Sibérie

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60° 00′ N 105° 00′ E / 60, 105 ()

       District fédéral sibérien        Sibérie russe géographique        Sibérie historique
Paysage de Taïga dans la plaine de Sibérie occidentale : le cours de la Vassiougan.

La Sibérie (en russe : Сибирь, Sibir) est la partie située en Asie de la Fédération de Russie: une immense région d'une surface de 13,1 millions de km² très peu peuplée (39 millions d'habitants soit environ 3 habitants au km²). Située dans l'est de la Russie, elle s’étend de l'Oural à l'ouest jusqu'à l'océan Pacifique et de l'océan Arctique au nord jusqu'aux monts Altaï au nord du Kazakhstan et aux frontières mongoles et chinoises. Constituant la partie nord de l'Asie, la Sibérie représente 77 % de la surface de la Russie, mais seulement 27 % de sa population, et se caractérise par un climat froid et continental, et un paysage au relief modéré sillonné par d'énormes fleuves. Longtemps habitée par des populations pastorales, elle a été progressivement colonisée par l'Empire russe. Le régime soviétique a démarré au XXe siècle l'extraction minière, gazière et pétrolière.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Sibérie tient son nom du khanat de Sibir[1]. L'étymologie du mot est incertaine, mais le terme pourrait provenir du turco-mongol sibir désignant un peuplement très dispersé[2], ou bien des marécages, ou d'autres choses encore[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Toundra dans la région des Nenets (Russie)

On subdivise généralement la Sibérie en trois grands ensembles, géologiquement distincts et séparés par les fleuves Ienisseï et Léna :

  • La Sibérie occidentale (2 427 000 km²), à l'est de l'Oural jusqu'à la ligne de partage des fleuves Ob et Ienisseï, vaste plaine de 2 000 km de large, constituée de terres de faible altitude et mal drainées, truffées de lacs et de marécages.
  • Le plateau de Sibérie centrale (4 122 000 km²), à l'est du fleuve Ienisseï, qui culmine entre 300 et 1 200 mètres d'altitude, est entrecoupé de canyons ou de lacs profonds comme le lac Baïkal. Au sud, s'élève une haute chaîne montagneuse composé de l'Altaï et des Monts Saïan avec des sommets de 3 000 à plus de 4 000 mètres.
  • La Sibérie orientale, appelée également Extrême-Orient russe (plus de 6 millions de km²), à l'est du fleuve Léna, constitué de divers massifs montagneux et finissant à l'est par la péninsule du Kamtchatka et sa chaîne de volcans actifs.

Certaines régions de Sibérie (notamment la vallée inférieure de l'Ob) sont riches en ressources naturelles (pétrole, gaz naturel). La Iakoutie représente 25 % de la production mondiale de diamants. Leur exploitation provoque de graves pollutions et nuisances environnementales. De par son éloignement, la nécessité de la défricher, dans l'Empire russe, puis dans l'Union soviétique, la Sibérie était une région traditionnelle de déportation et d'emprisonnement. Contrairement à une idée reçue, la grande partie des camps des Goulags ne se situaient pas en Sibérie mais en Russie européenne.

Une région aux contours mal définis[modifier | modifier le code]

La limite occidentale de la Sibérie est traditionnellement fixée à la ligne de partage des eaux entre les bassins des fleuves se jetant dans la mer Caspienne (Kama, Volga, Oural) et ceux faisant partie du bassin de l'Ob (la ligne de crêtes de l'Oural n'est donc pas retenue). Toutefois les découpages administratifs russes ont tendance à exclure de la Sibérie dans leurs statistiques les provinces de Sverdlosk et de Tcheliabinsk rattachées à une région Oural, alors que ces régions sont pour l'essentiel à l'est de la ligne de partage des eaux. De même, les Russes distinguent une région qualifiée d'Extrême-orient russe dans lequel ils regroupent la République de Sakha, l'oblast d'Amour et les autres régions situées plus à l'est[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Sibérie.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le mont Belukha dans les montagnes de l'Altaï

La Sibérie occidentale, constituée par des dépôts alluviaux du Cénozoïque, est caractérisée par une altitude si faible qu'une augmentation du niveau de la mer de 50 mètres suffirait à inonder l’ensemble des terres de l'océan Arctique jusqu'à Novossibirsk. Les alluvions déposées dans la plaine résultent pour l'essentiel des barrières créées par les glaciers qui à l'époque fermaient l'accès à l'océan Arctique et qui ont infléchi le cours des fleuves Ob et Ienisseï vers la mer Caspienne (et peut-être la mer d'Aral). La Sibérie occidentale est particulièrement marécageuse. Au sud de la plaine, là ou le pergélisol est pratiquement absent, de riches terres, constituant une extension de la steppe kazakh ont permis l'installation d'une végétation originale (pratiquement disparue aujourd'hui).

