Teinture

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Des fils séchant après avoir été teints selon une méthode traditionnelle américaine.

La teinture est l'action de modifier la couleur d'un support par absorption d'un colorant. Elle est utilisée en cosmétique pour les cheveux et la peau, en ameublement pour teinter les bois ou les textiles, en confection pour les vêtements, en maroquinerie pour le cuir, en peintureetc. Le terme teinture désigne également la substance colorante elle-même.

Sommaire

Historique[modifier | modifier le code]

L'indigo, une teinture bleue extraite de l'indigotier, est une des plus vieilles teintures connues : des traces en ont été retrouvées sur des vêtements tissés de l'Égypte antique[1]. En 1000 av. J.-C., le port de Tyr était réputé pour la pourpre[1]. En 1850, la découverte des sels de chrome comme mordant pour fixer la teinture dans les fibres du tissu permet la réalisation de teintures dont les couleurs ne déteignent plus[1]. En 1856, William Henry Perkin découvre par hasard — par sérendipité — la mauvéine (alors qu'il tentait de synthétiser de la quinine), qui a la propriété de teindre la soie et qui a donné naissance à toute une famille de teintures[1]. La garance et l'indigo furent synthétisés respectivement en 1869 et en 1897. Ces molécules synthétiques résistent très bien au lavage. Depuis le début des années 1990, l'emploi des colorants de synthèse dans le secteur du textile est soumise à une règlementation stricte car certains produits utilisés auparavant libéraient des substances cancérigènes[2].

Teintures naturelles[modifier | modifier le code]

Teintures naturelles sur un étalage de marché en Inde.

Les teintures suivantes sont surtout employées en teinture artisanale.

Teintureries Industrielles[modifier | modifier le code]

En teinturerie industrielle on distingue deux sortes de teintureries :

  1. La « teinturerie à façon » reçoit et traite de la marchandise qui ne lui appartient pas. Elle a pour mission de transformer la marchandise textile écrue ayant peu de valeur ajoutée, en une marchandise ennoblie à haute valeur ajoutée. Ce genre d'entreprise possède généralement un parc de machines très important et très diversifiés étant donné qu'elle doit faire face à des demandes très diverses de la part de la clientèle. Elle est responsable de la marchandise qui lui est confiée et doit par conséquent faire face en cas de dégradation de la marchandise.
  2. La « teinturerie intégrée ». La teinturerie intégrée est un département faisant partie d'une entreprise dont la vocation première est un tissage, une bonneterie ou une filature. Pour des raisons diverses (prix de revient, délais de fabrication, souplesse de réaction par rapport à la mode, etc.), ces entreprises ont choisi d'avoir leur propre teinturerie et devenir ainsi indépendante des teintureries à façon. En outre, certains ont leurs propres ateliers de confection. Dans ces entreprises, le parc de machines est plutôt limité à ce que fait l'entreprise (il ne sera pas le même dans un tissage ou dans une bonneterie ou dans une filature). En cas de problèmes lors de la teinture, il est plus aisé de trouver un compromis puisque l'on travaille pour soi.

Caractère industriel des teintureries[modifier | modifier le code]

La teinturerie peut être considérée comme une industrie artisanale. Le côté industriel se retrouve dans les structures et infrastructures que doit posséder une teinturerie. Le côté artisanal tient au fait qu'en partant d'un procédé de base, l'interprétation qu'en fait le teinturier diffère en fonction des machines dont il dispose, de la présentation de la marchandise à teindre (bourre, fils, tricot, tissus, tapis, dentelles, passementerie, lacets, cordes pour saucissons, etc.), de l'usage auquel l'article est destiné, du prix que le donneur d'ordre est prêt à payer, etc.

Il y a autant de procédés de teinture qu'il y a de teinturiers, c'est pourquoi ce qui suit ne donne qu'un aperçu du comment cela peut se faire. Il serait en effet trop long et de toute manière incomplet de donner le détail des opérations qu'une marchandise textile subit avant d'arriver entre les mains de l'usager final. Il faut également tenir compte que beaucoup d'articles à teindre sont composés de mélanges de fibres et que par conséquent il faut faire des compromis pour ménager le textile.

Qualités des teintures[modifier | modifier le code]

D'une manière générale, une teinture doit correspondre à l'usage auquel l'article une fois terminé sera soumis. On utilise à cette fin le terme de « solidité » qui n'a rien à voir au point de vue de la résistance d'un article.

Les principales solidités auxquelles un textile doit faire face sont :

Le teinturier choisira la classe de colorant en fonction de l'usage que le client lui indiquera. Les solidités d'un article maillots de bain n'ont rien à voir avec les draperies ou les sous-vêtements. Certaines classes de colorants sont réputées pour leur hautes voire très hautes solidités, pour un prix croissant. Il existe, dans chaque classe de colorants, de très bons produits pour des usages spécifiques, ce sera donc de commun accord que le donneur d'ordre et le teinturier, par l'intermédiaire du représentant, choisiront ce qu'il y a lieu de faire. Pour le donneur d'ordre et le teinturier, d'autres facteurs interviennent. Avant tout une teinture doit être à la nuance, qui doit être assortie avec d'autres articles, demandée par le client. Les défauts à éviter seraient une nuance trop claire, trop foncée, trop terne, trop vive, sale, etc.

