Kaguya-hime

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Taketori-no-Okina ramène Kaguya-hime à la maison

Kaguya-hime (かぐや姫?, « princesse Kaguya »), est un personnage d'un conte folklorique japonais datant du Xe siècle, appelé également Taketori monogatari (竹取物語?, « Le Conte du coupeur de bambou ») ou Kaguya-hime no monogatari (かぐや姫の物語?, « Le conte de la princesse Kaguya »). Ce conte est considéré comme le texte narratif japonais le plus ancien. Le texte, en prose, est écrit entièrement en kana, dans une langue très simple et il est en réalité composé de sept contes. Ce récit serait attribué à dame Murasaki Shikibu et aurait été rédigé entre 850 et 950. Cette ancienne légende est également illustrée dans un emakimono (絵巻物) par Kose Ōmi et calligraphiée par Ki no Tsurayuki.

Il raconte la vie d'une fille mystérieuse appelée Kaguya-hime qui est découverte, bébé, dans la coupe d'une plante de bambou luisante. Elle dit venir de Tsuki no Miyako (月の都?, « la capitale de la lune ») et a des cheveux étranges « brillants comme l'or ».

Conte[modifier | modifier le code]

Kaguya-hime retourne à la Lune

Un jour un vieux coupeur de bambou sans descendants, Taketori-no-Okina (竹取翁, « le vieillard qui récolte le bambou »), trouve une mystérieuse plante de bambou reluisante. La coupant, il trouve à l'intérieur un bébé de la taille de son pouce. Heureux de trouver une si belle petite fille, lui et sa femme l'élèvent comme si elle était leur propre enfant, l'appelant Kaguya-hime (かぐや姫, « princesse lumineuse »). Depuis, quand il coupe un bambou il y trouve une pépite d'or. Il devient vite riche, et Kaguya-hime grandit d'un bébé minuscule à une femme de taille normale et de beauté resplendissante. Au début Taketori-no-Okina essaie de la cacher des autres, mais avec le temps les nouvelles de sa beauté se répandent.

Finalement, cinq princes viennent chez Taketori no Okina pour demander Kaguya-hime en mariage. Ces princes convainquent Taketori-no-Okina de demander à la réticente Kaguya-hime de choisir parmi eux. Pour ce faire, Kaguya-hime donne des tâches impossibles aux princes. Elle épousera celui qui peut lui apporter un objet précis.

La même nuit, Taketori-no-Okina dit à chacun des cinq princes ce qu'ils doivent rapporter. Le premier doit rapporter le bol en pierre utilisé par le Bouddha pendant qu'il mendiait; le second, une branche à joyaux de l'île de Hôrai; le troisième, la robe légendaire du rat qui habite une montagne de Chine; le quatrième, un joyau coloré du cou d'un dragon; et le cinquième, le coquillage cauri d'une hirondelle.

Se rendant compte que la tâche était impossible, le premier prince revient avec un bol très cher, mais Kaguya-hime se rend compte de sa supercherie quand elle voit que le bol ne luit pas d'une lueur sainte. Deux autres princes essaient également de la tromper avec des faux et échouent. Le quatrième renonce pendant un orage, et le cinquième meurt en essayant de prendre l'objet.

Ensuite, l'empereur du Japon, mikado (御門/帝), vient voir l'étrangement belle Kaguya-hime et en tombe amoureux ; il propose de l'épouser. Bien qu'il ne soit pas soumis aux tâches impossibles des princes, Kaguya-hime refuse sa demande en mariage, lui disant qu'elle n'est pas de ce pays et ne peut donc pas aller au palais avec lui. Elle reste en contact avec l'empereur mais continue à refuser ses demandes de mariage.

