Chroniques des Trois Royaumes

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Les Chroniques des Trois Royaumes, ou Sanguo Zhi (ou, en transcription EFEO, San-Kouo Tche, chinois traditionnel : 三國志, simplifié : 三国志, pinyin : Sānguó Zhì), est la chronique historique officielle couvrant la fin de la dynastie Han, et la période des Trois Royaumes de Chine (220-280).

Elle fait partie des « Quatre Histoires », avec le Shiji, le Han Shu et le Hou han shu. Elle est la compilation de textes la plus complète sur les événements qui eurent lieu en Chine durant cette période et a servi de base pour le roman épique Histoire des Trois royaumes, traditionnellement attribué à Luo Guanzhong. Initialement commencée par Chen Shou, elle fut complétée par Pei Shongzhi (裴松之).

Structure de l’ouvrage[modifier | modifier le code]

Le Sanguo Zhi est divisé en soixante-quatre chapitres, formés de trois livres, un pour chaque royaume. Trente chapitres sont alloués au royaume de Wei, quinze à celui du Shu et vingt à celui du Wu. En fait, chaque chapitre est constitué d'une ou de plusieurs biographies des grandes figures de l'époque, dont la longueur est fonction de l’importance du personnage. Sun Quan reçoit par exemple tout un chapitre, alors que ses meilleurs conseillers militaires, Zhou Yu, Lu Su et Lü Meng, doivent se partager à eux trois un même chapitre.

Rédaction de l’ouvrage[modifier | modifier le code]

Les Chroniques des Trois Royaumes furent, en fait, rédigées en deux étapes.

Initialement, il s’agissait de la compilation d’un lettré du nom de Chen Shou (233-297), durant la dynastie Jin (265-420). Après que le Jin eut conquis le Shu, Chen Shou reçut du ministre Zhang Hua la tâche de créer une histoire des Trois Royaumes. Les royaumes de Wu et de Wei disposaient alors de leurs propres archives historiques et ce fut sur celles-ci qu'il se basa principalement pour son travail. Par contre, le royaume de Shu ne disposait pas d'archives historiques, et Chen Shou dut les créer lui-même. La référence du système de datation de l'ouvrage était celui qu'utilisait alors le royaume de Wei après la chute des Han.

En outre, afin de légitimer la dynastie Jin (issue du royaume de Wei), alors nouvellement au pouvoir, un certain style de narration avait été choisi : Cao Cao, le fondateur du Wei, et ses successeurs étaient appelés « empereur » ou « duc ». Cao Cao au début de sa biographie est également appelé « Grand ancêtre » (太祖, tàizǔ). Les monarques du Wu n’étaient en revanche référés que par leur nom. Néanmoins, Chen Shou étant lui-même natif du Shu, il attribua par sympathie le titre de « seigneur » à leurs dirigeants. Ainsi il donna à Liu Bei le titre de « Premier seigneur » (先主, xiānzhǔ).

Au Ve siècle, le texte fut complété, sur ordre impérial, par un autre lettré du nom de Pei Songzhi (372-451). En effet, le texte initial de Chen Shou était jugé beaucoup trop court, ne racontait souvent qu'une version de l'histoire et comportait un nombre important d’omissions. Pei Songzhi acheva sa tâche en 429, et son travail comportait une rigueur remarquable pour l’époque. En effet :

  • Pei Songzhi citait toujours ses sources, aussi bien l’auteur des propos qu’il transcrivait, que les ouvrages dans lesquels il les avait tirés ;
  • il se bornait toujours à rédiger les faits, et n'apportait que rarement des commentaires de son cru, ne cherchant jamais à expliquer le cours des événements par la morale confucéenne ou la transmission du mandat céleste comme c'était couramment le cas ;
  • sa ligne de conduite était d’incorporer toute anecdote qui aurait pu être oubliée par Chen Shou. Aussi n'a-t-il pas hésité à compiler des textes qui se contredisent. N'apportant aucun jugement, il a également adjoint toutes les versions que l'on citait d'un événement, même lorsque du fantastique ou du surnaturel apparaissait, ainsi que toutes les versions non officielles de l'histoire ;
  • contrairement à Chen Shou qui s’appuyait principalement sur les archives du Wei, Pei Shongzhi compila également les points de vue des autres royaumes, encore une fois malgré les contradictions des récits ;
  • en outre, il fit des recherches sur les positions géographiques des événements qui eurent lieu, et ajouta le résultat de ses travaux au nouvel ouvrage.

Le résultat des ajouts de Pei Songzhi est que l'on dispose aujourd'hui d'une compilation d'annales bien plus complète et traçable que bien des travaux des générations futures. Grâce à cet ouvrage, et malgré les successions d'événements chaotiques qui avaient eu lieu à cette époque, ainsi que durant les dix-huit siècles qui les séparent de notre ère, nous avons gardé une assez bonne connaissance de l'histoire des trois royaumes et de sa chronologie, bien que beaucoup de points restent sujet à discussion. En effet, beaucoup d'inexactitudes apparaissent, et la multitude des points de vue, alliée au foisonnement de détails non datés rendent parfois difficile de savoir ce qui s’est réellement passé.

Les Chroniques des Trois Royaumes sont également le premier texte écrit connu à mentionner de façon explicite le Japon, appelé Wo () « obéissant » (selon certaines sources, « nain »), ou en japonais Wa (倭 ou 和?), Yamato (大和?) ou Yamataikoku. Il mentionne également la légendaire reine shaman japonaise Himiko qui aurait vécu au II et IIIe siècle. En effet, le royaume de Wei avait eu un contact diplomatique avec elle, les deux royaumes se sont échangés des cadeaux et la rencontre est relatée dans l'ouvrage.

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