Il faut ensuite que la teinture soit uniforme sur toute la surface de la marchandise et pénétrée au cœur de la marchandise. Il faut également qu'elle soit exempte de certains défauts que la fabrication peut engendrés tout au long du cycle de la teinture, comme des taches claires, foncées ou grasses, des trous, des plis marqués, des frottements usés ou brillants. Il faut aussi que d'un bain à l'autre il y ait une reproductibilité de la nuance, c'est l'aspect de la teinture le plus difficile à respecter. Et qui est généralement la source des plus grands conflits entre les intéressés. Il arrive que l'on ne puisse améliorer une passe non conforme pour la nuance, cela se solde par un compromis, une réduction de prix, etc.

La perception des couleurs varie d'un individu à l'autre et est fonction de la lumière et de l'environnement dans lequel on se trouve, ceci était cause de litiges même au sein de l'entreprise, entre le teinturier/coloriste et le représentant par exemple. Pour pallier cela, de plus en plus, les nuances sont passées dans un spectro-photomètre qui mesure la chaleur de nuances et édite un rapport de correspondance entre la demande et le produit obtenu. Avec une certaine tolérance. Toutefois, les écarts de tolérances entre deux bains sont tels, que dans certains cas il faut revenir à l'appréciation humaine. Par exemple, pour un coloris beige type client, une première teinture est réalisée et est à l'issue de la teinture légèrement différente du type client, en théorie et en pratique, on va corriger par un apport de ce que le teinturier/coloriste estime ou ce que le spectro-photomètre indique. Il arrive que le reproductibilité ne soit pas encore suffisante, une nouvelle correction est apportée. Il arrive qu'à un moment, on ne puisse plus améliorer. Des choix s'imposent, ou on démonte la nuance (on détruit la teinture) et on recommence en espérant faire mieux (ce qui n'est pas garanti) ou on soumet la nuance obtenue au client. Celui-ci pour diverses raisons (besoin urgent de la marchandise, négociation sur le prix, etc.) peut accepter le coloris légèrement différent. Sur un suivi de bain (plusieurs commandes successives dans le même coloris) il arrive ainsi que les écarts entre les bains soient tels que la tolérance autour du type initial ne soit plus acceptable. Le spectro-photomètre acceptera l'écart par rapport au type, alors que l'œil, par comparaison entre les productions, ne pourra pas l'accepter. Ceci est un peu compliqué à expliquer, mais sur le terrain, à la vue des échantillon, cela saute aux yeux.

Généralités sur les teintures[modifier | modifier le code]

La teinture et tous les traitements qui s'y rapportent ont plutôt tendance à dégrader les fibres qui sont traitées. L'art du teinturier consiste à teindre ces matières en respectant le plus possible les qualités intrinsèques de la marchandise. Suivant la provenance de la matière, ces qualités intrinsèques peuvent être très différentes. Ainsi les articles destinés aux hôpitaux (draps par exemple), doivent satisfaire à des critères de qualité très élevés. Idem pour les articles destinés à l'armée. Un des critères pris en compte est le DP (degré de polymérisation) qui doit rester très élevé. Certains cotons à l'état non traités ayant des valeurs inférieures dès le départ ne pourront donc pas être utilisés pour ce type d'application.

Il en va de même pour la laine, où non seulement la race de mouton intervient mais aussi la partie du corps d'où elle provient.

Lorsqu'un teinturier rate la teinture, il ne jette pas la marchandise (celle-ci appartient à son client et il doit la restituer). Ainsi il va devoir reprendre cette marchandise et tenter de l'améliorer. Pour cela, il lui faudra « démonter » (ce qui veut dire détruire les colorants qui ont été appliqués) la teinture avec des agents agressifs qui vont non seulement détruire les colorants, mais également diminuer les solidités intrinsèques des fibres concernées. Ensuite, il faudra reteindre en espérant que le défaut ait disparu. Il arrive ainsi que l'on achète un article qui soit déjà de moindre qualité tout en étant neuf. Si l'on n'arrive pas à une amélioration de la partie ratée, la marchandise passe en second choix, voire en troisième choix.[réf. nécessaire]

Principales classes de colorants utilisés actuellement[modifier | modifier le code]

Colorants pour fibres d'origine cellulosique[modifier | modifier le code]

Voici une liste non exhaustive des colorants pour fibres d'origine cellulosique :

  • colorants directs ;
  • colorants réactifs ;
  • colorant au soufre ;
  • colorants Indigo ;
  • colorants de cuves ;
  • colorants leuco-dérivés des colorants de cuves ;
  • naphtols, etc.

Quelques autres sont moins utilisés actuellement, ou ne le sont plus, parmi lesquels les colorants basiques.

Colorants pour fibres d'origine animale[modifier | modifier le code]

Voici une liste non exhaustive des colorants pour fibres d'origine animale :

  • colorants acides (foulons, acide faible, acides forts) ;
  • colorants à mordant (pré-chromage, chromage simultané, post-chromage) ;
  • colorants réactifs ;
  • colorants de cuve ;
  • colorants métallifères 1.1 et 1.2 ;
  • colorants basiques ;
  • colorants directs (quelques éléments seulement), etc.

Colorants pour fibres artificielles type di et tri-acétate de cellulose[modifier | modifier le code]

Parmi les colorants pour fibres artificielles type di et tri-acétate de cellulose figurent les colorants dispersés ou plasto-solubles.

Colorants pour fibres synthétiques[modifier | modifier le code]

Voici une liste non exhaustive des colorants pour fibres synthétiques :

  • Colorants cationiques et dispersés pour fibres acryliques et fibres polyester ;
  • Colorants acides, métallifères 1.1, 2.1, dispersés pour les polyamides.

