Ère Shōhei

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L'ère Shōhei (正平?) est une des ères du Japon (年号, nengō, lit. « nom de l'année ») de la Cour du Sud durant l'époque Nanboku-cho, après l'ère Kōkoku et avant l'ère Kentoku. Cette ère couvre la période allant du mois de décembre 1346 au mois de juillet 1370[1]. Les empereurs de la Cour du Sud à Yoshino sont Go-Murakami (後村上天皇, Go-Murakami-tennō?) et Chōkei (長慶天皇, Chōkei-tennō?). Les empereurs de la Cour du Nord à Kyoto sont Kōmyō (光明天皇, Kōmyō-tennō?), Sukō (崇光天皇, Sukō-tennō?) et Go-Kōgon (後光厳天皇, Go-Kōgon-tennō?)[2].

Contexte de l'ère Nanboku-chō[modifier | modifier le code]

Les sièges impériaux durant l'époque Nanboku-chō sont relativement proches l'un de l'autre mais géographiquement distincts. Ils sont conventionnellement identifiés ainsi :
Capitale du nord : Kyoto
Capitale du sud : Yoshino.

Au cours de l'ère Meiji, un décret impérial daté du 3 mars 1911 établit que les monarques régnants légitimes de cette époque sont les descendants directs de l'empereur Go-Daigo par l'empereur Go-Murakami dont la Cour du Sud a été établie en exil dans le district de Yoshino, près de Nara[3].

Jusqu'à la fin de l'époque d'Edo, les empereurs usurpateurs (en supériorité militaire) et soutenus par le shogunat Ashikaga sont erronément inclus dans les chronologies impériales en dépit du fait incontestable que les insignes impériaux ne sont pas en leur possession[3].

Cette Cour du Nord illégitime est établie à Kyoto par Ashikaga Takauji[3].

Événements de l'ère Shohei[modifier | modifier le code]

  • 1346 (Shōhei 1) : Le régent kampaku Takatsukasa Morohira est relevé de ses fonctions et remplacé par Nijō Yoshimoto[4].
  • 1347 (Shōhei 2) : Nijō Yoshimoto est démis de ses hautes fonctions de régent kampaku et se voit attribuer à la place le titre et les responsabilités de sadaijin[4].
  • 1349 (Shōhei 4) : L'empereur Go-Murakami s'enfuit à A'no; Ashikaga Tadayoshi et Kō no Moronao s'opposent ; Ashikaga Motouji, fils de Takauji, est nommé kanrei Kamakura[5].
  • 1350 (Shōhei 5) : Yoshinori garde Kyoto[6].
  • 1350 (Shōhei 5) : Tadayoshi, exclu de l'administration, se fait prêtre[5]. Ashikaga Tadafuyu, le fils adopté de Tadayoshi, est répudié à tort comme rebelle[7].
  • 1351 (Shōhei 6) : Tadayoshi rejoint la Cour du Sud dont l'armée prend Kyoto; Trêve, Takauji rentre à Kyoto; Tadayoshi et Takauji se réconcilient; Kō no Moronao et Kō no Moroyasu sont exilés[5].
  • 1350 - 1352 ((Shōhei Shōhei 7) : Conflit armé, connu sous le nom de incident de Kan'ō Kannō (観応擾乱, Kannō Jōran?) ou Kannō no juran, résulte d'un antagonisme entre le shogun Ashikaga Takauji et son frère Ashikaga Tadayoshi. Les désaccords à propos de l'influence de Kō no Moronao diminuent après la mort de Moronao. Tadayoshi reçoit l'ordre de s'installer à Kamakura. Les frères se réconcilient finalement avant la mort de Tadayoshi en 1352[8].
  • 1352 (Shōhei 7) : Le grand-père de l'empereur est avancé du rang de dainagon à celui de nadaijin[9].
  • 1353 (Shōhei 8) : Kyoto est occupée par les forces du sud dirigées par Yamana Tokiuji et la capitale est reprise par les Ashikaga[5].
  • 1354 (Shōhei 9) : Takauji s'enfuit avec l'empereur Go-Kōgon; Mort de Kitabatake Chikafusa[5].
  • 1355 (Shōhei 10) : Prise de Kyoto par l'armée du sud; Kyoto est reprise par les forces des Ashikaga[5].
  • 1356 (Shōhei 11) : Minamoto no Michisuke est promu du rang de cour de dainagon à celui de nadaijin[10].
  • 1356 Shōhei 11): Ashikaga Yoshinori est élevé au deuxième rang de troisième classe dans la hiérarchie de la cour[11].
  • 1357 (Shōhei 12) : L'empereur Go-Murakami qui a capturé les anciens empereurs Kōgon, Kōmyō et Sukō en 1352, les libère tous les trois et les autorise à revenir de Yoshino à Kyoto[11].
  • 1358 (Shōhei 13) : Mort d'Ashikaga Takauji[12]. Ashikaga Yoshiakira est nommé shogun; Dissension et défections dans le shogunat[13].
  • 1361 (Shōhei 16) : Chutes de neige inhabituellement fortes et désastreux incendie à Kyoto ainsi qu'un violent séisme[14].
  • 1361 (Shōhei 16) : Eigen-ji, temple bouddhiste Zen situé dans l'actuelle préfecture de Shiga, est fondé par Sasaki Ujiyori et son premier abbé en est Jakushitsu Genkō[15].
  • 1362 (Shōhei 17) : Hosokawa Kiyouji et Kusunoki Masanori attaquent Kyoto, Ashikaga Yoshiakira s'enfuit mais reprend la capitale en vingt jours[13].

Nengō équivalents auprès de la Cour du nord[modifier | modifier le code]


Shōhei 1re 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e 10e 11e 12e 13e 14e 15e 16e 17e 18e 19e 20e 21e 22e 23e 24e 25e
Grégorien 1346 1347 1348 1349 1350 1351 1352 1353 1354 1355 1356 1357 1358 1359 1360 1361 1362 1363 1364 1365 1366 1367 1368 1369 1370

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nussbaum, Louis-Frédéric. (2005). Nengō sur Japan encyclopedia, p. 880; n.b., Louis Frédéric est le pseudonyme de Louis-Frédéric Nussbaum, voir Deutsche Nationalbibliothek Authority File.
  2. Titsingh, Isaac. (1834). Annales des empereurs du japon, pp. 310-327.
  3. a, b et c Thomas, Julia Adeney. (2001). Reconfiguring modernity: concepts of nature in Japanese political ideology, p. 199 n57, citing Mehl, Margaret. (1997). History and the State in Nineteenth-Century Japan. p. 140-147.
  4. a et b Titsingh, p. 297.
  5. a, b, c, d, e et f Ackroyd, Joyce. (1982) Lessons from History: the Tokushi Yoron, p. 329.
  6. Titsingh, p. 299.
  7. Historiographical Institute: "Ashikaga Tadafuyu's Call to Arms," Dai Nihon shi-ryō, VI, xiv, 43.
  8. Nussbaum, p. 474.
  9. Titsingh, p. 302.
  10. Titsingh, p. 303; n.b., Minamoto no Michisuke ( 源通相, 1326-1371?) de la famille Koga (久我家?) sera daijō daijin de 1366 à 1368
  11. a et b Titsingh, p. 303.
  12. Titsingh, p. 304.
  13. a et b Ackroyd, p. 329.
  14. Titsingh, p. 305.
  15. Eigen-ji, Joint Council for Japanese Rinzai and Obaku Zen, "head temples;" Dumoulin, Heinrich. (2005). Zen Buddhism: A History, p. 205.

Source de la traduction[modifier | modifier le code]