Arme nucléaire

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Explosion atomique de 14 kilotonnes lors de l'essai américain Buster-Jangle Charlie sur le site d'essais du Nevada en 1951.

L'arme nucléaire est une arme non conventionnelle qui utilise l'énergie dégagée par la fission de noyaux atomiques lourds (uranium, plutonium dans le cas des bombes A), ou par une combinaison de ce phénomène avec celui de la fusion de noyaux atomiques légers (hydrogène dans le cas des bombes H). L'énergie libérée par l'explosion s'exprime par son équivalent en TNT.

L'arme nucléaire a été utilisée opérationnellement deux fois durant la Seconde Guerre mondiale, par les États-Unis contre le Japon par les bombardements des villes de Hiroshima et de Nagasaki, entraînant cent à deux cent mille morts. Ses effets destructeurs, qui sont sans commune mesure avec ceux des « armes conventionnelles », sont principalement dus au souffle, comme pour les explosifs classiques, mais également aux brûlures et incendies provoqués par sa température extrême, et de manière plus marginale à l'effet des radiations.

En raison de ses effets, l'arme nucléaire est considérée comme une arme non conventionnelle, et comme une arme de dissuasion (politique de dissuasion nucléaire), visant à empêcher toute attaque majeure, qui serait sanctionnée par l'utilisation de cette arme. Inversement, l'impact psychologique potentiel d'une arme nucléaire en fait une cible de choix pour des mouvements terroristes. Depuis que plusieurs pays se sont dotés plus ou moins rapidement de l'arme nucléaire, des accords internationaux visent à réduire l'arsenal nucléaire et à limiter la prolifération nucléaire.

Le SIPRI estime le nombre de têtes nucléaires dans le monde à environ 19 000 dont 4 400 opérationnelles en janvier 2012.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'arme nucléaire.

L'arme nucléaire a été développée dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, puis celui de la course aux armements qui s'ensuivit. Actuellement, des négociations internationales s'orientent plutôt vers le désarmement nucléaire.

Article détaillé : Projet Manhattan.

C'est aux États-Unis que la bombe atomique est mise au point et assemblée durant le projet Manhattan. Le 14 août 1940, le Comité consultatif pour l'uranium, un organisme fédéral créé par Roosevelt, demande dans un mémorandum la création d'un projet de recherche sur le thème de la fission nucléaire et sur ses applications militaires. Á cette époque, l'extraction de l'uranium est obtenue à partir d'un minerai, le pechblende du Congo belge entreposé à New York dès 1940 sur une initiative prise à Bruxelles en 1939. Dans les années suivantes, l'extraction de ce minerai se développe aux États-Unis et au Canada.

La première étape des recherches a consisté en l'enrichissement de l'uranium naturel en uranium 235 fissile, c'est-à-dire que l'atome d'uranium peut se « casser » et produire une réaction de fission nucléaire. Durant cette étape de recherche, un second élément fissile est découvert, le plutonium. En 1943, au vu des résultats, il est décidé de passer au stade du développement. Le projet Manhattan vient de voir le jour.

Le 16 juillet 1945, sur la base aérienne d'Alamogordo, la première bombe atomique, Gadget, explose lors d'un test baptisé Trinity. 3 semaines après l'essai réussi Trinity, dans la matinée du 6 août 1945, le président Harry S. Truman, qui a succédé à Franklin Roosevelt décédé le 12 avril, donne l'ordre de larguer une bombe atomique sur un objectif civil, la ville d'Hiroshima. Le 9 août, trois jours plus tard, Truman donne l'ordre de larguer une seconde bombe, c'est Nagasaki qui est alors visée. Le 15 août, le Japon accepte la capitulation sans conditions, ce qui met fin à la Seconde Guerre mondiale.

Article détaillé : Prolifération nucléaire.

La fin de la Seconde Guerre mondiale et la connaissance de la puissance destructrice de la bombe atomique ont poussé plusieurs gouvernements à vouloir acquérir, comme les États-Unis, l'arme nucléaire. L'Union soviétique conçoit une bombe A et la teste le 29 août 1949. Elle est suivie le 3 octobre 1952 par le Royaume-Uni. Suivront ensuite les premières bombes A de la France en 1960 et la Chine en 1964.

Le 1er novembre 1952, les États-Unis déclenchent l'explosion de la première bombe H, une bombe cent fois plus puissante qu'une bombe A. Le premier essai soviétique de la bombe H a lieu le 12 août 1953 et le 15 mai 1957 pour le Royaume-Uni.