Dans le cas de mélanges de fibres, une sélection est faite et la teinture se déroule en une ou deux étapes.

Teinture et présentation des matières à teindre[modifier | modifier le code]

La teinture peut intervenir à différents stades de la production. La matière peut se présenter sous forme :

  • de bourre (cela ressemble à de la ouate) ;
  • de mèches de peigné (de la bourre peignée) ;
  • de fils (en bobines, en écheveaux, en fuseau, sous forme de chaîne ourdie) ;
  • de pièces (tissus, tricots, tresses, dentelles, filets, tapis) ;
  • de panneaux à assembler après teinture, de vêtements confectionnés ;
  • de ficelles pour salaisons, de bas, de lacets, de ruban Velcro, de plumes.

Pour chaque stade de fabrication, le matériel de teinture sera différent et la technique de teinture adaptée.

Teinture et machines utilisées en fonction de l'état de la marchandise[modifier | modifier le code]

Actuellement, toutes les machines servant à traiter le textile sont en acier inoxydable.[Quand ?]

La teinture se fait :

  1. Par empaquetage : bourre et écheveaux ; la marchandise est immobile, le bain circule au travers dans les deux sens ;
  2. par pulvérisation d'une solution de colorant et fixation par vaporisage : fils et ruban de peigné à la continu ;
  3. par points de contact : ruban de peigné ;
  4. par épuisement avec des machines à guindres (bâtons en porcelaine à plusieurs côtés et qui sont mis en mouvement afin de faire circuler l'écheveau) : écheveaux à l'air libre ou en armoire ; la marchandise circule ;
  5. par épuisement avec des machines pour bobines (le fil est enroulé sur un support perforé) : la marchandise est immobile, le bain circule au travers dans les deux sens (intérieur extérieur, extérieur intérieur) ;
  6. pour les panneaux : dans des barques (cuves munies d'un cylindre à 3 ou 4 battants qui donne un mouvement au bain et déplace ainsi les filets contenant les panneaux) à palettes de différents modèles ;
  7. pour les bas nylon : par pulvérisation et vaporisage mis sur forme (Les bas sont glissés sur une forme de la taille voulue) ou avec la barque à palette ; les bas sont teints dans des filets puis mis sur forme pour sécher et fixer la taille ;
  8. pour les vêtements confectionnés : dans des machines à tambour semblables à des machines à laver industrielles ;
  9. pour les tricots : en boyau sur barques à tourniquet (cuves en inox, surmontées d'un cylindre rond ou ovale, qui sert de tracteur pour la marchandise ; ces machines sont ouvertes ou fermées), barques haute température, Jet (machine de teinture destinée à remplacer les barques et pouvant teindre sous pression), et d'autres machines qui ont été plus ou moins abandonnées depuis l'arrivée des Jet.
  1. Pour les tissus, il y a deux possibilités :
    • en discontinu ;
    • en boyau sur les mêmes machines que le tricot, au large sur barque à étoile : le tissu est piqué par les lisières sur des crochets, le support est une spirale, puis le tissu est tendu (utilisé pour les tissus très délicats) (cravates par exemple).
  1. Au large sur jigger (machine avec deux cylindres tracteurs, le tissu est tendu entre les deux et passe dans un bain, la machine fait des va-et-vient en imprégnant la marchandise à chaque passage) et jigger haute température ;
  2. au large dans des autoclaves (machines qui permettent de teindre au-dessus de 100 °C), le tissu est enroulé sur une ensouple perforée, la matière est immobile et le bain circule à l'aide de pompes puissantes de l'intérieur vers l'extérieur et vice versa ;
  3. Au large sur foulard (le tissu passe dans un bain et puis est exprimé entre deux cylindres en caoutchouc, 20 tonnes au cm2 en général, un passage suffit) de placage ou d'imprégnation suivi d'un développement après réaction ;
  4. à la continu ;
  5. au large sur foulard (imprégnation) suivi d'un séchage et d'une thermofixation (passage pendant 30 à 60 secondes dans un four chauffé (air sec) entre 180 °C et 220 °C suivant le cas) pour le polyester ;
  6. au large sur foulard (imprégnation) suivi d'un vaporisage (passe dans une armoire dans laquelle la température est obtenue par de la vapeur 110 à 120 °C quelques secondes suffisent) pour d'autres fibres.

Teinture et propriétés[modifier | modifier le code]

Un article teint, quelle que soit sa présentation, doit répondre aux critères suivants :

  1. avoir le coloris (nuance en jargon textile) demandé par le client. ;
  2. avoir une teinte uniforme lisière-centre-lisière et début-fin de pièce, afin de pouvoir assembler les panneaux qui constitueront un vêtement dans le cas de teinture en pièce par exemple ;
  3. être exempt de taches ;
  4. répondre à des critères de solidités en rapport avec l'usage auquel l'article est destiné (par exemple un article pour maillot de bain doit posséder des solidités différentes de celles d'un article d'ameublement ou d'habillement).

Propriétés et solidités[modifier | modifier le code]

Le terme « solidités » a pour sens ici la capacité pour un ou des colorants donnés à une intensité de nuance à résister à ce qu'un textile doit supporter tout au long de son existence : exposition à la lumière, au lavage, à l'eau de mer, au soleil direct ou derrière une vitre, etc.

