Sannai Maruyama

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Sannai Maruyama
Image illustrative de l'article Sannai Maruyama
Localisation
Pays Drapeau du Japon Japon
Coordonnées 40° 48′ 42″ N 140° 41′ 44″ E / 40.811667, 140.695556 ()40° 48′ 42″ Nord 140° 41′ 44″ Est / 40.811667, 140.695556 ()  

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Sannai Maruyama
Sannai Maruyama

Géolocalisation sur la carte : préfecture d'Aomori

(Voir situation sur carte : préfecture d'Aomori)
Sannai Maruyama
Sannai Maruyama

Sannai Maruyama (三内丸山遺跡, Sannai Maruyama iseki?, litt. « vestiges de Sannai Maruyama ») est un des sites archéologiques majeurs de la civilisation Jōmon. Il est aujourd'hui situé à la périphérie de la ville d'Aomori, tout au Nord de l'ile d'Honshu, au Japon. Les premiers textes relatant son existence datent de la période Edo, tandis que les premières fouilles commencèrent en 1953. La période la plus active sur ce site semble être du XXXIXe au XXIIIe siècle av. J.-C. durant la période Jōmon précoce et moyenne. Le site correspondait à une petite colline en bord de mer. Les graines et pollens retrouvés suggèrent que l'environnement général était boisé, notamment en châtaigniers, et qu'une rivière coulait au pied du site. Le climat était tempéré, mais relativement plus chaud qu'aujourd'hui.

Les vestiges de constructions[modifier | modifier le code]

Les vestiges de plus de 800 habitations ont été mises au jour, mettant en évidence l'importance de la population sur le site (surtout pour cette époque). Quatre types de constructions sont distinguables : des habitations semi-enterrées, une grande demeure, des habitations sur pilotis, et une tour de 6 pylônes.

reconstruction d'une habitation en tipi

Les habitations semi-enterrées sont circulaires, de petite taille, environ 3 à 4 m de diamètre pour 12 m2. Certaines ont été reconstituées par les archéologues en forme de tipi, avec une couverture végétale.

La grande demeure mesurait 32 m de long sur 10 m de large. Son utilisation pouvait être de marché ou de maison commune, pour les fêtes ou les grands froids hivernaux (ou tout cela à la fois). Comme la plupart des habitations du site, elle est semi-enterrée.

La tour de 6 pylônes a été reconstituée à quelques mètres des vestiges de son emplacement initial. Les pylônes étaient constitués de tronc de châtaigniers mesurant environ un mètre de diamètre chacun. Ils sont espacés d'exactement 4,2 mètres les uns des autres, pour former une structure rectangulaire.

Toutes ces habitations étaient de bois, et le Japon étant un pays particulièrement humide, peu de restes subsistent 5 000 ans plus tard. Si les fouilles permettent de connaître la surface au sol, la forme des constructions élevées reste elle-même purement hypothétique. Une des grandes inconnues est notamment la présence ou non d'un toit au sommet de la tour. Après de nombreux débats, elle fut reconstruite sans.

De longues pistes partent du site vers le Sud, l'Est et l'Ouest. De 5 à 14 m de large, elles ont été mises à nu sur plus de 400 m pour celles de l'Ouest et du Sud. Les tombes adultes sont distribuées de part et d'autre de ces pistes.

Le mode de vie des habitants[modifier | modifier le code]

La nourriture[modifier | modifier le code]

Les jomon étaient des cueilleurs-chasseurs. De nombreux restes témoignent de l'utilisation de fruits, notamment de châtaignes. D'importants restent d'os de lapin et d'écureuils volants montrent qu'ils étaient un produit important de la chasse. Parmi les autres mammifères, des os de daim, de sangliers, de baleines et de lions de mer ont été retrouvés, mais en quantité plus restreinte. Canards et oies sont les volatiles les plus fréquemment identifiés. De nombreux os de poissons dont des requins, aussi bien de rivières que de mer, et présents à différentes saisons, indiquent qu'ils pêchaient dans toutes les eaux à leur disposition.

De très nombreux fruits et graines ont été retrouvés, et la possibilité de boisson vinifiée à partir de ces fruits a été avancée par plusieurs chercheurs.

Les poteries[modifier | modifier le code]

SannaiPoterie1.jpg

La plus grande quantité de poteries découvertes au Japon se trouve sur ce site, correspondant en tout à 40 000 vases. Certaines ont été retrouvées dans des amoncellements (interprétés comme des déchèteries), d'autres dans des tombes.

Les vases sont relativement allongés, de forme conique. Ce style est nommé ento. Elles sont décorées par des motifs en creux, formés par l'application de cordes sur les poteries avant cuisson. Ces formes particulières, appelées jōmon, ont donné le nom de cette civilisation : «  » signifie « corde », « mon » « motif ». L'ouverture large est plus ou moins travaillée.

Les figurines[modifier | modifier le code]

Plus de 1 600 figurines de terre ont été retrouvées à Sannai Maruyama. Plates et cruciformes, elles ont souvent la bouche ouverte et des yeux ronds. Certaines possèdent des pieds qui leur permettent de tenir debout. Elles ont des protubérances au niveau des seins et du nombril, suggérant qu'elles représentent toutes des femmes.

Le commerce et les relations avec d'autres sites[modifier | modifier le code]

Les objets retrouvés sur le site, notamment les pierres précieuses, attestent de relations avec d'autres populations. Des jades provenant de la rivière Itoi, dans la préfecture de Niigata, ont voyagé 500 km pour servir à Sannai Maruyama. Les jades retrouvés correspondent soit à des objets travaillés, soit à des jades bruts. L'obsidienne servant à faire des flèches provenait de deux endroits opposés : Nagano à 580 km au Sud, et Hokkaido, l'ile située de l'autre côté du détroit de Tsugaru. Une glu naturelle et de l'ambre étaient récoltés dans un rayon de 200 km autour du site.

Ces objets montrent que Sannai Maruyama avait des relations déjà très développées avec d'autres peuplements. Celles-ci s'effectuaient probablement par la mer, indiquant déjà une parfaite maîtrise de la navigation maritime.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The Sannai Maruyama Site, Office d'éducation de la Préfecture d'Aomori, 2004.
  • Uncovering the details of Jomon culture – From the Sannai Maruyama ruins to the Jomon Archipelago, National Museum of Japanese History, 2001.

Liens externes[modifier | modifier le code]