En 1982, on estimait qu'il y avait environ 50 000 armes nucléaires dans le monde totalisant entre 12 000 et 14 000 mégatonnes soit l'équivalent de 3 tonnes de TNT par habitant (il y avait alors 4 milliards d'humains sur Terre)[1].

Avec le début de la guerre froide et l'accession rapide de l'Union soviétique à la force nucléaire, les deux superpuissances sont entrées dans ce que l'on appelle « dissuasion nucléaire » ou équilibre de la terreur.

Cette rapide prolifération nucléaire, avec les tentatives, parfois réussies, de nombreux pays comme l'Afrique du Sud ou Israël, a poussé les responsables politiques à limiter l'accession aux connaissances nécessaires pour réaliser une telle arme. C'est dans ce cadre que furent ratifiés des traités comme le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en 1968.

Types d'armes nucléaires[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Types d'armes nucléaires, Bombe A et Bombe H.

Les deux grands types d'armes nucléaires se distinguent par leur fonctionnement : Armes à fission ou « bombes A » ; Armes à fusion, bombes thermonucléaires ou « bombes H ».

Dans ces deux grandes familles, des armes plus spécialisées ont été conçues en fonction d'effets spéciaux recherchés : la plus connue est la bombe à neutrons.

Emploi des armes nucléaires[modifier | modifier le code]

Une tête nucléaire opérationnelle est associée à un vecteur, chargée de l'amener sur la cible. C'est souvent le vecteur qui détermine le type d'utilisation possible de l'arme. Il est bien entendu que ces définitions ne sont pas toujours claires. Une arme conçue comme une arme tactique peut devenir stratégique si elle est utilisée pour attaquer par exemple une ville ennemie. À l’inverse une arme stratégique peut être utilisée comme une arme tactique (par exemple cibler des troupes sur un champ de bataille avec un SLBM). Pour donner un autre exemple, la principale bombe nucléaire américaine (la B61) a été conçue pour un usage tactique et stratégique. Elle peut aussi bien être lâchée par un chasseur que par un bombardier intercontinental et sa puissance peut être sélectionnée entre 1 et 340 kilotonnes.

Arme nucléaire stratégique[modifier | modifier le code]

Arme utilisé dans le cadre de la stratégie.

Engin en principe de grande puissance embarqués sur un vecteur de longue portée (bombardier et missiles intercontinentaux) pouvant viser le cœur de la nation ennemie. L'objectif peut être la destruction économique et humaine de l'ennemi en ciblant les agglomérations, ou la neutralisation de ses moyens de représailles (« frappe contre force » visant les engins stratégiques de l'ennemi et les moyens de les mettre en œuvre).

Les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki étaient par exemple des engins stratégiques.

Arme nucléaire tactique[modifier | modifier le code]

Davy Crockett, la plus petite arme nucléaire des États-Unis, le lanceur étant une sorte de gros bazooka

L'arme nucléaire tactique est conçue pour être utilisé dans le cadre de la tactique militaire. En principe de puissance faible ou modérée (de quelque kilotonnes à quelques dizaines de kilotonnes) utilisée pour attaquer et détruire les forces ennemies sur le champ de bataille mais aussi les arrières (lignes de ravitaillement, poste de commandement, système de communication).

Dès les années 1950, les deux superpuissances développèrent toute une gamme de têtes nucléaires équipant une grande variété de vecteurs : de la bombe larguée par chasseur-bombardier, au missile balistique de courte/moyenne portée - le plus répandue étant le Scud et ses dérivés -, en passant par le missile air-air, le missile sol-air ou anti-missile, la torpille anti-sous-marine, les mines maritimes ou terrestres, l'obus d'artillerie, jusqu'aux charges de démolition transportables à dos d'homme[2].

  • Un exemple : Les missiles Pluton et Hadès français.
Articles détaillés : Missile Pluton et Missile Hadès.

Explosion à usage civil[modifier | modifier le code]

Des utilisations civiles des explosions nucléaires ont été envisagées (creusement de canaux ou de cavités pour le stockage de gaz notamment), mises en œuvre uniquement en URSS, notamment au lac Chagan.