Ces solidités sont évaluées suivant une échelle de bleu qui va de 1 à 8 pour les solidités lumière et sur une échelle de gris qui va de 1 à 5 pour les autres. Par exemple, l'échelle de bleu est constituée d'une bandelette de tissu tissée avec 8 bleus différents dont on connait la solidité à la lumière. Le moins résistant est placé à une extrémité et le plus à l'autre. À l'issue du test, on compare la dégradation de l'échantillon à tester avec celui de l'échelle des bleus. On attribue ainsi la cotation correspondante.

Les modalités d'exécution des tests sont définies par des normes internationales. Ces normes répondent à des critères stricts et bien définis. Il existe des tableaux de correspondance entre les normes NF, DIN et ISO.

Tous les colorants n'ont pas les mêmes solidités, certains sont très bons en nuances foncées et médiocres dans les tons pâles ou vice versa. La sélection utilisée dépendra donc de l'usage futur du textile à teindre. Ainsi, le prix auquel sera vendu un colorant au teinturier sera tributaire des solidités que ce colorant donne et du volume d'achat. Un colorant n'a pas le même prix de vente dans toutes les entreprises, ce qui explique des prix de revient finaux différents.

Les principales solidités auxquelles les textiles teints doivent répondre sont : solidités à la lumière, solidités au lavage froid, à 40 °C, 60 °C, 95 °C, solidité à l'eau, solidité au chlore, solidités au nettoyage à sec, solidités au dégorgement, solidités au frottement, solidités à l'abrasion, solidité à la sueur acide ou alcaline, etc.

Les solidités peuvent être altérées par les différents apprêts chimiques que l'on applique sur le textile afin de lui conférer des propriétés de confort. L'altération dans ce cas-ci est essentiellement un virage de nuance (plus bleu, plus rouge, plus sale, plus terne) dont il faut tenir compte, et la cotation est ici aussi de 1 à 5.

Produits chimiques utilisés le plus fréquemment en teinturerie[modifier | modifier le code]

Cette liste n'est pas limitative :

Adjuvants ou auxiliaires utilisés dans le textile[modifier | modifier le code]

L'eau est le premier produit du teinturier. Dans beaucoup d'entreprises, c'est le teinturier qui est responsable de la qualité de son eau. Il s'occupe de l'adoucissage de celle-ci et de la bonne maintenance des épurateurs ou dispositifs analogues. Il faut une eau sans calcaire, sans métaux et sans microorganismes.

Ensuite viennent (liste non limitative) :

  • adjuvants (ces produits peuvent être anioniques, non ioniques ou cationiques, parfois ce sont des mélanges) utilisés lors de la préparation :
    • produit d'origine naturel. Savon de Marseille, enzymes ;
    • produits de synthèse :
      • produit mouillant, diminue la tension superficielle et permet une meilleure action des autres produits mis en œuvre ;
      • remouillant, essentiellement utilisé pour les tissus éponges en fin de traitement afin qu'ils absorbent l'eau ;
      • détergent, exerce un action de lavage ;
      • dispersant, maintien en suspension ce qui a été enlevé par le détergent ;
      • émulsionnant (ou émulgateur), utilisé lorsque la marchandise est souillée par des huiles ou des graisses difficilement saponifiables ;
      • complexant du calcaire, du fer, neutralise les effets négatifs du calcaire ou de la présence de fer dans l'eau ;
      • antiredéposantetc.

Ces produits ont des molécules actives très diverses et sont souvent vendus en mélanges. Certains sont réservés à des usages très spécifiques (grande résistance aux bases ou aux alcalis par exemple).

Ils sont utilisés seuls ou en combinaison avec des produits chimiques.

Adjuvants utilisés lors de la teinture :

    • produits de synthèse :
      • produit mouillant (pour aider la pénétration des colorants au sein de la fibre) ;
      • dispersant (pour éviter les agglomérats de colorants susceptibles de provoquer des taches) ;
      • lubrifiant (facilite le déplacement des plis lors de la teinture en boyaux, évite les traces de frottement contre le métal, permet de faire circuler la marchandise à très grande vitesse) ;
      • agent d'unisson ou de blocage (forme un complexe avec le colorant qui se libère au fur et à mesure de l'élévation de la température) ou (monte sur la fibre comme un colorant dès le début de la teinture et est progressivement remplacé par le colorant au fur et à mesure de l'élévation de la température) les deux sont parfois combinés ;
      • carrier, porteur ou véhiculeur (provoque le gonflement des fibres de polyester lors de la teinture et permet ainsi la pénétration des colorants) ;
      • antimousse, (évite la formation de mousse préjudiciable à la bonne circulation de la marchandise) ;
      • antioxydant, diminue l'action négative de l'oxygène de l'air lors des teintures avec des colorants réduits.

Auxiliaires utilisés lors des apprêts conjointement aux apprêts mécaniques : adoucissant, imperméabilisant, hydrofugeant, résine, gonflant, silicone : tous ces produits peuvent être de différentes nature et donnent des effets plus ou moins permanents.

Chacune de ces grandes familles peut contenir des substances actives très différentes. Par exemple pour les adoucissants, on retrouve les adoucissant proprement dit, les produits gonflants, les produits lustrants, les produits glissants. Les uns sont permanents, les autres le sont moins. Certains ne s'appliquent que sur une sorte de fibre, d'autres sont polyvalents.

