Michel Sima

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Michel Sima
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Naissance

Slonim ( Pologne )
Décès
(à 74 ans)
Largentière (Ardèche)
Nom de naissance
Michał Smajewski
Nationalité
Activité
Formation
Académie de la Grande Chaumière, Paris
Lieux de travail
Influencé par
Aristide Maillol, Pablo Picasso
Œuvres réputées
Picasso à Antibes
21 visages d'artistes

Michel Sima, pseudonyme de Michał Smajewski, né le 20 mai 1912 à Slonim en Pologne (depuis en Biélorussie), mort le 12 avril 1987 à Tauriers (Ardèche), France, est un sculpteur, photographe, céramiste et graveur polonais, membre de la nouvelle École de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très jeune, Michał Smajewski veut devenir sculpteur. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie juive libérale, il arrive à Paris en 1929 à l’âge de 17 ans, et est admis à l’Académie de la Grande Chaumière.

En 1933, il rejoint le groupe du peintre Francis Gruber. Il travaille notamment dans les ateliers de Constantin Brâncuși et d'Ossip Zadkine, et gagne également sa vie en photographiant l’actualité pour les journaux.

Il fréquente le cercle de Gertrude Stein et de son frère Leo, et lie de nombreuses amitiés : Jean Cocteau, Francis Picabia, Paul Éluard, Robert Desnos et sa compagne Youki Foujita, Max Ernst, Pierre Tal Coat. Il rencontre Pablo Picasso en 1936. Il participe à plusieurs expositions de groupe à Paris et sur la Côte d’Azur.

Réfugié en zone libre pendant la Seconde Guerre mondiale, il est arrêté à Golfe-Juan en 1942 en tant que juif et étranger. Il est déporté à Auschwitz puis à Blechhammer (Judenlager), alors même que son exposition commune avec Picabia à Cannes connaît un réel succès[1].

De retour en France en 1945 et gravement malade, il passe de longs mois de convalescence à Cannes chez son ami Dor de La Souchère, et à Grasse. En 1946, il retrouve Picasso à Golfe Juan, qui, par son entremise, obtient de disposer d'un vaste atelier au musée Grimaldi d’Antibes[1] mis à sa disposition par Dor de La Souchère[2]. C’est là que Picasso crée notamment La Joie de Vivre et le Triptyque.

Sur les conseils de Picasso, Michel Sima se tourne vers la photographie. Son état de santé ne lui permet plus une pleine activité de sculpteur, même s’il continue à réaliser de petites pièces, des gravures et à pratiquer la céramique. Il couvre de façon très personnelle et documente le travail de Picasso. Un livre en résulte, publié en 1948 : Picasso à Antibes.

C'est à cette époque (1946) que Sima qui pratiquait la céramique à Vallauris y emmena Picasso qui par la suite travailla chez les Ramié à la poterie Madoura, poterie où Sima a réalisé une série de portaits saisissants de Picasso[3],[4]. Francoise Gilot témoigne sur cette période dans le film de "Christian Tran, Picasso et Sima, le modeleur d'amitié, production Artis, Lyon TV, 2009, 58 min[3][5]" :

" Cette année-là malgré tout c’est là où on a aussi vu les Ramier pour la première fois. Les Ramier de la poterie Madoura. Également avec Sima. Sima avait une intuition extraordinaire parce qu’il a quand même prévu que Picasso pourrait peut-être faire de la céramique. C’est assez extraordinaire et ce n’était pas écrit dans les astres vous voyez". F. Gilot

"Picasso aimait faire des photos lui-même et aimait que les autres fassent des photos. D’autre part, il s’est révélé, parce que Picasso s’y connaissait quand même très bien en photo, il s’est révélé que Michel Sima était un très bon photographe. Alors raison de plus pour en faire davantage, je veux dire, et on voit aussi que certainement il comprenait la forme, ça se sent, on sent ces contrastes entre la lumière et l’ombre etc.Et ces formes et les ambiances et tout ça…, Michel Sima, moi je le considère comme un très bon photographe. Ce qui plaisait à Picasso c’est que, justement, Picasso aimait à s’entourer avec des personnes qui avaient quelque chose eux-mêmes, en eux-mêmes." F. Gilot

Michel Sima pratique l'art du portrait d’artiste. Il crée son style, qui laisse transparaître le profond attachement pour ses modèles. Et au cours des années suivantes, il réalise le portrait de presque tous les artistes de l’école de Paris.

Un premier livre est publié en 1959 par les éditions Fernand Nathan : 21 visages d’artistes. Mais profondément déçu par la qualité médiocre de reproduction, Sima décide ne plus publier ses photographies[6].