L'arme nucléaire dans le monde[modifier | modifier le code]

Depuis 1945, année où la première bombe explosa au Nouveau-Mexique aux États-Unis, plusieurs pays ont tenté de maîtriser la conception d'une telle arme [3]. Ils sont classés ci-dessous en fonction du nombre de têtes nucléaires dont ils disposent.

Les puissances nucléaires en 2006
  •      Puissance nucléaire majeure
  •      Puissance nucléaire moyenne
  •      Puissance nucléaire faible
  •      Puissance nucléaire supposée

Pays détenteurs signataires du TNP[modifier | modifier le code]

Cinq pays sont juridiquement reconnus comme « États dotés de l'arme nucléaire » par le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), voici leur arsenal en janvier 2011[4] :

Les politologues désignent ces cinq États par le terme de « club nucléaire », qui sont également ceux qui sont membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. En 1993 il y a la suspension des essais nucléaires britanniques, russes et américains[5].

La Corée du Nord est le seul pays qui ait acquis l'arme nucléaire après avoir ratifié le TNP (qu'elle avait toutefois dénoncé en 2003). Le nombre de têtes est estimé à moins d'une dizaine, dont quelques-unes seraient peut-être actives. La Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire le 9 octobre 2006 puis a déclaré renoncer à son armement nucléaire à la suite de l'accord de Pékin du 13 février 2007. Deux ans et demi après son premier essai, la Corée du Nord annonce le 25 mai 2009 qu'elle a réalisé un second essai nucléaire souterrain. Le 12 février 2013, Pyongyang a confirmé un troisième essai nucléaire souterrain, fermement condamné par la communauté internationale.

Pays détenteurs non-signataires du TNP[modifier | modifier le code]

Trois pays, non-signataires du TNP, disposant de l'arme nucléaire en janvier 2011[4] :

  • l'Inde : entre 80 et 100 têtes nucléaires ; a réalisé le 18 mai 1974 son premier essai nucléaire, officiellement à but pacifique. Le 11 mai 1998, elle réalise son premier essai militaire.
  • le Pakistan : de 90 à 100 bombes ; a réalisé quelques jours après l'Inde, le 28 mai 1998, son premier essai nucléaire.
  • Israël : dispose d'un arsenal probablement de l'ordre de 200 armes nucléaires[6]. Le stock est supérieur à ce nombre d'après les estimations du SIPRI : selon un ancien technicien de la centrale nucléaire de Dimona, Mordechai Vanunu, Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques ; cette déclaration lui a valu une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans, comme le rappelle Gordon Thomas[7]. La position officielle israélienne a toujours été de ne pas confirmer ni infirmer les spéculations relatives à sa possession de l'arme atomique[8].
  • la Corée du Nord a effectué des tests nucléaires en 2006, 2009 et 2013, mais l'absence d'information ne peut confirmer l'existence d'armes opérationnelles.

Pays possédant un programme d'acquisition nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prolifération nucléaire.
La recherche nucléaire en 2009
  •      Grandes puissances nucléaires
  •      Autres puissances nucléaires déclarées officiellement
  •      États suspectés de vouloir se doter de l'arme nucléaire ou l'ayant acquise
  •      États suspectés de faire, ou ayant eu, des recherches sur l'arme nucléaire

Pays soupçonnés de développer un programme nucléaire militaire[modifier | modifier le code]

  • L'Iran, signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui essaie depuis plusieurs années de se procurer l'énergie atomique à des fins, officiellement, civiles. Cependant plusieurs membres de la communauté internationale pensent que ce programme est utilisé pour développer l'arme nucléaire, notamment depuis la découverte de l'installation de recherche de Natanz en août 2002, qui n'avait pas été déclarée à l'AIEA. Une troïka européenne (composée de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni) s'est formée et tente de pousser l'Iran à accepter un contrôle strict de son programme civil par les experts de l'AIEA. Israël et les États-Unis pour leur part laissent planer le déclenchement de représailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait à être confirmée. Au début du mois de janvier 2006, l'Europe et les États-Unis se sont mis d'accord pour présenter l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU. En novembre 2013, à Genève, l'Iran a signé un accord provisoire avec les 5 puissances nucléaires plus l'Allemagne en vue d'arrêter des activités nucléaires dont la limitation de l'enrichissement de l'uranium en isotope 235 à moins de 5 % la destruction par dilution de l'uranium enrichi à 20 %, l’arrêt de la construction du réacteur à eau lourde d'Arak, susceptible d'être plutonigène et l'autorisation de visites des sites nucléaires par les inspecteurs de l'AIEA.
  • L'Arabie saoudite est soupçonnée de vouloir développer un programme nucléaire. L'Arabie-Saoudite et le Pakistan auraient signé un accord secret sur « la coopération nucléaire » qui fournirait aux Saoudiens la technologie du nucléaire en échange de pétrole bon marché.[réf. nécessaire] Au-delà des suspicions d'accords pakistano-saoudiens sur le transfert d'une technologie nucléaire militaire vers l'Arabie saoudite, le prince saoudien Turki Al-Fayçal a annoncé début décembre 2011 la volonté de l'Arabie saoudite de se doter éventuellement d'un programme militaire afin de contre-balancer l'arsenal Israélien, ainsi que les velléités Iraniennes sur ce sujet.
  • La Syrie est soupçonnée par les États-Unis de vouloir développer un programme nucléaire. Un site bombardé en 2007 par l'aviation israélienne aurait pu abriter une centrale de production de plutonium[9]. Des traces suspectes d'uranium ont également été trouvées sur le site bombardé et sur celui d'un réacteur de recherche à Damas[10].