Un bain d'apprêt peut contenir tout à la fois, un adoucissant, une résine, un imperméabilisant et un catalyseur. Ce qui donne un tissu imperméable, relativement infroissable avec un toucher plutôt agréable.

Opérations préparatoires à la teinture[modifier | modifier le code]

Le but de ces opérations est de préparer la marchandise afin qu'elle soit débarrassée de toutes les impuretés qu'elle peut contenir :

  • amidon, pectines, graisses, huile de filature, paraffine, souillures diverses ;
  • finalement, il faut une matière propre, parfaitement hydrophile ;
  • le danger de toutes ces opérations réside dans le fait que ce sont des opérations blanches ;
  • une mauvaise exécution aura comme conséquence une teinture mal unie ou peu solide au lavage et au frottement sans que pour autant ce soit la teinture qui soit fautive. La teinture ne servira que de révélateur.

Tous ces traitements vont contribuer à la relaxation des tissus et tricots qui ont été fortement étirés lors du tissage et du tricotage. Les conséquences sont une perte en largeur et en longueur des pièces, ainsi qu'une perte de poids variable d'un article à l'autre.

Encollage[modifier | modifier le code]

Bien que ce ne soit pas le teinturier qui applique ce traitement, il a tout intérêt de connaitre la nature de l'encollage pour savoir comment l'éliminer.

Les tisserands considèrent bien souvent que la composition de leur encollage est un secret.

But de l'encollage : pendant le tissage la chaine est soumise à une tension assez forte afin de permettre la passage du fil de trame. Pour améliorer la résistance des fils, on encolle les fils de chaine (sauf pour les fils synthétiques). Un bain d'encollage se compose d'amidon (fécule de pomme de terre), d'un mouillant, de cires et d'eau. Les fils sont imprégnés et séchés. Lorsqu'un tissu est réalisé avec une chaine encollée à l'amidon, il faudra procéder au désencollage avant la teinture. Il existe des encollages sans amidon, qui s'éliminent par simple lavage. Pour accélérer la cadence de production, certains tisserands augmentent outre mesure la quantité d'amidon dans les bains d'encollage. Les chaines sont également sur-encollées lorsque l'on a affaire à des fils de moindre qualité.

Désencollage[modifier | modifier le code]

But : élimination de l'encollage (solution visqueuse composée d'amidon, d'un mouillant, d'un lubrifiant appliqué sur les fils de chaine afin de former un film ; on augmente la résistance à la traction des fibres pour le tissage). C'est le premier traitement qu'un tissu subit. On teste la présence d'amidon avec une solution d'iode, une tache bleu marine signale la présence d'amidon, une tache jaune-or son absence ou le fait que l'opération de désencollage est terminée. Pour éliminer l'encollage, on utilise le plus souvent une enzyme qui transforme l'amidon insoluble en sucre soluble. Cela se pratique en plein bain ou au foulard d'imprégnation. Les conditions d'élimination varient avec le type d'enzyme de 40 à 95 °C, la quantité d'amidon, le travail mécanique. Un agent mouillant et un dispersant sont généralement ajoutés pour faciliter le travail de dégradation de l'amidon. Il est indispensable d'éliminer l'encollage, car le colorant se fixerait partiellement sur lui. Les conséquences seraient désastreuses pour les solidités de la teinture.

Débouillissage[modifier | modifier le code]

But : élimination des cires naturelles et les pectines contenues dans le coton. Il n'est pratiqué que sur coton. La marchandise est imprégnée d'une solution contenant un mouillant, un alcali mis en vrac dans des cuves appelées "Kier" et laissée ainsi pendant une nuit. On peut aussi faire un traitement dans l'appareil de teinture avec les mêmes produits et un détergent, à 95 °C pendant 1 heure. Parfois, il faut faire 2 traitements.

Lavage[modifier | modifier le code]

But : élimination d'un encollage sans amidon, ou un simple lavage comme préparation. La présence d'alcali n'est pas toujours nécessaire ; la température variera en fonction des besoins.

Blanchiment[modifier | modifier le code]

Le blanchiment est indispensable lorsque l'on veut obtenir des nuances claires, ou vives. Les nuances foncées peuvent faire exception pour autant que la marchandise ne contienne pas de coton mort (le coton mort ne se teint pas). Les conditions et les produits utilisés pour le blanchiment varient suivant l'origine des fibres en présence. Les fibres synthétiques pures ne se blanchissent généralement pas, elles sont blanches naturellement (exception : lorsque le coloris demandé est blanc).

Dégraissage[modifier | modifier le code]

But : élimination du suint (graisse naturelle de la laine) de la laine. Ce traitement est généralement utilisé lors de la préparation de la laine. C'est un traitement doux avec des détergents et un alcali doux à basse température. La laine résiste mal aux traitements alcalins, d'autant plus que la température est élevée (Cela provoque un feutrage non souhaité).

Décreusage ou dégommage[modifier | modifier le code]

But : élimination du grès (« bave » du ver à soie lors de la production du cocon) . C'est un traitement spécifique de la soie naturelle. Il y a une grande perte de poids, compensée en finition par ce qu'on appelle « la charge de la soie ».

Désenzymage[modifier | modifier le code]

But : élimination des enzymages (lubrifiants spéciaux) appliqués sur les fils synthétiques (surtout pour le tricot). Bien souvent, ils sont solubles et s'éliminent facilement, mais comme on en met toujours trop, on pratique généralement un premier rinçage suivi d'un lavage.

