Simon Levitte

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Simon Levitte, né le 16[1] novembre 1912 à Ekaterinoslav dans l'Empire Russe[2],[3],[4] et mort au milieu des années 1950[5], est un éducateur juif français, d'origine russe, résistant et dirigeant sioniste. Il est l'oncle de Jean-David Levitte[6] et le frère de Georges Lévitte[7].

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Simon Levitte est né le à Ekaterinoslav dans l'Empire russe (aujourd'hui Dnipro en Ukraine). Il est le fils de David Levitte né le 1er juillet 1879 dans la même ville et de Ida Levitte née le 3 mars 1884[8]. Sa famille émigre à Wiesbaden en 1922, avant de s'installer à Metz (Moselle).

Il participe au mouvement des Éclaireurs israélites de France (EIF, devenus par la suite EEIF), et devient un commissaire régional. Il émigre en Palestine mandataire. Il revient en France au titre de délégué de la Palestine mandataire ouvrière pour organiser l'émigration de jeunes.

En 1940, il se trouve à la maison d’enfants des Éclaireurs israélites de France (EIF) à Moissac (Tarn-et-Garonne). Il organise un centre de documentation juive, avec la contribution de jeunes, dont Marianne Cohn. En 1942, à Moissac[9], Simon Levitte rédige le supplément "Palestinographie" pour les cadres EIF, comprenant l'histoire et la philosophie du sionisme.

En mai 1942, le Mouvement de la jeunesse sioniste (MJS) est créé par Simon Levitte et Dika Jefroykin[10],[11]. Simon Levitte et le MSJ participent à la Résistance. Il organise à Moissac un stage de formation des cadres, pour assurer la protection des Juifs. Il crée un service de faux-papiers, qu'il confie à Toto Giniewski, qui le dirigera à Grenoble (Isère).

Il crée à Grenoble une bibliothèque juive clandestine[12]. Marianne Cohn travaille avec le Centre de Documentation de Simon Levitte, dont elle devient la secrétaire, après l'avoir suivi depuis Moissac et prend part à la Résistance[13],[14],[15],[16].

En 1942, il devient agent de liaison entre les Zones Nord et Sud. Il est responsable du passage de résistants aux frontières belge et néerlandaise. Ses parents et son frère Édouard (né à Metz le 27 avril 1927) sont arrêtés et déportés à Auschwitz par le Convoi no 47 du 11 février 1943[8]. En mission à Nice, il est arrêté en novembre 1943 par la Gestapo. Il est torturé mais ne parle pas. Il réussit à s'évader et reprend immédiatement ses activités.

En décembre 1943, il participe au nouveau Comité d'action des jeunesses juives (CADJJ), où se retrouvent les groupes résistants de jeunes juifs: le MSJ, les EIF, les jeunes du Bund, Yechouroun et les jeunes communistes de l'UJRE. Georges Schnek devient le directeur du CADJJ. En janvier 1944, le Comité d'Union et de Défense des Juifs est formé à Paris. Simon Levitte y représente le Sud de la France[17]. Vers la fin juillet 1944. Simon Levitte demande à Tony Gryn d'organiser le passage de centaines d'enfants vers la Suisse. Simon Levitte est chef du bataillon du MJS à Grenoble et dirige le service d'« éducation physique » (nom de code pour les faux documents et les opérations de sauvetage)[18].

Envoyé à Paris, il s'occupe du service des faux papiers et du renseignement du corps franc. Il participe aux combats pour la Libération de Paris au poste de commandement de Grenelle.

En 1949, Simon Levitte crée des maisons pour préparer des jeunes Juifs français à l'alya[19].

Il disparaît tragiquement quelques années après la guerre[20].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Simon Levitte. Le Sionisme : quelques pages de son histoire[21]. Paris, Éditions des Cahiers juifs[22], 1936.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur la carte de rationnement de Simon Levitte dont la photo est publiée dans les souvenirs de Tony Gryn, la date de naissance est inscrite comme 23 novembre 1912. Voir (en) The story of Tony Gryn, p. 18.
  2. Voir, Levitte Simon. Mémoire et Espoirs de la Résistance.
  3. Voir, (en)Simon Levitte. head of the M.J.S. Photo: Grenoble, France, 1943. Yad Vashem. Photo Archive.
  4. Voir (en) Group portrait of members of the Armée juive French resistance at a reunion in Palestine in Kibbutz Sde Eliyahu. 1946-1950. United States Holocaust Memorial Museum. Simon Levitte, chef de l'Armée Juive, est au centre.
  5. Adrien Gensburger, le sous-lieutenant du maquis EI
  6. Corine Lesnes, « Jean-David Levitte, « Diplomator » à l'Élysée », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. « Georges Levitte », Bibliothèque de l'Alliance israélite universelle (AIU).
  8. a et b Klarsfeld 1978.
  9. Son adresse à Moissac est 18 quai du port. Voir « Résistance. Thème 2007/2008: L'aide aux personnes persécutées en France pendant la Seconde Guerre mondiale : une forme de résistance. L'aide aux juifs persécutés: l'exemple de la Dordogne, p. 9 ».
  10. Voir, Renée Poznanski. La Résistance Juive. Les mouvements : L'Armée juive (A.J.). Dictionnaire historique de la Résistance. Robert Laffont, Paris, 2006, p. 897-898.
  11. Voir, « Organisation Juive de Combat. Mémoire et Espoirs de la Résistance. »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  12. Voir, Paul Giniewski. Une résistance juive : Grenoble 1943-1945, 2009, p. 13.
  13. Voir, Pendant la guerre 1939-1945. Les poètes. Marianne Cohn.
  14. Voir, Le Coin de la Mémoire. Marianne Cohn. Dimanche 21 juin 2009.
  15. Voir, Marianne Cohn. Association israéliennee des "Enfants Cachés" en France pendant la Shoah.
  16. Voir, Marianne Cohn, Résistante.
  17. Voir, (en) Jacques Adler. The Jews of Paris and the Final Solution: Communal Responses and Internal Conflict, 1940-1944, 1987 (ISBN 0-19-504305-7 et 978-0-19-504306-8) p. 218., (fr) Face à la persécution : les organisations juives à Paris de 1940 à 1944, Calmann-Levy, 1985 (ISBN 978-2-7021-1345-5).
  18. Voir, (en)The story of Tony Gryn, p. 15; p. 18 on trouve la photo de la carte de rationnement de Simon Levitte.
  19. Voir, Mathias Orjekh. Du scoutisme juif à la Résistance : un même engagement. Quelques figures d'un même itinéraire. 3. Adrien Gensburger : le sous-lieutenant du maquis EI.
  20. Voir, Le scoutisme français en Franche-Comté. Note 165.
  21. Voir, Simon Levitte. Le sionisme : quelques pages de son histoire. 1936. Yale University Library (en).
  22. Voir, Simon Levitte. Le Sionisme : quelques pages de son histoire. Paris, Éditions des Cahiers juifs, 1936.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]