Le plateau central sibérien est un craton extrêmement ancien qui constituait au Permien, un continent séparé. Il est extrêmement riche en minéraux tels que or, diamant, manganèse, plomb, zinc, nickel, cobalt et molybdène. La région comprend une grande partie du trapps de Sibérie qui constitue une grande province ignée. L'éruption massive à l'origine de cette formation coïncide à peu près avec l'extinction massive de la fin du Permien. Cet événement volcanique est considéré comme l'éruption volcanique la plus puissante de l'histoire qu'ait connue la planète.

Paysage de taïga dans la région de Magadan au nord est de la Sibérie

Durant le quaternaire, seul l'extrême nord-ouest de la Sibérie fut recouvert par les glaciers, mais sur pratiquement tout le reste de la région un permafrost s'installa jusqu'à une grande profondeur. Les seuls arbres qui arrivent à prospérer est le mélèze de Sibérie grâce à ses racines peu profondes. La taïga domine partout sauf dans l'extrême nord-est.

L'est et le centre de la République de Sakha comprennent de nombreuses chaînes de montagnes orientées nord-sud qui sont apparues à différentes époques géologiques. Ces montagnes qui s'élèvent à pratiquement 3 000 mètres d'altitude, sont presque dénuées de végétation dès qu'on dépasse quelques centaines de mètres d'altitude. Les monts de Verkhoïansk étaient entièrement couverts de glacier au Pléistocène mais le climat était alors trop sec pour que la glace s'étende aux basses altitudes. En basse altitude, il y a de nombreuses vallées parfois encaissées et couvertes de forêts de mélèzes à l'exception de l'extrême nord où la toundra domine. Les sols sont essentiellement des tourbières et la couche de sol active a une épaisseur inférieure à un mètre sauf au bord des rivières.

Le plus haut sommet de Sibérie est le Klioutchevskoï, volcan actif situé dans la péninsule du Kamtchatka.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la Sibérie est sujet à des variations de température de grande amplitude. Sur la côte nord, au-delà du cercle arctique, l'été est très court (environ un mois). La plus grande partie de la population vit au sud de la Sibérie le long de la ligne du Transsibérien. Dans cette région, la température moyenne est d'environ 0 °C oscillant entre -15 °C en moyenne au mois de janvier et +20 °C au mois de juillet[5]. La durée de la période fertile, l'abondance de l'ensoleillement et les sols particulièrement fertiles (tchernoziom) du sud de la Sibérie permettent à l'agriculture de prospérer, comme le montra son rapide développement au début du XXe siècle.

Au sud de la Sibérie, les vents du sud-ouest amènent l'air chaud de l'Asie centrale et du Moyen-Orient. Les températures moyennes en Sibérie occidentale (Omsk, Novossibirsk) sont supérieures de plusieurs degrés à celles en Sibérie orientale (Irkoutsk, Tchita). Avec une température record de -71,2 °C (Oïmiakon, République de Sakha), la Sibérie a presque le plus grand record de froid de la planète (après l'Antarctique). Mais, à côté de ces grands froids, la température dépasse fréquemment +35 °C dans de nombreuses régions. Sakha est la région la plus froide de Sibérie, en particulier dans le bassin de la rivière Yana, où la terre est gelée jusqu'à 1 493 mètres de profondeur (la terre gelée est appelée pergélisol ou permafrost). Malgré ces conditions, le froid n’a jamais été considéré par l'Empire russe comme un obstacle à la colonisation. En hiver, l'anticyclone sibérien s'installe généralement de manière semi-permanente sur la Sibérie méridionale si bien que les vents sont normalement faibles.

Les précipitations en Sibérie sont faibles, dépassant 500 mm uniquement au Kamtchatka, où les vents humides venus de la mer d'Okhotsk se heurtent aux massifs montagneux (produisant le seul glacier important de la région) et dans le kraï du Primorie, à l'extrême sud-est, où l'influence de la mousson peut engendrer de fortes précipitations durant l'été. Malgré le froid qui règne en hiver, les chutes de neige sont faibles, en particulier dans l'est de la région.

Économie[modifier | modifier le code]

Mine de diamant d'Oudatchnaïa (Yakoutie)

La Sibérie est particulièrement riche en minéraux avec la présence de gisements de pratiquement tous les métaux recherchés; cette concentration est en partie liée à l'absence de couverture glaciaire durant le quaternaire (hormis les zones situées en haute altitude). La région concentre certains des plus grands gisements de nickel, or, plomb; molybdène, diamant, argent et zinc ainsi que d'immenses gisements de pétrole et de gaz naturel souvent sous-exploités. La plupart des gisements sont situés dans l'est de la région, zone la plus froide, ce qui rend leur extraction particulièrement difficile. Celle-ci n'a démarré que lorsque Staline, arrivé au pouvoir, a eu recours aux déportés.

