Période Yayoi

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La période Yayoi ou ère Yayoi (弥生?) est l'une des quatorze subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Elle commence vers 400 av. J.-C. et se termine vers 250 ap. J.-C.

Le Dr Arisaka Shôzô mit au jour une jarre d'un type jusqu'alors inconnu, qui fut alors nommée Yayoi car trouvée à Yayoi-chô, quartier de Tôkyô. Ces fouilles archéologiques ont pu mettre au jour cette civilisation qui s'est développée de la région de Kyūshū à la région de Honshū.

Sources chinoises[modifier | modifier le code]

Reconstitution du village Yayoi de Yoshinogari (en), Saga, Kyūshū

Les écrits les plus anciens à propos du Japon sont des écrits chinois de cette période. Wa (?) — la prononciation japonaise d'un des premiers noms chinois donné au Japon — est pour la première fois mentionnée en 57. Les anciens historiens chinois décrivirent Wa comme un pays parsemé de centaines de communautés tribales, et non la terre unifiée déclarée dans le Nihonji qui donne au Japon une date de fondation de -660. Les sources chinoises du IIIe siècle rapportent que les gens de Wa vivaient de légumes crus, de riz et de poissons servis sur des plateaux de bois et de bambous, qu'ils avaient des relations de maîtres à vassaux, qu'ils collectaient des taxes, qu'ils avaient des greniers et des marchés provinciaux, qu'il frappaient dans leurs mains pendant les cultes (tradition qui existe encore dans les temples shintoïstes), qu'ils se battaient dans de violentes luttes de successions, qu'ils construisaient des tombes sous la forme de tumulus et qu'ils pleuraient la mort de quelqu'un.

Le sinogramme utilisé dans les plus anciens textes chinois pour désigner le Japon, (wō), signifie « nain ». La prononciation japonaise de ce sinogramme, « wa », est gardée dans les textes japonais, mais parfois écrite avec un kanji différent : 和, signifiant « harmonie ». Ce caractère est alors adopté et combiné avec le caractère 大 signifiant « grand » pour écrire le nom Yamato (大和?), utilisé avant l'adoption du moderne Nihon (日本?).

Un autre texte chinois du IIIe siècle de l'ère chrétienne décrit la région du Yamataï où règne l'impératrice Himiko, épaulée par son jeune frère, seul homme de son entourage, qui entretenait des relations diplomatiques avec le royaume chinois de Wei (de 220 à 265).

Origine[modifier | modifier le code]

On pense que cette civilisation résulte de migrants arrivés dans le nord de Kyūshū et qui se sont mêlés à la civilisation de Jōmon (théorie des Kibaminzoku « peuples cavaliers », émise en 1950). Ils apportent essentiellement la riziculture. Refoulant progressivement les Aïnous, un peuple chamanique venu de Sibérie quelques millénaires plus tôt, vers l'extrême nord de l'île de Hokkaidō.

La théorie japonaise que les Japonais sont des descendants de cavaliers nomades venus d'Asie centrale en passant par la Corée mais non coréens est confirmée par l'étude de l'ADN des Japonais modernes, appuyant la légende rapportée de Chine, faisant de l'expédition des 500 garçons et filles vierges envoyés à la quête de la potion d'immortalité des îles de l'est par l'empereur Qin Shi Huangdi, le déclencheur de cette révolution technologique et sociale, les nouveaux arrivants étant bien trop heureux d'avoir réussi grâce à cette ruse, à s'échapper du régime sanguinaire du premier empereur de Chine. Important leurs connaissances, notamment agricoles et métallurgiques ils s'empressèrent vivement de transformer leurs navires en charpentes d'habitations quand ils ne les brulèrent pas une fois les rivages du Japon atteints pour effacer toute trace de leur passage.

