Wabi-cha

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Une maison de thé japonaise (chashitsu, 茶室), du style wabi-cha (侘茶) située dans le jardin Kenroku-en (兼六園) à Kanazawa.
Une tasse de thé (chawan 茶碗) contemporaine su style wabi-cha.
Une tasse de thé (chawan 茶碗) du XVIe siècle du style wabi-cha.

Le Wabi-cha (わび茶?) est un style de la cérémonie de thé japonaise particulièrement associé à Sen no Rikyū et Takeno Jōō avant lui. Ce style se caractérise par la simplicité. Son nom entre en usage durant l'époque d'Edo, et était appelé auparavant wabi-suki (侘数寄), suki faisant référence au concept d'« inclination artistique » et wabi signifie littéralement « triste ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant les dernières années de la période Muromachi, la cérémonie du thé se répandit dans la société japonaise, avec une préférence pour les accessoires très chers d'origine chinoise (appelés karamono). Le Wabi-cha est né d'un mouvement visant à apprécier les marchandises locales et les styles plus simples.

Généralement, trois personnes sont créditées du développement de l'esthétisme du wabi-cha : en premier, Murata Jukō; puis, Takeno Jōō; et enfin, Sen no Rikyū.

Rikyū cite deux poèmes de l'anthologie Shin Kokin Waka Shū (XIIIe siècle), comme exemples de son esthétique wabi. Le premier, préféré de Takeno Jōō, est écrit de Fujiwara no Teika (1162–1241) :

Portant mon regard au loin,/

Aucune fleur/ Ni feuille écarlate:/ Un taudis de roseaux/

Dans le crépuscule de l'automne.

L'autre, dans lequel Rikyū trouve un appel particulier, est de Fujiwara Ietaka (1158–1237) :

Montre leur qui attendre/

Seulement les fleurs/ Celles des villages de montagnes:/ Les pointe d'herbes dans la neige,/

Et avec ça, l'été.

Au centre de l'esthétisme de Rikyū se trouve la petite salle de thé de 4,5 tatamis. Rikyū cherchait à apporter une dimension spirituelle à la cérémonie du thé. Sa simplification radicale de l'intérieur de la salle de thé, sa réduction de l'espace au strict minimum nécessaire pour une « rencontre », était la façon de faire la plus pratique pour focaliser le thé sur la communion entre invités et hôtes. Cela se voit dans l'une des maisons de thé de son concept, la Taian (待庵), situé au Myōkian-ji à Yamazaki, Kyoto, qui a été désigné par le gouvernement japonais comme trésor national (kokuhō). Elle représente l'apogée de l'esthétisme née de la prise de conscience contemplative de la relation entre les personnes et les choses. Avec Rikyū, le wabi atteint sa signification la plus profonde et paradoxale : un goût purifié des choses matérielles considérées comme un medium pour l'intéraction humaine transcendant le matérialisme[1].

Rikyū commence également à concevoir ses propres accessoires de thé, parfois les faisaient-ils fabriquer par des artisans locaux. Les bols à thé Raku viennent de Rikyū grâce à l'artisan Raku Chōjirō qui les fabriquait pour lui[2]. Il a même créé ses propres objets de thé, comme des pots de fleur faits en bambou qu'il coupa lui-même.

Le wabi-cha moderne[modifier | modifier le code]

Ironiquement, les temps modernes achevèrent l'aura de simplicité rustique demandé par le wabi-cha qui pouvait être vu comme une entreprise coûteuse. Même les simples objets utilisés par Rikyū et ses disciples gagnèrent du statut et de la valeur : les authentiques bols à thé Raku, par exemple, sont parmi les plus chers disponibles aujourd'hui, et parmi les plus recherchés. De même, créer l'apparence de simplicité promu par Rikyū pour coûter très cher à une maison de thé.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Yasuhiko Murai, tr. Alfred Birnbaum, "A Brief History of Tea in Japan," pp. 21-23. Chapter One in Sōshitsu Sen XV, ed., CHANOYU: The Urasenke Tradition of Tea. Weatherhill, 1988. ISBN 0-8348-0212-0.
  2. Japanese Rikyū Daijiten (Rikyū Encyclopedia). Tankosha, 1989. ISBN 4-473-01110-0

Liens externes[modifier | modifier le code]