Louise Alcan

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Louise Alcan
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Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau : France française

Louise Alcan, née en 1910 à Paris et morte en 1987 à Paris, est une résistante et écrivaine française d'origine juive.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Louise Alcan est née en 1910. Elle est issue d'une vieille famille juive française[1]. Après des études de lettres, d'art et d'archéologie, elle entre au centre d'ethnologie française comme chargée de mission sans traitement. Elle prépare une thèse qu'elle n'achèvera jamais sur le costume féminin en Maurienne. L'occupation allemande la pousse à s'engager dans la résistance dans le Réseau du Musée de l'Homme. Elle est en contact avec les maquis. Elle tombe dans une souricière et est arrêtée le à Marseille. Internée aux Baumettes, elle y reste six semaines. Puis, le , la Gestapo la reconnaît comme juive. Elle part le de la gare de triage de Marseille, dans des wagons de 3e classe. Elle arrive gare de Lyon à Paris le à quatre heures du matin. Elle est transférée à Drancy par autobus. Elle est inscrite comme infirmière sur la liste du wagon sanitaire dans lequel elle est avec son amie médecin, Stéphane [2]. Elle est déportée de Drancy[3] le , par le convoi n°67 du 24 janvier 1944, à Auschwitz [4]. Elle reste dans le camp de Birkenau jusqu'en octobre 1944 date à laquelle elle est affectée au Kommando horticole de Rajsko[5] grâce à une autre déportée de son convoi parti de Drancy, la doctoresse Stéphane. Louise Alcan, qui veut survivre pour pouvoir témoigner, profite de la relative « liberté » des déportées de Rajsko pour rédiger un journal clandestin. Elle se lie avec d'autres Françaises, accentuant les liens de solidarité sur des critères de nationalité.

Le 18 janvier 1945, elle est évacuée à pied d'Auschwitz. Elle est ensuite transférée en train à Gross-Rosen, puis à Ravensbrück. Le 10 février 1945, elle est transférée à Machlow puis à Leipzig et ensuite à pied à Olchatz[6]. Elle s'évade avec deux camarades [7] en avril. Elle rejoint le les Américains.

Dès son retour de camp, (le retour à Paris, au Lutetia), Louise Alcan couche sur papier ses souvenirs qu'elle publie en 1947 sous le titre de Sans armes et sans bagages. Elle explique alors qu'à son arrestation la Gestapo l'a soupçonnée d'être juive mais ne s'étend pas sur le sujet. Elle reprend ses activités, responsable du service du Costume au Musée national des Arts et Traditions populaires à Paris. Elle est pendant plus de 30 ans la secrétaire générale de l'Amicale d'Auschwitz et publie régulièrement des articles dans la revue de la FNDIRP, Le Patriote Résistant.

En 1980, son témoignage, augmenté de commentaires sur l'actualité du moment, est réédité sous le titre du Le temps écartelé. Il lui semble important de s'exprimer au moment où Louis Darquier de Pellepoix, Robert Faurisson nient la réalité du génocide juif et où la France est confrontée à l'attentat antisémite de la rue Copernic. « Le chemin de la rue Copernic à Auschwitz paraît soudain très court », écrit-elle. C'est alors qu'elle fait la lumière sur une partie de son identité qu'elle avait toujours laissé dans l'ombre, à savoir ses origines juives, comme beaucoup à l'époque. Louise Alcan est morte en 1987.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Sans armes et sans bagages, Limoges, Les imprimés d'art, 1947.
  • Le Temps écartelé, éditeur Louise Alcan, 1980
  • avec Margerie Michele, Costume, Éditions de la Réunion des Musées nationaux, 1983

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annette Wieviorka, Déportation et génocide. Entre la mémoire et l’oubli, Plon, 1992, p. 468.
  2. Le temps écartelé
  3. Voir Mémorial de la Shoah
  4. voir le récit de son arrivée dans Les déportés d’Avon. Enquête autour du film de Louis Malle "Au revoir les enfants", de Maryvonne BRAUNSCHWEIG et de Bernard GIDEL, 1988, p. 46
  5. Déportation et génocide p. 246 et p. 468
  6. Annette Wieviorka, p 468
  7. son témoignage paru dans Après Auschwitz, bulletin 135, avril 1968, p. 1