Miracle économique japonais

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Le miracle économique japonais est le nom donné à la forte expansion économique et culturelle du Japon de l'après-guerre. Cette expression, utilisée dans le milieu des médias des années 1980, désigne la forte expansion économique et culturelle du Japon qui est parvenu à s’ériger parmi les plus grandes économies asiatiques, où les années 1950-1960 ont vu l'électronique et l'optique japonaises remplacer les produits allemands et américains.

Histoire[modifier | modifier le code]

Parade militaire de l'armée américaine sur la place du palais impérial à Tokyo, le 5 juin 1948. Le pays étant occupé militairement, l'économie japonaise peut redécoller sans avoir à dépenser de crédits pour son industrie militaire nationale : les JSDF ne se reconstituèrent qu'en 1954, sous l'égide de conseillers militaires américains.
Le World Trade Center d'Osaka, symbole du dynamisme financier retrouvé de ses keiretsu

Après avoir accédé au rang de puissance industrielle, le pays est anéanti en 1945 après sa capitulation face aux Alliés. Il a échoué dans sa tentative de contrôle de l'Asie de l'Est et perdu les territoires qu'il occupait sur le continent asiatique. La Guerre du Pacifique a été couteuse en hommes et le pays se retrouve sans ressources naturelles. Après la capitulation, le pays a dû d'abord lutter contre la famine de sa population durant l'occupation américaine, avant de bénéficier du coup de pouce de son vainqueur. Le redémarrage concret de l'économie n'est observable qu'à compter de 1952.

Dès le 4 avril 1947, les États-Unis soucieux de favoriser une reconstruction rapide de l’économie du pays, suspendent le paiement des réparations japonaises et de cette date à février 1948, la dévaluation du yen par rapport au dollar, le rétablissement de l’équilibre budgétaire, la reconstitution des chantiers navals, les faveurs faites de nouveau aux grandes entreprises pour des raisons de rationalisation de la production créent les conditions du redressement[1].

Le plan Dodge d'assainissement économique du Japon imposé par les États-Unis le 15 avril 1949 lutte avec succès contre l'inflation (malgré une décélération intense du rythme de croissance) et abouti à un Yen de nouveau fortement et délibérément sous-évalué, de l'ordre de 20 % de son cours marchand (360 yens pour un dollar) stimulant la reprise des exportations[2].

Avec l'occupation américaine de l'archipel japonais et la Guerre de Corée qui a déplacé le front chaud de la guerre froide de l'Extrême-Occident à l'Extrême-Orient, le Japon se trouva en première ligne pour les fournitures militaires dont les industries japonaises profitèrent. Elles profitèrent aussi de l'enseignement américain pour la production de masse et le contrôle de qualité.

Pendant trois décennies (années 1960, 1970, et 1980), la croissance du Japon est spectaculaire. Durant le Boom Izanagi, le PNB croit de 11,5 % entre 1965 et 1970 et dès 1968, le Japon fut la 2e puissance économique mondiale.

Depuis les années 1980, la croissance du Japon et le développement des méthodes de travail japonaises ont influencé la forte croissance des pays de l'Asie du Sud-Est.

On peut situer l’apogée du « miracle Japonais » vers 1988 : le Japon est alors numéro un mondial de la banque, et de l’industrie électronique et automobile[3]. L'éclatement de la bulle spéculative japonaise au début des années 1990 met fin au miracle économique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Du miracle japonais aux incertitudes actuelles », Clio,‎ février (consulté le 10 mai 2011)
  2. Jean Kogej, Les mutations de l'économie mondiale du début du XXe siècle aux années 1970, vol. 2004, Bréal, 2e éd., 271 p. (ISBN 978-2749501826), p. 160
  3. L'Express Spécial Japon, 1988

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]