Cet été-là, elle pleure à chaque fois qu'elle voit la pleine lune. Elle n'est pas capable de dire à ses parents adoptifs ce qui ne va pas, malgré tout leur amour pour elle. Son comportement devient de plus en plus erratique jusqu'à ce qu'elle révèle qu'elle n'est pas de ce monde et qu'elle doit retourner parmi les siens sur la Lune. Dans certaines versions du conte elle fut envoyée sur Terre comme punition temporaire pour un crime qu'elle aurait commis, tandis que dans d'autres elle y fut envoyée pour la maintenir en sécurité pendant une guerre céleste.

Le jour de son retour approchant, l'empereur envoie des gardes patrouiller autour de chez elle pour la protéger du peuple de la Lune, mais quand une ambassade d'« êtres célestes » arrive à la porte de la maison de Taketori-no-Okino, les gardes sont aveuglés par une étrange lumière. Kaguya-hime annonce que, bien qu'elle aime ses amis sur Terre, elle doit retourner sur la Lune avec les siens. Elle écrit des mots tristes pleins de regrets à ses parents et à l'empereur, puis donne à ses parents sa robe en souvenir. Elle goûte un peu d'élixir d'immortalité, l'attache à sa lettre à l'empereur, et le donne à un garde. En la lui donnant, on lui met une robe de plumes et toute sa tristesse et sa compassion pour le peuple de la Terre disparaît. Son entourage céleste ramène Kaguya-hime à Tsuki-no-Miyako contre son gré, laissant ses parents adoptifs en pleurs.

Ses parents adoptifs deviennent très tristes et tombent bientôt malades. Le garde retourne chez l'empereur avec les objets que Kaguya-hime lui a laissé dans son dernier acte mortel et raconte ce qui s'est passé. L'empereur lit sa lettre et en est ému. Il demande à ses domestiques quel est le mont le plus près du Ciel ; l'un d'eux répond le Grand Mont de la province de Suruga. L'empereur ordonne à ses hommes d'apporter la lettre au sommet du mont et l'y incinérer, avec l'espoir que son message parviendrait à la princesse lointaine. Les hommes sont aussi commandés de brûler le pot d'élixir d'immortalité parce qu'il ne désire pas vivre éternellement sans pouvoir la voir. La légende dit que le mot pour « immortalité », fushi ou fuji (不死), devint le nom de la montagne, le mont Fuji. Il est dit aussi que les kanji du mont, 富士山, littéralement « montagne abondante en guerriers », dérive de l'armée de l'empereur gravissant le mont pour faire ce qu'il avait commandé. Il est dit que la fumée de l'incinération des objets continue aujourd'hui (bien que le mont Fuji ne soit plus aussi actif de nos jours).

Liens littéraires[modifier | modifier le code]

Ce conte est presque identique à un conte tibétain au nom similaire, et certains chercheurs croient que la légende japonaise peut dériver de la tibétaine, peut-être à travers des contacts anciens avec la Chine. La partie de la légende mentionnant le mont Fuji est toutefois réservée à la version japonaise.

On suggère aussi des liens avec Le Lac des cygnes, probablement dû au fait que Kaguya-hime porte un hagoromo (羽衣, « robe de plumes ») en montant à la Lune. Mais le hagoromo est présent dans d'autres contes, appelés les hagoromo densetsu.

Traductions[modifier | modifier le code]

Une traduction de cette œuvre a été faite en français par René Sieffert : Le Conte du coupeur de bambous, Editions POF, Collection Tama, 1992, 95 p. (ISBN 2-7169-0286-0) Il existe également une version bilingue annotée du conte Kaguya-hime par Kaeko Murata : La Princesse Kaguya, Editions du Cénacle de France, Collection Bilingue, 2011, 134 p. (ISBN 978-2-916537-06-1)

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Ballet[modifier | modifier le code]

  • Kaguyahime the moonprincess: Compositeur Maki Iishi, Chorégraphe Jiri Kylian. Il s'agit d'une magnifique association entre un compositeur japonais et un chorégraphe occidental. Les deux cultures sont ici intriquées pour une réussite totale.

Anime et manga[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Autre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]