La région arctique nord est de la Sibérie

L'agriculture est limitée par la faible durée de la période fertile dans la plus grande partie de la région. Malgré tout, dans le sud-ouest, là où des terres noires particulièrement fertiles sont présentes et où le climat est un peu plus tempéré, se sont créées de grandes exploitations extensives cultivant le blé, l'orge, le seigle et les pommes de terre ainsi que des grands élevages de mouton et de bovidés. Ailleurs, du fait de la pauvreté du sol et de la brièveté de la période fertile, les ressources agricoles se restreignent à l'élevage de rennes dans la toundra : cette activité est pratiquée par les autochtones depuis près de 10 000 ans. La Sibérie a les plus grandes forêts de la planète. Le bois reste une ressource économique importante en dépit du fait que de nombreuses forêts situées dans l'Est de la région ont été exploitées trop vite pour qu'elles puissent se régénérer. La mer d'Okhotsk est une des deux ou trois régions les plus poissonneuses de la planète grâce à ses courants froids et à ses marées de grande amplitude ce qui permet à la Sibérie de fournir environ 10 % du poisson pêché dans le monde, bien que l'activité ait quelque peu déclinée depuis l'éclatement de l'URSS.

L'industrie, qui s'était développée durant les années 1920 et 1930 avec une croissance particulièrement forte durant la Seconde Guerre mondiale, a fortement décliné depuis l'éclatement de l'URSS. Plusieurs des gigantesques usines situées en Sibérie occidentale et autour du lac Baïkal ont fermé leurs portes ces dernières années.

Démographie[modifier | modifier le code]

La Sibérie a une densité d'environ 3 personnes au kilomètre carré. La plupart des habitants sont des Russes ; ceux-ci descendent des Slaves qui vivaient en Europe de l'Est quatre siècles auparavant. Les populations autochtones sont formées de groupes mongols et turcs tels que les Bouriates, les Touvains, les Yakoutes et les Tatars de Sibérie. D'autres groupes ethniques comprennent les Kets, les Tchouktches, les Koryaks et les Youkaguires. Environ 70 % de la population vit dans les villes en majorité dans des appartements. Dans les zones rurales, les habitants vivent dans des demeures simples mais souvent plus spacieuses.

Novossibirsk est la plus grande ville de Sibérie. Tobolsk, Tomsk, Irkoutsk et Omsk sont des villes plus anciennes dotées d'un centre-ville historique.

Religion[modifier | modifier le code]

La religion joue un rôle important dans la vie des habitants de Sibérie. Un grand nombre de cultes sont pratiqués. La religion dominante est le culte orthodoxe. Il y a par ailleurs de nombreux pratiquants parmi les peuples autochtones. Pour ceux-ci, certains lieux sont sacrés comme l'île d’Olkhon sur le lac Baïkal.

Délaissée ou réinvestie ?[modifier | modifier le code]

Depuis la fin de l'URSS, de nombreux laboratoires militaires en Sibérie ont fermé. Il est vrai que le gouvernement communiste avait mis la Sibérie au cœur de ses préoccupations. Il avait par exemple crée la ligne ferroviaire "BAM", parallèle au Transsibérien de 1972 à 1984. Mais depuis 1991, la population au nord de la Sibérie semble diminuer, alors qu'au sud elle augmente, surtout dans les bassins houillers et pétroliers.

Transport[modifier | modifier le code]

Le moyen le plus aisé de circuler en Sibérie est d'utiliser le Transsibérien. Celui-ci traverse la Sibérie depuis Moscou jusqu’à Vladivostok à l'extrême est. Le train comporte des compartiments de 2e classe à 4 couchettes, des compartiments de 1re classe à 2 couchettes ainsi qu'une voiture restaurant. Le Baïkal Amour Magistral est une autre voie ferrée reliant le lac Baïkal au fleuve Amour.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

La Sibérie comprend plusieurs sujets fédéraux :

Villes[modifier | modifier le code]

La Sibérie présente une densité de population extrêmement faible. On y trouve néanmoins un certain nombre de villes :

Peuples[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot Sibérie vient du khanat de Sibir selon les chroniques de Savva Episov, qui était un diacre ayant vécu là-bas. Ivan le Terrible a utilisé le nom Sibérie pour désigner les territoires à l'est de la Volga dans une lettre de 1570 adressée à la reine Élisabeth Ire d'Angleterre.
  2. Selon Vyacheslav Sofronov.
  3. Voir Wikipedia en russe.
  4. Roger Brunet, La Russie, dictionnaire géographique, p. 234,(ISBN 2-11-004882-4).
  5. Historique météorologique pour Novossibirsk (Russie). weatherbase.com consulté le 6/11/2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  • Juniper Base de données iconographique et bibliographique sur les peuples de Sibérie et Mongolie.