Pays ayant démantelé leurs installations atomiques[modifier | modifier le code]

  • La Suisse a préconisé de se doter d'un armement nucléaire, a construit des installations pour l'enrichissement de l'uranium, puis a pris des contacts avec l'état-major de l'armée française pour acquérir une arme nucléaire avant d'abandonner le projet au milieu des années 1960 [11].
  • Durant les années 1950 et 1960, la Suède a développé un programme secret d'arme nucléaire, dans l'objectif de se protéger d'une éventuelle invasion de l'Union soviétique. Ce programme lui a permis de réaliser une bombe atomique, mais le programme a été abandonné en 1968, après la ratification du TNP [12].
  • Taïwan a par deux fois entrepris un programme secret de recherche nucléaire entre 1974 et 1977 puis entre 1978 et 1987. Programme stoppé par les États-Unis.
  • La Libye qui a officiellement abandonné son programme nucléaire en 2003. C'est le résultat de neuf mois de tractations secrètes entre la Libye, les États-Unis et le Royaume-Uni.
  • L'Irak a arrêté son programme nucléaire après la première guerre du Golfe. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont soupçonné pendant un temps que le programme puisse avoir été relancé, mais depuis l'invasion de l'Irak en 2003, aucune preuve en ce sens n'a été trouvée.
  • Les nouveaux États issus de la dissolution de l'Union soviétique, tels l'Ukraine et le Kazakhstan ont rendu les ogives à la Russie et démantelé les bases nucléaires sur leur sol.
  • Les installations françaises en Algérie ont été démantelées et le pays n'a hébergé aucune arme nucléaire depuis son indépendance en 1962.
  • De même, la base britannique d'essais nucléaires en Australie a été démantelée.

Zone exempte d'armes nucléaires[modifier | modifier le code]

Zones exemptes d'armes nucléaires dans le monde
Article détaillé : Zone exempte d'armes nucléaires.

Dans plusieurs grandes régions du monde, des États se sont engagés pour une durée illimitée à ne pas développer, acquérir, tester ou posséder d'armes nucléaires. Les 5 puissances nucléaires se sont engagées à ne pas utiliser ou menacer d'utiliser des armes nucléaires contre les États parties de ces zones (« assurance négative de sécurité »)

Effets d'une bombe atomique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Explosion atomique.
Brûlures d'une femme japonaise à la suite d'une explosion nucléaire en 1945

Les principaux effets d'une arme nucléaire sont l'effet de souffle, la chaleur, l'impulsion électromagnétique et le rayonnement ionisant. Les aspects particuliers de ce type de bombe, qui la distinguent des explosifs traditionnels et en font une menace beaucoup plus importante, sont sa puissance, et les effets spécifiques dus à l'utilisation de matériaux radioactifs.

Effet de souffle[modifier | modifier le code]

L'énergie de l'explosion est beaucoup plus importante qu'avec un explosif traditionnel : un explosif traditionnel étant de l'ordre d'une tonne de TNT, l'énergie d'une arme nucléaire se mesure en kilotonnes ou en mégatonnes, soit mille à un million de fois plus.

