Kojiki

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Le Kojiki (古事記?, litt. « Chronique des faits anciens ») est un recueil de mythes concernant l’origine des îles formant le Japon et des dieux (, kami?). Avec le Nihon Shoki, les légendes contenues dans le Kojiki ont inspiré beaucoup de pratiques et de croyances du shintoïsme. Il est généralement considéré comme le plus ancien écrit japonais existant encore de nos jours et est entièrement écrit en langue japonaise[1],[2] en caractères chinois Han.

Edition française du Kojiki

Le Kojiki est une compilation des récits du conteur Hieda no Are (稗田阿礼?) par le chroniqueur Ō no Yasumaro (太安万侶?) sur l'ordre de l'impératrice Gemmei (元明天皇?). Il lui fut offert en 712.

Rédaction[modifier | modifier le code]

L'empereur Temmu aurait ordonné à Hieda no Are de compiler les traditions et généalogies de l'époque. Hieda no Are se serait inspiré du Teiki et du Kyūji[3]. À la mort de Temmu, le projet fut repris par l'impératrice Gemmei, qui ordonna à Ō no Yasumaro de mettre par écrit ce qu'avait recueilli Hieda no Are. Il mit 4 mois à le faire et remit le résultat final à Gemmei le 28 janvier 712. Cependant, faute de versions intermédiaires, on ignore ce que Ō no Yasumaro y a ajouté.

Contenu[modifier | modifier le code]

Page d'une version manuscrite de 1371 à 1372

Le Kojiki contient de nombreuses chansons et poèmes. Alors que les récits historiques et les mythes sont écrits sous une forme de chinois mélangé avec un nombre important d’éléments linguistiques japonais, les chansons sont écrites avec des caractères chinois employés pour transmettre les sons seulement. Cette utilisation spéciale des caractères chinois s’appelle Man'yōgana; une connaissance de la chose est essentielle pour comprendre ces chansons. De plus, elles ont été écrites dans un dialecte de la région de Yamato du VIIe au VIIIe siècle environ appelé Jōdai Nihongo (上代日本語?, litt. « japonais de l’âge supérieur »).

Le Kojiki est divisé en trois volumen : Le Kamitsumaki (上巻?, litt. « Rouleau précédent »), le Nakatsumaki (中巻?, litt. « Rouleau intermédiaire ») et le Shimotsumaki (下巻?, litt. « Dernier rouleau »). Il s'agit de la numérotation chinoise des volumes d'un livre[4].

Le Kamitsumaki inclut la préface et se concentre sur les divinités de la création et sur la naissance de diverses autres déités et de leurs aventures fantastiques. La plus célèbre de ces aventures est celle d’Amaterasu, la déesse du soleil, qui envoya sur terre son petit-fils Ninigi pour fonder les prémices de la lignée impériale.

Le Nakatsumaki débute avec l’histoire du premier empereur, Iwarehiko (ou son nom posthume : Jimmu), de la défense de ses terres natales d’Izumo à Kyûshû jusqu’à sa conquête du Japon et se termine avec le 15e empereur, dernier de cette dynastie, Ōjin. Plusieurs des ces histoires sont de l’ordre du mythe et le contenu historique allégué est hautement suspect.[réf. nécessaire] Par ailleurs, pour des raisons inconnues, le 2e et le 9e empereurs japonais sont cités, mais leurs accomplissements sont en grande partie oubliés. Certains historiens pensent que ces empereurs furent inventés afin de créer une illusion de vraisemblance dans les dates.[réf. nécessaire] Une des principales histoires de ce volume est celle de Yamato Takeru.

Le Shimotsumaki couvre du 16e empereur, Nintoku, au 33e empereur, Suiko, et, à la différence des volumes précédents, fait référence de façon très limitée aux déités qui sont pourtant si présentes dans le premier et deuxième volume. Toutefois, peu de renseignements sur le 24e et du 33e empereur sont donnés. Les derniers chapitres sont purement chronologiques.

Intérêt historique du Kojiki[modifier | modifier le code]

Le Kojiki est basé sur des légendes populaires datant du IVe au VIe siècle (avant l'arrivée du bouddhisme au Japon) et n'est donc pas considéré comme une source historique fiable. Cependant, c'est une œuvre essentielle pour comprendre la pensée shintoïste[3]. Le livre n'était presque plus étudié dans l'après-guerre, étant jugé complètement non-historique. Néanmoins, à partir des années 60, les historiens ont commencé à penser que certains éléments du Kojiki pouvaient être basés sur des faits réels. De plus, il s'agit d'une des seules sources indigènes sur le Japon de cette époque.

La localisation exacte des évènements du Kojiki (tout comme celle du Yamato) n'est pas connue. Dans le texte, le Japon est appelé pays intermédiaire (葦原中つ国, ashiwaranonakatsukuni?, litt. « le pays intermédiaire aux plaines de roseaux »). Le pays est dit intermédiaire car situé entre la plaine céleste (高天原, takamagahara?) et le pays des morts (黄泉の国, yomi no kuni?). Le pays intermédiaire est relié à la plaine céleste par le pont flottant du ciel (天の浮橋, ame no ukihashi?) et au pays des morts par la « pente vers le pays des ténèbres » (よもつ平坂, yomotsu hirasaka?).

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Kojiki : Chronique des choses anciennes (trad. Masumi et Maryse Shibata, préf. Masumi et Maryse Shibata), France, Maisonneuve et Larose,‎ 1969, 259 p.
  • Kojiki, traduit et repris par Pierre Vinclair avec des calligraphies de Yukako Matsui, le corridor bleu, 2011.

Références[modifier | modifier le code]

  1. René SIEFFERT, « KOJIKI  », Encyclopædia Universalis en ligne, consulté le 30 octobre 2014.
  2. A History of Writing in Japan, par Christopher Seeley.
  3. a et b Kojiki : Chronique des choses anciennes (trad. Masumi et Maryse Shibata), France, Maisonneuve et Larose,‎ 1969, 259 p.
  4. En chinois, , shàng signifie dessus, mais également précédent et premier, , xià signifie sous, mais également suivant et dernier

Sources[modifier | modifier le code]

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