Miracle économique japonais

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Le miracle économique japonais est le nom donné à la forte expansion économique et culturelle du Japon de l'après-guerre. Appelé aussi période de « la Haute Croissance ».

Faits[modifier | modifier le code]

Le miracle Japonais résulte du rapprochement entre deux faits ; d'une part, Hiroshima et Nagasaki (après la Seconde Guerre mondiale, le Japon est sans ressources et totalement anéanti) ; et d'autre part, la position de numéro un mondial de l'électronique, l'automobile et la banque, en 1988.

Littérature[modifier | modifier le code]

Cette expression, utilisée dans le milieu des médias des années 1980, désigne la forte expansion économique et culturelle du Japon qui est parvenu à s’ériger parmi les plus grands avec l'économie politique asiatique où les années 1950-1960 ont vu l'électronique et l'optique japonaises remplacer les produits allemands et américains.

Après avoir accédé au rang de puissance industrielle, le pays est anéanti en 1945 après sa capitulation face aux Alliés. Il a échoué dans sa tentative de contrôle de l'Asie de l'Est et perdu les territoires qu'il occupait sur le continent asiatique. La Guerre du Pacifique a été couteuse en hommes et le pays se retrouve sans ressources naturelles. Après la capitulation, le pays a dû d'abord lutter contre la famine de sa population durant l'occupation américaine, avant de bénéficier du coup de pouce de son vainqueur. Le redémarrage concret de l'économie n'est observable qu'à compter de 1952.

Au départ, il y a eu simplement cette idéologie d'une harmonie industrielle, inventée par le capitalisme japonais du début du XXe siècle, qui est le fondement d'une économie politique asiatique de l'Extrême Orient, de la Chine centrale, des Chines périphériques, comme Taïwan, Hong Kong et Singapour et des pays sinisés, comme la Corée, le Japon et le Viêt Nam. Ensuite, la Guerre froide a mis l'Allemagne et le Japon sur la ligne de front, transformant les ennemis d'hier en alliés incontournables. Ils bénéficieront alors de l'aide et des commandes militaires tout en limitant leurs dépenses militaires, bénéficiant du parapluie de protection des États-Unis.

La guerre de Corée a lancé le démarrage de ce prétendu « miracle » qui n'est qu'un effort national faisant suite à celui de l'ère Meiji. Dans la coévolution où le changement de l'un fait la promotion et facilite le changement de l'autre, l'industrie japonaise a ouvert les portes à celle de la Corée et des bébés tigres de l'Asie du Sud-Est, réalisant le rêve d'une « sphère de coprospérité » que la conquête militaire de la Seconde Guerre mondiale a échoué.

Théorie économique[modifier | modifier le code]

Parade militaire de l'armée américaine sur la place du palais impérial à Tokyo, le 5 juin 1948. Le pays étant occupé militairement, l'économie japonaise peut redécoller sans avoir à dépenser de crédits pour son industrie militaire nationale : les JSDF ne se reconstituèrent qu'en 1954, sous l'égide de conseillers militaires américains.

Avec l'occupation américaine de l'archipel japonais et la Guerre de Corée qui a déplacé le front chaud de la guerre froide de l'Extrême-Occident à l'Extrême-Orient, le Japon se trouva en première ligne pour les fournitures militaires dont les industries japonaises profitèrent. Elles profitèrent aussi de l'enseignement américain pour la production de masse et le contrôle de qualité.

Le World Trade Center d'Osaka, symbole du dynamisme financier retrouvé de ses keiretsu

On est passé de la force des armes au contrôle économique où la défaite militaire allemande et japonaise de 1945 fut principalement liée bien plus à la puissance industrielle américaine qu'à sa puissance militaire et où 45 ans plus tard l'Allemagne et le Japon sont devenus les créanciers et les garants incontournables de la prospérité américaine, elle-même, garante de la prospérité mondiale par son dollar, comme unité monétaire du commerce international, gardant encore un pouvoir déjà vidé de sa puissance.