Flambage ou grillage[modifier | modifier le code]

But : élimination des fibres pelucheuses du tissu afin de mettre en évidence la croisure du tissu. Il se pratique sur fil et sur tissu. Il se fait généralement avant le blanchiment (parfois après teinture pour des nuances foncées). La marchandise à flamber passe à grande vitesse sur des rampes à gaz (petite ou grande flamme). Les fibrilles sont brûlées jusqu'au cœur de la croisure. Le tissu est ensuite blanchi. Le grillage donne un résultat moins poussé (on passe le tissu sur des plaques de cuivre chauffées).

Gaufrage[modifier | modifier le code]

But : modifier la surface d'un tissu, grains, légers reliefs de forme choisie. Cela se fait sur des tissus de diacétate de cellulose (qui sont partiellement plastiques). Le tissu sec et sans plis passe entre deux cylindres métalliques chauffés, dont l'un possède des reliefs (gaine en forme de tube interchangeable). Sous l'effet de la pression et de la température, on crée l'effet recherché.

Préfixage[modifier | modifier le code]

But : éviter un défaut que l'on appelle « cassures » (ce sont des plis fixés lors de la teinture en boyaux).

Le préfixage ne vise que les fibres synthétiques (polyester et polyamide) et leurs mélanges ; son but est multiple : fixer la largeur, donner de la stabilité dimensionnelle, etc.

Pour cela, on utilise des rames (largeur contrôlée) ou des cylindres chauffants (largeur non contrôlée). Les rames sont des machines dans lesquelles le tissu passe au large, il est étiré progressivement à la largeur souhaitée en passant dans des chambres chauffées jusqu'à 220 °C (la température dépend de la marchandise et du type de mélange, mais ne peut valablement être inférieure à 180 °C, sinon il n'y a pas d'effet). La durée de traitement dépend du poids au mètre carré du tissu, de la longueur de la rame, de la fibre synthétique concernée, de la température et de la(des) fibre(s) d'accompagnement dans le cas d'un mélange.

Les inconvénients du préfixage sont :

  • un jaunissement de la fibre (rame à gaz), en particulier pour les polyamides. Ce problème peut être atténué en utilisant des antioxydants par foulardage à l'entrée de la rame. L'utilisation d'une rame à fluide atténue considérablement le problème de jaunissement du polyamide ;
  • une perte de l'élasticité pour les tissus ou tricots à base d'élasthane. Pour compenser cette perte d'élasticité, il est préférable d'utiliser un élasthane avec un titrage supérieur, lors du tricotage.

Préformage[modifier | modifier le code]

But : identique au préfixage. Il se fait uniquement sur fibres synthétiques. Généralement réservé au tricot, le préformage se fait par enroulement sur une ensouple perforée et traitée avec de l'eau à 130 °C pendant 60 minutes.

Détortionnage[modifier | modifier le code]

But : enlever les vrilles des pièces sur la longueur lorsqu'elles ont été teintes en boyaux. La machine se compose d'un plateau rotatif (sur lequel on met le bac contenant la marchandise en boyau), d'une fourchette (placée en hauteur qui commande le changement de sens de rotation du plateau). Elle ne sert que pour remettre les pièces au large (grâce à des ouvreurs) afin de passer dans les machines suivantes.

Suçage[modifier | modifier le code]

But : éliminer au maximum l'eau contenue dans le tissu ; ce dispositif est généralement couplé avec la détortionneuse ; le tissu au large passe à plat sur une rampe avec des fentes placées en biais. Un pompe à vide aspire l'air et l'eau de l'extérieur vers l'intérieur de la rampe.

Essorage[modifier | modifier le code]

But : Éliminer l'eau avant séchage. Il est réservé au tricot, aux panneaux teints, aux vêtements confectionnés, aux bobines, aux écheveaux.

Crabbing[modifier | modifier le code]

But : obtenir un retrait brutal de la marchandise, ce qui correspond en quelque sorte à un fixage. Cette opération se pratique exclusivement sur laine lorsqu'il y a des risques de cassures lors de la teinture. Comment : Le tissu est passé dans de l'eau bouillante, au large, sans tension et sans plis.

Séchage[modifier | modifier le code]

But : Le séchage a pour but de sécher la marchandise en attendant le traitement suivant. Il est facultatif. Comment : Plusieurs appareils de conception différentes permettent le séchage. La température de séchage varie de 80 à 120 °C suivant la composition de la matière.

Opérations spécifiques à certaines fibres textiles[modifier | modifier le code]

Les traitements ci-dessous ne sont pas applicables à toutes les fibres textiles, dans certains cas elles ils sont même spécifiques à une fibre donnée.

Mercerisage[modifier | modifier le code]

Il ne se pratique que sur du coton, en écheveaux ou en pièces (uniquement sur du coton peigné). La fibre de coton est plate et mate, le mercerisage fait qu'elle devient ronde et brillante. Une fois mercerisée, il faut moins de colorants pour atteindre une même nuance. Le principe est le suivant : le coton est imprégné par une solution très concentrée de soude caustique additionnée d'un mouillant résistant. Cela se fait avec une merceriseuse, à froid, avec ou sans tension suivant l'effet recherché. Le tissu est ensuite rincé et neutralisé. Il passe au blanchiment ensuite. Le tissu est désencollé avant le mercerisage. Parfois cela se pratique après teinture ; il faut alors sélectionner des colorants résistants au mercerisage.

