Émile Zeizig

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Émile Zeizig
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Conjoint
Julienne Zeizig
Autres informations
Distinction
Stèle commémorative - Émile Zeizig.JPG
plaque commémorative

Émile Zeizig, né en 1887 à Sainte-Foy-lès-Lyon et mort le à Rillieux, fusillé par la milice française, est un commerçant français et une victime de la Shoah.

Le rapport de gendarmerie no  814 de la gendarmerie de Sathonay du 4 novembre 1944, indique son nom et son âge au moment des faits (57 ans) sans plus de précision[1].

Circonstances du décès[modifier | modifier le code]

Au cours de la journée du , les miliciens Lyonnais arrêtent un certain nombre de personnes juives[2] ensuite incarcérées impasse Catelin, dans les locaux de la milice, à Lyon.

Émile Zeizig, commerçant à Sainte-Foy-lès-Lyon (magasin de nouveautés, place Xavier Ricard)[3], est d'origine juive et non-pratiquant. Il s'était d'ailleurs fait inscrire, contre l'avis de ses amis sur le Fichier des Juifs[3].

Le 28 au soir, quatre miliciens font irruption dans son magasin et le pillent ; ils frappent puis emmènent Émile Zeizig. Le chef de cette petite équipe sera reconnu en 1945 par l'épouse d'Émile Zeizig (Julienne Zeizig)[3] : Jean Reynaudon, un des cadres du 2e service de la milice française, dirigé par Touvier. Dans une lettre de juillet 1944, adressée à Joseph Darnand de juillet 1944, Reynaudon reconnaît son implication dans les causes de la fin tragique d'Émile Zeizig, ainsi que le pillage de sa boutique des 28 et 29 juin :

« Nous avons saisi trois millions de francs de marchandises diverses chez un juif. Celui-ci a été exécuté par nos soins, en représailles de l'assassinat de Philippe Henriot. »

— Jean Reynaudon, le 18 juillet 1944[4]

Ces arrestations, parmi lesquelles celle d'Émile Zeizig, constituaient des représailles à l'assassinat du secrétaire d'État à l'Information de Vichy Philippe Henriot, assassiné par des résistants (s'étant fait passer pour des miliciens), à Paris, le [5].

Le au matin, Henri Gonnet un milicien aux ordres de Touvier, fait sortir sept prisonniers juifs de la cellule, dont Émile Zeizig. Ils sont emmenés dans une camionnette au cimetière de Rillieux où ils sont fusillés vers 5h30 du matin[2].

Le procès Touvier[modifier | modifier le code]

À la suite de la condamnation de Paul Touvier pour complicité de crimes contre l’humanité (uniquement pour les faits survenus à Rillieux), son fils René, qui était plaignant et donc partie civile, a déclaré :

« C'est la conclusion somme toute logique à un procès exemplaire à tous points de vue : il a été bien conduit, il servira d'exemple, c'est dommage d'avoir dû attendre cinquante ans pour arriver à ce résultat. »

— René Zeizig[6], le 21 avril 1994.

Hommage[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport 814 du 4 novembre 1944 de la brigade de gendarmerie de Sathonay in Le Livre noir des crimes nazis dans l'Ain pendant l'Occupation, Édition du Bastion, , 132 p. (ASIN 2745503030, présentation en ligne), p. 71.
  2. a et b « Lyon 1942-1944 », sur jewishtraces.org (consulté le 31 décembre 2012).
  3. a b et c « Le rôle de la Milice française dans l'extermination des Juifs », sur Mémoire Juive et éducation (consulté le 31 décembre 2012).
  4. Bénédicte Vergez-Chaignon, Histoire de l'épuration, Larousse, 8 sept. 2010, , 608 p. (lire en ligne).
  5. (en) Carroll Franklin Terrell, À companion to the Cantos of Ezra Pound, vol. 2, t. 2, University of California, 1980-1984, 800 p. (ISBN 0-520-04731-1, lire en ligne), p. 465.
  6. « Réactions », sur humanite.fr, L'Humanité, (consulté le 2 janvier 2013).

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