Société[modifier | modifier le code]

Reconstitution du site de Yoshinogari datant de la période Yayoi

La population augmenta et la société devint plus complexe. Les Japonais tissaient des draps, vivaient dans des villages de fermiers, construisaient des habitations en bois et en pierre, accumulaient des richesses en devenant propriétaires de leurs terres et en stockant leurs grains. Ils développèrent aussi différentes classes sociales. Ils irriguaient leurs champs. Leurs cultures de riz étaient alors similaires à celles du centre et du sud de la Chine, ce qui demandait beaucoup de main d'œuvre. Ceci conduisit au développement d'une société agraire sédentarisée. À la différence de la Chine, qui a eu besoin d'énormément de main-d'œuvre pour réaliser ses grands projets d'irrigation et de contrôle de l'eau conduisant à un gouvernement très centralisé, le Japon possède d'abondantes ressources en eau. C'est pourquoi, au Japon, les politiques locales et les développements sociaux ont été nettement plus importants que les activités de l'autorité centrale, ce qui créa une société stratifiée.

Outre la riziculture, les Japonais cultivaient aussi le blé, l'orge, le millet, le sarrasin et le soja.

Habitation[modifier | modifier le code]

La riziculture va engendrer de profondes modifications du développement des villages. En effet, en plus de provoquer la sédentarisation, elle est à l'origine de groupements humains qui se divisent les tâches dans le cadre de ce type de culture. On a donc une hiérarchisation qui se met en place, avec de petites unités économiques. Les maisons de ces villages sont ovales ou carrées, à moitié souterraines, et sont dotées d'une toiture de chaume. L'espace est délimité par quatre piliers fichés dans le sol. Contrairement aux bâtiments d'habitations, le bâtiment de stockage, qui sert de grenier, est surélevé, et non enterré.

Funéraire[modifier | modifier le code]

La hiérarchisation de la société se traduit dans les pratiques funéraires. On va avoir, pour le commun des mortels, l'usage de jarres-cercueils kamekan. Disposées deux à deux, lèvre contre lève, le défunt y est disposé de son long. Elles étaient en suite placées dans de véritables champs de jarres. On a, en général, l'absence de mobilier funéraire, même si certaines présentent des armes en bronze, des miroirs et des perles. Les corps des défunts présentent des traces de perforations, de flèches ou de décollation, ce qui est le témoin de la tendance belliqueuse de la fin de la période. Parallèlement, pour les personnages aux statuts les plus importants, se développe l'usage du tumulus. C'est ce qui a été fait pour la reine Himiko. Les grands tertres sont mis à distance des tombes de la population. Le défunt sera inhumé à l'intérieur de la chambre funéraire, dans, et non sous, le tumuli. Un mobilier funéraire très riche y est déposé. Ce phénomène va se développer et effectuer la transition avec la période suivante, la Période kofun.

Art[modifier | modifier le code]

Durant l'ère de Yayoi, l'on note une importante production d'objets cérémoniels parmi lesquels, des magatama et autres pendentifs rituels en jade, des kagami ou miroirs-boucliers de bronze tel celui de Yata conservé au sanctuaire Ise-jingū, des épées longues à double tranchant, telle l'épée Kusanagi (faucheuse d'herbe) du Trésor impérial du Japon, indiquant la filiation avec celles de l'armée de Qin Shi Huangdi. Au Ier siècle après J.-C., le fer se généralise pour les outils destinés à l'agriculture et pour les armes.

Les poteries de cette période sont fabriquées avec des techniques plus compliquées que celles de la période précédente — elles sont notamment cuites à des températures plus élevées — mais leur décoration est toutefois plus sobre.

Les cloches arrivent par le biais de la Corée, et sont des objets cérémoniels importants. Ce sont des dotaku, en bronze et sans battant. Elles sont réalisées dans des moules bivalves. Jusqu'à un mètre de haut, elles se caractérisent par un tronc circulaire haut, et une anse extrêmement fine qui se poursuit en arêtes. Parmi les décors les plus importants, on trouve des motifs en dents de scie, sur les arêtes latérales, et des liserés, qui agrémentent toute la surface et la découpent en plusieurs registres. Plus tard apparaissent des motifs zoomorphes et anthropomorphes, et ces registres peuvent alors recevoir des scènes figurées, comme des scènes de chasse. Ces objets étaient probablement des objets rituels liés à des rites agraires qui se déroulaient au moment de le récolte, et non des instruments de musique. Ils sont souvent retrouvés dans des lieux isolés, comme près des cascades ou d'accidents naturels, enterrés isolés ou par groupe de quatre ou cinq.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]