Une onde de choc provoque un déplacement important et rapide de l'air environnant, exerçant ainsi une contrainte (pression) sur les objets environnants. Le souffle de l'explosion détruit tous les bâtiments alentour et provoque des lésions et la surdité des personnes qui sont proches de l'explosion. Une fois l'onde de choc passée, de forts vents créés par l'effet de vide (dépression, contrainte opposée) dû à l'explosion, semblables à ceux d'un ouragan, finissent de démolir les bâtiments qui seraient encore debout.

Chaleur[modifier | modifier le code]

35 % de l’énergie d'une bombe nucléaire est dissipée sous forme de rayonnements lumineux, principalement infrarouges, qui transmettent la chaleur de l'explosion. Cette chaleur est telle qu'elle peut déclencher des incendies et causer des brûlures sur les personnes jusqu'à des distances de plusieurs kilomètres. Pour donner un ordre de grandeur, une bombe de 10 Mt provoque des brûlures jusque dans un rayon de 30 kilomètres.

À cela peuvent s'ajouter des éblouissements voire plus rarement des brûlures aux rétines pour ceux qui regardent l'explosion.

Impulsion électromagnétique (IEM)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Impulsion électromagnétique.

Une explosion nucléaire provoque un déplacement d'électrons, qui crée un courant électrique. Ce courant est tel qu'il perturbe pendant un certain temps les alimentations électriques et détruit complètement la plupart des circuits électroniques.

Cet effet n'a d'incidence notable que dans le cas des explosions à très haute altitude ou dans l'espace.

Radiations[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Retombées radioactives et Bombe à neutrons.

L'effet immédiat de l'irradiation due à une arme nucléaire peut être de deux types :

  • Au moment de l'explosion, une irradiation immédiate et directe, pour les personnes proches de l'explosion, qui peut être très intense (voir Syndrome d'irradiation aiguë). Pour une arme nucléaire classique, l'irradiation ne constitue pas une menace supplémentaire, car les zones où l'irradiation est significative sont également celles où l'effet de souffle et de chaleur est très fortement destructeur. Ce n'est que dans le cas d'une bombe à neutrons que l'effet spécifique de l'irradiation est employé à des fins militaires.
  • À plus long terme, une pollution radioactive éventuelle, due aux retombées radioactives des éléments de la bombe et des éléments contaminés, qui peuvent être transportés par les mouvements d'air sur de très grandes distances. Cette irradiation est moins intense, mais plus importante du point de vue du nombre de personnes touchées. L'irradiation peut être suffisamment importante pour interdire l'accès aux zones de retombées pendant quelques jours.

Les effets à long terme sont à relativiser d'après les résultats du suivi médical des survivants de Hiroshima et Nagasaki[13],[14] :

  • Il existe bien une augmentation des taux de cancers, significative, mais moins importante que ceux liés à d'autres causes comme le tabagisme. Même pour les sujets exposés aux plus fortes doses, l'excès de cancer ne semble pas dépasser 4 % (l'incidence normale du cancer étant de l'ordre de 20 %, un excès de 4 % fait passer ce risque à 24 %, soit un « risque relatif » de 20 % d'augmentation).
  • Contrairement aux idées reçues, il n'a pas été observé d'augmentation statistiquement significative des malformations ou de troubles génétiques chez les descendants de survivants irradiés, quoi qu'une tendance se dégage[13].

Impact climatique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hiver nucléaire.

Selon certains scénarios, si une guerre nucléaire venait à être déclenchée avec l'emploi de plusieurs milliers de bombes nucléaires mégatonniques, des impacts mesurables sur le climat de la Terre pourraient se faire ressentir. Les incendies en masse déclenchés par l'effet de chaleur, ainsi que le soulèvement de la poussière, pourraient provoquer la formation d'un gigantesque manteau de suie et de poussière dans la stratosphère, qui occulterait les rayons du Soleil. Il s'ensuivrait, pendant quelques jours seulement ou plusieurs années, ce que l'on appelle communément un Hiver nucléaire.

Ces scénarios, imaginés à l'époque de la course aux armements, ne sont pas réalistes aujourd'hui : les explosions nucléaires mégatoniques de l'époque (dont le type extrême a été la Tsar Bomba) ont une fonction de propagande, mais aucun intérêt militaire[réf. nécessaire] ; les arsenaux actuels, de puissance plus limitée, ne sont pas capables d'engendrer un tel scénario.

Divers[modifier | modifier le code]

De nombreuses œuvres de fiction utilisent l'arme atomique comme élément narratif.