Caustification[modifier | modifier le code]

Elle a pour but d'obtenir un certain touché sur du coton cardé. Le tissu est imprégné avec une solution de soude caustique, puis repose, est rincé et neutralisé.

Carbonisage[modifier | modifier le code]

Il ne se pratique que sur de la laine pure pour carboniser les restes de végétaux contenus dans la laine et qui ne seraient pas teints par la suite. La laine est traitée dans une solution concentrée d'acide sulfurique, qu'on laisse agir, ensuite la marchandise est rincée, neutralisée, puis battue pour éliminer les cendres des végétaux brûlés. Parfois cela se pratique après teinture ; il faut alors sélectionner des colorants résistants au carbonisage.

Foulonnage[modifier | modifier le code]

C'est un traitement spécifique pour la laine qui provoquer un certain retrait soit en longueur, soit en largeur, soit dans les deux sens. Ce travail se fait avec un foulon, le tissu est entrainé dans un couloir étroit, bourré au travers d'une trappe et maintenu par un clapet afin de provoquer un tassage. Les crochets de la laine aident à cette rétraction ; pour aider, on utilise une solution savonneuse et de l'alcali.

Feutrage[modifier | modifier le code]

C'est un traitement spécifique pour la laine de façon à transformer un tissu en feutre. Le principe est analogue à celui du foulonnage, mais en plus agressif ; le traitement exige un enchevêtrement des fils de chaine et de trame assez poussé.

Bio-polish[modifier | modifier le code]

C'est un traitement spécifique de la fibre Tencel et Lyocell[Quoi ?].

  • But : obtenir un toucher satiné, nerveux et craquant. On utilise une enzyme spéciale qui dégrade la surface des fils, ensuite on applique un apprêt spécial.

Opérations de finissage et apprêts mécaniques[modifier | modifier le code]

Après teinture et séchage, les pièces subissent un contrôle intermédiaire avant de passer au stade de la finition. La finition en textile se nomme « apprêt ». Les principaux apprêts demandés sont tributaires de la destination du textile ou de la mode.

Par exemple, les sous vêtements sont adoucis et parfois traités avec un fongicide. Les tissus d'ameublement avec des charges leur donnant un effet plombant (tenture). Le linge de table, les vêtements de dessus, etc. répondent tous à des demandes spécifiques et ces demandes varient d'un client à l'autre.

L'apprêteur est un métier aussi difficile que teinturier dans la mesure où à son niveau tout est encore plus subjectif. Il doit être à même de gérer non seulement les propriétés mécaniques et physiques du textile mais aussi son toucher, sa main, son gonflant, sa douceur, sa sensation de toucher gras ou sec, etc. D'un client à l'autre ces notions changent, parfois très fortement.[évasif]

Dans les petites et moyennes entreprises le teinturier est également l'apprêteur.

Ensuite commencent, suivant le cas, les apprêts mécaniques. Aucun atelier d'apprêt ne possède toutes les machines d'apprêt.[réf. nécessaire]

Foulardage[modifier | modifier le code]

But : distribuer le bain d'apprêt uniformément sur toute la largeur et la longueur du bain de teinture à traiter. La principale machine pour apprêter est le foulard d'apprêt (identique aux autres foulards utilisés en teinturerie). Un foulard est constitué des éléments suivants :

  • une bachole (simple ou double) qui contient le bain d'apprêt ;
  • un tablier (qui recueille l'excédent de bain et le dirige vers la bachole) ;
  • un foulard deux ou trois rouleaux revêtus de caoutchouc spéciaux ;
  • une cuve de préparation du bain d'apprêt est couplée à la bachole, via un dispositif de niveau constant dans la bachole.

Contrairement à la teinture où les colorants sont calculés en pourcentage du poids de la matière, ici les calculs s'expriment en grammes par litre de bain d'apprêt. Pour les teintures par foulardage les colorants sont aussi calculés en grammes par litre de bain.

Pour laisser sur la matière textile la quantité voulue de produits d'apprêt, il faut tenir compte de la concentration du bain de foulardage et du taux d'exprimage (de 20 à 40 tonnes au cm2).

Ramage[modifier | modifier le code]

But : séchage de la marchandise foulardée, avec simultanément mise à largeur constante de la marchandise. Après le foulardage, la marchandise est dirigée vers l'entrée de la « rame » (rame de séchage, rame de fixage, rame d'apprêts). Un dispositif d'introduction place les lisières du tissu sur des picots ou dans des pinces. Le tissu, en avançant, est mis en largeur, sur ou sous-alimenté (pour obtenir le poids au mètre carré défini pas le client) et passe ainsi dans différentes chambres chauffées. À la suite de l'évaporation de l'eau, la matière active déposée sur la marchandise se fixe. Dans certains cas, pour obtenir une fixation de l'apprêt, on a recours à un traitement à une température plus élevée ; c'est ce que l'on appelle la condensation ou la polymérisation, dont le but est de faire fusionner entre elles et dans toutes les directions l'apprêt qui a été déposé et séché sur la marchandise. Cela se pratique soit sur la même machine lorsqu'elle est longue assez (deux chambres pour le séchage, trois chambres pour la polymérisation), par un second passage à sec à une température plus élevée, puis sur une polymériseuse séparée (du type armoires ou tambours chauffants). Ensuite commencent les manipulations avec les machines d'apprêts. Ces traitements sont facultatifs.

