Minamoto no Sanetomo

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grand escalier du Tsurugaoka Hachiman-gū à Kamakura -- scène de l'assassinat de Sanetomo

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Ginkgo biloba du sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gū. Sanetomo est assassiné par son neveu Kugyo Minamoto caché derrière cet arbre.

Minamoto no Sanetomo (源 実朝, 17 septembre 1192 - 13 février 1219, r. 1203 - 1219) est le troisième shogun du shogunat de Kamakura, udaijin (de 1218 à 1219) et dernier chef du clan Minamoto[1]. Sanetomo est le deuxième fils de Minamoto no Yoritomo, fondateur du shogunat de Kamakura , sa mère est Hōjō Masako et son frère ainé Minamoto no Yoriie, le deuxième shogun de Kamakura. Son nom d'enfance est Senman (千万?)..

Biographie[modifier | modifier le code]

Minamoto no Sanetomo

Après la mort de son père Yoritomo en 1199, Hōjō Tokimasa, le grand-père de Sanetomo, usurpe tous les pouvoirs politiques et militaires du shogunat, reléguant le poste et le titre de Seii Taishogun, ou shogun, à une simple figure emblématique. Grâce à la succession héréditaire, le frère aîné de Sanetomo Yoriie devient seii Taishogun en 1202, avant d'être dépouillé du titre un an plus tard et placé en résidence surveillée pour avoir comploté contre le clan Hōjō. Peu de temps après en 1203, Sanetomo devient chef du clan Minamoto et est nommé seii Taishogun. L'année suivante, en 1204, Yoriie est assassiné par les Hōjō. Sanetomo n'a jamais été rien de plus qu'une marionnette pour sa mère Hōjō Masako, qui l'utilise comme un pion dans sa guerre avec Tokimasa - Tokimasa qui tente de déposer son petit-fils un certain nombre de fois à partir de 1205, ce qui amène Sanetomo à craindre pour sa vie le reste de ses jours.

Sanetomo, comprenant sa propre impuissance par rapport aux Hōjō et ne voulant pas subir le même sort que son frère, consacre tout son temps et son énergie à l'écriture de poèmes waka et à gagner des fonctions au sein de la cour impériale, sans pouvoir mais honoraire. Sanetomo est un poète de talent qui écrit plus de 700 poèmes waka entre 17 et 22 ans sous l'influence de Fujiwara no Teika et publie l'anthologie Kinkai Wakasyū (金槐和歌集) dont un poème tanka est inclus dans l'anthologie Hyakunin isshu, (100 poèmes de 100 poètes), remarquable collection de poèmes japonais de l'époque de Heian et du début de l'époque de Kamakura. Sanetomo accède même au troisième plus haut poste de le cour impériale, udaijin (ministre de la droite ou vice-premier ministre) en 1218[1]. Il se laisse finalement aller à l'inactivité et au désespoir, en proie à la peur de l'assassinat et tourmenté par son alcoolisme chronique (une addiction que le prêtre Eisai essaye une fois de rompre en remplaçant l'alcool avec par du thé).

Assassinat[modifier | modifier le code]

Article principal : Kugyō (Minamoto no Yoshinari).

Sous une lourde neige au soir du 13 février 1219 (ère Jōkyū 1, 26e jour du 1re mois), Sanetomo descend su sanctuaire supérieur au Tsurugaoka Hachiman-gū après avoir assisté à une cérémonie pour célébrer sa nomination au poste d'udaijin[2]. Son neveu Kugyō (Minamoto no Yoshinari), (fils du deuxième shogun Minamoto no Yoriie), sort de côté de l'escalier de pierre de l'autel puis soudain l'attaque et l'assassine[2]. Pour cet acte, il est lui-même décapité quelques heures plus tard[2], entraînant de ce fait la fin soudaine de la lignée Seiwa Genji du clan Minamoto et de sa domination sur Kamakura.

Kujō Yoritsune succède à Minamoto no Sanetomo comme quatrième shogun du shogunat de Kamakura.

Ères du bakufu de Sanetomo[modifier | modifier le code]

Les années au cours desquelles Sanetomo est shogun sont spécifiquement identifiées par plus d'un nom d'ère ou nengō.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Cénotaphe en l'honneur de Sanetomo au cimetière du Jufuku-jià Kamakura.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nussbaum, Louis-Frédéric. (2005). Minamoto no Sanetomo in 'Japan Encyclopedia, 633-634 sur Google Livres
  2. a, b et c Azuma Kagami; Mutsu (1995/06: 102-104)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frank Brinkley et Dairoku Kikuchi, A history of the Japanese people from the earliest times to the end of the Meiji era, The Encyclopædia Britannica Co.,‎ 1915 (lire en ligne)
  • 神谷道倫, 深く歩く鎌倉史跡散策上,‎ 2006 (ISBN 978-4-7740-0340-5)
  • Jeffrey P. Mass, Court and Bakufu in Japan, Stanford University Press,‎ 1995 (ISBN 978-0-8047-2473-9, lire en ligne)
  • David Murray, Kentarō Kaneko, Kentaro Kaneko (baron.), Albert White Vorse, Japan: Continuing the history to the close of 1905, with the provisions of the treaty of Portsmouth between Russia and Japan, and supplementary chapters, Putnam,‎ 1906 (lire en ligne), p. 504
  • Mutsu, I., Kamakura; Fact and Legend, PeriplusEdition,‎ 1995 (ISBN 978-0-8048-1968-8)
  • Ponsonby-Fane, Richard Arthur Brabazon. (1962). Sovereign and Subject. Kyoto: Ponsonby Memorial Society. OCLC 1014075
  • Louis Frédéric et Käthe Roth, Japan enciklopedia, Harvard University Press,‎ 2002 (ISBN 978-0-674-01753-5, lire en ligne)
  • Siyun-zai Rin-siyo, Annales des empereurs du Japon, Oriental Translation Fund,‎ 1834 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]