En 1945, les États-Unis et le Canada furent les arsenaux des Alliés et détinrent les trois quarts de la richesse mondiale sur une planète Terre aux trois quarts dévastée. Mais la guerre froide menaçant, il devient primordial de transformer les anciens ennemis allemands et japonais en vitrine de la démocratie libérale et capitaliste face à une Union soviétique devenue hostile. Ce qui permit à ces deux pays d'engager la lutte pour le contrôle économique des anciens vainqueurs, à l'abri des dépenses militaires ruineuses dans la nouvelle course aux armements et d'être au premier rang des fournisseurs dans cette course.

Dès le 4 avril 1947, les États-Unis soucieux de favoriser une reconstruction rapide de l’économie du pays, suspendent le paiement des réparations japonaises et de cette date à février 1948, la dévaluation du yen par rapport au dollar, le rétablissement de l’équilibre budgétaire, la reconstitution des chantiers navals, les faveurs faites de nouveau aux grandes entreprises pour des raisons de rationalisation de la production créent les conditions du redressement[1].

Le plan Dodge d'assainissement économique du Japon imposé par les États-Unis le 15 avril 1949 lutte avec succès contre l'inflation (malgré une décélération intense du rythme de croissance) et abouti à un Yen de nouveau fortement et délibérément sous-évalué, de l'ordre de 20 % de son cours marchand (360 yens pour un dollar) stimulant la reprise des exportations[2].

Pour le Japon, l'enveloppement stratégique est dans le passage des technologies électromécaniques aux technologies informatiques et le déplacement de l'importance relative de la matière-énergie à l'information (comprenant la formation professionnelle permanente), des ressources naturelles aux ressources humaines, de la production à la conception.

En d'autres termes, l'enveloppement stratégique est l'installation de nouvelles formes de relation qui transforment l'infortune en avantage, comme l'Extrême-Orient surpeuplé qui a transformé cette surpopulation en richesse des ressources humaines en axant sa production sur l'expertise (Lii) et la détermination (Chii) de sa main-d'œuvre plutôt que sur la machinerie et en axant ses produits sur une forte teneur en valeur ajoutée de travail plutôt que sur la matière première; c'est-à-dire que l'investissement dans le capital humain - à travers l'éducation, les politiques sociales, les modalités d'emploi et les conditions de travail - a la primauté sur l'investissement dans l'immobilisation où la conception orientée vers la vente est plus importante que la production déplacée au rang de la logistique de soutien, comme l'intelligence (dans la signification militaire anglo-saxonne de connaissance de l'environnement et des états internes du système).

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Croissance :

Pendant trois décennies (années 1960, 1970, et 1980), la croissance du Japon est spectaculaire. Durant le Boom Izanagi, le PNB croit de 11,5 % entre 1965 et 1970 et dès 1968, le Japon fut la 2e puissance économique mondiale ;

  • Apogée :

On peut situer l’apogée du « miracle Japonais » vers 1988 : le Japon est alors numéro un mondial de la banque, et de l’industrie électronique et automobile[3]. L'éclatement de la bulle spéculative japonaise au début des années 1990 met fin au miracle économique.

  • Évolution :

Depuis les années 1980, la croissance du Japon et le développement des méthodes de travail japonaises ont influencé la forte croissance des pays de l'Asie du Sud-Est.

Mythe[modifier | modifier le code]

  • Saga des Cercles de Qualité — Le miracle économique japonais a déjà fait couler beaucoup d’encre dans les années 1970 et 1980, notamment à propos des Cercles de Qualité.
  • Approche initiale – Des approches, parfois superficielles, privilégiant les recettes, voire les formules, ont contribué à maintenir la caractère « mystérieux » d’une culture caractérisée par le Bouddhisme Zen,
  • Étude de contrainte – Distinguer les aspects légitimes (apprentissage rituel) et illégitimes (abrutissement) de la recherche de l'automaticité des mouvements rendue possible par la répétition permettrait de mieux comprendre la culture japonaise caractérisée par le zen, et ses pratiques individuelle (zazen) et collective (kaizen, kininn, etc).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Du miracle japonais aux incertitudes actuelles », Clio,‎ février (consulté le 10 mai 2011)
  2. Jean Kogej, Les mutations de l'économie mondiale du début du XXe siècle aux années 1970, vol. 2004, Bréal, 2e éd., 271 p. (ISBN 978-2749501826), p. 160
  3. L'Express Spécial Japon, 1988

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]