Dérompage[modifier | modifier le code]

But : casser la raideur du textile à la sortie des machines d'apprêts. Le tissu passe au travers d'une succession de bâtons cloutés, la tension aidant, les clous cassent le film d'apprêt qui a été déposé sur le tissu. On obtient ainsi un toucher moins plat.

Calandrage[modifier | modifier le code]

But : le calandrage confère au tissu un toucher particulier et qui varie selon le cas. Une calandre est constituées de deux cylindres métalliques auxquels on peut appliquer des pressions importantes. Le tissu passe au large entre les cylindres. Dans certains cas, il y a 3 cylindres superposés donc un double passage.

Tondage[modifier | modifier le code]

But : couper les fibres qui se trouvent à la surface du tissu afin de faire ressortir la texture du tissage. L'effet est moins prononcé que celui procuré par le flambage. Le tissu à traiter passe au large et sous tension au travers d'une machine qui possède un ou deux couteaux (ce sont des cylindres garnis avec des lames de couteau hélicoïdales) sur toute la largeur de la machine. En passant, le tissu épouse la forme du couteau, qui tourne à une très grande vitesse en coupant les poils superficiels. Il y a une seconde méthode dans laquelle le tissu passe sur une arête et le couteau rase les fibres qui sont redressées ; la coupe est alors plus profonde qu'avec l'autre méthode.

Le velours est également obtenu grâce au tondage de tissu spécialement conçu à cette fin.

Brossage[modifier | modifier le code]

But : éliminer les déchets de tondage et orienter le poil dans le sens voulu. Par le passage du tissu tondu au travers de brosses tournant à grande vitesse, un aspirateur recueille les poussières. Cet élément fait généralement partie de la tondeuse.

Décatissage[modifier | modifier le code]

But : enlever un certain brillant que la matière a pu avoir à la suite du calandrage, et donne un touché lourd et plombant. Les deux méthodes possibles sont dites continue et discontinue :

  • la méthode discontinue : le tissu est enroulé en spirale dans un épais doublier. Ce doublier est fixé sur un cylindre perforé, on injecte de la vapeur directe et on laisse reposer. Ensuite on déroule le doublier en récupérant la marchandise ;
  • la méthode continue : le tissu passe entre un cylindre et un doublier avec injection de vapeur, l'effet obtenu est moins marqué qu'avec l'autre méthode.

Plissage[modifier | modifier le code]

But : former de plis régulier et permanents sur polyamide. C'est une machine dont l'emploi est tributaire de la mode. Le tissu passe sur une table plate, une lame chauffée s'enfonce régulièrement sur le tissu et provoque ainsi une succession de plis qui fournissent un plissé.

Ratinage[modifier | modifier le code]

But : obtenir des petites boules à la surface du tissu. C'est une machine dont l'emploi est tributaire de la mode. Le tissu passe sur plusieurs cylindres munis de petites plaquettes abrasives. Chacune reçoit un mouvement elliptique qui provoque la formation des petites boules. Le tissu est lainé au préalable.

Lainage[modifier | modifier le code]

But : former à la surface du tissu un molleton fort épais. Se pratique sur tricot charmeuse. Par exemple pour une robe de nuit. La machine possède un gros cylindre métallique : tout autour de celui-ci, il y a des cylindres de petits diamètre revêtus de carde (petites brosses métalliques au bout pliée). Le gros cylindre tourne, les petits cylindres tournent beaucoup plus vite, le tricot passe au-dessus, les fils flottants sont arrachés par les cardes. Plusieurs passages sont nécessaires. Préalablement, ce tissu aura été adouci avec un agent gonflant de manière à ce que le fil flottant soit aisément gratté par les cardes. Anciennement, on utilisait des chardons pour cet usage.

Grattage[modifier | modifier le code]

But : former à la surface du tissu un molleton. Par exemple, le tissu pour pyjama, les chemises à carreaux canadienne.

Émerisage[modifier | modifier le code]

But : former à la surface du tissu une apparence veloutée, appelée « peau de pêche ». Le tissu passe sur différents cylindres tournant sur eux-mêmes et revêtus d'une matière abrasive de granulométrie différente. On commence par le plus gros pour finir par le plus fin.

Glaçage[modifier | modifier le code]

But : former sur une ou deux faces d'un tissu synthétique une surface aussi plate que possible, pour obtenir un brillant prononcé. L'appareil est une calandre avec des cylindres parfaitement lisses, ils sont chauffés au gaz par l'intérieur. L'action combinée de la pression et de la chaleur provoque l'aplatissement des fils constituant le tissu. À la base un fil est cylindrique, vu sa thermoplasticité, le fil s'écrase, donnant ainsi un aspect global plus brillant. Le nombre de passage dépend de l'effet souhaité.

Moirage[modifier | modifier le code]

But : produire à la surface du tissu un aspect trouble (genre tâche de pétrole sur de l'eau). Cet effet est recherché pour certaines robe du soir, ou pour les doublures. Sinon, le moirage est un défaut. Le tissu passe tissu sous tension entre des cylindres chauffés avec une friction.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Gordon Rattray Taylor et Jacque Payen, Les inventions qui ont changé le monde, Londres, Sélection du reader's digest,‎ 1982, 367 p. (ISBN 2-7098-0101-9)
  2. MN Boutin-Arnaud et S Tasmadjian, Le vêtement, Paris, Nathan, coll. « Repères pratiques » (no 59),‎ 1997, 159 p. (ISBN 2-09-182472-0)
  3. Émission Envoyé spécial du
  4. Préparation prête à l'emploi

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]