Force de maintien de la paix des Nations unies

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Casque bleu norvégien durant le siège de Sarajevo (1992-1995)

La Force de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies (couramment Casques bleus ou Blue boys action squad en référence à la couleur bleue de leur casque) est une force militaire ayant pour rôle le « maintien ou [le] rétablissement de la paix et de la sécurité internationale »[1], sur ordre du Conseil de sécurité des Nations unies. Ainsi, elle a été envoyée dans plusieurs zones de conflits pour protéger la population civile ou encore servir de force d'interposition.

Cette force ne constitue pas une armée des Nations unies, les Casques bleus étant principalement des militaires prêtés par des pays membres de l'ONU et dans certains cas des civils œuvrant dans la police ou l'administration.

Dans certains cas, cette action de maintien de la paix peut être confiée à une organisation internationale non affiliée au système des Nations unies ou encore à une coalition d'États. Ainsi, le Conseil de sécurité a à plusieurs reprises donné mandat à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ou à la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à travers l'Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group (ECOMOG).

Rôles[modifier | modifier le code]

Les Casques bleus peuvent être chargés :

  • de surveiller l'application d'un cessez-le-feu,
  • de désarmer et de démobiliser les combattants,
  • de protéger les populations civiles,
  • de faire du maintien de l'ordre,
  • de former une police locale,
  • de déminer.
  • de protéger les réfugiés,
  • d'assurer le maintien des droits de l'homme,

Suivant le mandat donné par le Conseil de sécurité des Nations unies, ces rôles peuvent être combinés. Les Forces de maintien de la paix sont organisées depuis 1992 par le Département des opérations de maintien de la paix.

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Origine[modifier | modifier le code]

La première force de maintien de la paix de l'ONU fut envoyée en 1948, avec pour mission de surveiller la trêve de la guerre arabo-israélienne. Cette force n'était pas armée et n'était là qu'en tant qu'observateur.

La première intervention armée eut lieu en 1956, lors de la crise du canal de Suez. Elle fut créée suite à une résolution présentée à l'Assemblée générale des Nations unies, par le ministre canadien des Affaires étrangères, Lester Bowles Pearson, qui se verra décerner l'année suivante le Prix Nobel de la paix. Elle fut créée par l'Assemblée Générale en application de la Résolution "Union pour le maintien de la Paix", 377 (V) ou Résolution Acheson, en vertu de laquelle l'AGNU dispose d'une compétence subsidiaire de recommandation dans le domaine de la sécurité internationale, si le conseil constate son incapacité, notamment par une utilisation du véto d'un des membres permanents.

Évolution des trois principes régissant son intervention[modifier | modifier le code]

AML-90 français durant les guerres yougoslaves

La mission de maintien de la paix était encadrée par trois règles auxquelles les États tenaient absolument et qui ont façonné sa définition classique :

  • le consentement des parties en conflit à l'intervention ;
  • l'impartialité des Casques bleus face aux forces en présence ;
  • la limitation de l'usage de la force par les Casques bleus à des fins de légitime défense uniquement. Il n'était pas question d'ouvrir le feu pour imposer la paix. À l'exception notable de la mission au Congo, en 1960-1964, où la force fut effectivement utilisée pour mettre fin à la sécession de l'État du Katanga, la notion classique du maintien de la paix a guidé la mise sur pied des missions de paix de l'ONU jusqu'au début des années 1990.

Cette doctrine a ensuite été revue, suite à plusieurs massacres, notamment au Rwanda et en Yougoslavie, commis sur la population civile alors que des Casques bleus étaient présents.

Depuis, la plupart des mandats autorisent l'usage de la force si la population civile est en danger.

Prix Nobel de la paix[modifier | modifier le code]

En 1956, Lester Bowles Pearson, alors ministre des Affaires extérieures du Canada, reçut le prix Nobel de la paix, pour le rôle qu'il avait joué dans la création de la première force de maintien de la paix, qui s'était déployée à cette époque pour résoudre la crise du canal de Suez.

Les Casques bleus reçurent le même honneur en 1988[2].

Mémorial[modifier | modifier le code]

En France, un mémorial a été créé dans le cimetière communal de Mouzillon où est organisé une cérémonie annuelle en septembre en la mémoire des 3 500 soldats morts en mission pour les Nations unies depuis 1948[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Charte des Nations unies - Chapitre VII - Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression », Nations unies (consulté le 21 janvier 2008).
  2. (en) « The Nobel Peace Prize 1988 », Nobel Foundation (consulté le 21 janvier 2008).
  3. « Une cérémonie au mémorial des Casques bleus de Mouzillon (44), le 28 septembre », Ouest-France (consulté le 16 février 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]