué du kangourou | L'éléphant s'évapore | |
| 1982 | Gogo no saigo no shibafu / 午後の最後の芝生 | La dernière pelouse de l'après-midi | |
| 1983 | Kagami / 鏡 | Le miroir | Saules aveugles, femme endormie |
| Tongari-yaki no seisui / とんがり焼の盛衰 | Les vicissitudes des piqu'crocks | ||
| Hotaru / 螢 | La luciole | ||
| Naya wo yaku / 納屋を焼く | Les granges brûlées | L'éléphant s'évapore | |
| 1984 | Yakyūjō / 野球場 | Les crabes | Saules aveugles, femme endormie |
| Ōto 1979 / 嘔吐1979 | Nausée 1979 | ||
| Hantingu naifu / ハンティング・ナイフ | Le couteau de chasse | ||
| Odoru kobito / 踊る小人 | Le nain qui danse | L'éléphant s'évapore | |
| 1985 | Rēdāhōzen / レーダーホーゼン | Les Lederhosen | |
| Panya saishūgeki / パン屋再襲撃 | La seconde attaque de boulangerie | ||
| Zō no shōmetsu / 象の消滅 | L'éléphant s'évapore | ||
| Famirī afea / ファミリー・アフェア | Family Affair | ||
| 1986 | Rōma-teikoku no hōkai・1881-nen no Indian hōki・Hittorā no Pōrando shinnyū・soshite kyōfū sekai / ローマ帝国の崩壊・一八八一年のインディアン蜂起・ヒットラーのポーランド侵入・そして強風世界 | La chute de l'Empire romain, la révolte indienne de 1881, l'invasion de la Pologne par Hitler, et le monde des vents violents | |
| Nejimaki-dori to kayōbi no onnatachi / ねじまき鳥と火曜日の女たち | L'oiseau à ressort et les femmes du mardi | ||
| 1989 | Nemuri / 眠り | Sommeil | |
| TV pīpuru no gyakushū / TVピープルの逆襲 | TV People | ||
| Hikōki-arui wa kare wa ika ni shite shi wo yomu yō ni hitorigoto wo itta ka / 飛行機―あるいは彼はいかにして詩を読むようにひとりごとを言ったか}} "" |
L'avion ou Il se parlait à lui-même comme s'il lisait un poème | Saules aveugles, femme endormie | |
| Warera no jidai no fōkuroa-kōdo shihonshugi zenshi / 我らの時代のフォークロア―高度資本主義前史 | Un récit folklorique de notre temps : la préhistoire du capitalisme à son stade ultime | ||
| 1990 | Tonī Takitani / トニー滝谷 | Tony Takitani | Tony Takitani |
| 1991 | Chinmoku / 沈黙 | Le silence | L'éléphant s'évapore |
| Mado | La fenêtre | ||
| Midori-iro no kemono / 緑色の獣 | Le monstre vert | ||
| Kōri otoko / 氷男 | L'homme de glace | Saules aveugles, femme endormie | |
| Hito-kui neko / 人喰い猫 | Les chats mangeurs de chair humaine | ||
| 1995 | Mekurayanagi to, nemuru onna / めくらやなぎと、眠る女 | Saules aveugles, femme endormie | |
| 1996 | Nanabanme no otoko / 七番目の男 | Le septième homme | |
| 1999 | UFO ga Kushiro ni oriru / UFOが釧路に降りる | Un OVNI a atterri à Kushiro | Après le tremblement de terre |
| Airon no aru fūkei / アイロンのある風景 | Paysage avec fer | ||
| Kami no kodomotachi wa mina odoru / 神の子どもたちはみな踊る | Tous les enfants de Dieu savent danser | ||
| Tairando / タイランド | Thaïlande | ||
| Kaeru-kun, Tōkyō wo sukuu / かえるくん、東京を救う | Crapaudin sauve Tokyo | ||
| 2000 | Hachimitsu pai / 蜂蜜パイ | Galette au miel | |
| 2002 | Bāsudei gāru / バースデイ・ガール | Le jour de ses vingt-ans | Saules aveugles, femme endormie |
| 2005 | Gūzen no tabibito / 偶然の旅人 | Hasard, hasard | |
| Hanarei Bei / ハナレイ・ベイ | La baie de Hanalei | ||
| Doko de are sore ga mitsukarisō na basho de / どこであれそれが見つかりそうな場所で | Où le trouverai-je ? | ||
| Hibi idō suru jinzō no katachi wo shita ishi / 日々移動する腎臓のかたちをした石 | La pierre-en-forme-de-rein qui se déplace chaque jour | ||
| Shinagawa saru / 品川猿 | Le singe de Shinagawa |
Essais et récits biographiques [modifier]
| Titre français | Titre d'origine | Date de publication | Date de publication française | Editeur français |
|---|---|---|---|---|
| N/A | Uten Enten / 雨天炎天 | 1990 | Jamais paru en France | |
| Portrait en Jazz | Pōtoreito in jazu / ポ-トレイト・イン・ジャズ | 1997 | Jamais paru en France | |
| Underground | Andāguraundo / アンダーグラウンド | 1997–1998 | 2013 | Belfond |
| Portrait en jazz 2 | Pōtoreito in jazu 2 / ポ-トレイト・イン・ジャズ 2 | 2001 | Jamais paru en France | |
| Autoportrait de l'auteur en coureur de fond | Hashiru koto ni tsuite kataru toki ni boku no kataru koto / 走ることについて語るときに僕の語ること | 2007 | 2009 | Belfond |
| N/A | 意味がなければスイングはない | 2008 | Jamais paru en France |
Adaptation [modifier]
- 2004 : Tony Takitani réalisé par Jun Ichikawa
- 2011 : La Ballade de l'impossible (Norwegian Wood) réalisé par Trần Anh Hùng
Prix et récompenses [modifier]
Haruki Murakami a reçu le titre de docteur honoris causa de l'Université de Liège le 18 septembre 2007, puis de l'Université de Princeton en 2008.
Il a reçu, le 15 février 2009, le Prix Jérusalem pour la liberté de l'individu dans la société[2],[3].
Notes et références [modifier]
- Ruée sur le dernier Murakami sur LeMonde.fr, consulté le 6 mai 2013
- L'engagement humaniste d'Haruki Murakami, Le Monde des livres 19 février 2009
- Haruki Murakami reçoit le prix de Jérusalem pour la liberté de l'individu dans la société, LivresHebdo.fr - AFP 16 février 2009
Liens externes [modifier]
- (en) Site officiel
- Entretien à propos de Kafka sur le rivage, L'Express
- Entretien à propos de 1Q84, Le Nouvel Observateur, (trad. Jean-Baptiste Flamin et Diane Durocher)
- (en) Haruki Murakami sur le site Hanami Web
- (en) After the Quake, Reviewed sur le site The Open Critic
- Page biblio-biographique sur le site du Cafard cosmique
- Pages consacrées à Haruki Murakami sur le site Lecture/Ecriture
- Naissance en 1949
- Naissance à Kyoto
- Écrivain japonais du XXe siècle
- Écrivain japonais du XXIe siècle
- Romancier japonais
- Nouvelliste japonais
- Traducteur japonais
- Coureur d'ultrafond
- Étudiant de l'université Waseda
- Professeur à l'université de Princeton
- Professeur à l'université Tufts
- Lauréat du Prix Franz Kafka (Prague)
- Lauréat du prix World Fantasy du meilleur roman
- Lauréat du Premi Internacional Catalunya