Article détaillé : Armes nucléaire dans les médias.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Berger, Le climat de la terre: un passé pour quel avenir ?, De Boeck Université,‎ 6 mars 1992 (ISBN 978-2804114978), p. 176
  2. Par exemple la W54 américaine de 30 kg pour 1 Kilotonne de puissance.
  3. pour une chronologie d'apparition des puissances nucléaires : (en) [vidéo] les 2053 explosions et essais de 1945 à 1998 à la surface du globe sur YouTube (avec effets visuels et sonores).
  4. a et b (en) Status of Nuclear Powers and Their Nuclear Capabilities
  5. Pascal Boniface, Contre le révisionnisme nucléaire, Ellipses, 1994
  6. FAS on Israel
  7. Il affirme de même dans son ouvrage "Histoire Secrète du Mossad: De 1961 à nos Jours" qu'Israël aurait procédé, avec l'aide de l'Afrique du Sud, à un essai sous-marin dans l'Océan Indien le 22 septembre 1979, connu sous le nom de l'Incident Vela, mais aucune certitude n'existe à ce sujet.
  8. Le 6 décembre 2006, Robert Gates, secrétaire d'État à la défense américain déclarait lors de son audition au Sénat : « l'Iran est entouré de pays dotés de l'arme nucléaire : le Pakistan à l'est, Israël à l'ouest… », une première pour un haut fonctionnaire américain. Quelques jours plus tard, le 11 décembre 2006 lors d'une interview de la chaîne de télévision allemande N24 à propos des ambitions nucléaires iraniennes, Ehud Olmert déclarait : « Pourriez-vous dire que c'est la même chose que pour l'Amérique, la France, Israël et la Russie ? ». Il a été obligé de corriger la déclaration de Robert Gates ainsi que son lapsus et a rappelé la position d'Israël sur le sujet : « Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient. C'était notre position, c'est notre position, cela restera notre position. » (fr) Le secret de polichinelle de la bombe atomique en Israël, dans le quotidien Libération du 13 décembre 2006
  9. L’AIEA lance une enquête sur un réacteur nucléaire en Syrie, sur le site de Radio France internationale
  10. L'AIEA ne note aucun progrès sur les dossiers iranien et syrien, dépêche de l'AFP reprise sur le site du Point
  11. (fr) Quand la Suisse rêvait de la bombe atomique
  12. (en) Sweden's Decision Not to Build Nuclear Weapons: Implications for Policy Today, Eric Arnett, SIPRI
  13. a et b (en) Genetic effects of the atomic bombs : a reappraisal, de William J. Schull, Masanori Otake et James V. Neel dans le volume 213, numéro 4513, pages 1220 à 1227 de Science du 11 septembre 1981
  14. (en) The study of atomic bomb survivors in Japan, de C.S. Finch dans le numéro 66 pages 899 à 901 de Am. J. Med. de 1979

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, Calmann-Lévy, Paris, 1962 ;
  • Georges Ayache et Alain Demant, Armements et désarmements depuis 1945, Complexe, Bruxelles, 1991 ;
  • Amiral Marcel Duvaille :
    • L'Arme nucléaire dans le monde : état des lieux, Défense nationale, janvier 1998 (voir aussi janvier 1997),
    • Perspectives d'avenir de la dissuasion française, Défense nationale, décembre 1996 ;
  • Général Pierre Marie Gallois, Géopolitique. Les Voies de la puissance, FEDN-Plon, Paris, 1990 ;
  • Paul-Marie de La Gorce, La Guerre et l'Atome, Plon, Paris, 1985 ;
  • Éric de la Maisonneuve, La violence qui vient, Arléa, Paris, 1997 ;
  • général Claude le Borgne, La guerre est morte, mais on ne le sait pas encore, Grasset, Paris 1987 ;
  • Livre blanc sur la Défense nationale, 1994 ;
  • Général Lucien Poirier :
    • La Crise des fondements, ISC/Economica, Paris, 1994,
    • Stratégies nucléaires, Complexe, Bruxelles, 1988 ;
  • Jacques Soppelsa, Géographie des armements, Masson, Paris, 1980 ;
  • Bruno Tertrais, L'Arme nucléaire après la guerre froide, Economica, 1994.
  • Gordon Thomas, "Histoire Secrète du Mossad: De 1951 à nos jours", Nouveau Monde Éditions, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Histoire


Divers