En 1967, il découvre l’Ardèche par l’intermédiaire de son vieil ami, le peintre René Besset, et décide de s’y établir avec sa famille. C'est à Saint-Pons commune proche d'Alba-la-Romaine qu'ils vécurent de 1967 à 1970.

Tout en conservant son atelier à la Ruche et jusqu’à son décès en 1987, il continue à expérimenter de nouveaux matériaux, et de nouvelles formes en sculpture.

Une exposition de ses sculptures sur pierres et sur bois et de ses photos a été organisée au château d'Aubenas (Ardèche) par sa femme Odette et son fils Pierre, du 18 mars au 29 avril 2000.

Ouvrages de Michel Sima[modifier | modifier le code]

  • Picasso à Antibes, photographies de Michel Sima, commentées par Paul Éluard, introduction par Jaime Sabartès, Paris, René Drouin, 1948.
  • 21 visages d’artistes, photographies de Michel Sima, préface de Jean Cocteau, Paris, Fernand Nathan, 1959.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Francis Picabia et Michel Sima, The lounge library, Cannes, du 15 juillet 1942 au 31 juillet 1942
  • Francis Picabia - Sima, galerie Colette Allendy, Paris, du 13 décembre 1950 au 12 janvier 1951
  • Michel Sima, Sculptures - céramiques, galerie Henriette Niépce, Paris, du 17 décembre au 4 janvier 1952
  • Hommage de deux amis à Picasso - Michel Sima - Georges Hugnet, atelier Michel Sima, La Ruche, Paris, juin 1973
  • Michel Sima - hommage à Picasso, atelier Michel Sima, Tauriers, du 24 au 31 octobre 1981
  • Michel Sima - Sculpteur Photographe, galerie Lucie Weill & Seligmann, Paris, 15 octobre au 15 décembre 1996
  • Michel Sima - sculpteur photographe, Château d'Aubenas en Vivarais, Aubenas, du 18 mars au 29 avril 2000
  • Picasso, la Joie de Vivre. 1945-1948, Palazzo Grassi, Venise, du 11 novembre 2006 au 11 mars 2007
  • Michel Sima - Artistes en atelier, galerie Fischer, Lucerne, du 7 au 22 décembre 2007 et du 7 au 18 janvier 2008
  • Ichundichundich. Picasso im photoporträt, Musée Ludwig, Cologne, du 24 septembre 2011 au 15 janvier 2012
  • Michel Sima, La intimidad de los artistas, Sala municipal San Benito, Valladolid, du 16 janvier 2014 au 23 février 2014
  • Michel Sima, Genius in the studio and behind the Paris art scene, MAMM, Moscou, 2017
  • Michel Sima, Genius in the studio and behind the Paris art scene, MAMM, Samara, 2017[7]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Andral, Michel Sima, Anne de Staël, L'atelier des combles, coédition Musée Picasso, Antibes, éditions Hazan, Paris, 2008 (ISBN 978-2-7541-0338-1)
  • Erika Billeter, Michel Sima (Ateliers d'artiste), Gand, éditions Snoeck, 2008 (ISBN 978-90-5349-677-0)
  • Maurice Fréchuret, Françoise Gilot, Michel Sima, 1946, Picasso et la Méditerranée retrouvée, Nice, Grégoire Garedette éditions, 1996 (ISBN 2-909767-08-6)
  • (en) Mark Haworth-Booth, « The artist as subject. The photographs of Michel Sima », dans Paul Josefowitz (dir. et éd.), Apollo (magazine), no 428, octobre 1997, London, mensuel (ISSN 0003-6536)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Erika Billeter, Michel Sima [Ateliers d'artiste], Gand, Snoeck, 2008 p. 201
  2. Françoise Gilot et Carlton Lake, Vivre avec Picasso, Calmann-Lévy, , 348 p. (ISBN 2702119859), p. 125-126
  3. a et b « Picasso et Sima, le modeleur d'amitié », sur http://www.film-documentaire.fr (consulté le 26 août 2017)
  4. Sima, Michel., L'atelier des combles, Hazan, (ISBN 9782754103381, OCLC 313646820, lire en ligne)
  5. Catalogue de la BPI
  6. Erika Billeter, Michel Sima [Ateliers d'artiste], Gand, Snoeck, 2008 p. 203
  7. (en) « Michel Sima Genius in the studio and behind the Paris art scene », sur http://www.mamm-mdf.ru, (consulté le 26 août 2017)
  8. http://www.fondationarp.org/pages/fondation_credits.aspx

Liens externes[modifier | modifier le code]