Oligarchie de Meiji

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L'oligarchie de Meiji (藩閥, hambatsu?) est le terme utilisé pour désigner la classe dirigeante au Japon pendant l'ère Meiji (1868-1912).

Les membres de cette classe étaient tous des disciples du Kokugaku et croyaient être les créateurs d'un nouvel ordre au même titre que les fondateurs légendaires du Japon. Les deux grandes figures de ce groupe était Okubo Toshimichi et Takamori Saigo. Ils étaient originaires du domaine de Satsuma et participèrent à la guerre de Boshin pour renverser le shogunat Tokugawa. Okubo devint ministre des Finances et Saigo maréchal de camp ; les deux furent des conseillers de l'empereur. Takayoshi Kido (1833–1877), du domaine de Chōshū, élève de Yoshida Shōin et conspirateur avec Okubo et Saigo, devint ministre de l'Éducation, président des gouverneurs et participa à la mise en place d'un gouvernement constitutionnel. Tomomi Iwakura (1825–83) fut un autre membre important. Natif de Kyoto, il s'opposa aux Tokugawa et devint le premier ambassadeur japonais aux États-Unis, et Shigenobu Ōkuma (1838–1922), de Hizen, qui avait étudié le rangaku, les classiques chinois et la langue anglaise, occupa plusieurs postes de ministres puis devint premier ministre en 1898.

Pour atteindre les objectifs du nouvel ordre, l'oligarchie de Meiji aboli le système hiérarchique traditionnel par une série de réformes économiques et sociales. Les revenus de l'ancien shogunat Tokugawa dépendaient des taxes sur les daimyos, des prêts aux riches paysans et marchands, des frais de douane, et des prêts étrangers acceptés à contre-cœur. Pour augmenter ses revenus et développer les infrastructures du pays, le nouveau gouvernement finança les améliorations des ports et des phares, importa des machines, envoya des étudiants à l'étranger, embaucha des Occidentaux pour venir enseigner au Japon, modernisa l'armée, la Marine, les chemins de fer et le réseau de télégraphe, et il expédia des missions diplomatiques telle que la mission Iwakura.

Une période économique difficile, symbolisée par une montée des émeutes de paysans, appelait à réformer la société. En plus des anciens impôts, taxes et taux d'intérêts élevés, les citoyens ordinaires étaient confrontés à l'apparition des nouvelles taxes, à la conscription militaire et aux frais de scolarité élevés du nouveau système éducatif. Le peuple avait besoin de plus de temps pour se consacrer à des activités productives tout en corrigeant les abus sociaux de l'ordre ancien. Pour réaliser ces réformes, l'ancien système de classe des Tokugawa (samouraï, fermiers, artisans et marchands) fut aboli en 1871 et, même si les anciens préjugés perduraient, tous les citoyens furent théoriquement égaux devant la loi. En fait, le nouveau gouvernement a continué à perpétuer les différences sociales, et en à même fait de nouvelles : les anciens daimyos et samouraïs furent anoblis, et tous les autres devinrent des roturiers. Les daimyox et les samouraïs ont ainsi reçu des pensions élevées. Les samouraïs ont perdu leur exclusivité aux postes militaires et beaucoup sont devenus des bureaucrates, des enseignants, des officiers de l'armée, des policiers, des journalistes, des étudiants, des colons dans le Nord du Japon, des banquiers ou des hommes d'affaires. Sur le moment, les samouraïs n'ont pas protesté mais la plupart ne réussirent pas dans leur nouveaux travaux et une forte opposition au gouvernement est née dans les années qui suivirent.

La crise coréenne de 1873 abouti aux démissions des partisans de l'expédition militaires qu'étaient Saigo et le conseiller d'État Shimpei Eto (1834–74). Eto, qui était le fondateur de plusieurs organisations patriotiques, conspira avec d'autres mécontents pour organiser une insurrection armée contre les troupes du gouvernement à Saga, la capitale de sa préfecture natale à Kyushu en 1874. Chargé de reprimer la révolte, Okubo écrasa rapidement Eto qui appela en vain l'aide de Saigo. Trois ans plus tard, le dernier soulèvement armé important - mais le plus sérieux défi du gouvernement de Meiji -, appelé la rébellion de Satsuma, eut lieu et cette fois-ci Saigo participa activement. La rébellion de Saga et d'autres émeutes de samouraïs ou de paysans, qui étaient des réactions aux réformes du gouvernement de Meiji, furent facilement réprimées par l'armée. Les anciens samouraïs de Satsuma étaient très nombreux et ils avaient une longue tradition d'opposition à l'autorité centrale. Saigo, avec une certaine réticence et seulement après que le mécontentement eut atteint un niveau important, mena cette révolte en 1877. Les deux camps se sont battus bravement mais l'armement moderne de l'armée et ses financements importants eurent raison de la rébellion. Bien qu'il fut défait et se suicida, Saigo n'était pas considéré comme un traitre et il est aujourd'hui un héros de l'histoire japonaise. L'écrasement de la rébellion de Satsuma marqua la fin des menaces pesant sur le gouvernement de Meiji mais ce fut un affaiblissement de l'oligarchie. Les combats avaient vidé les caisses du pays, ce qui provoqua une importante inflation et baissa la valeur des terrains. De nouvelles réformes étaient nécessaires.

Liste des politiciens importants de l'ère Meiji[modifier | modifier le code]

De la noblesse de Cour :

Du domaine de Satsuma :

Du domaine de Chōshū :

Du domaine de Tosa :

Du domaine de Hizen :

Autres :

Références[modifier | modifier le code]